Souvenirs de Sherlock Holmes

The Memoirs of Sherlock Holmes - First edition

(livre lu en français)
(titre VO : The Memoirs of Sherlock Holmes)

Le recueil :

Recueil également traduit sous le nom : Les mémoires de Sherlock Holmes et comprenant les nouvelles suivantes :

Flamme d’argent, La figure jaune, L’employé de l’agent de change, Le Gloria Scott, Le rituel des Musgrave, Les propriétaires de Reigate, Le tordu, Le pensionnaire en traitement, L’interprète grec, Le traité naval, Le dernier problème.

L’avis du consulting blogger :

Avant de dire quelques mots sur chaque nouvelle, je voudrais parler du recueil de façon générale. Je l’ai donc ouvert dans un moment de ‘manque’ : j’avais littéralement besoin de retrouver Sherlock et John et je crois que c’est pour l’instant la lecture la plus satisfaisante que j’ai fait depuis que j’ai (re)commencé à lire le Canon dans l’ordre.

Lecture la plus satisfaisante, donc, parce je recommence à me sentir vraiment à l’aise avec les personnages, comme c’était le cas il y a quelques années. En plus, j’ai trouvé ce recueil particulièrement riche en scènes domestiques et c’est quelque chose qui m’a énormément plu. Autant, j’ai globalement un poil moins aimé ces intrigues que celles des Aventures de Sherlock Holmes, autant j’ai adoré tous les instants passés au 221b Baker Street en compagnie des personnages. C’est au travers de ces scènes sans prétention que l’on fait vraiment leur connaissance, que l’on s’attache à eux, que l’on comprend le lien extraordinaire qui unit Sherlock et John.

J’ai pris beaucoup de plaisir à (re)lire les intrigues mais j’ai surtout adoré tout simplement profiter du temps passé auprès des personnages. C’est d’ailleurs un trait qui est vraiment mis en avant dans BBC Sherlock et l’une des raisons pour lesquelles j’aime tant la série. J’espère que l’on aura encore droit à de nombreuses scènes de ce type dans les prochaines saisons.

Mais passons maintenant au détail de chaque nouvelle. Rendez-vous en fin de billet pour ceux qui préfèrent sauter directement à la conclusion.

Comme je le disais dans mon billet sur The Curious Incident of the Dog in the Nigh-time, Flamme d’argent (SILV) fait partie de mes toutes premières lectures holmésiennes, et bien que je ne l’ai lue qu’une fois en 14 ans, je m’en souvenais encore parfaitement. Cela dit, j’ai tout de même pris beaucoup de plaisir à relire l’enquête sur la disparition de ce fameux cheval de course. J’ai aimé pouvoir vraiment décortiquer tout le raisonnement de Holmes, l’analyser puisque j’en connaissais par avance les étapes principales et les conclusions.

La figure jaune (YELL) était une découverte. C’est un texte un peu particulier puisque comme Watson nous l’explique, il s’agit de l’un des rares cas où Sherlock parvient à la mauvaise conclusion alors qu’il enquête sur le comportement mystérieux d’une femme mariée. Le fait est qu’il bâtit une hypothèse sans avoir vraiment pris le temps d’enquêter et avant même d’être en possession des faits. Et si j’ai aimé le contenu de l’histoire, je n’ai pas trouvé ce comportement très Sherlockien. J’ai été très déçue et ai trouvé Sherlock totalement OOC dans cette histoire puisqu’il fait exactement ce qu’il explique lui-même qu’il ne faut jamais faire, dans SCAN : It’s a capital mistake to theorise before one has data. Insensibly one begins to twist facts to suit theories, instead of theories to suit facts.

Découverte également pour L’Employé de l’agent de change (STOC) dans laquelle un courtier se voit proposer une bien étrange offre d’emploi. Le mystère n’est pas bien mystérieux sincèrement, et le lecteur voit clair dès les premières pages mais j’ai aimé trouver des similitudes avec La Ligue des Rouquins dans la façon dont l’affaire se présente. C’est chouette de pouvoir établir des liens entre les histoires, de pouvoir raccrocher un bout du Canon à un autre et bizarrement, contrairement à ce que je pensais, je n’ai pas du tout été agacée par cette redite.

