Les oiseaux du meurtre – Austin Mitchelson & Nicolas Utschin

Sherlock Holmes - Les oiseaux du meurtre

Les oiseaux du meurtre…

Sherlock Holmes s’ennuie. Depuis longtemps aucune enquête passionnante ne lui a été proposée. Et lorsque miss Dempster vient lui parler de la mystérieuse disparition de son oncle victime, selon elle, des légendaires ‘oiseaux du meurtre’, Sherlock Holmes commence par en rire et renvoie la jeune fille dans son village.

Mais, dès le lendemain, il s’avère qu’il se déroule effectivement des choses étranges à Heaven’s Portal. Dès lors, Sherlock Holmes et son ami, le docteur Watson, se trouvent plongés dans une enquête aux multiples détours…

L’avis du consulting blogger…

J’ai découvert ce roman tout à fait par hasard chez un célèbre bouquiniste parisien, il y a quelques jours. Et si le nom de Sherlock Holmes n’y avait pas été mentionné, jamais je ne me serais arrêté à sa couverture monstrueusement kitsch à mon goût (ce pigeon empaillé me met profondément mal à l’aise). Bilan, malgré quelques aspects tout à fait positifs, c’est globalement déçue que j’ai tourné la dernière page de ce pastiche…

L’histoire débute en 1914, très peu de temps après les événements relatés dans ‘His Last Bow‘. Holmes et Watson, désœuvrés dans leur appartement de Baker Street (un peu étrange vu la date… d’autant plus que quelques pages plus loin, Holmes évoque son cottage du Sussex et ses abeilles qu’il a hâte de retrouver… Watson commencerait-il à perdre la mémoire ?) s’ennuient ferme. Pas la moindre petite enquête à se mettre sous la dent, pas le plus petit moyen de se rendre utile en ce temps de guerre. Autant vous dire que nos deux compères ne vivent pas très bien l’inaction.

Lorsqu’une disparition suivie d’un meurtre attire enfin leur attention, ils sont contraint de délaisser l’affaire pour partir à la recherche de Von Bork, échappé de sa prison londonienne. Une question se pose alors, comment les deux affaires pourront-elles bien se rejoindre ? Car nul doute que les deux événements sont liés mais la route sera longue et tortueuse avant que tout soit expliqué.

Je vous avoue avoir été assez déçue par le tour pris par l’affaire : Von Bork a déjà été arrêté une fois. Quelle nécessité d’en remettre une couche ? Surtout que pour le coup, on a plus affaire au récit d’une (longue) chasse à l’homme sans grande surprise qu’à une véritable enquête…

J’ai clairement fini par m’ennuyer et me demander quel était l’intérêt de nous traîner ainsi de péripétie en péripétie même si je dois bien reconnaître que le récit comporte quelques passages assez intéressants (mais pas nécessairement très approfondis) sur la vie des soldats dans les tranchées et en particulier Noël 1914.

J’ai vraiment trouvé le résultat poussif et au diable le patriotisme et la guerre ! J’aurais largement préféré que Holmes choisisse de se concentrer dès le départ sur cette affaire de meurtre et d’oiseaux de l’enfer ! Il aurait pu parvenir exactement aux même conclusions et cela aurait été beaucoup plus original et palpitant pour le lecteur !

Quel intérêt de réécrire aussi littéralement quelque chose qui a déjà été fait (idem pour ce bref passage que j’ai renommé SPOILER : Reichenbach le retour) ? Surtout qu’ici l’explication du mystère est expédiée en quelques lignes ; un peu décevant quand elle aurait pu (dû ?) justifier le titre de l’ouvrage…

Sans compter que le réalisme de l’ensemble laisse aussi plutôt à désirer. Je passerai outre les circonstances dans lesquelles le jeune Wiggins est devenu détective à Scotland Yard. En revanche, j’ai trouvé presque grotesque le passage où Holmes SPOILER : s’improvise pilote de chasse, dirigeant son avion tout en tirant sur l’ennemi avec autant de dextérité que s’il avait fait cela toute sa vie… A se demander pourquoi l’on continue de former des individus à ces tâches…

Sur le plan de ‘l’authenticité’ maintenant, ce roman m’a laissé des impressions assez contradictoires : autant certains aspects sont très finement étudiés et restitués, comme le processus déductif de Holmes ou la façon dont est introduite l’enquête, autant d’autres aspects laissent sérieusement à désirer à mon goût.

