Le train de la mort – Roy William Neill – 1946

Sherlock Holmes - Le train de la mort

(film vu en VOSTFR)
(titre VO : Terror by Night)

Le film :

Lady Carstairs doit prendre le train en compagnie d un diamant aussi énorme que précieux. Son fils Roland embauche alors Sherlock Holmes accompagné de Watson pour assurer sa protection. Sauf que Roland a pris le diamant, qu il est assassiné et que la pierre disparaît…

L’avis du consulting blogger :

Malgré l’intervalle de temps entre la publication des deux billets, j’ai découvert ce film très peu de temps après L’arme secrète. Si j’étais loin d’avoir eu un coup de coeur pour ce dernier film, je l’avais quand même trouvé plaisant au point de vouloir découvrir le reste de la série et puis je voulais élucider au plus vite la question du cadre temporel posée dans le billet ci-dessus.

Sur ce dernier point, j’ai très rapidement eu ma réponse, comme expliqué dans les commentaires sur le précédent billet : ce sont l’ensemble des personnages et de l’univers holmésiens qui ont été transposés à l’époque du tournage. Une sorte de Sherlock des années 1940s, quoi. Finalement, il n’y a rien de nouveau sous le soleil… Une fois cette précision obtenue, j’étais justement plus à même d’apprécier la réussite ou non de la transposition, et je dois dire que le résultat est convaincant. On reconnait les personnages et ils nous entraînent le plus naturellement du monde dans leur époque. Pour un peu, on croirait presque qu’ils ont véritablement vécu au milieu du XXème siècle. D’autant plus que je n’ai pas noté d’anachronisme comme cela a pu être le cas dans L’arme secrète.

Bon, les personnages sont un poil âgés à mon goût et Watson est toujours aussi stupide que dans le précédent épisode, mais finalement ça m’a un peu moins dérangée que la dernière fois. Tout d’abord, parce que je savais par avance à quoi m’attendre, du coup il y avait moins matière à déception sur ce point. Mais surtout, parce que la dynamique du duo est excellente. Il y a vraiment une complicité entre Holmes et Watson qui ressort très, très bien et du coup, cela estompe un peu les défauts dans la représentation individuelle des personnages. J’aime beaucoup les interractions du duo Basil Rathbone / Nigel Bruce : les répliques rebondissent et ils fonctionnent bien ensemble. Je pense que cela est dû en partie au grand nombre de tournages qu’ils ont partagé sur cette série. D’ailleurs, cela pourrait être intéressant de visionner les films dans l’ordre pour voir justement comment la dynamique du duo évolue au fil du temps et des épisodes.

Pour en venir maintenant à l’intrigue de ce film, je l’ai largement préférée à celle de L’arme secrète. J’ai adoré cette ambiance de husi-clos à l’intérieur d’un train. On a l’impression que personne n’est vraiment innocent, que tout le monde a quelque chose à cacher. Côté ambiance, cela fait terrrrriblement penser au Crime de l’Orient-Express et c’est génial (que l’on me pardonne, je suis également poirotphile à l’occasion). Et puis, il y a une vraie enquête à mener et si l’identité prise par le coupable est rapidement évidente pour le spectateur, ça n’est pas très grave parce que l’on prend beaucoup de plaisir à suivre le déroulement de l’enquête, à voir ce pauvre Watson se couvrir de ridicule tandis que Holmes, fait évidemment preuve une fois de plus d’une grande finesse, avec la complicité de Lestrade. Et puis comme la dernière fois, il y a tout un tas d’allusions au Canon une fois de plus bien sympathiques à découvrir. Ainsi on identifie, entre autres, quelques traits du Signe des Quatre et de La disparition de Lady Frances Carfax dans l’affaire à laquelle se trouvent confrontés Holmes et Watson.

Bref, si j’étais juste un poil déçue de ne pas appercevoir ne serait-ce qu’un instant le 221B, j’ai quand même beaucoup aimé cet épisode, d’avantage que le précédent en fait, et je compte bien poursuivre ma découverte de la série. Seul regret, les sous-titres sont toujours aussi mauvais…

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Sherlock Holmes et l’arme secrète – Roy William Neill – 1943

Sherlock Holmes et l'arme secrète

(film vu en VOSTFR)
(titre original : Sherlock Holmes and the Secret Weapon)

Le film :

Sherlock Holmes est chargé de soustraire le professeur Franz Tobel des griffes de la Gestapo. Tobel a conçu une nouvelle bombe qu’il souhaite mettre à la disposition des alliés. Ça, c’était avant qu il ne disparaisse en laissant un message codé…

Très vite, Holmes se rend compte que, bien sûr, les nazis sont sur le coup mais aussi son ennemi juré, Moriarty.

