Les figures féminines du Canon à l’honneur chez Omnibus

Les neuf femmes de Sherlock Holmes - Omnibus

On a souvent taxé Sherlock Holmes de misogynie ; et pourtant, les figures féminines abondent dans ses aventures, dont Irene Adler –LA femme-, héroïne de la première des 56 nouvelles de ses aventures, ‘Un scandale en Bohême’.

Ces neuf nouvelles ont chacune une femme comme personnage central, qu’elle soit victime ou objet de l’enquête du génial détective.

Le recueil contient les nouvelles suivantes : ‘Un scandale en Bohême’, ‘Une affaire d’identité’, ‘La bande tachetée’, ‘La cycliste solitaire’, ‘Charles Augustus Milverton’, ‘Le manoir de l’abbaye’, ‘La disparition de Lady Frances Carfax’, ‘La pensionnaire voilée’, ‘La boîte en carton’

Les éditions Omnibus qui proposent déjà à leur catalogue une édition complète du Canon holmésien, viennent de publier un recueil de 9 nouvelles sélectionnées de manière assez originale.

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Le train de la mort – Roy William Neill – 1946

Sherlock Holmes - Le train de la mort

(film vu en VOSTFR)
(titre VO : Terror by Night)

Le film :

Lady Carstairs doit prendre le train en compagnie d un diamant aussi énorme que précieux. Son fils Roland embauche alors Sherlock Holmes accompagné de Watson pour assurer sa protection. Sauf que Roland a pris le diamant, qu il est assassiné et que la pierre disparaît…

L’avis du consulting blogger :

Malgré l’intervalle de temps entre la publication des deux billets, j’ai découvert ce film très peu de temps après L’arme secrète. Si j’étais loin d’avoir eu un coup de coeur pour ce dernier film, je l’avais quand même trouvé plaisant au point de vouloir découvrir le reste de la série et puis je voulais élucider au plus vite la question du cadre temporel posée dans le billet ci-dessus.

Sur ce dernier point, j’ai très rapidement eu ma réponse, comme expliqué dans les commentaires sur le précédent billet : ce sont l’ensemble des personnages et de l’univers holmésiens qui ont été transposés à l’époque du tournage. Une sorte de Sherlock des années 1940s, quoi. Finalement, il n’y a rien de nouveau sous le soleil… Une fois cette précision obtenue, j’étais justement plus à même d’apprécier la réussite ou non de la transposition, et je dois dire que le résultat est convaincant. On reconnait les personnages et ils nous entraînent le plus naturellement du monde dans leur époque. Pour un peu, on croirait presque qu’ils ont véritablement vécu au milieu du XXème siècle. D’autant plus que je n’ai pas noté d’anachronisme comme cela a pu être le cas dans L’arme secrète.

Bon, les personnages sont un poil âgés à mon goût et Watson est toujours aussi stupide que dans le précédent épisode, mais finalement ça m’a un peu moins dérangée que la dernière fois. Tout d’abord, parce que je savais par avance à quoi m’attendre, du coup il y avait moins matière à déception sur ce point. Mais surtout, parce que la dynamique du duo est excellente. Il y a vraiment une complicité entre Holmes et Watson qui ressort très, très bien et du coup, cela estompe un peu les défauts dans la représentation individuelle des personnages. J’aime beaucoup les interractions du duo Basil Rathbone / Nigel Bruce : les répliques rebondissent et ils fonctionnent bien ensemble. Je pense que cela est dû en partie au grand nombre de tournages qu’ils ont partagé sur cette série. D’ailleurs, cela pourrait être intéressant de visionner les films dans l’ordre pour voir justement comment la dynamique du duo évolue au fil du temps et des épisodes.

Pour en venir maintenant à l’intrigue de ce film, je l’ai largement préférée à celle de L’arme secrète. J’ai adoré cette ambiance de husi-clos à l’intérieur d’un train. On a l’impression que personne n’est vraiment innocent, que tout le monde a quelque chose à cacher. Côté ambiance, cela fait terrrrriblement penser au Crime de l’Orient-Express et c’est génial (que l’on me pardonne, je suis également poirotphile à l’occasion). Et puis, il y a une vraie enquête à mener et si l’identité prise par le coupable est rapidement évidente pour le spectateur, ça n’est pas très grave parce que l’on prend beaucoup de plaisir à suivre le déroulement de l’enquête, à voir ce pauvre Watson se couvrir de ridicule tandis que Holmes, fait évidemment preuve une fois de plus d’une grande finesse, avec la complicité de Lestrade. Et puis comme la dernière fois, il y a tout un tas d’allusions au Canon une fois de plus bien sympathiques à découvrir. Ainsi on identifie, entre autres, quelques traits du Signe des Quatre et de La disparition de Lady Frances Carfax dans l’affaire à laquelle se trouvent confrontés Holmes et Watson.

