L’assassin du boulevard – René Reouven

René Reouven - L'assassin du boulevard

L’assassin du boulevard…

1893. L’angoisse règne au service des Dons et Legs. Des documents disparaissent, un fonctionnaire est assassiné, un autre échappe à un attentat après avoir écrit, sur les mœurs de la maison, un roman dont le manuscrit lui est aussitôt dérobé.

Le conservateur du musée de Vanne-en-Bresse mène l’enquête. Grâce à sa science des déductions, il dévidera l’énigme, du grotesque jusqu’au tragique, prouvant que les hommes du sinistre Moriarty sont à l’origine des attentats anarchistes qui font trembler Paris.

Singulier conservateur, au demeurant, qui se pique à la cocaïne, joue du violon en virtuose, et que son meilleur ami, un certain docteur Watson, croit mort depuis deux ans…

L’avis du consulting blogger…

Comme pour La lune noire, c’est plusieurs mois après ma découverte de ce roman que je tente de rédiger un billet à son sujet et si j’ai bien à disposition les quelques notes prises en cours de lecture, la chose ne va pas être des plus aisées. D’autant plus que je n’avais pas particulièrement été emballée par ce texte et qu’il ne m’a laissé qu’un souvenir assez vague

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Anno Dracula – Kim Newman

Anno Dracula - Kim Newman

Anno Dracula…

Londres 1888. Depuis que Dracula a épousé la reine Victoria, la terreur règne sur la capitale. Sous l’influence du sulfureux comte, les citoyens sont de plus en plus nombreux à rejoindre les rangs des vampires, toujours plus puissants, et il ne fait pas bon être simple mortel.

Mais la riposte ne se fait pas attendre. Dans les sinistres ruelles de Whitechapel, des prostituées vampires se font assassiner par un mystérieux inconnu aux scalpels d’argent.

Lancés dans la traque du tueur, Geneviève Dieudonné, une vampire à la jeunesse éternelle, et Charles Beauregard, espion pour le Diogene’s Club, vont devoir gravir les échelons du pouvoir. Et s’approcher dangereusement du souverain le plus sanguinaire qu’a jamais connu le royaume…

L’avis du consulting blogger…

Ce livre me tentait depuis sa réédition par Bragelonne, il y a quelques années, mais avant cette dernière édition de Masse Critique, l’occasion de le découvrir ne s’était jamais présentée. Bilan, après un début laborieux, j’ai littéralement été captivée par ce récit.

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La mort de Sherlock Holmes – Road Book

Road Book - La mort de Sherlock Holmes

Le Road Book :

Sherlock Holmes ne serait qu’un imposteur ! Un adepte de la drogue ! Les journaux londoniens abondent de lettres qui insultent la mémoire du célèbre détective. Pour le docteur Watson, c’en est trop. Il se décide enfin à raconter la véritable histoire de la mort de Sherlock Holmes.

L’avis du consulting blogger :

J’ai découvert les Road Books pour la première fois, il y a quelques mois à Paris, lors du Salon du livre. J’avais écouté un extrait et j’avais été conquise par le concept totalement original et par le fait que le catalogue contienne déjà deux titres mettant en scène Sherlock Holmes. J’ai finalement profité du concours organisé il y a quelques jours par l’éditeur sur sa page Facebook pour découvrir une oeuvre complète. Bilan, si ça n’est pas tout à fait un coup de coeur, ma première impression est confirmée : les Road Books sont un nouveau support absolument génial pour (re)découvrir des classiques de la littérature.

Ce que j’adore avec ce concept, c’est que, malgré les apparences, un Road Book n’a pas grand chose à voir avec un livre-audio ‘classique’. Un audiobook, ça peut être très sympa, hein, mais trop souvent c’est soporifique au possible : on a l’impression que le lecteur s’ennuie à mourir et n’a qu’une hâte : arriver au bout du bouquin le plus vite possible. Là c’est vraiment tout le contraire : le premier truc ue l’on constate c’est que les personnes intervenant dans la création du Road Book prennent leur temps.

