[info] nouveautés holmésiennes – septembre 2017

Sherlock Holmes en librairie – septembre 2017

En cette période de rentrée littéraire, quelques ouvrages ont retenu mon attention. Peut-être vous intéresseront-ils aussi ?

Sans prétendre être exhaustive, j’ai essayé de vous proposer un maximum de titres, aux styles variés et dans l’ordre de leurs parutions respectives. Si j’ai oublié un ouvrage, n’hésitez pas à me le signaler. Pour les événements et spectacles, des billets séparés seront publiés car je découvre souvent ces informations « au fil de l’eau ».

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Sherlock Holmes au sommet de son art – Jean Pierre Banville

Sherlock Holmes au sommet de son art - Jean Pierre Banville

Sherlock Holmes au sommet de son art…

Londres, 1886 : l’Empire Britannique se découvre une nouvelle passion et de nouveaux héros. Ces aventuriers intrépides tentent d’atteindre les sommets de la Terre par tous les moyens. Ce sont, pour la plupart, des excentriques que l’on qualifierait aujourd’hui de fous furieux et, comme plus on est de fous et plus on rit, ils fondent l’Alpine Club.

Ces illuminés de l’altitude se heurtent pourtant à un nouveau genre de criminalité dans cette Europe de fin de siècle et il n’existe qu’une seule personne dans tout l’Empire pour les aider : Sherlock Holmes !

Des Landes de Dartmoor au Bocage de Normandie, des salles feutrées de la haute société aux bouges de la banlieue londonienne, le célèbre détective devra débrouiller des intrigues hautes en couleur, des complots qui menacent la stabilité de l’Angleterre et son hégémonie sur le monde, des conspirations qui donnent le vertige.

L’avis du consulting blogger…

J’ai reçu ce petit livre il y a quelques jours et si les nouvelles qu’il abrite sont assez éloignées de ce que je peux avoir l’habitude de lire, j’ai trouvé l’ensemble fort divertissant et rafraîchissant au milieu de la production de masse de ces derniers mois. 

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Les énigmes de Sherlock Holmes – Tim Dedopulos

Les énigmes de Sherlock Holmes - Tim Dedopulos

Les énigmes de Sherlock Holmes…

Vous connaissez mes méthodes, appliquez-les. 

Accompagnez le plus grand détective du monde et utilisez votre propre sens de la déduction pour résoudre ces énigmes ingénieuses.

L’avis du consulting blogger…

J’avais feuilleté ce livre une première fois en magasin, attiré par son titre et sa couverture et je l’avais reposé peu après, a priori peu convaincue par son contenu. J’ai fini par l’emprunter à la bibliothèque pour me faire un avis plus poussé, espérant avoir trouvé un bon divertissement pour quelques soirées au coin du feu. Malheureusement, j’ai été énormément déçue par cet ouvrage et les éléments positifs bien que présents ne feront pas le poids face aux défauts, dans ma chronique.

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Les figures féminines du Canon à l’honneur chez Omnibus

Les neuf femmes de Sherlock Holmes - Omnibus

On a souvent taxé Sherlock Holmes de misogynie ; et pourtant, les figures féminines abondent dans ses aventures, dont Irene Adler –LA femme-, héroïne de la première des 56 nouvelles de ses aventures, ‘Un scandale en Bohême’.

Ces neuf nouvelles ont chacune une femme comme personnage central, qu’elle soit victime ou objet de l’enquête du génial détective.

Le recueil contient les nouvelles suivantes : ‘Un scandale en Bohême’, ‘Une affaire d’identité’, ‘La bande tachetée’, ‘La cycliste solitaire’, ‘Charles Augustus Milverton’, ‘Le manoir de l’abbaye’, ‘La disparition de Lady Frances Carfax’, ‘La pensionnaire voilée’, ‘La boîte en carton’

Les éditions Omnibus qui proposent déjà à leur catalogue une édition complète du Canon holmésien, viennent de publier un recueil de 9 nouvelles sélectionnées de manière assez originale.

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Son dernier coup d’archet

Son dernier coup d'archet - livre

(livre lu en français)
(titre VO : His Last Bow)

Le livre :

Recueil publié en 1917 et  comprenant les nouvelles suivantes :

L’aventure de Wisteria Lodge, La boîte en carton, L’aventure du cercle rouge, Les plans du Bruce-Partington, L’aventure du détective agonisant, La disparition de Lady Frances Carfax, L’aventure du pied du diable, Son dernier coup d’archet.

