7 femmes contre Edimbourg – Ely M. Liebow

Sept femmes contre Edimbourg - Ely M. Liebow

7 femmes contre Edimbourg…

Décriées, conspuées, tournées en ridicule par les hommes, tant médecins que professeurs d’université ou étudiants, sept jeunes femmes qui rêvent de devenir. médecins, au milieu du siècle à Édimbourg, se donnent la difficile mission d’ouvrir aux femmes l’accès aux études de médecine en Grande-Bretagne.

C’est cette réalité historique qui sert de toile de fond à une enquête menée à un rythme endiablé, mettant en scène notamment celui qui inspira le personnage de Sherlock Holmes : le Dr Joe Bell, qui, par ses fabuleux talents d’observation et de déduction, fait l’admiration de tous ceux qui l’entourent, et notamment de son jeune assistant, un certain Arthur Conan Doyle qui fera de lui plus tard une légende, en le peignant sous les traits de son illustre détective.

L’avis du consulting blogger…

C’est chez Matilda que j’ai entendu parler de ce livre pour la première fois, il y a déjà quelques années. Son titre noté dans un coin de mon mind attic, j’ai mis de longs mois avant d’en trouver un exemplaire chez mon fournisseur préféré de livres d’occasion. Il m’a fallu quelques mois supplémentaires avant de me décider à m’y plonger car au vu de sa taille et de son sujet, je savais que je devrais être totalement disponible pour pouvoir réellement l’apprécier.

Au final, l’ouvrage m’a laissé une impression assez mitigée : autant j’ai été captivée par un certain nombre d’éléments, autant ma lecture a aussi parfois été un peu poussive… Essayons de tirer cela au clair.

A l’inverse du précédent livre que je vous présentais, j’ai immédiatement été happée et ça n’est que bien plus tard que les choses se sont un peu gâtées. Tout débute par un avant-propos que l’on jurerait écrit de la main du Docteur Watson. C’est d’ailleurs le cas… A ce détail près qu’il s’agit du Dr. Patrick Heron Watson, chirurgien et professeur à la faculté d’Edimbourg à l’époque où un certain Arthur Conan Doyle y poursuit ses études…

Ces quelques paragraphes m’ont vraiment conquise et m’ont aussitôt rendue très curieuse de découvrir les événements annoncés, le pan d’Histoire relaté comme s’il s’agissait d’une aventure canonique. Une question s’est alors très rapidement imposée à mon esprit : où s’arrête la biographie et où commence la fiction ?

Malheureusement, il n’est pas si aisé que cela de démêler la réalité historique du roman et c’est le premier point qui m’a chagrinée. Les personnages mis en scène ont pour la plupart (tous ?) bel et bien existé, de même que le cadre des événements relatés (des jeunes femmes se sont effectivement battues à cette époque pour obtenir le droit d’étudier à l’université -pas seulement la médecine, d’ailleurs) mais le meurtre et l’enquête qui s’ensuit relèvent eux de l’imagination de l’auteur… Or tous ces éléments sont profondément imbriqués les uns dans les autres et on finit par ne plus vraiment savoir que croire et retenir.

Le deuxième souci que j’ai rencontré est lié au grand nombre de protagonistes intervenant dans cette histoire. Sept jeunes femmes, au moins autant de professeurs d’université, sans compter les policiers, journalistes et étudiants qui ont également un rôle à jouer à un moment ou un autre, c’est beaucoup de noms et de rôles à retenir ! Et j’ai parfois eu du mal à distinguer et me souvenir de qui était qui, qui avait dit quoi, qui était allié de qui…

Tant et si bien que malgré l’enthousiasme débordant avec lequel j’ai entamé ma lecture… j’ai très vite fini par me perdre au fil des pages, face à la complexité et au rythme assez décousu de l’ensemble. 

En effet, dernier souci relevé : beaucoup trop de sujets sont abordés ! Même s’ils s’avèrent très intéressant, ils ont inévitablement fini par m’essouffler. Entre biographie du Dr. Bell, épisode particulier de l’histoire du féminisme, citations et allusions au Canon holmésien, histoire de la médecine, place des immigrants juifs dans la société britannique, conditions de vie des plus pauvres à l’ère victorienne… on suffoque. Sans compter qu’il faut ajouter à tout cela une intrigue policière où les morts se succèdent. 