Le texte, ici une adaptation de FINA, n’est pas précipité et surtout ne démarre pas immédiatement. Musique, bruitages… commencent en amont de la lecture pour déjà plonger l’auditeur dans une ambiance particulière. Tout un contexte est ainsi recréé qui permet à l’auditeur d’être ainsi immédiatement plongé dans l’histoire. En fait, c’est tout à fait comme me l’avait présenté le gentilhomme sur son stand au Salon du Livre : un film audio. On entend le bruit des pas, du vent, de l’eau, les portes qui claquent… et tous ces bruits se superposent au texte et on n’arrive plus vraiment à faire la séparation.

C’est vraiment un ensemble qui prend vie et captive l’auditeur, sans pour autant que tous ces stimulis viennent le déconcentrer. Au contraire, on est d’autant plus accroché à l’histoire que tout tend à la faire exister, si bien que l’on oublie tout le reste. On est vraiment totalement immergé et on oublie complètement ce qui se passe autour du nous. Attention donc si vous écoutez votre Road Book avec un casque dans la rue, vous risquez d’oublier de continuer à avancer ou alors de rentrer dans les gens qui arrivent en face de vous… (non pas que ce genre de chose me soit arrivé, bien sûr… aheum…)

Du côté des interprètes, si j’ai été immédiatement conquise par Etienne Grebot en Moriarty et Emmanuel Fumeron en Watson, je dois avouer que j’ai d’abord eu du mal avec la voix de de Thierry Monfray, qui interprète Sherlock Holmes. Je trouvais cette voix trop naïve, insouciante, empreinte de jeunesse pour un tel personnage. Et cela me perturbait un peu. Les intentions sonnaient juste, mais pas le timbre de la voix (je reconnais qu’il s’agit là d’un ressenti vraiment très personnel, qui ne sera pas forcément le vôtre).

Du coup, j’appréhendais assez la fin de l’oeuvre : la lecture de la lettre laissée par Holmes à Watson. J’attendais vraiment ce passage au tournant et finalement, cela a été une bonne surprise. Je ne craignais qu’une chose : qu’on nous inflige un truc larmoyant et dégoulinant d’émotion. Heureusement, Sherlock Holmes rest très sobre, presque froid et détaché comme on l’attend du personnage et le résultat en est d’autant plus touchant, parce que cette lettre, laissée par un type qui prétend être au-dessus des émotions est juste très belle. Et franchement, j’ai trouvé ce passage, très bien géré, avec beaucoup de délicatesse. A tel point que dans les derniers instants, le timbre très particulier de la voix de Sherlock Holmes ne m’a plus tant dérangée que cela.

Bref, je suis définitivement conquise par le concept des Road Books ! Le résultat est original et captivant et j’espère vraiment que de nombreux textes du Canon continueront à être adaptés sous cette forme.

Ecouter un extrait sur le site officiel Road Books

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Sherlock Holmes et l’arme secrète – Roy William Neill – 1943

Sherlock Holmes et l'arme secrète

(film vu en VOSTFR)
(titre original : Sherlock Holmes and the Secret Weapon)

Le film :

Sherlock Holmes est chargé de soustraire le professeur Franz Tobel des griffes de la Gestapo. Tobel a conçu une nouvelle bombe qu’il souhaite mettre à la disposition des alliés. Ça, c’était avant qu il ne disparaisse en laissant un message codé…

Très vite, Holmes se rend compte que, bien sûr, les nazis sont sur le coup mais aussi son ennemi juré, Moriarty.

L’avis du consulting blogger :

Encore un DVD découvert lors d’une razzia à la médiathèque. Si Basil Rathbone et Nigel Bruce sont de très célèbres Holmes et Watson, ayant interprété ces rôles ensemble dans quatorze films, je découvrais pour ma part le duo pour la première fois. Bilan, je suis loin du coup de coeur, mais j’ai quand même passé un bon moment.

