Les figures féminines du Canon à l’honneur chez Omnibus

Les neuf femmes de Sherlock Holmes - Omnibus

On a souvent taxé Sherlock Holmes de misogynie ; et pourtant, les figures féminines abondent dans ses aventures, dont Irene Adler –LA femme-, héroïne de la première des 56 nouvelles de ses aventures, ‘Un scandale en Bohême’.

Ces neuf nouvelles ont chacune une femme comme personnage central, qu’elle soit victime ou objet de l’enquête du génial détective.

Le recueil contient les nouvelles suivantes : ‘Un scandale en Bohême’, ‘Une affaire d’identité’, ‘La bande tachetée’, ‘La cycliste solitaire’, ‘Charles Augustus Milverton’, ‘Le manoir de l’abbaye’, ‘La disparition de Lady Frances Carfax’, ‘La pensionnaire voilée’, ‘La boîte en carton’

Les éditions Omnibus qui proposent déjà à leur catalogue une édition complète du Canon holmésien, viennent de publier un recueil de 9 nouvelles sélectionnées de manière assez originale.

Lire la suite

Publicités

Le Canon holmésien adapté en manga

Tome 1 adaptation manga Sherlock Holmes

 Rendez-vous le 12 mars 2015 pour découvrir le premier volume d’une nouvelle adaptation en manga du Canon holmésien, dessinée par Morihiko Ishikawa, sous la supervision de Shotaro Ishinomori.

Chaque volume, 5 au total dans la version française, présentera à la fois les textes originaux et leur adaptation graphique. Les divers volumes paraîtront tous les six mois et le premier contiendra les textes et adaptations d’ ‘Une étude en rouge’, ‘Le Ruban moucheté’ et ‘Le Gloria Scott’.

J’ai découvert cette information ce matin dans ma boite mail alors qu’elle a visiblement fait beaucoup parler d’elle au cours du week-end.

Lire la suite

Le diadème de béryls – Christel Espié (illustrations)

Le diadème de béryls - Christel Espié

Le diadème de béryls…

Un banquier très agité surgit un matin chez Sherlock Holmes et son fidèle ami Watson : un affreux scandale menace toute l’Angleterre, si le génial détective ne l’aide pas à retrouver de précieux joyaux disparus ! Bravant la neige et le froid, Sherlock Holmes mène l’enquête. Les apparences ne résisteront pas longtemps à son œil aiguisé…

L’avis du consulting blogger…

Il y a quelques temps, je vous avais parlé avec énormément d’enthousiasme de l’autre nouvelle canonique, adaptée en album aux éditions Sarbacane : ‘La bande mouchetée. J’en avais tellement aimé les illustrations que je n’ai pas pu m’empêcher d’emprunter à son tour ‘Le diadème de béryls’ pour redécouvrir cette nouvelle sous les pinceaux de Christel Espié.

Dès la première page, je suis une fois de plus tombée sous le charme des tableaux illustrant la nouvelle, page après page. Je crois que j’ai même préféré cet album au précédent bien que le texte ne fasse pas nécessairement partie de mes favoris.

Lire la suite

Une boîte en carton bien encombrante…

J’évoquais dans un récent billet sur les diverses éditions du Canon holmésien, les ‘maltraitances’ régulièrement subies par une nouvelle en particulier : ‘L’aventure de la boîte en carton’ (CARD pour les intimes). En effet, ce texte est régulièrement déplacé, oublié, réutilisé à tel point que le lecteur finit par se poser des questions… D’ailleurs, je vous invite même, avant d’aller plus loin, à rechercher cette nouvelle au sein de votre édition du Canon, histoire de découvrir quelle version vous avez entre les mains et de mieux comprendre les explications qui vont suivre.

Pour résumer la situation, le problème à résoudre est double : il s’agit d’une part de retrouver la position originale de ce texte et de comprendre pourquoi il ne la conserve pas systématiquement dans les diverses éditions. D’autre part, lorsque l’on étudie le contenu même de l’introduction de ce texte on réalise qu’il apparaît également ailleurs dans certaines éditions du Canon. Là encore, on peut essayer de comprendre ce qui s’est produit, puisque les mêmes raisons sont en cause.

Ce double problème semble au premier abord constituer un sac de nœuds indémêlable, pourtant l’affaire n’est pas particulièrement compliquée comme nous allons le voir au cours de cette enquête. Il suffit, comme bien souvent, de revenir aux sources et de remonter tranquillement le fil des diverses publications successives du Canon holmésien pour y voir plus clair.