Par exemple, je n’ai pas du tout été convaincue par la façon dont Sherlock Holmes s’adresse à Miss Dempster, venue leur parler de la disparition de son tuteur. J’ai trouvé ses propos profondément déplacés face à une jeune fille et il se conduit en véritable rustre. Habituellement, Holmes est toujours extrêmement respectueux et courtois face à ses clientes, quoi qu’il puisse par ailleurs penser de la gent féminine dans son ensemble.

De même (mais il s’agit peut-être d’un souci de traduction), j’ai trouvé que les personnages employaient un vocabulaire beaucoup trop familier et une fois de plus déplacé. J’ai par exemple eu beaucoup de mal à digérer le mot ‘flingot’ dans la bouche de Holmes…

Enfin, j’ai été un peu déçue de voir Watson mentionner Doyle dans son récit. Pourquoi donc avoir ajouté ce détail qui ne vient que définitivement rompre l’illusion d’une aventure authentique ? C’est d’autant plus dommage que certains points sont vraiment très convaincants, les auteurs s’effaçant vraiment derrière les personnages…

En bref…

Un pastiche très irrégulier et globalement décevant à mes yeux. Je suis malgré tout contente d’avoir découvert l’existence de cet ouvrage, venu alimenter ma collectionnite aiguë.

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Infos : Sherlock Holmes – les oiseaux du meurtre, de Austin Mitchelson et Nicolas Utschin. Titre original : Hellbirds. Traduction de M.H. Bibault. Sorti en 1979 chez les éditions Chanteclerc. 190 pages. Ouvrage épuisé.

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22 commentaires sur “Les oiseaux du meurtre – Austin Mitchelson & Nicolas Utschin

  1. Ida dit :

    Bonjour

    En lisant votre commentaire je ne peux que me dire que l’art du pastiche Holmesien n’est pas à la portée de tous, et même d’auteurs qui démontrent pourtant quelques capacités par ailleurs.

    On entend bien que cet auteur est capable de bons passages mais… pas là où ce serait capital pour un pastiche.

    En vous lisant il ressort de ce livre une sorte de côté fourre-tout manquant de cohérence sur ce qui aurait dû être davantage soigné pour s’auréoler du vernis canonique. Comme si c’était l’empilement des détails empruntés au canon et non la façon dont ils se coordonnent qui devrait donner son cachet au livre.

    C’est ce qui me vient quand je vois vous évoquer les allusions à la retraite du Sussex et aux ruches alors qu’ils sont à Baker Street (pourquoi garder ce logement sachant que Watson n’y vit pas?)… et que dire de l’évocation de Conan Doyle? En tant qu’agent littéraire ou éditeur je présume? Je vous avoue être peu sensible aux mythes des groupes sherlockiens qui entretiennent la confusion sur l’improbable existence réelle de Holmes. Que de clichés!

    Et puis si Holmes fait plus de la chasse à l’Homme qu’une enquête… quel intérêt! Autant regarder Bruce Willis sauver le monde une Nième fois à la télé!

    Anybref… ça ne me fait pas très envie! J’ai même l’impression que ça m’énerverait de le lire! 😦

    Aimé par 2 people

    • Méloë dit :

      Vous m’avez bien fait rire avec votre évocation de Bruce Willis… qui ne serait pas tout à fait déplacé dans cette histoire, explosions comprises !

      C’est effectivement d’autant plus frustrant que l’on sent que les deux auteurs connaissent bien l’univers et les personnages qu’ils réutilisent. Leur noms sont d’ailleurs plutôt connu parmi les holmésiens mais être passionné ne suffit pas à écrire un bon roman (voilà d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je m’abstiens totalement).