Bref, si j’étais juste un poil déçue de ne pas appercevoir ne serait-ce qu’un instant le 221B, j’ai quand même beaucoup aimé cet épisode, d’avantage que le précédent en fait, et je compte bien poursuivre ma découverte de la série. Seul regret, les sous-titres sont toujours aussi mauvais…

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Son dernier coup d’archet

Son dernier coup d'archet - livre

(livre lu en français)
(titre VO : His Last Bow)

Le livre :

Recueil publié en 1917 et  comprenant les nouvelles suivantes :

L’aventure de Wisteria Lodge, La boîte en carton, L’aventure du cercle rouge, Les plans du Bruce-Partington, L’aventure du détective agonisant, La disparition de Lady Frances Carfax, L’aventure du pied du diable, Son dernier coup d’archet.

L’avis du consulting blogger :

J’ai ouvert ce recueil aussitôt après avoir refermé La vallée de la peur. Je ne voulais pas rester sur la déception ressentie à la lecture de ce dernier ouvrage lu qui n’avait pas réussi à me procurer ce que j’étais venue chercher en l’entamant. Fort heureusement, avec ce recueil, le charme a opéré et j’ai passé (une fois de plus) un très bon moment.

Pourtant, ça ne démarrait pas forcément très bien. L’aventure de Wisteria Lodge (WIST) est une nouvelle très longue et pas particulièrement folichonne… Un homme est invité à passer quelques jours à la campagne, malheureusement, son hôte qu’il connaissait en réalité à peine, est retrouvé mort un beau matin… Mouais…

Malgré la présence de quelques éléments d’un exotisme tout victorien, je suis toujours un peu déçue par le dénouement si peu extraordinaire de cette affaire aux ramifications pourtant bien (trop) alambiquées.

La boîte en carton (CARD), en revanche est vraiment très sympathique. Elle réunit tous les ingrédients que j’aime dans un texte du Canon : une nouvelle qui s’ouvre sur une petite scène terriblement domestique entre Holmes et Watson, Holmes qui démontre une fois de plus l’excellence de son art en dehors de tout contexte criminel et une affaire intrigante qui débute sur une note un peu horrifiante : ici deux oreilles humaines reposant dans le sel et livrées dans un boîte en carton à une vieille fille sans histoire…

Alors au final, l’affaire n’est pas bien compliquée, mais elle démarre de façon tellement peu ordinaire qu’on est immédiatement intrigué. Et puis les déductions de Holmes fusent à une telle vitesse ! A noter que cette aventure fait, en version originale, partie du recueil The Memoirs of Sherlock Holmes.

Dans L’aventure du cercle rouge (REDC) Sherlock Holmes enquête sur un locataire aux manies bien étranges… Bon, le lecteur comprend très rapidement SPOILER : qu’il y a eu substitution mais malgré cela j’ai trouvé que c’était un texte assez intéressant, parce qu’on a quand même besoin de Holmes pour dérouler le fil du mystère jusqu’au bout. 

Et puis j’aime beaucoup le fait que cette aventure au final assez sombre démarre sur un fait à la fois banal et grotesque. Des gens aux moeurs étranges, il y en a toujours eu et heureusement, ils ne cachent pas tous d’aussi dramatiques secrets. Le point de départ semble tellement innocuous que le dénouement en apparait d’autant plus terrible.

Dans Les plans du Bruce-Partington (BRUC), les plans top-secrets d’un sous-marin ont disparu tandis que l’on retrouve le cadavre de l’un des employés qui y avait accès… Comme c’est une très grave affaire d’état qui exige la plus grande efficacité et la plus grande discrétion, Mycroft se déplace en personne au 221B pour demander à Sherlock Holmes de résoudre l’affaire. Bref, si vous avez vu The Great Game, ce scénario doit vous rappeler quelque chose…

Bon, j’avoue que personnellement, ça n’est pas le genre de cas qui a spontannément ma faveur. Je préfère les faits-divers ne touchant pas aux hautes sphères, mais Sherlock Holmes a vraiment quelques éclairs de génie dans ce texte : il fait un certain nombre de déductions brillantes et totalement innatendues et c’est ce qui rend l’affaire finalement plutôt intéressante. 