Le fait est que l’intrigue est relativement simple, mais on se laisse rapidement entrainer dans le flot des événements. Les clichés sont nombreux : les suisses sont doués en mécanique fine… et j’aime aussi beaucoup comment la police est capable de tracer l’origine des appels encore plus rapidement qu’elle ne peut le faire de nos jours… C’est absolument magnifique. Le truc, c’est qu’ il n’y a pas vraiment de mystère à résoudre et on a finalement plus l’impression d’avoir affaire à un film de propagande de guerre qu’à une réelle aventure inédite de Sherlock Holmes, mais le résultat n’est pas déplaisant pour autant.

Les références au Canon sont nombreuses, de la plus évidente à la plus subtile (de DANC à EMPT pour ne citer que ces deux aventures), et c’est chouette de le relever l’une après l’autre tout au long du film (SPOILER : quand à la façon dont disparait Moriarty (Lionel Atwill), c’est brillament trouvé. Les chutes de Reichenbach sont peut-être loin, mais ça ne l’empêche pas de faire le grand plongeon.). Et puis dès les premières minutes, l’accent est vraiment mis sur le talent de Holmes pour le déguisement et c’est plutôt chouette parce que c’est un trait dominant du personnage et que c’est vraiment bien mis à profit : toujours justifié et visuellement bluffant. Il y a donc vraiment tout un tas de petits détails à repérer et du coup même si on n’a pas affaire à une adaptation directe d’un texte du Canon, et bien l’ambiance est là. On est vraiment en terrain familier et cela suffit. On n’a pas besoin de plus. Quant au professeur Tobel, son nom est-il censé évoquer Joe(seph) Bell ?

En revanche, deux petites choses m’ont un poil dérangée au niveau des personnages :

  • une fois de plus on a droit à un Watson pas très dégourdi, limite simplet, ce qui a le don de m’agacer profondément,
  • mais en plus j’ai été génée par l’âge de Holmes/l’époque à laquelle se déroule le film. On est donc en plein milieu de la seconde guerre mondiale et Holmes, sans être un tout jeune homme est encore fringant, alors que canoniquement parlant (et si je ne me plante pas dans mes calculs. Tout le monde n’est pas professeur de mathématiques…) il est censé avoir pas loin de 80 ans… Alors, je ne sais pas si l’ensemble des films de cette série ont subi un décalage dans le temps (ce qui passerait alors), ou bien si c’est une ‘incohérence’ propre à ce film… A vérifier en visionnant le reste de la série. Cela-dit, si vraiment il y a transposition temporelle, ça peut être très intéressant, mais du coup, le VR au mur semble un peu anachronique. Bref, recherches et visionnages au programme pour éclairer ce point !

Lestrade (Dennis Hoey) par contre m’a plutôt agréablement surprise : ni stupide ni insupportable, il est assez loin de l’image que l’on a régulièrement de lui dans le Canon (face de rat, air chafouin, toussa… Il est pas gâté le pôvre.) mais c’est plutôt un bon choix. C’est une version du personnage qui m’a bien plu. Un peu comme dans Sherlock, ou le Gregson de Elementary en fait, où l’on a droit à un personnage certes loin d’être aussi brillant que Holmes mais qui n’est pas non plus arrivé à son poste par hasard. Du coup, ses intéractions avec Holmes sont d’autant plus intéressantes qu’il comprend ce qu’on lui raconte et ne se prend pas pour le roi du monde.

En revanche, les sous-titres sont vraiment de piètre qualité. Ils ne rendent pas compte de l’humour et de la dynamique des dialogues originaux. C’est dommage.

Bref, un film sympathique, dont l’intrigue s’appuie bien sur un certain nombre d’éléments du Canon, malgré les clichés inévitables qui alourdissent un peu la chose. Même si ce duo Holmes/Watson n’est pas mon favori, il fonctionne vraiment bien et je compte découvrir l’ensemble des films de la série.

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La vallée de la peur

La vallée de la peur - livre

(livre lu en français)
(titre VO : The Valley of Fear)

Le livre :

Sherlock Holmes vient à peine de déchiffrer un message codé le prévenant qu’un certain Douglas, de Birlstone Manor House, est en danger, qu’il apprend par l’inspecteur MacDonald de Scotland Yard que Douglas vient d’être sauvagement assassiné.