L’avis du consulting blogger :

J’ai ouvert ce recueil aussitôt après avoir refermé La vallée de la peur. Je ne voulais pas rester sur la déception ressentie à la lecture de ce dernier ouvrage lu qui n’avait pas réussi à me procurer ce que j’étais venue chercher en l’entamant. Fort heureusement, avec ce recueil, le charme a opéré et j’ai passé (une fois de plus) un très bon moment.

Pourtant, ça ne démarrait pas forcément très bien. L’aventure de Wisteria Lodge (WIST) est une nouvelle très longue et pas particulièrement folichonne… Un homme est invité à passer quelques jours à la campagne, malheureusement, son hôte qu’il connaissait en réalité à peine, est retrouvé mort un beau matin… Mouais…

Malgré la présence de quelques éléments d’un exotisme tout victorien, je suis toujours un peu déçue par le dénouement si peu extraordinaire de cette affaire aux ramifications pourtant bien (trop) alambiquées.

La boîte en carton (CARD), en revanche est vraiment très sympathique. Elle réunit tous les ingrédients que j’aime dans un texte du Canon : une nouvelle qui s’ouvre sur une petite scène terriblement domestique entre Holmes et Watson, Holmes qui démontre une fois de plus l’excellence de son art en dehors de tout contexte criminel et une affaire intrigante qui débute sur une note un peu horrifiante : ici deux oreilles humaines reposant dans le sel et livrées dans un boîte en carton à une vieille fille sans histoire…

Alors au final, l’affaire n’est pas bien compliquée, mais elle démarre de façon tellement peu ordinaire qu’on est immédiatement intrigué. Et puis les déductions de Holmes fusent à une telle vitesse ! A noter que cette aventure fait, en version originale, partie du recueil The Memoirs of Sherlock Holmes.

Dans L’aventure du cercle rouge (REDC) Sherlock Holmes enquête sur un locataire aux manies bien étranges… Bon, le lecteur comprend très rapidement SPOILER : qu’il y a eu substitution mais malgré cela j’ai trouvé que c’était un texte assez intéressant, parce qu’on a quand même besoin de Holmes pour dérouler le fil du mystère jusqu’au bout. 

Et puis j’aime beaucoup le fait que cette aventure au final assez sombre démarre sur un fait à la fois banal et grotesque. Des gens aux moeurs étranges, il y en a toujours eu et heureusement, ils ne cachent pas tous d’aussi dramatiques secrets. Le point de départ semble tellement innocuous que le dénouement en apparait d’autant plus terrible.

Dans Les plans du Bruce-Partington (BRUC), les plans top-secrets d’un sous-marin ont disparu tandis que l’on retrouve le cadavre de l’un des employés qui y avait accès… Comme c’est une très grave affaire d’état qui exige la plus grande efficacité et la plus grande discrétion, Mycroft se déplace en personne au 221B pour demander à Sherlock Holmes de résoudre l’affaire. Bref, si vous avez vu The Great Game, ce scénario doit vous rappeler quelque chose…

Bon, j’avoue que personnellement, ça n’est pas le genre de cas qui a spontannément ma faveur. Je préfère les faits-divers ne touchant pas aux hautes sphères, mais Sherlock Holmes a vraiment quelques éclairs de génie dans ce texte : il fait un certain nombre de déductions brillantes et totalement innatendues et c’est ce qui rend l’affaire finalement plutôt intéressante. 

L’aventure du détective agonisant (DYIN) est un texte assez particulier, parce qu’il n’y a pas d’enquête à proprement parler. L’enquête s’est en fait déroulée avant le moment ou le Dr. Watson choisit d’entamer son récit. Il nous relate seulement les circonstances de la capture du coupable, le piège imaginé par Holmes pour y parvenir. Le titre est assez explicite quand à la façon dont il s’y prend…

C’est un texte que j’appréhendais un peu lorsque je l’ai découvert, forcément, après le traumatisme de FINA. Et je me souviens avoir retenu mon souffle pratiquement tout au long de ma première lecture même si un certain nombre d’éléments relevés tout au long du texte avaient tendance à me rassurer… Maintenant, je sais à quoi m’attendre, alors il m’impressionne un petit peu moins. C’est un texte dont j’adorerais découvrir une adaptation dans la série Sherlock. Mais peut-être pas tout de suite, parce que John risque de pas très bien le prendre…