Le Gloria Scott (GLOR) est un texte que j’adore ! Son intrigue est rasoir au possible si vous voulez tout savoir, mais j’ai une tendresse particulière pour cette enquête qui est la toute première résolue par Sherlock alors qu’il est encore étudiant et que son ami Victor Trevor lui demande son aide pour comprendre ce que son père lui cache. Je craque tout simplement totalement pour ce texte, pour le Sherlock que l’on y croise. Voir Sherlock, jeune, étudiant, pas encore officiellement détective mais déjà tellement Sherlock ! C’est absolument génial ! En un tout petit texte on en apprend énormément sur le personnage et son histoire. Alors que ce sont des détails globalement absents des autres recueils, là on (re)découvre tout un tas de petites choses, on comprend mieux ce qu’il est devenu et c’est trop bien.

Le rituel des Musgrave (MUSG) est un des meilleurs textes du Canon. Parlez-moi de texte mystérieux transmis de génération en génération, de trésor caché au plus profond d’une antique demeure et je suis totalement emballée ! En plus, j’adore comment l’histoire est amenée, et une fois encore, on a affaire à un très jeune Sherlock qui en est à sa troisième enquête et c’est vraiment chouette. Enfin, un des personnages le dit lui-même, c’est une affaire pour un archéologue, alors comment suis-je censée résister!

J’ai trouvé l’histoire dans Les propriétaires de Reigate (REIG) très alambiquée sans réelle nécessité. Je me suis limite un poil ennuyée. En revanche, j’ai adoré découvrir une fois de plus les talents de comédien de Sherlock alors qu’il enquête sur le meurtre d’un cocher. J’ai aussi aimé la façon dont il apparait relativement affaibli au début du texte, comme pour nous rappeler que malgré ses talents extraordinaires, il n’en reste pas moins un être humain ‘normal’. Cela encre vraiment le personnage dans le réel, d’autant plus que tout un tas de faits, de lieux et de personnages sont évoqués, qui tendent eux aussi à prouver que Sherlock Holmes is real.

J’ai trouvé la nouvelle Le tordu (CROO) terrrrriblement victorienne (c’est à dire encore plus que les autres), aussi bien dans le fond de l’intrigue que dans ses circonstances et les protagonistes (pas tous humains) présents. C’est délicieusement désuet et donne un charme incomparable au récit. Intrigue qui est intéressante mais pas très complexe (une simple histoire de meurtre sans élément vraiment extraordinaire) et c’est vraiment l’ambiance particulière de la nouvelle que je retiens !

Le pensionnaire en traitement (RESI) est vraiment bien goupillée. Bon, on se doute rapidement de ce dont il retourne et ce qu’il se passe réellement dans ce cabinet médical, mais j’ai vraiment aimé la façon dont l’intrigue est construite et la façon dont Sherlock l’aborde. En plus, sans vous spoiler pour autant, je peux d’ores et déjà vous révéler que l’un des coupables a pour nom Moffat ! Autant vous dire, que cette découverte m’a fait pousser un couinement qui n’était pas des plus distingués… (entre cela et Basil, je ne sais pas si je serais un jour autorisée à remettre les pieds au square de Cluny…)

L’interprète grec (GREEnous permet de faire enfin la rencontre de Mycroft et c’est ce que je retiens du texte. L’intrigue est intéressante (une histoire d’otage que l’on fait chanter) mais un peu trop rocambolesque à mon goût et je ne suis pas hyper fan de la façon dont elle se termine. En revanche, j’aime vraiment la façon dont Mycroft est décrit, visiter le Diogenes club…

est beaucoup plus longue que la moyenne des nouvelles de ce recueil et si vous avez vu, The Great Game, elle ne comportera pas grand mystère. Cela-dit, justement à cause de BBC Sherlock, j’étais très curieuse de découvrir ce texte et même en étant auto-spoilée dès le départ, j’ai vraiment beaucoup aimé.