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  2. belette2911 dit :

    Mon dieu, tu viens de me rajeunir une fois de plus, toi ! C’était le second pastique que je trouvais de Holmes, juste après « les exploits » que je pensais, à tort, être à Conan Doyle Arthur… J’avais 14 ans, ou 13 lorsque j’ai lu ce pastiche et oui, j’avoue à ma grande honte, que j’avais aimé… jamais je n’oserais le relire !! Je le flinguerais de suite.

    Je conserve tout au fond de moi, cette joie immense en tombant sur l’ouvrage par hasard… mon coeur qui s’était emballé, mon sourire à la caisse, le bouquiniste qui avait compris où ce situait mon vice et l’empressement que j’avais eu à le lire… ma joie en trouvant l’autre ouvrage de Hutchinson… Nostalgie, quand tu nous tiens ! 😉

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    • belette2911 dit :

      PS : il y a lieu de lire « pastiche » et non « pastique » comme mon clavier l’a écrit 😉

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    • Méloë dit :

      Oui j’ai vue sur Babelio que tu l’avais lu. Je pense qu’effectivement si tu l’as découvert à 14 ans, il vaut mieux éviter de le relire ! Tu risquerais d’être profondément déçue. Mais c’est chouette justement de l’avoir découvert à un age où il a su te plaire. Il ne faut pas avoir honte de ses goûts passés : on évolue et affine ses critères, c’est naturel (et souvent assez drôle avec le recul).

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      • belette2911 dit :

        Non, je n’ai pas honte de mes lectures passées, même si je me dis que j’ai perdu du temps avec des Mary Higgins Clark, je ne m’en fait pas, à cette époque là, je les aimais bien et ça me distrayait.

        À cet âge là, il m’avait plu énormément, mais bon, quand tu ne sais pas qu’il existe des apocryphes et que tu tombes là-dessus, tu te dis qu’il doit y en avoir d’autre et là, tu fouilles à l’ancienne puisque le Net n’existait point.

        Une autre époque mais je ne regrette pas, lorsque j’en trouvais un, c’était la fiesta, maintenant, c’est trop facile 😛

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  3. J’aime beaucoup lire tes chroniques de pastiches. (Et à chaque fois, je ne peux m’empêcher de penser que tu désapprouverais absolument tout ce que j’ai écrit sur Holmes, à l’exception des déductions bien réelles qu’il m’a inspirées. Mais côté fiction, ha ! Je pense que ça n’irait pas.^^)

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    • Méloë dit :

      Je suis insupportablement difficile en terme de pastiches mais je serais curieuse de découvrir ce que tu as écrit. Même si ça n’est pas à mon goût, je suis curieuse de découvrir la façon dont tu y dépeints les personnages. Un pastiche c’est toujours très révélateur de l’image que l’on a d’eux et c’est ce qui est intéressant.

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  4. brett abberline dit :

    Ida, je pense qu’il est impossible d’écrire du Doyle si on ne s’appelle pas Doyle…Comment séparer l’ivraie du bon grain dans les divers pastiches que nous livre régulièrement le monde de l’édition? That is the question…J’ai l’impression que ce n’est affaire que de goût…Plus on s’éloigne du canon plus le lecteur risque d’être dérouté, d’un autre coté un Holmes un peu moins conventionnel peut plaire à d’autres…Où vous situez vous sur l’échelle sherlockienne? Quelle est la définition d’un bon pastiche? Parfois je me perds…

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    • Ida dit :

      A la base un pastiche désigne une imitation qui se distingue de la falsification en ce sens que l’auteur de la dite imitation ne cherche pas à faire croire que son imitation est de l’auteur de l’œuvre originale. Le pastiche se doit en principe de reprendre le style de l’auteur… Ou du moins de l’époque.