Grâce au signataire du message, Sherlock Holmes sait que derrière cette affaire se trouve son ennemi juré : le professeur Moriarty, criminel génial et machiavélique.

L’avis du consulting blogger :

FEAR est le dernier roman du Canon qu’il me restait à présenter ici. C’est aussi le dernier que j’ai découvert et celui qui m’a sans aucun doute le moins plu. Tout simplement parce que lorsque l’on a déjà lu STUD et SIGN, ce dernier volume n’est pas dune grande originalité…

Pourtant, il y a des choses plutôt sympathiques dans ce volume, comme la petite leçon de cryptographie des premières pages. Je l’ai déjà dit, mais je suis absolument incapable de résister à un Sherlock Holmes expliquant le décryptage d’un texte. Le problème c’est que l’on retombe très vite dans un schéma déjà utilisé : après quelques pages de présentation du crime investigué, c’est reparti pour un petit long tour aux Etats-Unis où, c’est bien connu, les gens agissent comme des sauvages.

Je suis peut-être un peu dure, mais le fait est que autant j’avais adoré le procédé et les révélations dans STUD, autant là je me suis plus ennuyée qu’autre chose (pas taper)…

Bon, c’est sans doute la présence en filigrane de l’infâme Moriarty qui a poussé le Dr. Watson à relater cette aventure à ses lecteurs, pour prouver à quel point cet homme était puissant et maléfique, mais je ne l’ai pas trouvé particulièrement époustoufflante… Quitte à évoquer le rôle de Moriarty dans cette histoire, il aurait été plus intéressant d’insister effectivement sur les activités du consulting criminal. Parce qu’au final, on n’en sait pas beaucoup plus à son sujet en refermant ce titre qu’en l’ouvrant. Bon, a bien appris quelques petits détails dans les premières pages (comme son activité officielle ou la décoraton de son intérieur…), mais après, il n’est pour ainsi dire plus question de lui. J’aurais vraiment aimé qu’il soit physiquement présent dans cette aventure, plutôt que d’être simplement une ombre planante. C’est dommage…

Dans STUD par exemple, qui ressemble vraiment beaucoup à ce texte, le Docteur Watson en profite pour nous parler de lui, de Sherlock Holmes et ses manies, de leur rencontre… Et c’est ce qui rend le texte intéressant non seulement à la lecture mais aussi à la relecture. Là, il y avait potentiellement matière à en faire autant, mais malheureusement ça n’est pas le cas… Non seulement on n’apprend rien de vraiment utile sur Moriarty, mais même Holmes est assez effacé de ce volume passé le début.

Pourtant, si l’on fait attention, on réalise que l’enquête de Holmes occupe autant de pages que les réminiscences de ce qui s’est passé aux Etats-Unis, mais étrangement j’ai eu le sentiment que la première partie était très rapidement expédiée tandis que la seconde était interminable. Peut-être que si j’avais été plus passionnée par l’épisode américain, ce sentiment n’aurait pas été aussi fort… Dans tous les cas, inutile de ronchonner plus longtemps.

Bref, petite ‘déception’ pour ce texte que je ne trouve pas tout à fait aussi passionant que le reste du Canon. Il présente pourtant quelques ingrédients tout à fait remarquables mais le mystère sur lequel il repose rappelle par trop d’aspects certaines histoires déjà relatées et pas assez d’importance est accordée, à mon goût, à Holmes et Moriarty.

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Son dernier coup d’archet sur scène

Sherlock Holmes, son dernier coup d'archet - théâtre

© Compagnie des Ô

– Il y a trop longtemps que la mort me frôle, Watson, j’ai hâte d’entendre ce qu’elle a me dire.
– Vous êtes complètement fou, Sherlock.
– Non, Watson. Je suis déjà mort.

Sherlock Holmes n’est plus détective. Il est bonimenteur, et vous invite sur un coin de tapis avec Trévor, son fidèle musicien, à participer à sa dernière aventure.

Car pour raconter son ultime exploit, celui qui l’a conduit à un duel à mort contre Moriarty, son ennemi juré, SH fait confiance à l’intelligence et à l’énergie commune.