Enfin, le texte que j’appréhendais le plus… Le dernier problème (FINA)… L’affrontement final entre Sherlock Holmes et le professeur James Moriarty… J’avais du le lire pour la première et unique fois il y a environ dix ans. Ce texte m’avait vraiment littéralement traumatisée… m’empêchant pendant des années d’ouvrir un texte inconnu dans le Canon. Autant, je pouvais relire mes préférés, autant j’étais incapable de me résoudre à oser en lire un totalement nouveau. Je me disais que vraiment tout pouvait arriver, surtout le pire et je refusais d’être confrontée à une telle situation une nouvelle fois. Finalement, si ça n’était pas franchement gai, j’ai plutôt aimé avoir enfin l’occasion de relire ce texte. Je n’ai pas pu m’empêcher de verser quelques larmes (bien que je sache parfaitement ce qui se passe pendant et après), mais j’ai gardé quand même un semblant de dignité, pas comme la dernière fois où, vers 14-15 ans, j’ai passé une fin de nuit blanche, en larmes dans mon lit… ou bien en janvier dernier, où j’étais une fois de plus, en larmes dans mon lit, à 6h du matin, après avoir chopé Reichenbach en replay…).

Bref, vraiment un recueil que j’ai adoré parce qu’il est relativement différent des autres. Dans beaucoup de ces textes, John laisse la parole à Sherlock que l’on découvre avant qu’il n’habite le 221b Baker Street. Ca rend le personnage d’autant plus réel, humain, attachant. Alors c’est peut-être aussi une question de quand j’ai lu ce livre, mais j’ai vraiment eu l’impression que ce recueil nous en apprenait beaucoup plus que les autres sur les personnages, nous invitait à vraiment prendre le temps de faire leur connaissance. Comme dans une vraie amitié, on les connait désormais depuis un petit moment et ils dévoilent du coup des trucs plus personnels, plus intimes et c’est en même temps délicat et super pudique. Cette amitié progresse au même pas que celle entre John et Sherlock et on a l’impression d’être là parmi eux et c’est trop bien. 

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Les aventures de Sherlock Holmes

Les aventures de Sherlock Holmes - 1ère édition

Les aventures de Sherlock Holmes…

Recueil comprenant les nouvelles suivantes :

Un scandale en Bohême, La ligue des rouquins, Une affaire d’identité, Le mystère du Val Boscombe, Les cinq Pépins d’orange, L’homme à la lèvre tordue, L’escarboucle bleue, Le ruban moucheté, Le pouce de l’ingénieur, Un aristocrate célibataire, Le diadème de béryls, Les Hêtres Rouges. 

L’avis du consulting blogger…

En prévision de la deuxième saison de l’excellente série Sherlock, produite par la BBC, il fallait absolument que je me plonge dans une ambiance holmésienne et que je découvre enfin ‘Un scandale en Bohême’ avant d’en voir l’adaptation.

Au programme de cette lecture, quelques nouvelles connues, mais surtout pas mal de découvertes. En effet, si j’ai, au fil des ans, lu de nombreux récits holmésiens, je n’avais jamais pris le temps d’ouvrir un recueil pour en faire une lecture suivie. Pour ne pas risquer l’overdose, cette lecture s’est en réalité étalée sur quelques semaines ; je picorais un texte selon mon humeur et cette lecture voulue « suivie » ne s’est finalement pas déroulée strictement selon l’ordre de publication. Je piochais les textes au fur et à mesure, selon mon envie du moment.

Bilan, c’était vraiment très chouette de baigner pendant deux semaines dans cette ambiance, parce que dès que je terminais un texte, je savais que ce n’était pas fini pour autant, qu’il m’en restait d’autres à découvrir, avant de me détacher de cet univers. Cela dit, je suis aussi un peu effarée d’en avoir autant lu d’un coup, parce qu’en conséquence, le nombre de nouvelles qu’il me reste à découvrir diminue, et c’est une vraie catastrophe ! Mais en même temps, j’ai super envie de retrouver cette ambiance le plus tôt possible et j’étais super malheureuse de la quitter…

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