La disparition de Lady Frances Carfax (LADY) est très drôle, je trouve. Entre Watson qui mène seul l’enquête à la demande de Holmes et est très fier de lui (SPOILER : sans se douter un instant qu’il n’arrive à rien et que Holmes est en réalité en train d’enquêter aussi, en cachette. Cela me fascine toujours que Watson ne soit jamais capable de reconnaitre son ami sous ses déguisements. Il devrait commencer à avoir l’habitude pourtant !) et le final grandiose au cours duquel on retrouve notre chère Lady disparue, SPOILER : cachée dans un cercueil à double fond (oui, vous avez bien lu ! ), je trouve que ce texte a quelque chose d’un peu surréaliste. Mais il m’amuse vraiment beaucoup.

J’en ai déjà parlé sur cet espace, à l’occasion d’un compte-rendu d’une réunion du CHOP, L’aventure du pied du diable (DEVI) est un texte que j’aime énormément.

L’arme du crime qui tantôt rend fou, tantôt tue, est absolument redoutable et génialissime et puis on découvre aussi Holmes un peu plus ‘humain’ parce que pour une fois il n’occupe pas tout son temps à sa profession de consulting detective mais prend le temps de jouer les archéologues (cet homme est parfait), ou d’enterrer sa seringue dans le sable parce que la drogue c’est mal (sérieusement, cette scène me fait toujours hurler de rire), quand il n’est pas en train de faire des galipettes retrouver ses esprits sur la pelouse avec Watson (vraiment l’adaptation Granada de ce texte est mémorable). C’est d’ailleurs un texte qui insiste aussi beaucoup sur leur amitié.

Je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet parce que j’avais déjà parler de ce récit de façon assez extensive dans le billet mentionné plus haut. Si j’ai juste un détail à ajouter, ne passez pas à côté de ce texte vraiment génial et très riche qu’on peut lire et relire en découvrant à chaque de petites choses sur les personnages que l’on n’avait pas relevées jusqu’à présent?

Enfin, Son dernier coup d’archet (LAST) a une saveur bien particulière… Déjà parce que le récit est fait à la troisième personne, mais pas seulement. Là encore, comme dans DYI, pas vraiment d’enquête : on se concentre uniquement sur le dénouement d’une affaire qui a sans nul doute longuement occupé nos personnages.

C’est un texte très particulier puisqu’il a été écrit en 1917 et se déroule à la veille (assez littéralement) de la guerre. Holmes, trop âgé pour s’engager joue quand même les patriotes, en sortant de sa retraite pour rendre un dernier service à sa Nation. Dans le genre propagande de guerre pour booster le moral de la population on fait difficielement mieux…

Malgré tout, cela reste un texte très plaisant à découvrir de nos jours. Je trouve l’épilogue émouvant et c’est une jolie façon de dire au-revoir aux personnages, même s’il ne s’agit pas réellement du dernier récit les mettant en scène. Il y a un très beau texte, inspiré par celui-ci, à découvrir dans le recueil La demeure de Sherlock.

Bref, un recueil relativement court mais comportant des textes vraiment très intéressants que j’ai pris beaucoup de plaisir à (re)découvrir. Me plonger dans ce recueil m’a vraiment remonté le moral qui était alors un peu vacillant… Mais ce qui est effroyable dans l’histoire, c’est que du coup, j’approche dangereusement de la fin du Canon… Bon, il y a la relecture qui est toujours savoureuse, comme j’ai déjà pu le constater jusque là, mais psychologiquement, je bloque un peu à l’idée d’arriver à la fin des écrits du Docteur Watson… 

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Le retour de Sherlock Holmes

The return of Sherlock Holmes - 1st UK edition(livre lu en français)
(titre VO : The Return of Sherlock Holmes)

Le livre :

Recueil publié en 1905 et  comprenant les nouvelles suivantes :

La maison vide, L’entrepreneur de Norwood, Les hommes dansants,  La cycliste solitaire, L’école du prieure, Peter le noir, Charles Auguste Milverton, Les six Napoléons, Les trois étudiants, Le pince-nez en or, Un trois-quart a été perdu, Le manoir de l’abbaye, La deuxième tache.

