Les enquêtes de Sherlock Holmes – Haruka Komusubi

Les enquêtes de Sherlock Holmes - nobi nobi !

Les enquêtes de Sherlock Holmes…

Dans le Londres de la fin du XIXème siècle, le docteur Watson fait la connaissance d’un individu des plus remarquables : le détective privé Sherlock Holmes.

Embarqué malgré lui dans les plus étranges enquêtes de la ville, il apprendra aux côtés de cette légende vivante les filons de la logique et de l’observation méticuleuse qui mènent à la résolution de ces énigmes. Mais elles semblent toutes avoir un point commun : le machiavélique professeur Moriarty !

Holmes va devoir user de son intuition légendaire pour déjouer les plans de son pire ennemi… Élémentaire !

L’avis du consulting blogger…

Je vous annonçais la sortie de ce manga, il y a quelques jours. Pour ma part, je ne pensais pas pouvoir le découvrir aussi rapidement mais Mummy me l’a offert à l’occasion d’un voyage en train et je l’ai immédiatement dévoré. 

Bilan, s’il ne s’agit pas d’un coup de cœur, j’ai tout de même beaucoup apprécié cet ouvrage, allant de bonne surprise en bonne surprise tout au long de ma lecture. A commencer par le très grand soin apporté à l’objet en lui-même : j’ai beaucoup apprécié le détail du signet intégré et assorti à la couverture.

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Sherlock (saison 3) – BBC – 2014

Sherlock - series 3

(saison vue en VO)

La saison :

Deux ans après les événements dramatiques survenus dans The Reichenbach Fall, John semble avoir repris le fil de sa vie. De nouveaux projets et une romance naissante en témoignent. Mais lorsque Londres est sous le coup d’une menace terroriste dévastatrice, Sherlock s’apprête à prendre les derniers mots prononcés par John au cimetière, au pied de la lettre, mettant en scène sa ‘résurrection’ avec toute la théâtralité dont il est capable. Mais si Sherlock pense que rien n’a changé depuis son départ, il risque d’avoir une grosse surprise…

Le trailer :

L’avis du consulting blogger :

Raaaaaah enfin ! C’est à peu près le cri que j’ai poussé lorsque j’ai enfin pu me poser devant le premier épisode, quelques jours après sa diffusion sur BBC1. Exactement 2 ans  après la diffusion du 1er épisode de la saison 2, on a donc eu droit au retour tant attendu de cette série que j’affectionne tout particulièrement.

Pourtant, mon enthousiasme est malheureusement assez vite retombé. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans cette saison. Est-elle vraiment un poil en-dessous des deux premières ou bien est-ce que ces deux années passées à attendre, espérer, spéculer, délirer sur le sujet avec les autres membres du fandom ne m’avaient pas un peu détournée du bon état d’esprit pour appréhender, enfin, le retour de la série ? Est-ce que j’aurais du attendre de prendre un peu de recul, que les choses se tassent un peu avant de m’y plonger ?

Je ne sais pas. Je sais juste que je n’ai pas du tout vécu cette saison comme je m’y attendais, et quelques visionnages supplémentaires des épisodes, au calme, vont m’être nécessaire pour affiner mon ressenti à leur sujet. En attendant, je vous propose tout de même de découvrir ces premières réflexions sur chacun des épisodes : pensées notées en cours de visionnage puis mises en forme quelques heures ou jours plus tard, après avoir ‘digéré’ ce que j’avais vu et ressenti.

Je suis désolée et je m’excuse par avance si le fait de me voir moins enthousiaste sans doute que la plupart des fans vous blesse ou vous déçoit, mais c’est seulement mon ressenti que je partage, pas un jugement que je pose. Enfin, comme d’habitude, si spoilers il y a, ils sont signalés et masqués pour ne décevoir personne. Mais assez bavardé, il est temps de décortiquer ces 3 épisodes et  rendez-vous à la conclusion pour ceux qui n’ont pas le courage de tout lire.

The Empty Hearse – Jeremy Lovering – 01/01/2014

© Ashqtara.

© Ashqtara.

Welcome back Mr. Holmes.

Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je trépignais d’impatience en attendant de pouoir découvrir cet épisode, surtout depuis la diffusion de Many Happy Returns. J’étais tellement impatiente que j’ai failli aller fraper chez nos voisins de vacances, des Anglais absolument adorables, qui ont internet et la télé eux, pour voir si par hasard, mercredi soir ils n’étaient pas en train de regarder Sherlock et si je ne pouvais pas me joindre à eux. La tempérance mon inaptitude sociale a fini par reprendre le dessus et j’ai patiemment attendu le vendredi suivant la diffusion originale pour pouvoir enfin, me jeter sur cet épisode, après m’être fait royalement spoiler moins de 2h auparavant (merci les administrateurs écervelés de certaines pages Facebook…).

En réalité, au vu de ce que j’avais découvert par les spoilers, mon enthousiasme était déjà un poil retombé avant même de lancer l’épisode et même redécouverts dans le bon contexte, je suis restée un peu dubitative face à un certain nombre d’éléments de cet épisode. Si bien que malgré les nombreux éclats de rire qui ont ponctué mon visionnage, c’est un arrière-goût plutôt amer que m’a laissé The Empty Hearse, dans les heures et jours suivant sa découverte. Mais voyons cela plus en détails.

L’épisode s’ouvre donc sur un gros plan de la tombe de Sherlock, image pratiquement jumelle de celle clôturant la saison 2, sauf que l’on se rend compte immédiatement que du temps a passé : la tombe a vieilli, il y a des fleurs… Commence alors un retour en arrière au rythme endiablé nous livrant toutes les informations voulues sur la façon dont Sherlock a simulé sa mort… Enfin presque puisqu’il s’agit de la théorie d’un certain Philip Anderson sur le sujet. C’est pour le moins fantaisiste et surréaliste mais très drôle (SPOILER : sincèrement Sherlock qui se prend pour un super héros, fracassant les vitres, se recoiffant et embrassant Molly avant de repartir c’est assez énorme et baiser mis à part, c’est tellement lui, tellement  show-off. En parlant de Molly, j’aime décidément beaucoup ce personnage et la façon dont Sherlock finit par se comporter avec elle.

