Nous ne sommes qu’ombre et poussière – Lyndsay Faye

Nous ne sommes qu'ombre et poussière - Lyndsay Faye

Nous ne sommes qu’ombre et poussière…

Londres, automne 1888. Les atrocités commises sur deux prostituées assassinées dans le quartier de Whitechapel vont convaincre l’inspecteur Lestrade de solliciter le célèbre spécialiste des affaires criminelles.

Qui mieux que Sherlock Holmes, aidé du Dr Watson, saurait traquer l’homme qui sème désormais la terreur parmi la population de l’East End ? Mais le grand détective ne sortira pas indemne de cette enquête.

Pour démasquer son insaisissable adversaire, dont le nom, Jack l’Éventreur, restera longtemps gravé dans les mémoires, il devra enfreindre bien des règles, briser les codes, et tenter de sauver sa vie autant que sa réputation.

L’avis du consulting blogger…

J’étais totalement passée à côté de la sortie française de ce roman et je suis tombée dessus totalement par hasard, en achetant Un assassinat de qualité, d’Ann Granger, sur les conseils avisés d’Ida. J’ai beau ne pas être particulièrement fan des récits opposant Sherlock Holmes à Jack l’éventreur, une fois celui-ci repéré en magasin, il m’était impossible de ressortir sans l’adopter.

Je n’attendais donc pas grand chose de ce roman et j’ai finalement été assez agréablement surprise. On n’a pas forcément affaire à quelque chose de foncièrement original mais comme prise comme simple divertissement, la chose remplit fort bien son office !

La première bonne surprise en ouvrant ce roman, c’est la présence d’un plan de Londres en 1888, avec la localisation des principaux lieux liés aux meurtres des prostituées de Whitechapel. C’est un petit détail auquel a pensé l’auteure et si cela n’influence pas la qualité du roman en lui-même, cela permet au lecteur de mieux visualiser les événements relatés, les distances entre les scènes de crime et la configuration du quartier.

C’est vraiment le genre de petites choses qui mises bout à bout peuvent faire la différence pour moi surtout que c’est la première fois que je vois un tel plan dans un roman sur le sujet (après, je suis loin d’avoir lu toutes les fictions publiées sur la question !).

En revanche, il y a un point qui m’a tout aussi rapidement chagrinée : le ton résolument trop moderne de la chose, à mon goût. Alors, je suis incapable de dire si cela tient à la plume de l’auteure ou à la traduction, mais certains choix lexicaux m’ont semblé vraiment peu judicieux pour l’époque à laquelle est censée se dérouler l’aventure…

Du coup, ce texte ne fait pas vraiment illusion : impossible d’oublier ne serait-ce qu’un instant qu’il s’agit d’un pastiche et non d’un « véritable » manuscrit inédit du Dr. Watson, disparu et miraculeusement retrouvé…

C’est d’autant plus dommage qu’en dehors de ça, on découvre une certaine connaissance du Canon, avec des références sympathiques et juste assez nombreuses pour donner le sourire au lecteur sans qu’il ait l’impression que l’auteure a cherché à caser tout ce qu’elle pouvait entre les pages.

Les déductions sont là, le caractère des personnages m’a semblé assez justement représenté et l’ensemble est plutôt soigné. C’est vraiment sur le vocabulaire que j’ai fais un blocage. Comme si les personnages du Canon s’exprimaient soudainement à la façon de leurs doubles dans la série Sherlock… Une espèce de mélange (dû à une faille dans l’espace-temps ?) que je n’ai pas trouvé très heureux et qui a un peu terni mon plaisir de lecture.

Mais assez râlé car malgré ce petit souci de tonalité, le résultat est vraiment divertissant. Lyndsay Faye arrive à respecter les faits historiques tout en ajoutant un certain nombre d’éléments fictionnels originaux, en envoyant Holmes sur des pistes inédites ou en lui faisant interpréter différemment certains indices.

Au final, le récit progresse de façon assez fluide et surtout on a affaire à une solution qui tient la route sans chercher à faire dans le sensationnalisme comme il pourrait être tentant de le faire vu le thème.

En bref…

Un énième duel Sherlock Holmes / jack l’éventreur, qui sans être exceptionnel évite aussi bien des écueils du genre. Un roman certes pas inoubliable mais vraiment divertissant. Idéal pour les vacances !