L’avis du consulting blogger :

Après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps sur Le dernier problème, il y a quelques mois, j’ai eu envie de poursuivre ma (re)découverte du Canon dans l’ordre et j’ai l’impression de l’avoir déjà dit la dernière fois, mais je crois que j’ai pris encore plus de plaisir à lire ce recueil que les précédents.

J’aime vraiment ce recueil parce que malgré les trois années du hiatus, la vie reprend son cours comme avant. Watson revient s’installer au 221b (Mary Morstan étant décédée dans l’intervalle), les enquêtes reprennent comme si de rien était et pourtant beaucoup de choses ont changé : Holmes semble toujours aussi froid et pourtant on voit vraiment qu’il tient à Watson, que son opinion compte, et leur amitié au lieu d’être endommagée par ces trois ans d’absence et de mensonges semble presque plus intense, justement parce que ces trois ans ne sont rien face à leur amitié et c’est juste parfait.

Et puis j’ai trouvé ce volume particulièrement drôle. Déjà, c’est très amusant de voir Watson piquer quelques trucs à Holmes quant à la science de la déduction ; certes il n’égalera jamais son ami, mais il essaye et se débrouille franchement pas trop mal mais surtout dans ce volume, Sherlock est impertinent et arrogant comme jamais et certains de ces commentaires/réactions sont absolument hilarants. Ce type est odieux, mais je ne voudrais le voir changer pour rien au monde.

L’aventure de la maison vide (EMPTest mon anti-dépresseur personnel. Peu importe le nombre de lectures que j’ai déjà effectuées de ce texte, il a toujours le même effet sur moi : la joie de retrouver Sherlock, d’assister à ses retrouvailles mouvementées avec John Watson, de découvrir la vérité sur ce qui s’est passé à Reichenbach, l’excitation face au derniers instants de la traque contre le colonel Moran… Il n’y a pas d’enquête à proprement parler dans cette nouvelle et pourtant je l’adore et on ne s’ennuie pas un instant et j’ai hâte de voir comment le texte sera retravaillé/interprété par Mofftiss dans la S3 de Sherlock.

L’entrepreneur de Norwood (NORW) ne m’a pas tant marqué pour son intrigue (même si celle-ci est très chouette bien qu’un peu prévisible) que parce que c’est la première enquête post-retour de Holmes que l’on découvre. Sherlock y est cabot et gamin à souhait, sassy comme jamais avec son visiteur (un jeune notaire accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis) dont il n’hésite pas à se moquer ouvertement. De même qu’il n’hésite pas à blâmer la disparition de Moriarty pour l’absence de cas intéressants. On a vraiment droit à Sherlock dans toute sa splendeur dans cette nouvelle, anti-conformiste et j’adore ! Tout comme j’adore voir Lestrade tellement sûr de lui alors qu’il est totalement à côté de la plaque, le pauvre… Et puis comme Watson habite de nouveau avec Holmes, on redécouvre toutes les petites manies domestiques et quotidiennes de ce dernier et c’est très chouette.

Les hommes dansants (DANC) fait partie de mes nouvelles favorites du Canon tout simplement parce qu’il y est question de cryptographie et que je pourrais écouter Holmes pendant des heures tandis qu’il nous explique sa méthode et son raisonnement. Pourtant, il n’invente rien, mais je suis terriblement turned on par un Holmes racontant les principes de l’analyse fréquentielle (la crypto tend à avoir cet effet-là sur moi, ne cherchez pas -_-) et je rêve de voir rééditée sa monographie sur les écritures secrètes ^^. Et puis, ce qui est chouette là (contrairement au Scarabé d’or de Poe), c’est que l’on a accès au message et qu’on peut le déchiffrer en même temps que Holmes puisque What one man can invent another can discover.

Dans La cycliste solitaire (SOLI), on fait la connaissance d’une jeune femme qui vient demander l’aide de Holmes car elle est régulièrement suivie par un mystérieux stalker lors de ses trajets à vélo… Et le premier truc qui m’a marqué, c’est que l’on dit souvent Sherlock misogyne, hors les clientes qu’il reçoit sont toujours vives et jolies, malignes, intrépides et dégourdies (même si je me rends bien compte que c’est à travers le regard de John que l’on fait leur connaissance) et il les traite toujours avec beaucoup de respect et de courtoisie même s’il ne change rien à ses manies étranges en leur présence. Alors bien sûr il a parfois des remarques désobligeantes à faire au sujet des femmes, mais franchement les hommes s’en prennent tout autant plein la tête et puis si on remet le truc dans le contexte de l’époque, ses remarques n’ont rien d’inhabituelles. Franchement, je ne vois pas Holmes comme plus misogyne que la moyenne de son temps. Anybref, Watson se fait lyncher par Holmes et voir ces deux là se chamailler comme un vieux couple est absolument priceless. Et puis la fin de cette nouvelle est dramatique et victorienne à souhait. C’est que du bonheur !