L’avis du consulting blogger :

Encore un DVD découvert lors d’une razzia à la médiathèque. Si Basil Rathbone et Nigel Bruce sont de très célèbres Holmes et Watson, ayant interprété ces rôles ensemble dans quatorze films, je découvrais pour ma part le duo pour la première fois. Bilan, je suis loin du coup de coeur, mais j’ai quand même passé un bon moment.

Le fait est que l’intrigue est relativement simple, mais on se laisse rapidement entrainer dans le flot des événements. Les clichés sont nombreux : les suisses sont doués en mécanique fine… et j’aime aussi beaucoup comment la police est capable de tracer l’origine des appels encore plus rapidement qu’elle ne peut le faire de nos jours… C’est absolument magnifique. Le truc, c’est qu’ il n’y a pas vraiment de mystère à résoudre et on a finalement plus l’impression d’avoir affaire à un film de propagande de guerre qu’à une réelle aventure inédite de Sherlock Holmes, mais le résultat n’est pas déplaisant pour autant.

Les références au Canon sont nombreuses, de la plus évidente à la plus subtile (de DANC à EMPT pour ne citer que ces deux aventures), et c’est chouette de le relever l’une après l’autre tout au long du film (SPOILER : quand à la façon dont disparait Moriarty (Lionel Atwill), c’est brillament trouvé. Les chutes de Reichenbach sont peut-être loin, mais ça ne l’empêche pas de faire le grand plongeon.). Et puis dès les premières minutes, l’accent est vraiment mis sur le talent de Holmes pour le déguisement et c’est plutôt chouette parce que c’est un trait dominant du personnage et que c’est vraiment bien mis à profit : toujours justifié et visuellement bluffant. Il y a donc vraiment tout un tas de petits détails à repérer et du coup même si on n’a pas affaire à une adaptation directe d’un texte du Canon, et bien l’ambiance est là. On est vraiment en terrain familier et cela suffit. On n’a pas besoin de plus. Quant au professeur Tobel, son nom est-il censé évoquer Joe(seph) Bell ?

En revanche, deux petites choses m’ont un poil dérangée au niveau des personnages :

  • une fois de plus on a droit à un Watson pas très dégourdi, limite simplet, ce qui a le don de m’agacer profondément,
  • mais en plus j’ai été génée par l’âge de Holmes/l’époque à laquelle se déroule le film. On est donc en plein milieu de la seconde guerre mondiale et Holmes, sans être un tout jeune homme est encore fringant, alors que canoniquement parlant (et si je ne me plante pas dans mes calculs. Tout le monde n’est pas professeur de mathématiques…) il est censé avoir pas loin de 80 ans… Alors, je ne sais pas si l’ensemble des films de cette série ont subi un décalage dans le temps (ce qui passerait alors), ou bien si c’est une ‘incohérence’ propre à ce film… A vérifier en visionnant le reste de la série. Cela-dit, si vraiment il y a transposition temporelle, ça peut être très intéressant, mais du coup, le VR au mur semble un peu anachronique. Bref, recherches et visionnages au programme pour éclairer ce point !

Lestrade (Dennis Hoey) par contre m’a plutôt agréablement surprise : ni stupide ni insupportable, il est assez loin de l’image que l’on a régulièrement de lui dans le Canon (face de rat, air chafouin, toussa… Il est pas gâté le pôvre.) mais c’est plutôt un bon choix. C’est une version du personnage qui m’a bien plu. Un peu comme dans Sherlock, ou le Gregson de Elementary en fait, où l’on a droit à un personnage certes loin d’être aussi brillant que Holmes mais qui n’est pas non plus arrivé à son poste par hasard. Du coup, ses intéractions avec Holmes sont d’autant plus intéressantes qu’il comprend ce qu’on lui raconte et ne se prend pas pour le roi du monde.

En revanche, les sous-titres sont vraiment de piètre qualité. Ils ne rendent pas compte de l’humour et de la dynamique des dialogues originaux. C’est dommage.

Bref, un film sympathique, dont l’intrigue s’appuie bien sur un certain nombre d’éléments du Canon, malgré les clichés inévitables qui alourdissent un peu la chose. Même si ce duo Holmes/Watson n’est pas mon favori, il fonctionne vraiment bien et je compte découvrir l’ensemble des films de la série.

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