Ca n’est d’ailleurs pas la seule explication qui sera proposée au spectateur au long de cet épisode. La version proposée par la jeune fan est très drôle aussi. Cela m’a rappellé toutes les théories plus dingues les unes que les autres émises par les fans sur internet. D’ailleurs Anderson a bien gagné le titre de fanboy number 1 avec son I believe in Sherlock Holmes et le groupe qu’il a créé… Je crois que grâce à lui, le fandom de Sherlock a trouvé un nouveau nom…

Si bien que finalement, lorsque Sherlock lui-même révèle comment il a fait… eh bien, je n’étais plus si intéressée que cela par la question. J’ai même trouvé son explication bancale par certains côtés, et bien loin du trait de génie que l’on nous avait promis (n’en déplaise à Mr. Moffatt) En revanche, la réaction d’Anderson à cette révélation est une fois de plus très drôle. John Watson dit à un moment à Sherlock : I don’t care how you faked it, I just want to know why et je trouve cela très juste : au fil de l’épisode, on réalise que le plus important n’est pas tant comment Sherlock a simulé sa mort, mais pourquoi il l’a fait et comment cela va influer sur sa relation avec John. Est-ce qu’ils vont pouvoir reprendre leur incroyable amitié comme si rien ne s’était passé ? Est-ce qu’en sautant Sherlock a brisé quelque chose qu’il ne pourra jamais vraiment réparer ? C’est cela le plus intéressant : la façon dont cet épisode de leur vie a affecté les personnages non seulement sur le coup mais aussi tout au long du hiatus et une fois qu’ils sont à nouveau réunis.

Parlons-en justement de la scène de la réunion. C’est un passage très pesant. On sent littéralement le monde tourner tout autour de nous comme John. Et Sherlock qui manque totalement de finesse sur ce coup là… C’est un passage très curieux, émotionnellement fort et en même temps très drôleoh my god / not quite. Does yours rub off too?  Martin Freeman et Benedict Cumberbatch sont absolument parfaits dans cette scène et même si ça n’a pas duré, j’ai eu les larmes aux yeux.

On ne s’appesantit jamais sur le drame et c’est ce qui le rend d’autant plus touchant, parce que comme dans la vraie vie, la vie continue de tourner, les persos d’avancer… Et John est colérique et short-tempered et ça lui va bien ; c’est vraiment ce qu’il fallait pour cette version du personnage au lieu d’un évanouissement. Et la pauvre Mary qui doit gérer l’ensemble sans bien comprendre ce qui lui arrive. Et Sherlock, blessé et qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive… Il commence à réaliser que tout ne sera peut être pas aussi simple que prévu quand il apprend que John n’habite plus le 221b parce que He’s got on with his life. / What life ? I’ve been away. Il a cependant l’air de croire que John va être ravi de le revoir et le reprendre dans sa vie comme si rien ne s’était passé. Sérieusement, chouchou ? Je crois que je commence à comprendre John : Sherlock m’agace autant que je l’adore : j’ai envie de le frapper et de le prendre dans mes bras tout à la fois. En fait, comme le dit Mycroft dans la saison 2 de ElementarySherlock is addicted to being himself. et c’est ce qui rend le personnage aussi intéressant mais aussi épuisant.

Cet épisode est bourré d’innatendu, de surprises : j’ai frôlé la crise cardiaque au moins quarante-douze fois même si avec le recul cela n’en valait pas souvent vraiment la peine. Par exemple, on découvre à peine quelques images du hiatus (alors que même si c’est un sujet sur lequel on sait peu de choses dans le Canon, j’aurais aimé qu’il soit traité plus longuement, parce que c’est justement un truc que permettent adaptations et pastiches), mais on a tout de même le temps d’être surpris : je n’avais tellement pas vu venir le coup SPOILER : que Mycroft fasse partie de la bande de serbes aux mains desquels Sherlock est tombé.Ce pasage est  horrible et drôle à la fois : Sherlock se fait torturer mais il ne trouve rien de mieux à faire que déduire la vie privée du mec en face de lui… Et finalement, c’est efficace :

En revanche, la relation entre les deux frères ne s’est pas améliorée, elle me semble même plutôt plus sombre que je ne l’avais entrevue dans les épisodes précédents… J’ai l’impression que ce n’est pas juste une petite guéguerre entre frères : alors je sais bien qu’on est face à deux drama queens mais j’ai le sentiment qu’il y a quelque chose dans leur passé… une vraie amertume dont on ne connait pas la cause, mais c’est intrigant. Le duel de déductions qui les oppose est vif et drôle (en revanche SPOILER : la partie de Docteur Maboul qui précède est totalement hors de propos) mais il est aussi l’occasion de lâcher quelques vacheries bien senties et finalement pas si anodines que cela.

Pourtant, Mummy et Daddy Holmes (les véritables parents de Benedict Cumberbatch) ont l’air parfaitement normaux. C’en est presque destabilisant ! En tous cas, là où Sherlock se révèle plus fort que Mycroft c’est quand on découvre que sa relation avec John l’a vraiment changé, qu’il ne peut plus vivre tout seul (quand il entend la voix de John alors que celui-ci est absent, mon petit coeur s’est brisé), sans prendre en compte les personnes qui peu à peu se sont mises à compter pour lui. S’ouvrir de cette façon, c’est un progrès énorme pour un personnage comme Sherlock et un acte de courage que Monsieur gouvernement britannique n’arrive pas à franchir et c’était intéressant de montrer cela. Greg disait dans la première saison Sherlock Holmes is a great man, and I think one day—if we’re very very lucky—he might even be a good one. et cette saison nous prouve qu’il avait raison.

John de son côté, ne se fait peut être pas tabasser, mais il n’a visiblement toujours pas digéré la mort de son meilleur ami (le gros plan sur ses yeux, au cimetière au début de l’épisode est magnifique)… malgré la présence de Mary Morstan à ses côtés, d’un boulot fixe… et d’une moustache qui semble n’être au goût de personne. Lorsqu’il remet les pieds au 221b pour la première fois et que rien n’a changé si çe n’est la poussière (également très joliment filmée) qui s’est accumulée, c’est très touchant. Et puis, il annonce à Mrs Hudson qu’il va se marier et là, Mrs Hudson toujours égale à elle-même demande : What’s his name ? Mouahaaaaaa ! John de répondre : Listen to me I am not gay ! Cela m’a tellement rappellé ce passage de la très drole série Bruiser. Une fois de plus, on ne s’appesantit pas dans l’émotion ; elle est justement dosée et c’est dommage que cela ne soit pas resté le cas tout au long de l’épisode.