L’école du prieuré (PRIO) était une découverte et ne m’a pas particulièrement enthousiasmée : un enfant disparaît d’une boarding school et Sherlock est invité à le retrouver. L’histoire paraît hyper banale mais sa résolution comporte quelques éléments intéressants et originaux (et j’aime beaucoup l’idée d’avoir glissé un plan des lieux. C’est un procédé qui revient de temps en temps dans le Canon et ça me plait toujours beaucoup.). Le gros problème c’est que les personnages de cette nouvelle sont tous plus antipathiques les uns que les autres. J’ai été un poil déçue par ce texte parce que je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, à vouloir les aider.

Peter le noir (BLACest intéressante parce que l’on en apprend un peu plus sur les secrets de Holmes : son don pour le déguisement, ses contacts avec toutes les couches de la population londonienne et sa capacité à se fondre dans chacune d’entre elles, ses multiples cachettes dans Londres… Quant à l’intrigue, ça n’est pas forcément une de mes préférées, mais elle m’a bien plu tout de même parce que comment résister au mystère d’un corps harponné le long d’un mur ? Et puis tout n’est pas évident dès le début, il y a quelques fausses pistes et je sais pas, j’ai bien aimé tout simplement.

Charles Auguste Milverton (CHASest effroyable et hilarante à la fois. Milverton est un personnage monstrueux et détestable et ce qui est terrible c’est qu’il aurait tout à fait sa place à notre époque. Cette nouvelle est terriblement intemporelle (les histoires de chantage existeront toujours) et le caractère des personnages est finement analysé. On voit aussi jusqu’où s’étend la loyauté de Watson envers Sherlock et c’est chouette parce que comme je le dis régulièrement à leur sujet, ce qui est intéressant dans le Canon, ce qui fait qu’on peut lire et relir ces textes sans se lasser, ça ne sont pas tant les enquêtes et leur récit que l’extraordinaire amitié entre Holmes et Watson qui se dévoile non seulement au fil des volumes mais aussi au fil des relectures.

Les six Napoléons (SIXNoccupe une place toute particulière dans mon mind palace puisque c’est ma toute première nouvelle holmésienne. J’avais 11 ans et grâce à cette seule nouvelle j’étais irrémédiablement conquise. Aujourd’hui, j’ai d’autres textes préférés, mais je prends toujours beaucoup de plaisir à le relire. Cette toute première rencontre avec Sherlock Holmes m’avait fascinée et beaucoup marquée. Aujourd’hui je trouve que la clé du mystère est assez simple, mais les circonstances de sa résolution ont un petit quelque chose de théâtral (le fracassage de bustes napoléonniens me rend beaucoup plus joyeuse que la bienséance ne l’autorise) qui me plait toujours autant et je comprends sans peine comment j’ai pu être fascinée la première fois.

Les trois étudiants (3STU), m’a vraiment beaucoup plu parce qu’elle est sans fioriture. Une situation initiale banale (une histoire de tricherie à un examen), un nombre de suspects limités, un terrain de « jeu » limité, Sherlock Holmes est vraiment obligé de ne faire appel qu’à ses capacités d’observation et de réflexion et il n’en est qu’encore plus épatant. J’aime vraiment beaucoup le côté dépouillé de cette enquête et je serais curieuse de la relire dans quelques temps. Et puis une fois de plus, j’ai aimé voir Holmes se moquer de la stupidité de son interlocuteur.