      De fait lorsqu’on lit un pastiche holmésien on s’attend à retrouver une œuvre qui fait l’effort de se fondre dans les éléments du canon sans incohérence que ce soit sur le plan stylistique, chronologique, sur le plan de la psychologie des personnages telle qu’elle est définie par l’auteur de l’œuvre original… Nous nous disions aussi avec Méloë que les bons pastiches ou les meilleures adaptations sont aussi celles qui essaient de donner un air de « familiarité » au lecteur. Il faut qu’il ai l’impression de retrouver l’univers, l’atmosphère de l’œuvre originale pour que la magie prenne.

      Après… si on fait le choix de s’écarter des fondamentaux du canon pour écrire un roman policier pour lequel l’auteur empruntera les noms des personnages de Conan Doyle (C’est son nom de famille complet… Le prénom c’est Arthur… Pas Conan… Les puristes n’aiment pas trop qu’on se restreignent à Doyle même si je vous l’accorde la tentation de la rapidité est séduisante 😉 ), le résultat peut être plaisant… L’intrigue peut être intéressante… le texte bien écrit… Mais on ne sera pas forcément dans le « jus » du canon. Et dans ce cas, même un ouvrage de qualité honorable ne pourra pas être qualifié pour autant de bon pastiche.

      Là c’est une question de sensibilité… Evidemment… On a le droit d’apprécier moins de conventions… Mais on est pas non plus obligé d’appeler son héros Sherlock Holmes si on s’éloigne de ce qu’il est à la base. Nul n’est obligé d’emprunter le personnage de Holmes à Conan Doyle après tout! Mais si on le fait… il faut le faire avec un minimum de respect et de reconnaissance. Et si on s’éloigne trop du canon… On ne parlera que de « libre adaptation » à partir de l’œuvre originale, mais pas de pastiche. Car là on trompe le lecteur… Et le lecteur… Il se respecte également! 🙂

      Méloë nous propose de bons pastiches régulièrement… La Maison de Soie d’Horrowtiz… L’horreur du west End n’est pas mal du tout même s’il est moins bon… Les abeilles de Monsieur Holmes qui parle de sa probable retraite est respectueux du canon également… J’en ai lu un autre pas mal du tout dont le nom ne me revient pas au moment où j’écris… Et vu l’heure… Je vais plutôt aller me coucher que d’aller retourner ma bibliothèque! 😀

      A bientôt

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      • Ida dit :

        « Duel en Enfer »! Voilà l’autre pastiche que j’avais trouvé correct… Même si sa longueur et sa structure sont assez différentes des usages du canon… Un peu trop modernes pour être dans le jus victorien… 🙂

        Pour compléter ce que je disais… C’est toujours génant dans un pastiche de trouver des éments anachroniques… ou d’autres incompatibles avec le canon… Genre Holmes courreur de femmes (je crois qu’un pastiche le dépeint comme un débauché). Dans l’Horreur du West End, l’auteur attribue un premier mariage à Watson avant sa rencontre avec Mary Morstan, ainsi que je ne sais quelles expéditions en Amérique dont je ne me souviens pas avoir vu la trace dans le canon (bon d’accord je ne l’ai pas lu intégralement et certains textes il y a trèèèès longtemps)… Quel intérêt (en plus ça n’apportait rien à l’histoire)?

        Cela n’empêche pas les livres en question de pouvoir avoir un attrait… Mais présenter un autre regard sur un héros dont le caractère a été développé pendant 40 ans par son créateur c’est quand même particulier.

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        • brett abberline dit :

          un thème très intéressant en tout cas, un problème à trois pipes avec en fond les méditations de Thais au violon….