Côté nouveaux personages, Mary est drôle et choupinette et juste adorable et parfaite. Elle a de la répartie et du caractère et surtout, dès le départ elle aime bien Sherlock. Elle ne se force pas pour faire plaisir à John : elle s’entend véritablement bien avec Sherlock et c’est très agréable parce que c’est inatendu. Et puis la complicité du duo Mary/John ressort tellement bien ! Même dans les dialogues les plus anodins ils forment un vrai couple et c’est délicieux à voir. Je me souviens avoir réclamé à l’époque avec d’autres fans, juste après la diffusion de la saison 2 que Amanda Abbington soit Mary Morstan et pour le coup, je suis ravie de ce choix parce que la complicité qui unit clairement Martin Freeman et Amanda Abbington (regardez leurs interviews, ils sont absolument adorables tous les deux) est parfaitement transmise à leurs personnages respectifs et magnifiquement filmée.

En revanche, l’intrigue ne m’a malheureusement vraiment pas convaincue… Pourtant, cette histoire d’attaque terroriste m’intrigait et me plaisait a priori beaucoup mais je n’en ai pas aimé le traitement et la présence d’un certain Lord Moran n’a pas suffi à rendre la chose intéressante à mes yeux. J’ai trouvé que certains détails manquaient de logique et de crédibilité et puis alors j’ai été extrêment déçue par le dénouement. Je crois que si j’avais pu, j’en aurais collé une à Sherlock et moi non plus, je n’aurais évité ni les dents, ni le nez, suivant à la lettre les conseils de Miss Adler…

Non seulement, la façon dont Sherlock résoud le truc tombe à plat, tellement c’est ‘tout ça pour ça’ (là encore, on est loin du trait de génie). Non, vraiment, je l’ai trouvé nul sur ce coup, Sherlock. Franchement, les auteurs nous avaient habitués à des dénouement ayant un peu plus de gueule et j’ai été profondément désapointée par la façon dont l’affaire est résolue. 

Et puis alors, je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché au petit numéro que nous fait Sherlock à la fin. Mark Gatiss m’a tellement déçue sur ce point que j’en aurais presque pleuré de dépit. Pourtant, il y avait franchement de bons éléments : une enquête sur les souterrains et le métro, j’aime SPOILER : et puis ce passage qui est l’exact inverse de The Great Game : il y a bien une bombe mais cette fois ci c’est Sherlock qui demande à John de s’enfuir et de sauver sa vie. Et ce qui est intéressant c’est que dans la saison 1, John est prêt à mourir sans hésiter, sans regret, parce qu’il ne s’est pas encore remis de la guerre et qu’il n’a rien à perdre. Mais là, quelques années plus tard, il est plein de projets et a une réaction bien différente. C’était intéressant de montrer cette évolution chez le personnage.

Ce passage est super émotionnel (Please John forgive me for all the hurt I caused you.), peut-être un poil trop mais il est touchant et quitte à le placer, autant l’assumer. Raaaah, j’ai tellement l’impression qu’il est gâché par ce qui se passe ensuite et ça m’éneeeeerve. Ca m’a vraiment terriblement dégoûtée. Alors oui, l’humour mécanisme de défense toussa, je suis d’accord (et ça marche super bien dans la scène de la réunion, comme je l’ai dit un peu plus haut), mais là j’ai trouvé ça vraiment inaproprié et je n’ai toujours pas digéré ce passage. C’est un épisode qui était complexe à écrire, dans lequel il fallait insérer la juste dose d’émotion et d’humour pour alléger l’ensemble, tout en étant fidèle au caractère des personnages et là… le soufflé est un peu retombé :/

De façon générale, trop de vannes sont tombées à plat chez moi. J’ai trouvé la plupart des blagues lourdes et vulgaires. Autant, j’admirais par le passé le raffinement poussé à son paroxysme, le côté précieux presque de cette série, autant là… Idem, autant je trouvais drôle au début toutes ces allusions aux délires du fandom (j’en connais qui ont passé deux ans à lire des fanfics et espionner les fans sur Tumblr, quoi qu’en dise Mr. Moffatt…) autant, ça a rapidement pris trop d’importance à mon goût. Si bien, qu’au final, toutes ces private jokes m’ont plus agacée qu’autre chose et je me disais régulièrement ‘Quand est-ce qu’on passe aux choses sérieuses?’ Autant j’apprécie le clin d’oeil, le remerciement que l’insertion de tels éléments peut représenter pour les fans, autant j’ai trouvé ça déplacé au sein de la série elle-même : c’était à garder pour le mini-épisode ou bien à intégrer de façon beaucoup plus subtile à mon sens si on tenait à en faire un ingrédient de la série elle-même.

Pour finir tout de même sur une note positive, il reste quelques petites choses non élucidées à la fin de cet épisode qui ont accroché mon attention : qui a attaqué John (très chouette le jeu de mot James / John autour de Mary, au passage) ? Qui est cet homme mystérieux semblant espionner les moindres faits et gestes de Sherlock ? On ne sait encore rien de ce futur méchant que le trio va devoir affronter (si ce n’est son nom si l’on a suivi l’actualité de la série ces derniers mois…) mais on a envie d’en savoir plus !

Bref, un épisode divertissant, que j’ai vécu à 100 à l’heure, mais qui m’a quand même globalement déçue, surtout avec le recul. Je suis restée un poil en dehors tout au long de mon visionnage : certes j’ai ri, j’ai frémi, j’ai été émue mais tout le long quelque chose était ‘off’. J’ai mis ça en défaut au début puis j’ai pensé que c’était fait exprès : tout comme Sherlock doit se réajuster à Londres, à John, aux changements qui ont eu lieu en son absence, le spectateur doit vivre ce réajustement des personnages. Au final, je n’en suis pas convaincue, parce que plus j’y réfléchis, plus j’ai de choses à lui reprocher à cet épisode. Pour moi le ton n’est pas bon et le fond n’est pas meilleur… J’attends de le revoir au calme d’ici quelques mois pour affiner ce ressenti et voir si ce qui cloche me gêne toujours autant.