L'aventure de la boîte en carton - Sidney Paget

Illustration de Sidney Paget pour ‘The Adventure of the Cardboard Box’.

Commençons donc par nous intéresser à la position parfois fantaisiste (voir l’absence) de cette nouvelle au sein des diverses éditions du Canon holmésien et à la raison la plus souvent avancée pour expliquer cela.

CARD a été publiée pour la première fois dans le mensuel The Strand Magazine en janvier 1893, soit au sein d’un ensemble de nouvelles publiées dans le magazine entre décembre 1892 et décembre 1893, puis regroupées plus tard en un recueil intitulé The Memoirs of Sherlock Holmes. Ainsi, en toute logique, ‘The Adventure of the Cardboard Box’ devrait occuper la deuxième position au sein de ce recueil, entre ‘The Adventure of Silver Blaze’ et ‘The Adventure of the Yellow Face’. Or, dès la première publication britannique du recueil, les ennuis commencent.

En effet, ‘L’aventure de la boîte en carton’ est absente de la première édition britannique de The Memoirs of Sherlock Holmes, parue en 1894. Elle a cependant été intégrée à la plupart des éditions suivantes. Aux Etats-Unis, c’est plus compliqué : la nouvelle est bien présente au sein de la première édition du recueil mais elle absente dans les éditions suivantes. Plus tard, elle est finalement réintégrée au Canon dans certaines éditions, mais est alors généralement placée en deuxième position au sein du recueil His Last Bow (première publication : 1917), entre ‘The Adventure of Wisteria Lodge’ et ‘The Adventure of the Red Circle’.

Pour ce qui est des éditions françaises, on remarque qu’elles suivent bien plus souvent le modèle américain que le modèle britannique, en publiant la nouvelle au sein du recueil Son dernier coup d’archet. L’édition Omnibus, quant à elle, après avoir longtemps omis ce texte semble avoir préféré ne prendre aucune décision sur le sujet, en publiant la nouvelle de façon indépendante à la fin du dernier volume si l’on en croit la page internet consacrée à l’ouvrage.

La raison le plus souvent avancée quant à cet escamotage de la nouvelle est celle d’un texte au thème trop inconvenant pour le public de l’époque de sa publication initiale. En effet, au cours de son enquête, Holmes découvre que deux personnages entretiennent une relation extra-conjugale. Si cela fait à peine lever le sourcil aujourd’hui, ce fait avait été jugé choquant à la fin du XIXème siècle.

Maintenant que ce point est éclairci, étudions l’introduction de ce texte.

Vous pouvez la lire en version intégrale à cette adresse. Pour ma démonstration, je me contente de recopier un tout petit extrait :

It was a blazing hot day in August. Baker Street was like an oven, and the glare of the sunlight upon the yellow brickwork of the houses across the road was painful to the eye. It was hard to believe that these were the same walls which loomed so gloomily through the fogs of winter. Our blinds were half-drawn, and Holmes lay curled upon the sofa, reading and re-reading a letter which he had received by the morning post. For myself, my term of service in India had trained me to stand heat better than cold, and a thermometer at 90 was no hardship.

Pour ceux qui ne parlent pas la langue de Holmes, on découvre donc que l’affaire prend place au mois d’août, alors que le temps est incroyablement chaud, ce qui n’est pas inhabituel pour cette période de l’année.

En revanche, ce qui est plus curieux, c’est que dans certaines éditions de ‘The Adventure of the Resident Patient’, on trouve exactement la même introduction… à un détail près :

It had been a close, rainy day in October. Our blinds were half-drawn, and Holmes lay curled upon the sofa, reading and re-reading a letter which he had received by the morning post. For myself, my term of service in India had trained me to stand heat better than cold, and a thermometer of 90 was no hardship.

On découvre alors que l’affaire se déroule en octobre… Dès lors, il est un peu plus étrange de voir Watson évoquer une chaleur écrasante : plus de 32°C (si l’on effectue la conversion), alors qu’il nous indique par ailleurs qu’il a plu toute la journée…

En fait, si l’on regarde ce qui suit cette brève description du contexte, on constate que l’on assiste à une déduction assez brillante de Holmes quant aux pensées de Watson, Holmes expliquant par le détail le fil de son raisonnement. Ce passage, appartenant donc originalement bien à CARD a été jugé particulièrement intéressant si bien que CARD n’ayant initialement pas été retenue pour une publication en volume, il a été inséré au début de RESI, à l’introduction originellement beaucoup plus courte (vous pouvez la découvrir ici).