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          • J’ai quand même une question (je connais déjà l’avis de Méloë là-dessus) : en quoi est-ce gênant que Holmes coure les femmes ou puisse tomber amoureux ? Je suis opposée à l’idée que l’amour puisse mettre à frein à une perception claire et logique des choses. D’ailleurs, un grand nombre de « grands génies » sont des séducteurs invétérés…

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            • Ida dit :

              Hello,

              Dans l’absolu vous avez totalement raison sur le fait qu’être un séducteur n’empêche pas d’être génial… Vous avez même des héros dont c’est le fond de commerce: Arsène Lupin ou James Bond par exemple!… En fait ça ne serait pas gênant que Holmes soit un play boy dans un pastiche… Si Conan Doyle n’avait pas donné de lui une description très éloignée de cela pendant 40 ans! 😉 Tiens… Est-ce qu’on imaginerait un pastiche d’Arsène Lupin en couple avec Grognard ou un James Bond se rendant aux réunions des alcooliques anonymes? Pourquoi pas… Mais il faut bien reconnaître qu’on leur aurait ôté un de leur trait distinctifs majeur par rapport à l’original! 😀

              Comme je le disais plus haut… si on s’éloigne du canon… On n’est plus dans le pastiche mais dals « la libre adaptation ». Quelle radoteuse pointilleuse Mamie Ida! 😀

              Après reste à savoir quel public l’auteur peut viser. S’il vise un public de puristes du canon, ou plus simplement des lecteurs qui veulent se glisser dans une oeuvre ressucitant Holmes comme on se glisserait dans le confort familier de ses vieilles pantoufles… Et bien là l’auteur fait un pastiche et doit rester dans le strict respect du canon et ne rien inventer d’autres qu’une intrigue en respectant la psychologie des personnages principaux et secondaires récurants, les procédés narratifs habituels de l’oeuvres originales, le contexte moral ou culturel de l’époque, la géographie du Londres victorien, les descriptions des lieux déjàs évoqués (à commencer par le 221B)…

              Sinon, il fait une libre adaptation… et s’il appelait son héros autrement que Sherlock Holmes et son comparse autrement que Watson… et bien personne ne se douterait que l’auteur s’inspire de l’oeuvre de Conan Doyle.

              Après comme le disait Brett Aberline… C’est une question de sensibilité. Soit on aime la « canonicité » du pastiche et mesure sa qualité au talent de l’auteur pour rester proche de l’original… Soit on aime un Holmes différent… Ce n’est pas interdit! Nous ne sommes pas contre la liberté d’expression, même si nous sommes toutes sur écoute maintenant! 😀 Mais… Je me réserve la possibilité de réécrire un James Bond accro à la grenadine, et un Lupin gay… Hihihi…

              Anybref… Pour les puristes… Un Holmes différent… Et bien… Ce n’est déjà plus Holmes! 😉

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              • James Bond n’est pas un génie. C’est un espion qui fait très bien son boulot.^^ Holmes, si. Et justement, Conan Doyle nous décrit très peu sa vie privée : plutôt que de penser qu’il n’en a pas, je préfère penser qu’on ne sait pas tout. C’est pour ça que j’aime Irene Adler, même dans le canon : j’aime l’idée que Holmes soit séduit par un esprit aussi brillant que le sien. Mais j’ai déjà beaucoup écrit d’histoires sur cette idée.
                (Quant aux lectrices amoureuses de Holmes qui le voient marié et installé, ça, non. Dans ma conception de la chose, mes personnages finissaient par se séparer car trop instables. Je n’ai toujours pas renoncé à l’idée de m’inspirer de ces idées pour publier un second roman d’ailleurs. Mais je doute fort d’y nommer les personnages sous leur vrai nom, ça serait plutôt un hommage. Je m’égare.)

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                • Ida dit :

                  Bonjour,

                  Textuellement je n’ai pas vraiment dit que James Bond est un génie mais que certains séducteurs peuvent être géniaux avant de le mentionner, ce qui n’est pas tout à fait la même chose… Quant à savoir si James Bond est un authentique génie… Je vous avoue que je ne me prononcerai pas sur la question, même si son auteur le pare de toutes les qualités et de toutes les compétences possibles(parachutiste, skieur hors pair, plongeur de combat, sachant naviguer, piloter avions, hélicoptères, décrypter des messages, connaissant toutes les sortes de combats possibles… Sachant utiliser les derniers équipements top-secret…), ce qui nécessite quand même quelques dons hors de porée du sujet lambda, non? Bon… Le fait est que les personnages qui aventures après aventures se font tirer dessus à la mitraillette pendant deux heures sans que leur smoking ne soit froissé et que leur brushing soit défait et qui seul vient à bout d’armées entières… Je trouve cela carrément grotesque. Mais là nous ergotons… 🙂

                  Revenons en à notre sujet.