PS : John a mis son blog à jour. Attentions spoilers sur l’épisode.

The Sign of Three – Colm McCarthy – 05/01/2014

© Ashqtara.

© Ashqtara.

The game is… something.

Après la déception de l’épisode précédent, j’appréhendais un peu cet épisode. D’autant plus qu’en dehors d’un mariage,  je ne savais pas bien à quoi m’attendre… Quels autres éléments du Signe des Quatre seraient repris ? Allait-on en savoir plus sur ce regard mystérieux surpris à épier nos garçons à la fin du premier épisode ? Qui sont ces 3 mentionnés dans le titre ? Autant de questions pour lesquelles je n’était pas particulièrement pressée d’obtenir des réponses.

Et le fait qu’en dehors d’un mariage qui traîne en longueur… il ne se passe pas grand chose dans cet épisode. Si bien que je n’ai vraiment pas grand chose à dire à son sujet. Le début est juste grotesque lorsque Greg débarque avec toute l’artillerie à Baker Street, avant de virer au rasoir pendant les préparatifs du mariage. Sérieusement, il y a plus passionant que de voir Holmes plier des serviettes en papier comme il a appris à le faire grâce à Youtube…

Donc, pour résumer, cet épisode ce contente de nous montrer le mariage de John et Mary et c’est à peu près tout. J’ai toujours beaucoup aimé la domesticité de certaines scènes dans cette série, le fait que les auteurs accordent de l’importance à la vie des personnages en dehors de leurs enquêtes, mais il y a un juste milieu. Je veux bien que pour les auteurs cette série ce soit avant tout l’histoire de personnages, qui happen to be detectives, mais là j’avais vraiment l’impression de ne plus regarder la même série, de ne plus être en phase avec son thème.

Sincèrement je n’exagère pas : les trois quarts de l’épisode consistent pour le spectateur à écouter le discours que Sherlock a préparé en tant que best man de John. Le tout est richement illustré d’évocations de diverses situations vécues par les deux amis et d’affaires sur lesquelles ils ont enquêté. Ce qui donne lieu à une réalisation qui m’a laissée perplexe : la ligne temporelle est cahotique et j’ai eu du mal avec cet épisode décousu : certains trucs traiiiiinent en longueurs tandis que l’on saute du coq à l’âne sur d’autres…

Bon, il y a des trucs très drôles, hein et Sherlock est touchant à sa façon lorsqu’il interroge les ex de Mary afin de connaitre leurs intentions pour s’assurer que John ne finira pas le coeur brisé dans l’histoire. De même, Mycroft sur un treadmill c’est hilarant, tout comme l’humour de Molly, tout droit sorti d’une salle d’autopsie.

Le passage où ils sont bourrés est très drôle aussi surtout lorsque Sherlock is clueing for looks. Ses déductions sont assez formidables… On remarque aussi que même si cette saison est décevante par certains aspects, toujours autant d’attention est apportée aux détails. En effet, on remarque que Sherlock a bien du mal à garder une apparence irréprochable lorsqu’il est émêché et c’est drôle de voir son écharpe mise n’importe comment. Ce passage, c’est le pilote all over again (gros plan sur les fessiers de Holmes inclus) mais à deux et pour de vrai. Cela-dit, autant le passage est très drôle, autant il est totalement superflu et absolument rien ne vient le justifier.

Et puis une fois de plus, la plupart des blagounettes qui sont glisées tout au long de l’épisode sont lourdes… SPOILER : l’oeil dans la tasse de thé, c’est vraiment inutile et ridicule, quoi ! Ils ont même casé une références à ballet!lock. J’ai l’impression que malheureusement, dans cette saison, ce ne sont plus les références au Canon qu’il faut chercher (j’ai quand même apprécié le fait que la charantaise range-cigarettes ait été remplacée par une babouche persane.) mais celles aux délires des fangirls sur Tumblr… Heureusement, j’ai quand même eu l’impression qu’il y en avait un peu moins que dans l’épisode précédent.

En revanche, j’ai été assez agréablement surprise par l’enquête : j’avais compris comment le meurtrier s’y prenait, mais j’ai trouvé que cela restait original, digne de Sherlock Holmes et surtout que la fin était ‘propre’ : rien ne m’a semblé incohérent ou trop simple. J’ai trouvé que c’était plutôt bien goupillé, la façon dont les événements se relient et s’expliquent les uns par rapport aux autres.

De même, j’ai trouvé le côté émotionnel, bien que très présent, plutôt mieux géré que dans l’épisode précédent. John dit littéralement à Sherlock qu’il l’aime et la réaction de ce dernier est hyper touchante… Il ne voyait vraiment pas venir la demande de John. Avec tous ses défauts et après tout ce qu’il lui a fait subir, il n’imaginait visiblement vraiment pas un instant être celui que John considère comme son meilleur ami et il ne sait absolument pas comment gérer les émotions que génère cette déclaration. Son discours est d’une maladresse sans nom  mais c’est touchant. Il ne fait tellement pas exprès d’être inadéquat. Mon petit coeur s’est également serré lorsque Sherlock repart tout seul alors que tout le monde semble énormément s’amuser. A en croire le mini-épisode, il a dû vraiment prendre sur lui pour être présent pour l’occasion et tenir toute la journée sans royalement blesser les gens autour de lui ou se couper totalement d’eux, alors qu’il n’est clairement pas dans son élément et qu’il n’a accepté tout ça que pour John…

Quant à Mycroft, n’ayant en réalité rien à faire dans cet épisode, je ne m’attendais pas vraiment à le voir présent. Du coup, j’ai aimé la façon dont il était intégré, le fait qu’il soit bien présenté comme la seule intelligence supérieure à Holmes, le guidant dans ses déductions. Et puis, l’animosité entre les frères Holmes datant de leur enfance est confirmée. Il ne reste plus qu’à en savoir plus pour tirer tout cela au clair. Dans le prochain épisode peut-être ?