Lorsque CARD a finalement été réintégrée au volume The Memoirs of Sherlock Holmes, le long passage déductif a retrouvé sa place initiale… enfin pas dans toutes les éditions, malheureusement. On tombe donc régulièrement sur des éditions du Canon ayant bien réintégré CARD et son introduction, mais n’ayant pas repris la version correcte de RESI. Ainsi l’on est ammené à lire deux fois la même scène, dans un contexte plus qu’étrange la seconde…

Bref, une affaire donc beaucoup plus simple qu’il n’y parait et qui montre que tous les éditeurs n’abordent pas forcément leur travail avec le même sérieux… J’espère en tous cas que vous y voyez désormais plus clair.

Sources :  Wikipedia, SSHF et explorations personnelles.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Quelle édition du Canon holmésien choisir ?

L’idée de rédiger cet article m’est venue il y a quelques semaines, suite à une question de Fanny pour la page Facebook Oh Sherlock, you are merveilleux (n’hésitez pas à leur rendre une petite visite). En effet, les membres de cette page se sont lancées depuis quelques temps dans une (re)lecture complète du Canon.

La question s’est alors posée de savoir quelle édition française choisir pour découvrir un texte qui soit le plus fidèle possible à l’original ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que la réponse n’est pas simple…

Autant être immédiatement claire sur le sujet, aucune édition française du Canon holmésien n’est une traduction strictement fidèle au texte original. Depuis 1894 et la publication d’une traduction en français de STUD (dans le quotidien Le temps) il faut se contenter de médiocres propositions, certaines cependant plus acceptables que d’autres.

Sans prétendre apporter une réponse qui fasse loi sur la question, essayons donc de faire un petit tour d’horizon des principales éditions ‘papier’ disponibles en langue française et de leurs caractéristiques. Cet article n’est absolument pas exhaustif et c’est à chacun de trouver ‘son’ édition : celle dont il aime la tournure et la présentation, celle qui correspond à ce qu’il recherche. Je veux juste essayer d’apporter quelques éléments pouvant éventuellement faciliter ce choix.

Je voue avoue que je suis restée très longtemps sans me poser la question et j’ai d’ailleurs encore fait des découvertes sur le sujet au moment de préparer cet article : en 15 ans j’ai eu l’occasion de manipuler diverses traductions et si certaines me semblaient plus agréables que d’autres à parcourir, si je relevais parfois des termes qui me semblaient douteux, je ne cherchais pas non plus à creuser le sujet.

Je pensais naïvement que quelle que soit la traduction, chacune avec ses avantages et ses petits défauts, elle était une proposition honnête et constituait une retransmission fiable du texte original… aheum…

Librio - Sherlock Holmes

Canon holmésien – éditions Librio
(couvertures 1990s)

Mes premières lectures du Canon ont eu lieu avec les éditions Librio : c’était l’édition exigée par le professeur pour le cours de français et je m’y suis ensuite tenue quelques temps parce que le prix dérisoire de ces livres (10 F ! pour 4 nouvelles) correspondait bien à mon budget de collégienne et que je ne savais alors pas grand chose du Canon, de ce qu’il comprenait… Je ne cherchais pas à lire les divers récits dans l’ordre et je prenais simplement beaucoup de plaisir à dévorer ces nouvelles à chaque fois que je le pouvais, comme elles arrivaient entre mes mains.

Ce qu’il faut retenir à son sujet : il ne s’agit pas d’une intégrale mais ça n’est pas forcément le plus gênant (la mention ‘texte intégral’ sur les couvertures, en revanche, est déjà beaucoup plus dérangeante…). En effet, lorsqu’on y regarde de plus près, on constate que ces recueils, outre le fait qu’ils réorganisent et réassemblent les nouvelles à leur guise sans grande logique chronologique ou thématique, mêlent également les travaux de plusieurs traducteurs d’une nouvelle à l’autre.