                  Vous dites que Conan Doyle décrit peu la vie privée de Holmes… Si on y tient, on peut suivre la logique consistant à dire que ce qui n’est pas mentionné existe peut être quand même… Tant que la dite logique ne peut être réfutée, ça peu marcher.

                  Or peu après vous nous donnez justement l’argument pour réfuter cette logique en nous parleant d’Irène Adler… En effet à l’occasion de sa rencontre avec elle dans « un scandale en Bohème » Watson évoque clairement le peu d’intéret de Holmes pour les femmes pendant tout le temps où ils se sont connus. Une fois que cela est dit… on ne peut pas attendre que Watson nous rappelle à chaque nouvelle que si aucune aventure amoureuse n’est évoquée dans la nouvelle en cours… C’est parce que ça n’est pas son truc.

                  Là encore je reviens sur ce que j’évoquais plus haut sur le nécessaire respect dû au canon par les pastiches aux yeux des puristes. On a le droit de ne pas être puriste… On a le droit de préférer la « libre adaptation » au pastiche fidèle au canon… ce n’est pas un problème. Mais… un(e) puriste ne reconnaîtra comme « bon pastiche » qu’un pastiche fidèle au canon et restant dans le jus de son époque… Ce qui exclu que l’on puisse dans un texte censé être écrit à l’époque victorienne, prêter une vie sexuelle à un homme non marié, même en arguant du droit à imaginer que ce qui n’est pas dit peut avoir tout de même existé.

                  On a le droit d’écrire en dehors de l’esprit du canon si on veut! l’Holmesologie n’est pas une religion avec son comité Inquisitorial réfutant la liberté d’expression! 😀

                  Mais reconnaissons aux puristes attaché(e)s à l’esprit du canon de ne pas apprécier un Holmes qui n’a rien de canonique. C’est tout. 🙂

                  Là je ne sais pas pour vous… Mais j’ai l’impression de radoter en boucle… L’âge sans doute ! 😀

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                  • brett abberline dit :

                    Personnellement, j’ai pu constater que quel que soit le héros, qu’il soit masculin ou féminin, on trouve dans son entourage un amoureux ,un amoureuse voire plusieurs, sans que cela vienne gêner le bon déroulement de l’intrigue, du film , de la nouvelle, du roman…Perso ( je me répète) je trouve que certains auteurs font une exploitation quasi commerciale de la marque sherlock holmes (cf l’édition récente des neuf femmes de Holmes transformé en Barbe Bleue) puisqu’elle est me semble- t- il du domaine publique…je pourrais donner des noms…S’éloigner du canon ou tourner autour avec originalité…telle serait la question?
                    Enfin juste pour alimenter le débat et c’est là autre chose, mais saviez vous que l’homosexualité était un délit..à l’époque victorienne, passible du bagne, Oscar Wilde en a fait les frais…Les mentalités ont bien évolué…

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    • Méloë dit :

      @Brett : Vous savez, moi je ne pense pas que dans la vie il y ait de bon ou de mauvais pastiche… Je crois que la vie c’est avant tout….

      Pardon, je m’égare. Ce qui est sûr c’est qu’il est très compliqué de porter un jugement objectif et universel sur un pastiche (ou tout autre livre d’ailleurs). La lecture est une expérience ni répétable ni reproductible, ainsi chacun appréciera un ouvrage différemment en fonction de ses goûts, de ses connaissances, de sa culture et tout simplement de son état d’esprit au moment de la lecture.

      Quand je présente un livre sur ce blog, j’essaie d’apporter un maximum d’argument pour expliquer mes propos, ce qui m’a poussée à ressentir telle ou telle chose mais ce ne sont jamais que des réactions très personnelles. Et un autre lecteur pourra envisager les choses de façon totalement différente ; c’est d’ailleurs ce qui est intéressant.