J’aime aussi toujours autant la complicité entre Sherlock et Mary : c’est immédiat et spontanné. C’est beau à voir. Et puis, elle ne se fait pas avoir comme John, sur qui elle a d’ailleurs une très bonne influence. Il se laisse encore moins faire qu’avant par Sherlock  et ce dernier va devoir inventer de nouveaux stratagèmes s’il veut coninuer à manipuler son ami qui lui dit tout de go : You’re not a puzzle solver, you’re a drama gueen.

Enfin, j’ai également aimé le passage où John reprend ses fonctions militaires : ce petit bout de bonhomme dégage une telle autorité ! On n’a pas envie de le mettre de mauvais poil ! Là encore, c’est une scène directement tirée de l’univers des fanfics mais pour le coup, cela m’a vraiment amusée.

Quant à l’explication du titre : The signs of three, j’avais bien repéré l’un des indices nous permettant d’élucider le mystère, SPOILER : mais comme j’ai l’esprit tordu, j’ai immédiatement sauté à la conclusion que quelqu’un avait empoisonné le vin pour tuer Mary ou quelqu’un d’autre. Je ne suis pas un sociopathe de haut niveau, je le jure ! Maintenant, que faire de cette information ? J’avoue que j’imagine mal comment cela va pouvoir s’inscrire dans la suite de la série… Une seule solution semble possible : SPOILER : que Mary meurre dans le dernier épisode, parce que sincèrement, vous imaginez John pouponner entre deux enquêtes ? Moi, non.

Bref, malgré un ou deux petits détails que j’ai trouvé déplacés, outrés et inutiles, et une ligne temporelle pas forcément à mon goûr, cet épisode m’a bizarrement beaucoup plu que le précédent. J’ai pourtant l’impression d’avoir d’avantage râlé à son sujet qu’au sujet du précédent, lorsque je me relis mais au final il m’a laissé une meilleure impression. Surtout, il m’a tirée de la déception que j’avais ressenti après avoir vu The Empty Hearse et qui avait perduré une bonne partie de ce second épisode. J’ai fini par être emballée et retrouver un soupçon du plaisir que que cette série m’avait jusque là toujours apporté. En espérant que le dernier épisode continue sur cette lancée et que mon enthousiasme ne retombe pas un intant jusqu’à la fin.

PS : une fois de plus le blog de John a été mis à jour. Si vous voulez en savoir plus sur toutes les affaires mentionnées par Sherlock dans son discours, n’hésitez pas à cliquer.

His Last Vow –  Nick Hurran – 12/01/2014

© Ashqtara.

© Ashqtara.

The game is… over.

Un scénario écrit par Steven Moffat après deux épisodes remplis de joie et de grosses blagues ? Un cliffhanger terrible promis depuis près de deux ans ? Sue Vertue qui annonce la mort d’un personnage sur Twitter ? J’attendais cet épisode avec énormément d’impatience, tout en craignant le pire pour mon pauvre petit coeur…. Malgré la petite déception des deux précédents épisodes et la présence d’une victime semble-t-il toute désignée, j’avais vraiment hâte de découvrir ce season finale. J’espérais qu’il effacerait la déception passée et me permettrait de dire au-revoir à cette saison sur de bons souvenirs (enfin bons, je m’entends,vu ce qui semblait au programme…). En tous cas, le pitch était prometteur et je brûlais d’en savoir plus sur ce méchant apperçu quelques secondes à la fin de l’épisode 1 et évoqué au début de l’épisode 2.

En effet, l’idée d’adapter L’aventure de Charles Augustus Milverton était excellente car c’est une histoire au thème et au ‘méchant’ tout à fait intemporels. Et dès les premières minutes, Magnussen (Lars Mikkelsen), magnat de la presse, est flippant à souhait à sembler tout savoir sur tout le monde. Ses archives secrètes sont impressionantes et je suis très fière d’avoir immédiatement saisi leur nature. Il est absolument répugnant et les informations qu’il associe aux gens qu’il rencontre ne sont pas sans rappeler les déduction de Sherlock. Ce dernier a trouvé un nouvel ennemi à sa hauteur. Si Moriarty était une araignée, là on a affaire à un serpent, un animal  au sang froid, sournois, capable de se faufiler partout et même de s’attirer la protection de Mycroft. He is the Napoleon of blackmail et il me met physiquement mal à l’aise. Dès les premières secondes de son apparition, j’étais littéralement captivée par l’épisode.

Une fois les présentations avec Magnussen faites, on débarque chez les Watson, où l’on découvre que John continue à faire des cauchemars liés à la guerre et n’a pas vu Sherlock depuis un mois. Si bien que lorsque l’on frappe à la porte pour le tirer du lit, j’étais sur que ce serait Sherlock. Mais cela aurait été trop évident, trop simple. Il le retrouve finalement dans un squat occupé par des junkies, comme dans L’homme à la lèvre tordue (version  moderne) et ne le prend pas très bien (ahem). L’addiction à la drogue de Sherlock n’est pas très souvent évoquée dans la série (le duo Mofftiss explique pourquoi dans la version commentée de A Study in Pink), du coup c’était intéressant de voir le sujet abordé pour une fois, sans qu’il ne prenne trop d’importance. C’est aussi l’occasion d’introduire un certain Wiggins qui est plutôt observateur et n’a pas la langue dans sa poche… et d’assister à un drug-bust avec Anderson, façon épisode 1, le retour.

L’épisode est plus lent que les précédents, sa réalisation plus linéaire (cela-dit, il y a quand même bon nombre de petits trais de génie, carrément originaux, disséminés ça et là) aussi mais finalement bien plus proche de ce que j’attendais, de ce que les précédentes saisons m’avaient laissé espéré. Fini l’humour potache vulgaire et la guimauve dégoulinante totalement déplacés dans le contexte de la série. Finies les digressions inutiles. Les références au Canon sont de retour et si John semble avoir du mal avec la copine de Sherlock, ou plutôt l’idée que Sherlock a une copine, le spectateur réalise bien vite qu’il a l’air à peu près autant attaché à elle qu’il ne l’est à la servante deMilverton, justement, dans le Canon. Sherlock est odieux mais dans la limite de ce que l’on attend de lui et je n’ai plus eu envie de le frapper. Il est juste normal, enfin normal pour lui quoi. Que c’est bon, ce retour aux sources !