J’ai ainsi déjà relevé 4 noms, alors que je suis loin de posséder l’ensemble des volumes publiés sous cette forme : Lucien Maricourt, Michel Le Houbie, Henry Evie et René Lécuyer. Pas évident dans ces conditions d’instaurer une certaine cohérence dans le ton et la qualité de l’ensemble, bien que toutes les traductions semblent dater de la même période : la fin des années 1940s.

Cependant, j’avoue avoir une tendresse particulière pour ces volumes qui évoquent pour moi beaucoup de souvenirs. Leur prix étant toujours relativement bas, ils peuvent constituer un bon support pour faire les présentations entre un nouveau lecteur et le détective conseil, avant de passer à une édition plus consistante.

Sherlock Holmes LdP

Canon holmésien – éditions Livre de Poche
(diverses éditions selon les époques, de la plus ancienne à la plus récente)

C’est ensuite avec Le livre de Poche que j’ai poursuivi ma lecture des récits des enquêtes de Sherlock Holmes. Je possède à la fois les plus anciennes et les plus récentes éditions ainsi publiées. Là encore, c’est d’avantage par esprit pratique que par souci de qualité que je me suis tournée vers ces ouvrages.

Ce sont ceux que l’on trouve le plus couramment chez les bouquinistes (fournisseurs pratiquement exclusifs de votre hôte, depuis… toujours) et je me souviens avoir fait une razzia, il y a quelques années préférant par la suite continuer à acquérir les divers volumes dans la même édition pour plus de cohérence et d’esthétisme rangementesque…

Ce qu’il faut retenir à son sujet : quand l’on commence à vouloir faire les choses ‘sérieusement’, ces volumes ont au moins l’avantage de respecter le découpage original des divers recueils (à l’exception de CARD, qui pose toujours quelques soucis divers et variés aux éditeurs…). On peut donc commencer à appréhender le Canon dans sa globalité, à s’interesser au rythme de publication des divers textes, à leurs liens temporels… C’est vraiment une édition que j’apprécie parce qu’elle est facile à transporter et à manipuler.

Cependant, les défauts sont bien là : un traducteur différent pour chaque volume : Gilles Vauthier, Robert Latour, Pierre Baillargeon, Michel Londa… (au moins, chaque volume a été confié à un seul traducteur, ce qui confère à chaque recueil un minimum de cohérence interne) et une publication loin d’être intégrale.

Certains volumes n’ont simplement jamais été traduits tandis que la nouvelle édition propose à la fois recueils complets et nouvelles indépendantes. C’est là encore un peu le fouilli  et il n’est pas forcément évident de s’y retrouver pour l’instant.

Cependant, on peut encore espérer que l’ensemble des recueils finira par être publié. Ces traductions, dont je reparle juste en-dessous, semblent être les plus couramment reprises, puisqu’un volume de STUD que je possède, publié par Gallimard dans la collection folio junior reprend également la traduction de Pierre Baillargeon.

sherlock Holmes Bouquin

Canon holmésien – éditions Robert Laffont
ancienne et récente éditions

Enfin, terminons cette première partie avec l’édition qui semble globalement faire l’unanimité parmi les lecteurs (Bernard Oudin, dans Enquête sur Sherlock Holmes, la considère d’ailleurs comme la meilleure traduction française disponible du Canon), bien qu’elle ne soit pas exempte de défauts.

Il s’agit de l’édition publiée par Robert Laffont dans la collection ‘Bouquins’. C’est l’édition que j’ai dernièrement adoptée (et je bave actuellement devant une édition des années 1960s présente chez mon bouquiniste, mais elle est un poil chère à mon goût surtout que la jaquette est absente… Craquerai-je ou pas ?) en attendant de mettre la main sur une intégrale en langue anglaise.

Ce qu’il faut retenir à son sujet : Cette traduction en deux volumes datant de 1956 a été plusieurs fois mise à jour et rééditée, mais n’est curieusement plus disponible aujourd’hui. Elle est cependant très répandue en bibliothèque et chez les bouquinistes.

En outre du Canon, enfin traduit et publié dans on intégralité et dans l’ordre, un certain nombre de textes supplémentaires et relativement rares d’Arthur Conan-Doyle (entre autres) sont proposés en annexe, ce qui est très intéressant.

Côté traducteurs, en revanche, c’est un peu moins glorieux puisque plusieurs personnes se sont réparti les divers textes à traduire. On retrouve, sans surprise, les noms croisés chez Le Livre de Poche ou Gallimard : Robert Tourville, Bernard Latour, Michel Landa et Pierre Baillargeon (en effet, la plupart des éditions au format poche ayant suivi reprennent tout simplement le texte des éditions Robert Laffont, dans sa version initiale).