Dans Le pince-nez en or (GOLD), autant Holmes est sassy et drôle, autant le reste des personnages est antipathique… et puis si l’affaire est au départ intéressante (un jeune homme mystérieusement assassiné, un assassin qui n’a techniquement pas eu le temps de quitter les lieux, un pince-nez qui sort de nulle part…), j’en ai trouvé le dénouement bien vite expédié. Légère déception donc…

Un trois-quart a été perdu (MISSm’a semblée très longue et pas hyper passionnante (sans compter le retournement de caractère de Arstrong beaucoup trop rapide à mon goût) et pourtant je l’ai bien aimée, parce qu’au départ on est aussi perdu que Holmes, à se demander ce que peut bien être ce fameux « trois-quart » (je vous laisse d’ailleurs plancher sur la question) mais surtout parce que Watson aussi y va de son petit commentaire moqueur, alors qu’il est habituellement toujours celui qui reste poli en toutes circonstances et arrondit les angles. Voir le Dr. John Watson se dévergonder est absolument délicieux.

Quand débute Le manoir de l’abbaye (ABBE) (que je ne cesse de rebaptiser Northanger Abbey dans ma tête, merci Jane Austen…) pas mal de temps s’est écoulé depuis les dernières affaires relatées et nos deux amis ne sont plus aussi jeunes et fringants qu’avant et cela me provoque toujours un petit pincement au cœur. Même s’il est intéressant de suivre nos personnages préférés sur la durée, quelque part on aimerait aussi ne jamais les voir vieillir. Bon, là ils sont loin de la sénilité hein, mais quelques années ont passé et Watson le fait remarquer. Bref, en parlant de Watson, celui-ci ne peut bien évidemment pas s’empêcher de craquer pour la jolie jeune femme en détresse rencontrée au cours de l’enquête sur l’assassinat de son mari. L’affaire semble évidente au premier abord, mais évidemment on se doute bien, et Holmes a vite fait de nous le prouver, que tout est un peu plus compliqué que cela. Bon, la clé du mystère est asse évidente, mais le cheminement de la résolution est intéressant. SPOILER : Le seul truc qui me chagrine un poil dans cette histoire est la façon dont Holmes choisit de faire justice lui-même…

Enfin La deuxième tache (SECO) est juste absolument géniale. Holmes y est câpricieux et grognon à souhait et j’aime la façon dont il fait plier le gouvernement, non mais ! J’aime la façon dont Lestrade essaye de récupérer les déductions de Holmes à son compte et sans aucun scrupule, la stupidité profonde et l’impulsivité de Hilda, et puis la chute de cette nouvelle est absolument géniale et j’adore la finesse d’esprit du 1er ministre. Je n’ai vraiment pas grand chose à dire au sujet de ce texte. Il est juste parfait et puis c’est tout.

Bref, un recueil absolument génial et une fois de plus, j’ai adoré retrouve Holmes et Watson. J’aime ces personnages, leurs caractères respectifs et la dynamique de leur duo. J’ai hâte de me plonger dans le volume suivant tout en craignant d’arriver trop vite à la fin, même si je crois que je prends encore plus de plaisir avec mes relectures qu’avec mes découvertes. Anybref, lisez le Canon, c’est un ordre.

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Souvenirs de Sherlock Holmes

The Memoirs of Sherlock Holmes - First edition

(livre lu en français)
(titre VO : The Memoirs of Sherlock Holmes)

Le recueil :

Recueil également traduit sous le nom : Les mémoires de Sherlock Holmes et comprenant les nouvelles suivantes :

Flamme d’argent, La figure jaune, L’employé de l’agent de change, Le Gloria Scott, Le rituel des Musgrave, Les propriétaires de Reigate, Le tordu, Le pensionnaire en traitement, L’interprète grec, Le traité naval, Le dernier problème.

L’avis du consulting blogger :

Avant de dire quelques mots sur chaque nouvelle, je voudrais parler du recueil de façon générale. Je l’ai donc ouvert dans un moment de ‘manque’ : j’avais littéralement besoin de retrouver Sherlock et John et je crois que c’est pour l’instant la lecture la plus satisfaisante que j’ai fait depuis que j’ai (re)commencé à lire le Canon dans l’ordre.

Lecture la plus satisfaisante, donc, parce je recommence à me sentir vraiment à l’aise avec les personnages, comme c’était le cas il y a quelques années. En plus, j’ai trouvé ce recueil particulièrement riche en scènes domestiques et c’est quelque chose qui m’a énormément plu. Autant, j’ai globalement un poil moins aimé ces intrigues que celles des Aventures de Sherlock Holmes, autant j’ai adoré tous les instants passés au 221b Baker Street en compagnie des personnages. C’est au travers de ces scènes sans prétention que l’on fait vraiment leur connaissance, que l’on s’attache à eux, que l’on comprend le lien extraordinaire qui unit Sherlock et John.