Et puis, il se passe quand même des trus de malade dans cet épisode : et je ne m’attendais pas du tout à ce que SPOILER : Moriarty fasse une réapparition mais j’ai trouvé ça vachement bien trouvé et il est plus malade et flippant que jamais. Andrew Scott est une fois de plus absolument extraordinaire dans ce rôle et j’aime l’idée qu’il soit le démon hantant Holmes et le tirant vers le bas jusque dans ses derniers instants, tandis que John est le dernier et le seul argument qui soit assez puissant pour le motiver à ne pas lâcher prise. Cette longue scène durant laquelle Sherlock entre la vie et la mort est enfermé dans son esprit est absolument magistrale.

Je ne m’attendais pas d’avantage à ce que SPOILER : Mary tienne ce rôle-l). Et à partir du moment où elle tire sur Sherlock, la tension ne m’a pas quittée un instant. J’avais déjà été happée par l’épisode bien avant cela, mais à compter de cet instant, j’étais littéralement incapable de ragir au monde extérieur (je pense sérieusement que l’appart aurait pu s’écrouler autour de moi et je n’aurais pas réagi), réfléchissant à 1000 explications possibles pour justifier son geste tandis qu’une autre partie de mon cerveau s’efforçait de suivre le fil des événements… et Sherlock dans sa cavale. Laquelle de ses cachettes londoniennes a-t-il choisi ? Try finding Sherlock in London ! comme dirait l’autre. J’adore que la cachette en question soit derrière les fausses façades de Leinster Gardens : il en était question dans le tome 3 de Sublutetia ; j’adore et c’est au programme de ma future visite londonienne depuis que j’ai lu le livre. Un mannequin, une maison vide, les voilà mes références tanta attendues 🙂

Pour en revenir à Mary, je me doutais bien qu’elle aurait un rôle majeur dans cet épisode, mais je n’imaginais vraiment pas que ça prendrait cette tournure là. Et puis, à 7 minutes de la fin : ohmygod, tout s’emballe et je n’ai pas encore assimilé, je crois, le déferlement d’informations et d’émotions qui nous assaillent. Autant, je ne comprenais pas bien pourquoi on nous montrait kid!lock depuis le début de l’épisode, autant c’est finalement parfaitement justifié et magnifiquement utilisé dans la dernière occurence. Et dire que jusque dans cet épisode John est persuadé que Sherlock n’a pas de coeur et se fout de tout et tout le monde…

Quant au mort annoncé par Sue Vertue… à la fois je m’en doutais et en même temps, je ne pensais pas qu’elle parlait de cette personne-là dans son tweet ; elle est vraiment diabolique. Et raaaaaaah, ces retournements de situation qui n’en finissent pas juste avant le générique qui nous fait un faux départ en plus ! Sincèrement, je n’ai pas encore totalement assimilé, je crois, la nouvelle sur laquelle se referme cet épisode. SPOILER : Est-ce que Moriarty est vraiment encore en vie ? Ou bien est-ce qu’il avait programmé ce retour post-mortem pour semer le chaos ? Est-ce que quelqu’un utilise son image pour mieux se dissimuler ? Est-ce que Mycroft a monté cette affaire pour sauver son baby brother ? Est-ce que Richard Brook existait vraiment et alors c’est lui qui serait mort sur le toit de Saint Barts. Il n’aurait qu’une marionette dans les mains d’un Moriartty que l’on n’a encore jamais vu ? Je suis même incapable de dire ce que j’en pense pour l’instant. Il va me falloir du temps pour cela.

En tous cas, j’ai vraiment aimé que le cliffhanger principal soit résolu à la fin de l’épisode, qu’ils ne nous aient pas rejoué à quelques détails près, la fin de The Reichenbah Fall. Et si c’est moins dramatique, ça n’en est pas moins excitant. d’autant plus que l’on a quand même eu notre compte d’émotions quelques secondes avant. Lorsque SPOILER : Sherlock part en sachant que cette fois il va mourir et pour de bon (même si je suis d’accord, si j’étais rationnelle, cela ne me ferait rien car de toutes façons, ils ne peuvent pas tuer le personnage principal et nous promettre deux saisons supplémentaires), j’étais littéralement en larmes une fois de plus et Benedict Cumberbatch est absolument bouleversant d’émotion contenue dans ses dernières paroles face à John (qui doute encore que ce grand ours mal léché a un coeur d’or et aime John autant que John l’aime ?) et quelques instants plus tard dans l’avion. Cette fin, mon dieu que je l’aime et qu’elle me donne envie d’en savoir plus, de voir les personnages continuer à évoluer ensemble, etc. SPOILER : surtout que je ne m’attendais vraiment pas à ce que Mary survive à ce coup là. En même temps j’aurais été déçue s’ils avaient cédé à la facilité en la tuant. Mais John va vraiment continuer à courir après Sherlock avec un bébé sur les bras ? Mon dieu qu’il va être dur d’attendre, une fois de plus ! En attendant, pourquoi ne pas aller lire ce qu’Ileana a pensé de cet épisode.

Bref, un épisode qui renoue enfin avec la tradition des précédentes saisons. J’ai été captivée dès les premières minutes et la tension ne m’a pas quittée un seul instant. On est bien loin de épisodes poussifs qui ont marqué les 2/3 de la saison.  Franchement un excellent épisode, parfaitement équilibré, drôle, émouvant, palpitant… Lars Mikkelsen est un méchant terrifiant et je suis de plus en plus amoureuse de cette version des personnages ! Vraiment, l’épisode qui m’a réconciliée avec la série, en cette fin de saison.

logo BBC Sherlock

© BBC.

Bref, si j’attendais cette saison avec énormément d’impatience et d’enthousiasme, j’ai aussi eu bizarrement beaucoup de mal à entrer dedans. Je n’ai pas retrouvé, dans les premiers épisodes, la subtilité, la cleverness des saisons précédentes. Trop de références aux blagues du fandom et de blagues vaseuses alourdissaient en plus le tout. Bref une grosse déception, surtout après avoir attendu aussi longtemps. Heureusement, His Last Vow a ramené la série au niveau que l’on attendait. Cet épisode est juste waouh et suffit presque à me faire oublier tout le reste. Il est vraimen excellent et j’aurais vraiment aimé que toute la saison soit de la même trempe. Les acteurs sont toujours aussi brillants et je suis de plus en plus attachée à leur interprétation des personnages. Bilan en demi-teinte donc, même si c’est définitivement sur une note extrêmement positive que je referme ce billet. J’espère que les prochaines saisons tatonneront moins et surtout ne nous feront pas trop patienter !