Même si Francis Lacassin s’est chargé de coordonner, éditer et préfacer le tout, cela m’embête un peu cette diversité de plumes, pour un ensemble de texte initialement rédigés par un seul auteur et censés former une unité. Cela reste quand même une traduction plutôt rigoureuse (malgré quelques petites erreurs de sens /anachronismes) qui permet de se plonger vraiment dans le Canon, d’en découvrir tous les textes sans avoir à recourir à la version originale.

sherlock holmes varia

Canon holmésien – diverses éditions
Le Masque, Omnibus, Archipoche

Pour ce qui est des éditions que je n’ai pas eu l’occasion de tester personnellement, je ne peux toutes les évoquer. Il me semble néanmoins essentiel de mentionner la traduction proposée par Le Masque dans les années 1990s et qui a fait couler beaucoup d’encre.

Il y a un article de Thierry Saint-Joanis sur le site de la SSHF qui est très complet sur le sujet, bourré d’exemples et que je vous invite à lire. On y apprend aussi pas mal de petites choses sur les mésanventures subies par le Canon au fil de ses éditions et traductions successives.

Je ne peux pas non plus évoquer les éditions françaises du Canon sans mentionner Omnibus et son intégrale qui est restée pendant très longtemps… pas intégrale. En effet, malgré le titre de la collection et la mention portée, cette compilation a longtemps été lacunaire : CARD  (toujours elle) en était absente.

Visiblement, l’oubli a été réparé à l’occasion de la nouvelle traduction, par Eric Wittersheim, parue en 2009. En revanche, il semblerait que le texte se promène tout seul en fin du troisième volume, hors de son contexte original…

Cette édition proposant le texte en édition billingue, il pourrait être intéressant d’y plonger le nez pour voir quelle version du texte en langue anglaise est proposée au lecteur et vérifier si cette nouvelle traduction, par un traducteur unique (l’aspect très intéressant de cette édition), est enfin une vraie bonne nouvelle !

Enfin, plus récemment, ArchiPoche vient de publier une édition absolument sublime des Aventures de Sherlock Holmes dans ‘La bibliothèque du collectionneur’ : papier bible, tranche dorée, jaquette de couverture… et un prix très raisonnable.

C’est esthétiquement un très bel objet de collection. En revanche, je n’en sais pas beaucoup plus : qui est le traducteur ? Les autres recueils seront-ils édités dans la même collection ? Le site officiel ne mentionne aucune information à ce sujet. Une enquête est en cours mais je n’ai pour l’instant reçu aucune réponse de l’éditeur… Dès que je le pourrais, je vous transmettrai ces informations.

oxford sherlock holmes old

Canon holmésien – éditions Oxford (ancienne édition)
photo © edgeofspace.net

Après ce petit tour d’horizon pas très glorieux, la solution semble simple, du moins en théorie. Lorsque l’on en a la possibilité, il suffit de se tourner vers une édition en langue originale du texte. Sauf que dans les faits, ça n’est pas si évident que cela et la plupart des éditions en langue anglaise ne valent pas beaucoup mieux que les éditions françaises.

En réalité, une seule édition est fiable et totalement conforme aux textes des premières éditions. Il s’agit de l’édition publiée par Oxford University Press.

Les autres éditions sont généralement basées sur les adaptations américaines du texte original ou bien reproduisent le texte initialement publié dans la presse, qui malgré son antériorité n’est pas le texte de référence (en effet, des corrections ont régulièrement été apportées au moment de la publication définitive sous forme de livre, lorsqu’incohérences et impossibilités -entre autres- ont été relevées).

On peut trouver régulièrement sur internet des intégrales de l’ancienne édition (le forum de la SSHF a même un topic dédié au sujet). A partir de 2008, une nouvelle impression a été lancée mais semble être en pause pour le moment : seuls cinq volumes sont disponibles pour l’instant d’après mes recherches. On en revient donc à notre problème de base : cela peut sembler absurde mais il est aujourd’hui extrêment complexe de mettre la main sur une édition intégrale et fiable du Canon holmésien.