Encore une opportunité de découvrir Sherlock Holmes sur scène ! Plutôt pour les habitants de l’Est pour l’instant, puisque les représentations passées et à venir semblent se concentrer en Lorraine (Matilda, c’est pour toi !) comme en atteste le calendrier des représentations.

Fabrice Bez et Nicolas Turon proposent un spectacle visiblement très original, récit forain et musical destiné aussi bien aux enfants qu’au plus grands. Un bonimenteur qui se prend pour Sherlock Holmes, accompagné de son fidèle musicien Watson Trévor réfléchit en compagnie du public à la fin du consulting detective et à son rapport avec Moriarty. Ce dernier a-t-il vraiment existé, ou bien n’est-il que le fruit de la trop grande imagination d’un génie qui s’ennuyait en l’absence d’un adversaire à sa hauteur?

Pour le savoir, une seule solution, aller voir Sherlock Holmes, son dernier coup d’archet, en tournée tout au long des prochais mois ! De mon côté, je ne pourrais très certainement pas assister à ce spectacle, mais je serais ravie d’avoir le retour d’un envoyé spécial olontaire sur place.

Le site officiel de la compagnie

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Un certain Dr. Watson – David Stuart Davies

un certain docteur watson - David Stuart Davies(livre lu en français)
(titre VO : The Veiled Detective)

Le livre :

Médecin militaire en Afghanistan eu 1880, John Walker fuit l’horreur des combats pour se réfugier dans l’alcool. Déshonoré, il est chassé de l’armée et renvoyé en Angleterre. Lors du voyage de retour, il tombe entre les mains d’un mystérieux réseau aux activités troubles. Il découvre bientôt que le chef est le professeur Moriarty, qui le rebaptise Watson et lui confie la mission d’espionner un jeune détective ;dont la réputation ne cesse de croître à Londres, Sherlock Holmes. Mais Watson et Holmes se lient bientôt d’amitié le docteur s’efforce alors de se défaire de l’emprise de Moriarty entreprise mortelle…

L’avis du consulting-blogger :

J’avais repéré ce roman sur Amazon bien avant sa sortie, trouvant l’idée sur laquelle son intrigue repose géniale et audacieuse à la fois. Le genre de concept qui peut donner naissance à un roman ébourriffant ou catastrophique en fonction de ce qu’en a fait l’auteur. Et puis les premiers avis ont commencé à pointer le bout de leur nez : celui de Belette, d’abord et puis celui de Pops un peu plus tard. Toutes les deux se sont montrées hyper enthousiastes, à tel point que c’est avec une grande curiosité et beaucoup d’impatience que je me suis jetée sur mon exemplaire, envoyé par les éditions Fetjaine, à l’occasion de la dernière Masse Critique de Babelio. Au final, si j’ai globalement beaucoup apprécié ce roman, je suis quand même beaucoup moins enthousiaste que mes deux collègues. Essayons de voir cela en détail…

C’est donc cette idée folle de faire du bon Dr. Watson un personnage plutôt sombre, qui se retrouve malgré lui à devoir agir en tant qu’agent de l’infâme professeur Moriarty, qui avait attiré mon attention. Cette idée me semblait totalement révolutionnaire et en même temps, je me disais que pourquoi pas ? Et il s’avère que c’est vraiment une bonne idée parce que cela permet d’envisager les personnages et leurs interactions sous un nouveau jour. J’ai vraiment aimé cela, découvrir ‘mes’ personnages ainsi ‘malmenés’. Cela permet de les découvrir de façon différente, d’attacher une importance nouvelle à des aspects de leur histoire ou de leur caractère que l’on avait jusque là négligés… On voit aussi leur amitié si intense de façon totalement différente à partir du moment où l’on considère qu’elle prend naissance dans des conditions totalement différentes de celles que l’on avait envisagé jusque là. C’est intéressant parce que globalement les personnages restent les mêmes. On les reconnaît, ils sont fidèles à leur caractère, à leurs habitudes mais en même temps on les redécouvre presque comme si c’était la première fois. C’est vraiment le point qui m’a énormément plu dans le travail de David Stuart Davies. On a presque l’impression qu’il connaît les personnages intimement pour pouvoir les retravailler ainsi tout en restant très crédible.