J’ai pris beaucoup de plaisir à (re)lire les intrigues mais j’ai surtout adoré tout simplement profiter du temps passé auprès des personnages. C’est d’ailleurs un trait qui est vraiment mis en avant dans BBC Sherlock et l’une des raisons pour lesquelles j’aime tant la série. J’espère que l’on aura encore droit à de nombreuses scènes de ce type dans les prochaines saisons.

Mais passons maintenant au détail de chaque nouvelle. Rendez-vous en fin de billet pour ceux qui préfèrent sauter directement à la conclusion.

Comme je le disais dans mon billet sur The Curious Incident of the Dog in the Nigh-time, Flamme d’argent (SILV) fait partie de mes toutes premières lectures holmésiennes, et bien que je ne l’ai lue qu’une fois en 14 ans, je m’en souvenais encore parfaitement. Cela dit, j’ai tout de même pris beaucoup de plaisir à relire l’enquête sur la disparition de ce fameux cheval de course. J’ai aimé pouvoir vraiment décortiquer tout le raisonnement de Holmes, l’analyser puisque j’en connaissais par avance les étapes principales et les conclusions.

La figure jaune (YELL) était une découverte. C’est un texte un peu particulier puisque comme Watson nous l’explique, il s’agit de l’un des rares cas où Sherlock parvient à la mauvaise conclusion alors qu’il enquête sur le comportement mystérieux d’une femme mariée. Le fait est qu’il bâtit une hypothèse sans avoir vraiment pris le temps d’enquêter et avant même d’être en possession des faits. Et si j’ai aimé le contenu de l’histoire, je n’ai pas trouvé ce comportement très Sherlockien. J’ai été très déçue et ai trouvé Sherlock totalement OOC dans cette histoire puisqu’il fait exactement ce qu’il explique lui-même qu’il ne faut jamais faire, dans SCAN : It’s a capital mistake to theorise before one has data. Insensibly one begins to twist facts to suit theories, instead of theories to suit facts.

Découverte également pour L’Employé de l’agent de change (STOC) dans laquelle un courtier se voit proposer une bien étrange offre d’emploi. Le mystère n’est pas bien mystérieux sincèrement, et le lecteur voit clair dès les premières pages mais j’ai aimé trouver des similitudes avec La Ligue des Rouquins dans la façon dont l’affaire se présente. C’est chouette de pouvoir établir des liens entre les histoires, de pouvoir raccrocher un bout du Canon à un autre et bizarrement, contrairement à ce que je pensais, je n’ai pas du tout été agacée par cette redite.

Le Gloria Scott (GLOR) est un texte que j’adore ! Son intrigue est rasoir au possible si vous voulez tout savoir, mais j’ai une tendresse particulière pour cette enquête qui est la toute première résolue par Sherlock alors qu’il est encore étudiant et que son ami Victor Trevor lui demande son aide pour comprendre ce que son père lui cache. Je craque tout simplement totalement pour ce texte, pour le Sherlock que l’on y croise. Voir Sherlock, jeune, étudiant, pas encore officiellement détective mais déjà tellement Sherlock ! C’est absolument génial ! En un tout petit texte on en apprend énormément sur le personnage et son histoire. Alors que ce sont des détails globalement absents des autres recueils, là on (re)découvre tout un tas de petites choses, on comprend mieux ce qu’il est devenu et c’est trop bien.

Le rituel des Musgrave (MUSG) est un des meilleurs textes du Canon. Parlez-moi de texte mystérieux transmis de génération en génération, de trésor caché au plus profond d’une antique demeure et je suis totalement emballée ! En plus, j’adore comment l’histoire est amenée, et une fois encore, on a affaire à un très jeune Sherlock qui en est à sa troisième enquête et c’est vraiment chouette. Enfin, un des personnages le dit lui-même, c’est une affaire pour un archéologue, alors comment suis-je censée résister!