Alors certes, des notions vraiment très intéressantes sont abordées et expliquées mais trop c’est trop et au bout d’un moment une espèce de confusion des genres règne sur l’ensemble. D’autant plus que les chapitres manquent de liant, de transition à mon goût. Je ne savais plus où donner de la tête !

C’est dommage, parce que j’ai trouvé l’ensemble globalement très enrichissant mais à certains points de ma lecture j’ai vraiment saturé et je me suis trouvée obligée de faire des pauses pour ne pas exploser sous le poids des informations assénées quasiment en continu.

J’ai parfois eu l’impression que l’auteur avait voulu faire rentrer de force entre ces pages tous les éléments qu’il avait découverts en préparant sa biographie de Bell (pas encore lue) mais n’avait pas encore eu l’occasion d’utiliser. Autant je peux comprendre cette envie de transmettre et d’utiliser le fruit de ses recherches jusqu’au moindre petit détail, autant le résultat n’en est pas moins indigeste.

En bref…

Un roman intéressant mais (parfois trop) dense qui évoque tout à la fois dans mon esprit Les enquêtes de Murdoch (où les femmes sont de brillantes scientifiques et exercent librement), la série Kronberg Crimes (et son héroïne obligée de se travestir pour pouvoir exercer la médecine), et Dorothy Garrod (archéologue et première femme professeur d’université au Royaume-Uni).

Editions Baker Street : blog officiel, Facebook, Twitter

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Infos : 7 femmes contre Edimbourg, de Ely M. Liebow. Titre original : Seven Against Edimburgh. Traduction de Françoise Jaouën. Sorti le 31 janvier 2012 chez les éditions Baker Street. 406 pages. Edition papier : 21€30.

PS : Je craque pour le nom de cette maison d’édition !

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9 commentaires sur “7 femmes contre Edimbourg – Ely M. Liebow

  1. Merci pour cette découverte même si votre avis est mitigé 😉

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    • Méloë dit :

      C’était une lecture très enrichissante. C’est vraiment plus la forme qui m’a dérangée et d’autres lecteurs seront peut-être plus à l’aise que moi avec la profusion de détails et de thèmes abordés.

      Aimé par 1 personne

  2. Ida dit :

    Des sujets passionnants pris indépendamment les uns des autres qui souffrent d’avoir été réunis du fait même de leur densité… Quel dommage!

    C’est le problème de certains auteurs très érudits qui voudraient en mettre trop à la fois dans le même ouvrage. J’ai eu ce genre d’impression parfois avec certains livres d’Umberto Ecco… Je n’ai pas réussi à aller au bout du « cimetière de Prague » tant il y avait de données historiques complexes en plus d’un personnage relevant visiblement d’un trouble psychiatrique habilement développé dans la narration… en plus d’une intrigue à suspense… Les fils s’entrecroisant sans cesse j’ai vite perdu le nord… Dans le Nom de la Rose il n’y a qu’une intrigue donc c’est plus facile à suivre, même si ce roman est parfois prétexte à de longues pages très fouillées sur l’histoire des hérésies du moyen âge… Bref, je n’ai rien contre les romans très érudits mais il faut que leurs auteurs comprennent que le lecteur qui l’est souvent moins ne pourra pas soutenir l’effort de suivre à la fois deux ou trois intrigues différentes à travers des thématiques trop nombreuses qui ne servent plus seulement de back-ground à l’action mais que l’on entend nous faire découvrir d’une façon quasi historiographique ou universitaire!

    Je vous suis tout à fait en outre sur le côté assez inconfortable du « docu-fiction » qui ne permet pas de faire la part des choses entre fiction et réalité. Je ne prise pas ce genre non plus.

    Aimé par 2 people

    • Méloë dit :

      Votre comparaison avec les ouvrages d’Umberto Ecco est intéressante, même si d’après moi, cet ouvrage reste beaucoup plus accessible au commun des mortels. J’ai trouvé les propos de l’auteur expliqués de façon claire et avec un vocabulaire très accessible. Ici, c’est vraiment la quantité d’informations qui rend la chose indigeste.

      La lecture du « Nom de la Rose » (et ses inombrables passages en latin) a été un vrai combat au corps à corps pour moi et c’est profondément agacée que j’avais tournée la dernière page du roman. Presque 5 ans plus tard, il me prend l’envie de le relire : avec un peu plus de maturité et sachant à quoi m’attendre, je serais peut-être plus à même de l’apprécier…

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  3. belette2911 dit :

    Oups, je dois encore le lire !! 😀 je verrai ce que j’en pense…

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