Sherlock Holmes - Oxford University Press

Canon holmésien – éditions Oxford
(quelques titres disponibles en 2013)

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. J’espère que cet assez long laïus vous a intéressés et j’espère aussi qu’il vous évitera les égarements que j’ai connu quand je me suis penchée sur la question pour la première fois. Il ne faut pas oublier que c’est une question qui bouge pas mal vu que le succès récemment renouvelé des personnages donne lieu à de nouvelles rééditions fort nombreuses depuis quelques mois (VO, format numérique…). Certaines ont des couvertures très attrayantes, mais quitte à se faire plaisir, autant prendre le temps de choisir une édition qui corresponde vraiment à ce que l’on en attend. Ce qui reste à définir…

Sources : Enquête sur Sherlock HolmesSSHF et explorations personnelles.

Rendez-vous sur Hellocoton !

L’aventure du ruban moucheté – Christel Espié (illustrations)

Le ruban moucheté - Sarbacane

L’album :

Une jeune femme affolée réveille à l’aube Sherlock Holmes et son ami Watson : sa soeur a péri brutalement dans des circonstances inexpliquées, tandis que son beau-père, homme violent et irascible, l’effraie de plus en plus.

De Baker Street aux brumes de la campagne anglaise, une aventure du célèbre détective à l’atmosphère ultra-britannique, illustrée de superbes peintures grand format.

L’avis du consulting blogger :

Malgré la déception des Vampires de Londres, continuons à explorer les ouvrages dédidés à la jeunesse avec cet album que j’ai découvert au Salon du Livre, au printemps dernier (et que j’ai donc mis plus de 6 mois à lire. C’est normal). Immédiatement conquise par le graphisme, j’ai demandé au responsable présent sur le stand quels étaient les autres titres holmésiens disponibles et si (on peut toujours rêver) l’ensemble du Canon serait ainsi adapté. Malheureusement, cela ne sera pas le cas, car la chose deviendrait visiblement assez répétitive et pas très passionante pour l’illustratrice. Dommage ! Il faudra donc se contenter de ce volume et d’un second : Le diadème de Beryls.

Au moment de devoir choisir, c’est bien évidemment ce titre qui a plus particulièrement retenu mon attention, parce quitte à le dire encore une fois : j’adore l’intrigue et l’ambiance de La bande mouchetée. Ce récit m’avait terrorisée il y a quelques années, entre les animaux sauvages qui évoluent en liberté sur la propriété, le fait qu’une bonne partie de l’histoire se déroule dans l’obscurité peuplée de bruits étranges sans que je n’ai la moindre idée à l’époque de ce qui allait, assez littéralement, me tomber dessus et enfin la révélation finale de l’arme du crime. Et j’adore le relire. Franchement, j’ai beau le connaitre par coeur maintenant, je ne m’en lasse pas et je me laisse à chaque fois embarquer comme si c’était la première fois.

La bande mouchetée - Christel Espié

© Christel Espié

Et c’était justement la première fois que je découvrais une version illustrée de ce texte. Et c’est un vrai coup de coeur. Les tableaux que Christel Espié a créés pour l’occasion sont absolument sublimes, comme vous pouvez le voir juste au-dessus. Le trait, les couleurs, le rendu des textures, j’aime tout ! Dans les scènes de nuit en particulier, il y a un jeu sur les lumières juste magnifique et puis pour une fois, une véritable recherche a été effectuée par l’artiste avant de prendre les pinceaux pour proposer au lecteur une représentation de Holmes qui ne soit pas caricaturale. En effet, j’ai constaté avec joie que l’on nous épargne (entre autres) le deerstalker et l’inverness. Holmes porte un manteau de ville et un haut de forme, comme il se doit et cela lui va à merveille. 

L’aspect effrayant de l’affaire est également très bien rendu, à tel point que j’en appréhendais presque les illustrations finales. Et mon dieu quelle horreur la dernière ! SPOILER : Nan, sérieusement, cet horrible serpent qui a l’air de se jeter sur le lecteur est juste terrifiant. Surtout qu’il n’est pas tout petit.  Baaaah. De quoi renouveller l’effet que cette histoire a toujours eu sur moi.

Enfin, j’ai trouvé la traduction de Blandine Longre très agréable. Les mots choisis sont simples mais globalement le texte n’est pas dénaturé (voire massacré) comme cela peut parfois être le cas dans les traductions de classiques destinées à la jeunesse. Alors bonn, je n’ai pas été pointer mot à mot avec le texte original, mais c’est vrai une proposition fluide et plaisante du texte qui est proposée.