L’aventure du détective agonisant (DYIN) est un texte assez particulier, parce qu’il n’y a pas d’enquête à proprement parler. L’enquête s’est en fait déroulée avant le moment ou le Dr. Watson choisit d’entamer son récit. Il nous relate seulement les circonstances de la capture du coupable, le piège imaginé par Holmes pour y parvenir. Le titre est assez explicite quand à la façon dont il s’y prend…

C’est un texte que j’appréhendais un peu lorsque je l’ai découvert, forcément, après le traumatisme de FINA. Et je me souviens avoir retenu mon souffle pratiquement tout au long de ma première lecture même si un certain nombre d’éléments relevés tout au long du texte avaient tendance à me rassurer… Maintenant, je sais à quoi m’attendre, alors il m’impressionne un petit peu moins. C’est un texte dont j’adorerais découvrir une adaptation dans la série Sherlock. Mais peut-être pas tout de suite, parce que John risque de pas très bien le prendre…

La disparition de Lady Frances Carfax (LADY) est très drôle, je trouve. Entre Watson qui mène seul l’enquête à la demande de Holmes et est très fier de lui (SPOILER : sans se douter un instant qu’il n’arrive à rien et que Holmes est en réalité en train d’enquêter aussi, en cachette. Cela me fascine toujours que Watson ne soit jamais capable de reconnaitre son ami sous ses déguisements. Il devrait commencer à avoir l’habitude pourtant !) et le final grandiose au cours duquel on retrouve notre chère Lady disparue, SPOILER : cachée dans un cercueil à double fond (oui, vous avez bien lu ! ), je trouve que ce texte a quelque chose d’un peu surréaliste. Mais il m’amuse vraiment beaucoup.

J’en ai déjà parlé sur cet espace, à l’occasion d’un compte-rendu d’une réunion du CHOP, L’aventure du pied du diable (DEVI) est un texte que j’aime énormément.

L’arme du crime qui tantôt rend fou, tantôt tue, est absolument redoutable et génialissime et puis on découvre aussi Holmes un peu plus ‘humain’ parce que pour une fois il n’occupe pas tout son temps à sa profession de consulting detective mais prend le temps de jouer les archéologues (cet homme est parfait), ou d’enterrer sa seringue dans le sable parce que la drogue c’est mal (sérieusement, cette scène me fait toujours hurler de rire), quand il n’est pas en train de faire des galipettes retrouver ses esprits sur la pelouse avec Watson (vraiment l’adaptation Granada de ce texte est mémorable). C’est d’ailleurs un texte qui insiste aussi beaucoup sur leur amitié.

Je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet parce que j’avais déjà parler de ce récit de façon assez extensive dans le billet mentionné plus haut. Si j’ai juste un détail à ajouter, ne passez pas à côté de ce texte vraiment génial et très riche qu’on peut lire et relire en découvrant à chaque de petites choses sur les personnages que l’on n’avait pas relevées jusqu’à présent?

Enfin, Son dernier coup d’archet (LAST) a une saveur bien particulière… Déjà parce que le récit est fait à la troisième personne, mais pas seulement. Là encore, comme dans DYI, pas vraiment d’enquête : on se concentre uniquement sur le dénouement d’une affaire qui a sans nul doute longuement occupé nos personnages.

C’est un texte très particulier puisqu’il a été écrit en 1917 et se déroule à la veille (assez littéralement) de la guerre. Holmes, trop âgé pour s’engager joue quand même les patriotes, en sortant de sa retraite pour rendre un dernier service à sa Nation. Dans le genre propagande de guerre pour booster le moral de la population on fait difficielement mieux…

Malgré tout, cela reste un texte très plaisant à découvrir de nos jours. Je trouve l’épilogue émouvant et c’est une jolie façon de dire au-revoir aux personnages, même s’il ne s’agit pas réellement du dernier récit les mettant en scène. Il y a un très beau texte, inspiré par celui-ci, à découvrir dans le recueil La demeure de Sherlock.

Bref, un recueil relativement court mais comportant des textes vraiment très intéressants que j’ai pris beaucoup de plaisir à (re)découvrir. Me plonger dans ce recueil m’a vraiment remonté le moral qui était alors un peu vacillant… Mais ce qui est effroyable dans l’histoire, c’est que du coup, j’approche dangereusement de la fin du Canon… Bon, il y a la relecture qui est toujours savoureuse, comme j’ai déjà pu le constater jusque là, mais psychologiquement, je bloque un peu à l’idée d’arriver à la fin des écrits du Docteur Watson… 

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