J’ai trouvé l’histoire dans Les propriétaires de Reigate (REIG) très alambiquée sans réelle nécessité. Je me suis limite un poil ennuyée. En revanche, j’ai adoré découvrir une fois de plus les talents de comédien de Sherlock alors qu’il enquête sur le meurtre d’un cocher. J’ai aussi aimé la façon dont il apparait relativement affaibli au début du texte, comme pour nous rappeler que malgré ses talents extraordinaires, il n’en reste pas moins un être humain ‘normal’. Cela encre vraiment le personnage dans le réel, d’autant plus que tout un tas de faits, de lieux et de personnages sont évoqués, qui tendent eux aussi à prouver que Sherlock Holmes is real.

J’ai trouvé la nouvelle Le tordu (CROO) terrrrriblement victorienne (c’est à dire encore plus que les autres), aussi bien dans le fond de l’intrigue que dans ses circonstances et les protagonistes (pas tous humains) présents. C’est délicieusement désuet et donne un charme incomparable au récit. Intrigue qui est intéressante mais pas très complexe (une simple histoire de meurtre sans élément vraiment extraordinaire) et c’est vraiment l’ambiance particulière de la nouvelle que je retiens !

Le pensionnaire en traitement (RESI) est vraiment bien goupillée. Bon, on se doute rapidement de ce dont il retourne et ce qu’il se passe réellement dans ce cabinet médical, mais j’ai vraiment aimé la façon dont l’intrigue est construite et la façon dont Sherlock l’aborde. En plus, sans vous spoiler pour autant, je peux d’ores et déjà vous révéler que l’un des coupables a pour nom Moffat ! Autant vous dire, que cette découverte m’a fait pousser un couinement qui n’était pas des plus distingués… (entre cela et Basil, je ne sais pas si je serais un jour autorisée à remettre les pieds au square de Cluny…)

L’interprète grec (GREEnous permet de faire enfin la rencontre de Mycroft et c’est ce que je retiens du texte. L’intrigue est intéressante (une histoire d’otage que l’on fait chanter) mais un peu trop rocambolesque à mon goût et je ne suis pas hyper fan de la façon dont elle se termine. En revanche, j’aime vraiment la façon dont Mycroft est décrit, visiter le Diogenes club…

est beaucoup plus longue que la moyenne des nouvelles de ce recueil et si vous avez vu, The Great Game, elle ne comportera pas grand mystère. Cela-dit, justement à cause de BBC Sherlock, j’étais très curieuse de découvrir ce texte et même en étant auto-spoilée dès le départ, j’ai vraiment beaucoup aimé.

Enfin, le texte que j’appréhendais le plus… Le dernier problème (FINA)… L’affrontement final entre Sherlock Holmes et le professeur James Moriarty… J’avais du le lire pour la première et unique fois il y a environ dix ans. Ce texte m’avait vraiment littéralement traumatisée… m’empêchant pendant des années d’ouvrir un texte inconnu dans le Canon. Autant, je pouvais relire mes préférés, autant j’étais incapable de me résoudre à oser en lire un totalement nouveau. Je me disais que vraiment tout pouvait arriver, surtout le pire et je refusais d’être confrontée à une telle situation une nouvelle fois. Finalement, si ça n’était pas franchement gai, j’ai plutôt aimé avoir enfin l’occasion de relire ce texte. Je n’ai pas pu m’empêcher de verser quelques larmes (bien que je sache parfaitement ce qui se passe pendant et après), mais j’ai gardé quand même un semblant de dignité, pas comme la dernière fois où, vers 14-15 ans, j’ai passé une fin de nuit blanche, en larmes dans mon lit… ou bien en janvier dernier, où j’étais une fois de plus, en larmes dans mon lit, à 6h du matin, après avoir chopé Reichenbach en replay…).

Bref, vraiment un recueil que j’ai adoré parce qu’il est relativement différent des autres. Dans beaucoup de ces textes, John laisse la parole à Sherlock que l’on découvre avant qu’il n’habite le 221b Baker Street. Ca rend le personnage d’autant plus réel, humain, attachant. Alors c’est peut-être aussi une question de quand j’ai lu ce livre, mais j’ai vraiment eu l’impression que ce recueil nous en apprenait beaucoup plus que les autres sur les personnages, nous invitait à vraiment prendre le temps de faire leur connaissance. Comme dans une vraie amitié, on les connait désormais depuis un petit moment et ils dévoilent du coup des trucs plus personnels, plus intimes et c’est en même temps délicat et super pudique. Cette amitié progresse au même pas que celle entre John et Sherlock et on a l’impression d’être là parmi eux et c’est trop bien. 

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