Finalement, le seul petit bémol réside dans le format de ces albums : ils sont (vraiment) très grands et si cela permet de mettre les illustrations en valeur, l’ouvrage n’est pas très pratique à manipuler (surtout quand vous habitez chez un chat envahissant qui adooore venir lire avec vous)…

Bref, un magnifique album ! Les illustrations de Christel Espié sont absolument sublimes et je ne regrette qu’une chose : que seuls deux titres du Canon aient ainsi été adaptés !

Acheter le livre sur Amazon

tous les livres sur Babelio.com

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le chien des Baskerville (Playmobil) – Richard Unglik

Le chien des Baskerville - Playmobil

(ouvrage reçu en SP – Casterman)

Le livre :

Photographe de talent, Richard Unglik est l’inventeur d’un concept unique et hors-norme : la reconstitution d’univers entiers à l’aide de figurines et d’éléments Playmobil. Les véritables tableaux qu’il compose de cette manière sont photographiés un à un, et organisés de manière à raconter une histoire.

Après avoir publié avec succès trois titres d’inspiration plutôt documentaire, Richard Unglik s’est décidé pour la première fois à se lancer dans une fiction, librement inspirée de l’un des plus grands classiques de la littérature policière : Le Chien des Baskerville.

L’avis du consulting blogger :

Le chien des Baskerville a beau ne pas être mon texte holmésien préféré, comme j’ai régulièrement eu l’occasion de l’expliquer, j’ai eu un énorme coup de coeur pour cet album.

Richard Unglik est un véritable génie. L’idée de départ semble pourtant simple : mettre des playmobils en scène et les photographier pour illustrer une histoire. Mais sincèrement qui est capable d’en faire autant, armé seulement de ces petites figurines ? Il y a vraiment un excellent travail de reconstitution, de composition, de photographie et ensuite de retouche et de mise en page.

Le résultat est absolument magnifique, tour à tour terrifiant ou drôle. D’autant plus que les illustrations occupent bien souvent tout l’espace et viennent comme créer un décor de théâtre autour du texte. Certaines double-pages attendent même d’être dépliées pour dévoiler une illustration panoramique. On plonge sans peine dans l’univers de Richard Unglik, un univers bourré de fantaisie et de naïveté et c’est juste génial. Je vous laisse d’ailleurs découvrir cela avec l’extrait ci-dessous (même s’il n’est pas strictement identique à la version finalement publiée).

extrait Le chien des Baskerville - Richard Unglik

© Richard Unglik

Et puis ce qui est très chouette c’est que l’histoire est présentée au lecteur comme une véritable enquête, un vrai jeu de piste : lorsque cela est possible, le texte brut est remplacé par des coupures de presse, des articles de journeaux, des reproductions de lettresm de télégrammes… Chaque double page regorge de détails et de bonnes idées. Et un détail que j’ai adoré justement, au niveau des coupures de presse, c’est que le récit de la mort de Sir Charles Baskerville est inséré entre deux ou trois autres nouvelles de l’époque : développement des grands magasins, crimes de Jack l’éventreur… Il y a tout un travail brillant sur le contexte et c’est vraiment jubilatoire de suivre ainsi l’histoire non seulement au fil du texte mais aussi des objets et accessoires photographiés ou reproduits.

Enfin, pour dire quelques mots sur le texte, j’ai été très agréablement surprise de voir à quel point il respecte l’original. Alors bien sûr, quelques raccourcis et libertés ont été pris avec l’original mais finalement pas tant que ça, pas plus que dans un film ou n’importe quelle autre forme d’adaptation finalement. Richard Unglik a réussi à saisir l’essentiel du texte et ce qu’il n’écrit pas, il le retranscrit parfaitement avec les saynètes créées et photographiées. Et au final, c’est un très chouette moyen de découvrir l’histoire ou de s’y replonger.

Bref, gros coup de coeur pour ce superbe album, qui a d’ailleurs fait des jaloux, lorsque je l’ai amené en classe pour le dévorer entre deux cours… La preuve qu’il ne plaira pas qu’aux enfants ! C’est vraiment, une excellente adaptation graphique de HOUN, alors n’hésitez pas à vous faire plaisir !

Acheter le livre sur Amazon

Rendez-vous sur Hellocoton !