Lyndsay Faye : site officiel, Facebook, Twitter

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Infos : Nous ne sommes qu’ombre et poussière, de Lyndsay Faye. Titre original : Dust and Shadow. Traduit par Nathalie Beunat. Sorti le 24 juin 2015 chez Pocket (2009 pour la vo!). 442 pages. Edition numérique : 9€99 – édition papier : 7€90

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10 commentaires sur “Nous ne sommes qu’ombre et poussière – Lyndsay Faye

  1. belette2911 dit :

    Merde, je suis passée à côté de ça, moi ??? J’avais celui de Ellery Queen, mais là, je tombe de ma chaise et te remercie pour le tuyau !! 😉

    Dommage si le langage n’est pas adapté à l’époque… mais j’achète ! 😛

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  2. Ida dit :

    Hello,

    Et bien mise à part les choix lexicaux, ce petit roman semble en effet engageant. Je l’acheterai à l’occasion… Si je le trouve au hasard de mes virées de bookshopping.

    Difficile en effet de donner dans l’original quand on veut se lancer dans une confrontation entre Jack l’Eventreur et Sherlock Holmes. Il y a déjà eu tellement de films et romans sur ces deux thèmes! Que ce roman parvienne à sortir des ornières qui menacent ce sujet déjà très exploité est une très bonne chose qui me donnerait envie de le lire! Enfin du neuf!!! 🙂

    Mais vous me connaissez… Pour moi le pastiche doit être soigné et si l’écriture ne reprend pas le style un peu académique pour ne pas dire quelque peu ampoulé de l’époque Victorienne… C’est un point qui m’agace vite. 😦 C’est pourquoi je ne me précipiterait pas, et ne reverrai pas l’ordre de mes priorités de lecture pour ce livre.

    Une explication peut être à ce choix de style (pour tant est que c’en soit un… parfois certians styles d’écritures se caractèrisent par le fait de n’en avoir aucun tant ils sont sommaires!) : une simple question de marketting. Le style victorien suppose d’être à l’aise avec les complexités de la grammaire et de disposer d’un vocabulaire étendu. Cela rend donc le lectorat potentiel moins large. Les éditeurs ne sont pas des sociétés philanthropiques, ils sont là pour faire de l’argent et la plus grande partie de leur revenus provient de la vente industrielle de livres faciles d’accès, donc au style de plus en plus épuré, avec un champ sémantique actuel et restreint. Il y a encore quelques auteurs qui soignent leur langue, et qui ont trouvé leur public… et donc une maison d’édition qui les publie dans une collection plus qualitative… Mais ils ne sont pas la première source de revenu de nos éditeurs. Dan Brown a fait bien plus d’argent que n’en fera jamais Amélie Nothomb… Et pourtant quand on y réfléchit… On ne peut pas dire que la langue utilisée dans le Da Vinci Code soit spécialement jolie.

    Je ne sais s’il faut le blâmer… Après tout… Lire un livre même sans style, c’est quand même faire l’effort de la lecture et ce doit toujours être encourgé! C’est le meilleur moyen de lutter contre l’illétrisme! Et après tout, les amoureux de belles lettres trouveront toujours de quoi se satisfaire par ailleurs (à condition que les éditeurs n’y renoncent pas totalement!).

    Bon… Je n’étais pas passée depuis un petit moment… Et me voilà partie à pontifier… 😀 Je suis incorrigible!

    A bientôt

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    • Ida dit :

      Rhoooo J’ai encore fait plien de fautes! Je ne me suis pas bien relue excusez moi! « misE à part »… Je ne me précipiteraiT pas »… Pfff… Quelle honte!

      M’enfin… ce n’est pas la première, ni la dernière fois hélas! 😦

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      • Méloë dit :

        Je trouve terriblement compliqué de repérer toutes ses fautes à l’écran. Bien souvent, j’ai beau me relire encore et encore, j’en laisse passer une multitude. Curieusement, mon regard est beaucoup plus affûté sur une copie papier.

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    • Méloë dit :

      Incorrigible certes, mais cela ne fait rien car j’aime bien lire vos réflexions. Il est certain qu’un style « simplifié », utilisant un vocabulaire « basique » rend la lecture de l’ouvrage accessible à un plus grand nombre. Malheureusement, on y perd aussi quelques chose…

      Dans le cas de cet ouvrage, je serais vraiment curieuse de feuilleter la VO pour voir d’où provient cette modernisation du ton général de la chose : de l’auteure elle-même ou bien de l’édition française…

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