      Mais écrire un pastiche est un choix délibéré. Dès lors, il semble raisonnable d’attendre de l’auteur qu’il respecte un certain nombre de caractéristiques de l’oeuvre originale. Un pastiche, c’est un peu comme le Canada Dry ‘Ça ressemble à l’original, c’est doré comme l’original… mais ce n’est pas l’original’ (mais ça doit quand même y faire penser).

      Sur ce, je n’ai pas grand chose à ajouter car les arguments avancés par Ida sont très proches de ceux que j’aurais pu donner. Merci à tous pour votre participation à cet échange. C’est une question vaste et il est très intéressant de découvrir ainsi divers points de vue.

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  5. Ida dit :

    @Bret Aberline : Oui… Les histoires d’amour ça peut même être passionnant! Ou parfaitement s’intégrer dans un roman policier (Mamie Ida et ses fixettes : Allez voir chez Ann Granger, son héroïne a même un béguin!), la question n’est pas là. La question est juste que Conan Doyle n’a pas prêté d’histoire d’amour à Holmes… Qu’il fait dire à Watson qu’il ne lui en a pas connu… ce qui fait que pour un simple problème de cohérence avec le canon, il serait problématique que Watson décrive dans un pastiche une histoire entre Holmes et une autre femme. De fait, le pastiche ne devant pas être anticanonique, une telle histoire ne peut être qualifiée que de libre adaptation, éloignée du canon.

    Quant au sort réservé aux homosexuels par les tribuneaux de Sa Gracieuse Majesté Victoria, il ne m’a en effet pas échappé… Mais Lupin vivait surtout en France, et même si ce n’était pas recommandé pour être bien vu en société, les « invertis » français de l’époque étaient moins facilement inquiétés par la justice. D’ailleurs même en Angleterre, ce qui est arrivé à O.Wilde est même assez exceptionnel. C’est le statut des parents de son amant et le fait que Wilde ait porté plainte pour diffamation contre le père de son amant qui a précipité sa chute… Les lois contre l’homosexualité étaient très exceptionnellement utilisées hors des histoires de prostitutions masculines… ou des détournements de mineurs au sein de la bourgoisie ou de la noblesse.

    Et puis comme Grognard était le domestique de Lupin et qu’il était censé le suivre comme son ombre et partager le même toit quoi qu’il arrive ça pouvait très bien rester caché… Donc pour une réadaptation « sacrilège » de la vie amoureuse de Lupin on pourrait presque se débrouiller facilement si on n’est pas gênée par la perspective de ruiner le mythe du don juan qu’il fut censé être… D’ailleurs certains psys considèrent même le don juanisme comme une homosexualité refoulée… En s’y prenant bien, on pourrait même être crédibles! 😀

    Mais promis… Je ne me lancerai pas dans l’aventure! Pas assez de talen pour ça! 😦

    Bon… Je suis partie en mode délire là… ça fait du bien… Et puis… Je crois en effet que j’ai assez tourné en boucle comme ça avec les mêmes arguments sur cette question tout en reconnaissant le droit à autrui de penser autrement… en faisant bien comprendre qu’on ne me convaincrait pas… Alors, j’en resterai là pour cette question… C’est qu’il faut comenter les autres billets maintenant! 😀

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    • Méloë dit :

      Mouaahaaa, attention Ida ! Dorothée fervente admiratrice de Lupin pourrait ne pas totalement adhérer à ces aventures hypothétiques que vous semblez vouloir prêter à son héros ^^

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  6. Ida dit :

    Arggg! C’est vrai… Je risque gros là! 😀 Cela étant que Dorothée se rassure, ce n’était qu’un exemple pour un raisonnement ab absurdo pour démontrer comment certains dits pastiches ne peuvent pas fonctionner tant ils transforment le héros qu’ils réutilisent à leur sauce! Evidemment, Lupin reste le plus grand gentleman cambrioleur tombeur de ces dames de tous les temps et de l’univers et des dimensions parallèles et perpendiculaires! 😀

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