Cette idée pas si folle permet aussi d’expliquer certaines incohérences du Canon comme la blessure de Watson qui se déplace où pourquoi Moriarty semble sortir de nulle part dans Le dernier Problème tout en étant présenté comme un criminel d’envergure, un ennemi qui est sensé avoir planné sur l’ensemble des aventures précédentes. A tel point que peu à peu l’on en vient à se dire, ‘et si c’était vrai ?’. Par moments, David Stuart Davies est vraiment très convaincaint et on se met à penser que sa version des choses est finalement peut-être la bonne. Il a vraiment effectué un travail de réécriture soigné et bluffant. Il connaît très bien le Canon, le détourne et le réutilise avec humour et intelligence. Par exemple, Moriarty se présente ainsi : Je hais la morne routine de l’existence. Il m’arrive de me languir de l’excitation et de la frustration de l’échec, simplement pour avoir enfin à faire face à un défii à surmonter. Avec des capacités intellectuelles telles que les miennes, j’ai constamment besoin de défis, de situations stimulantes, qui me fassent envie. Que l’on me donne des dangers, que l’on me donne des risques, que l’on me donne une énigme, et me voilà dans mon élément. Cette auto-description ne vous en rappelle pas une autre? Perso, j’adore ! Cela-dit, l’auteur aurait pu aller encore plus loin, tirer encore d’avantage partie des lacunes du Canon, comme cette fois où Mary Morstan appelle son mari James et non John.

Bref, le récit de David Stuart Davies tient terriblement bien la route, alors que le sujet était très casse-gueule. Cependant, si je suis globalement moins enthousiaste que mes camarades, c’est qu’il m’a manqué un petit quelque chose pour être totalement grisée par ce que je lisais. Le problème c’est que j’ai trouvé le récit un poil déséquilibré : alors que l’auteur prend longuement le temps de lancer son idée, de la poser sur des bases solides pour réécrire de façon convaincante les premiers temps de la relation entre Holmes et Watson, il finit subitement par accélerer et précipiter le lecteur dans aux chutes de Reichenbach de façon assez incompréhensible. Tout va trop vite sans grande innovation et j’ai trouvé cette dernière partie pas particulièrement palpitante ni folichonne vue qu’elle n’apporte pour ainsi dire rien de nouveau par rapport au Canon.

J’étais pourtant vraiment ravie du début du roman. Je pensais alors que l’histoire allait se terminer tranquillement sur cette mise en place de la naissance du duo vue sous un nouveau jour et que l’on retrouverait les personnages placés dans cette configuration dans d’autres romans de l’auteur, histoire d’aller tranquillement vers Reichenbach et le hiatus. Cela aurait laissé le temps et la possibilité de travailler encore plus sur le développement de la relation entre Holmes et Watson sous l’éclairage nouveau de ce choix effectué par l’auteur. Mais là, on est bousculé de toutes parts, on nous débite le Canon à toute vitesse et paf le roman s’arrête. Cette fin trop rapide, qui ne colle pas du tout au rythme des pages précédentes m’a vraiment frustrée. J’aurais vraiment aimé que l’auteur continue de prendre son temps. Je ne me suis pas vraiment ennuyée dans la dernière partie de l’ouvrage parce que l’ensemble est fluide et se lit bien, mais mon enthousiasme était clairement retombée quand j’ai découvert ce vers quoi on se dirigeait et j’avais presque hâte de finir. Du coup, j’étais limite triste que cette fin ne soit pas à la hauteur du début qui m’avait tant plu. Bon, j’ai quand même globalement beaucoup aimé et je suis vraiment fan de l’idée de David Stuart Davies, mais cette fin me dérange vraiment et a quelque peu gâché ce qui aurait pu être un coup de coeur.

Bref, une idée terriblement audacieuse mais génialement traitée. Dommage que la fin soit si précipitée (sans mauvais jeu de mots) parce que du coup, c’est un souvenir en demi-teinte que je garde de cette lecture.

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