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Le retour de Sherlock Holmes

The return of Sherlock Holmes - 1st UK edition(livre lu en français)
(titre VO : The Return of Sherlock Holmes)

Le livre :

Recueil publié en 1905 et  comprenant les nouvelles suivantes :

La maison vide, L’entrepreneur de Norwood, Les hommes dansants,  La cycliste solitaire, L’école du prieure, Peter le noir, Charles Auguste Milverton, Les six Napoléons, Les trois étudiants, Le pince-nez en or, Un trois-quart a été perdu, Le manoir de l’abbaye, La deuxième tache.

L’avis du consulting blogger :

Après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps sur Le dernier problème, il y a quelques mois, j’ai eu envie de poursuivre ma (re)découverte du Canon dans l’ordre et j’ai l’impression de l’avoir déjà dit la dernière fois, mais je crois que j’ai pris encore plus de plaisir à lire ce recueil que les précédents.

J’aime vraiment ce recueil parce que malgré les trois années du hiatus, la vie reprend son cours comme avant. Watson revient s’installer au 221b (Mary Morstan étant décédée dans l’intervalle), les enquêtes reprennent comme si de rien était et pourtant beaucoup de choses ont changé : Holmes semble toujours aussi froid et pourtant on voit vraiment qu’il tient à Watson, que son opinion compte, et leur amitié au lieu d’être endommagée par ces trois ans d’absence et de mensonges semble presque plus intense, justement parce que ces trois ans ne sont rien face à leur amitié et c’est juste parfait.

Et puis j’ai trouvé ce volume particulièrement drôle. Déjà, c’est très amusant de voir Watson piquer quelques trucs à Holmes quant à la science de la déduction ; certes il n’égalera jamais son ami, mais il essaye et se débrouille franchement pas trop mal mais surtout dans ce volume, Sherlock est impertinent et arrogant comme jamais et certains de ces commentaires/réactions sont absolument hilarants. Ce type est odieux, mais je ne voudrais le voir changer pour rien au monde.

L’aventure de la maison vide (EMPTest mon anti-dépresseur personnel. Peu importe le nombre de lectures que j’ai déjà effectuées de ce texte, il a toujours le même effet sur moi : la joie de retrouver Sherlock, d’assister à ses retrouvailles mouvementées avec John Watson, de découvrir la vérité sur ce qui s’est passé à Reichenbach, l’excitation face au derniers instants de la traque contre le colonel Moran… Il n’y a pas d’enquête à proprement parler dans cette nouvelle et pourtant je l’adore et on ne s’ennuie pas un instant et j’ai hâte de voir comment le texte sera retravaillé/interprété par Mofftiss dans la S3 de Sherlock.

L’entrepreneur de Norwood (NORW) ne m’a pas tant marqué pour son intrigue (même si celle-ci est très chouette bien qu’un peu prévisible) que parce que c’est la première enquête post-retour de Holmes que l’on découvre. Sherlock y est cabot et gamin à souhait, sassy comme jamais avec son visiteur (un jeune notaire accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis) dont il n’hésite pas à se moquer ouvertement. De même qu’il n’hésite pas à blâmer la disparition de Moriarty pour l’absence de cas intéressants. On a vraiment droit à Sherlock dans toute sa splendeur dans cette nouvelle, anti-conformiste et j’adore ! Tout comme j’adore voir Lestrade tellement sûr de lui alors qu’il est totalement à côté de la plaque, le pauvre… Et puis comme Watson habite de nouveau avec Holmes, on redécouvre toutes les petites manies domestiques et quotidiennes de ce dernier et c’est très chouette.

Les hommes dansants (DANC) fait partie de mes nouvelles favorites du Canon tout simplement parce qu’il y est question de cryptographie et que je pourrais écouter Holmes pendant des heures tandis qu’il nous explique sa méthode et son raisonnement. Pourtant, il n’invente rien, mais je suis terriblement turned on par un Holmes racontant les principes de l’analyse fréquentielle (la crypto tend à avoir cet effet-là sur moi, ne cherchez pas -_-) et je rêve de voir rééditée sa monographie sur les écritures secrètes ^^. Et puis, ce qui est chouette là (contrairement au Scarabé d’or de Poe), c’est que l’on a accès au message et qu’on peut le déchiffrer en même temps que Holmes puisque What one man can invent another can discover.

Dans La cycliste solitaire (SOLI), on fait la connaissance d’une jeune femme qui vient demander l’aide de Holmes car elle est régulièrement suivie par un mystérieux stalker lors de ses trajets à vélo… Et le premier truc qui m’a marqué, c’est que l’on dit souvent Sherlock misogyne, hors les clientes qu’il reçoit sont toujours vives et jolies, malignes, intrépides et dégourdies (même si je me rends bien compte que c’est à travers le regard de John que l’on fait leur connaissance) et il les traite toujours avec beaucoup de respect et de courtoisie même s’il ne change rien à ses manies étranges en leur présence. Alors bien sûr il a parfois des remarques désobligeantes à faire au sujet des femmes, mais franchement les hommes s’en prennent tout autant plein la tête et puis si on remet le truc dans le contexte de l’époque, ses remarques n’ont rien d’inhabituelles. Franchement, je ne vois pas Holmes comme plus misogyne que la moyenne de son temps. Anybref, Watson se fait lyncher par Holmes et voir ces deux là se chamailler comme un vieux couple est absolument priceless. Et puis la fin de cette nouvelle est dramatique et victorienne à souhait. C’est que du bonheur !

L’école du prieuré (PRIO) était une découverte et ne m’a pas particulièrement enthousiasmée : un enfant disparaît d’une boarding school et Sherlock est invité à le retrouver. L’histoire paraît hyper banale mais sa résolution comporte quelques éléments intéressants et originaux (et j’aime beaucoup l’idée d’avoir glissé un plan des lieux. C’est un procédé qui revient de temps en temps dans le Canon et ça me plait toujours beaucoup.). Le gros problème c’est que les personnages de cette nouvelle sont tous plus antipathiques les uns que les autres. J’ai été un poil déçue par ce texte parce que je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, à vouloir les aider.

Peter le noir (BLACest intéressante parce que l’on en apprend un peu plus sur les secrets de Holmes : son don pour le déguisement, ses contacts avec toutes les couches de la population londonienne et sa capacité à se fondre dans chacune d’entre elles, ses multiples cachettes dans Londres… Quant à l’intrigue, ça n’est pas forcément une de mes préférées, mais elle m’a bien plu tout de même parce que comment résister au mystère d’un corps harponné le long d’un mur ? Et puis tout n’est pas évident dès le début, il y a quelques fausses pistes et je sais pas, j’ai bien aimé tout simplement.

Charles Auguste Milverton (CHASest effroyable et hilarante à la fois. Milverton est un personnage monstrueux et détestable et ce qui est terrible c’est qu’il aurait tout à fait sa place à notre époque. Cette nouvelle est terriblement intemporelle (les histoires de chantage existeront toujours) et le caractère des personnages est finement analysé. On voit aussi jusqu’où s’étend la loyauté de Watson envers Sherlock et c’est chouette parce que comme je le dis régulièrement à leur sujet, ce qui est intéressant dans le Canon, ce qui fait qu’on peut lire et relir ces textes sans se lasser, ça ne sont pas tant les enquêtes et leur récit que l’extraordinaire amitié entre Holmes et Watson qui se dévoile non seulement au fil des volumes mais aussi au fil des relectures.

Les six Napoléons (SIXNoccupe une place toute particulière dans mon mind palace puisque c’est ma toute première nouvelle holmésienne. J’avais 11 ans et grâce à cette seule nouvelle j’étais irrémédiablement conquise. Aujourd’hui, j’ai d’autres textes préférés, mais je prends toujours beaucoup de plaisir à le relire. Cette toute première rencontre avec Sherlock Holmes m’avait fascinée et beaucoup marquée. Aujourd’hui je trouve que la clé du mystère est assez simple, mais les circonstances de sa résolution ont un petit quelque chose de théâtral (le fracassage de bustes napoléonniens me rend beaucoup plus joyeuse que la bienséance ne l’autorise) qui me plait toujours autant et je comprends sans peine comment j’ai pu être fascinée la première fois.

Les trois étudiants (3STU), m’a vraiment beaucoup plu parce qu’elle est sans fioriture. Une situation initiale banale (une histoire de tricherie à un examen), un nombre de suspects limités, un terrain de « jeu » limité, Sherlock Holmes est vraiment obligé de ne faire appel qu’à ses capacités d’observation et de réflexion et il n’en est qu’encore plus épatant. J’aime vraiment beaucoup le côté dépouillé de cette enquête et je serais curieuse de la relire dans quelques temps. Et puis une fois de plus, j’ai aimé voir Holmes se moquer de la stupidité de son interlocuteur.

Dans Le pince-nez en or (GOLD), autant Holmes est sassy et drôle, autant le reste des personnages est antipathique… et puis si l’affaire est au départ intéressante (un jeune homme mystérieusement assassiné, un assassin qui n’a techniquement pas eu le temps de quitter les lieux, un pince-nez qui sort de nulle part…), j’en ai trouvé le dénouement bien vite expédié. Légère déception donc…

Un trois-quart a été perdu (MISSm’a semblée très longue et pas hyper passionnante (sans compter le retournement de caractère de Arstrong beaucoup trop rapide à mon goût) et pourtant je l’ai bien aimée, parce qu’au départ on est aussi perdu que Holmes, à se demander ce que peut bien être ce fameux « trois-quart » (je vous laisse d’ailleurs plancher sur la question) mais surtout parce que Watson aussi y va de son petit commentaire moqueur, alors qu’il est habituellement toujours celui qui reste poli en toutes circonstances et arrondit les angles. Voir le Dr. John Watson se dévergonder est absolument délicieux.

Quand débute Le manoir de l’abbaye (ABBE) (que je ne cesse de rebaptiser Northanger Abbey dans ma tête, merci Jane Austen…) pas mal de temps s’est écoulé depuis les dernières affaires relatées et nos deux amis ne sont plus aussi jeunes et fringants qu’avant et cela me provoque toujours un petit pincement au cœur. Même s’il est intéressant de suivre nos personnages préférés sur la durée, quelque part on aimerait aussi ne jamais les voir vieillir. Bon, là ils sont loin de la sénilité hein, mais quelques années ont passé et Watson le fait remarquer. Bref, en parlant de Watson, celui-ci ne peut bien évidemment pas s’empêcher de craquer pour la jolie jeune femme en détresse rencontrée au cours de l’enquête sur l’assassinat de son mari. L’affaire semble évidente au premier abord, mais évidemment on se doute bien, et Holmes a vite fait de nous le prouver, que tout est un peu plus compliqué que cela. Bon, la clé du mystère est asse évidente, mais le cheminement de la résolution est intéressant. SPOILER : Le seul truc qui me chagrine un poil dans cette histoire est la façon dont Holmes choisit de faire justice lui-même…

Enfin La deuxième tache (SECO) est juste absolument géniale. Holmes y est câpricieux et grognon à souhait et j’aime la façon dont il fait plier le gouvernement, non mais ! J’aime la façon dont Lestrade essaye de récupérer les déductions de Holmes à son compte et sans aucun scrupule, la stupidité profonde et l’impulsivité de Hilda, et puis la chute de cette nouvelle est absolument géniale et j’adore la finesse d’esprit du 1er ministre. Je n’ai vraiment pas grand chose à dire au sujet de ce texte. Il est juste parfait et puis c’est tout.

Bref, un recueil absolument génial et une fois de plus, j’ai adoré retrouve Holmes et Watson. J’aime ces personnages, leurs caractères respectifs et la dynamique de leur duo. J’ai hâte de me plonger dans le volume suivant tout en craignant d’arriver trop vite à la fin, même si je crois que je prends encore plus de plaisir avec mes relectures qu’avec mes découvertes. Anybref, lisez le Canon, c’est un ordre.

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