Elémentaire mon cher… Lock Holmes – Thom Eberhardt – 1988

elementaire mon cher lock holmes

Elementaire mon cher…lock Holmes…

Brillant détective, aucune affaire ne résiste à Sherlock Holmes. sauf qu’il n’existe pas ! Le génial Dr. Watson utilise ce pseudonyme pour garder son anonymat tout en assouvissant sa passion pour les enquêtes policières. Mais la renommée sa création est telle qu’il se voit obligé de donner corps au mythe en employant un acteur pour l’incarner. Problème : ce nouveau Sherlock Holmes est alcoolique, joueur et coureur de jupon…

L’avis du consulting blogger…

Je vous présente aujourd’hui mon troisième film holmésien favori parmi les diverses adaptations que j’ai eu l’occasion de découvrir jusqu’à présent. C’est à l’occasion d’un récent re-visionnage que j’ai eu envie de rédiger ce billet et si vous ne connaissez pas encore ce film, je ne peux que vous encourager à le regarder sans attendre !

Lorsque j’ai regardé ce film pour la première fois, je n’avais aucune idée de ce dont il s’agissait. Je n’avais pas cherché à en lire le synopsis, persuadée d’avoir affaire à un simple pastiche et du coup ne voyant pas bien l’intérêt de m’intéresser à l’intrigue en amont.

Quelle ne fut pas ma surprise donc, lorsque j’ai découvert que dans ce film, Sherlock Holmes n’est qu’un personnage de fiction, créé par le Dr. Watson. Un Dr. Watson brillant mais dépassé par sa création et qui aimerait beaucoup qu’on le reconnaisse à sa juste valeur !

Le Dr. Watson, respectable médecin a inventé le personnage de Sherlock Holmes afin que son passe-temps (la résolution de crimes) ne soit pas associé à son nom. Face au succès de ses récits, il s’est vu forcé de fournir un Sherlock Holmes en chair et en os au yeux du public. Pour cela, il a embauché un comédien raté et minable coureur de jupon.

C’est une idée très intelligente et brillamment exploitée car dès lors, la représentation caricaturale que l’on trouve souvent de Holmes en Inverness, deerstalker et pipe calebasse est expliquée. C’est la panoplie inventée par le Docteur pour son personnage, celle qui permet au lecteur de le reconnaître. Ainsi Holmes n’entre réellement en scène que lorsque Reginald Kincaid (le comédien) revête ce déguisement et ce peu importe où il se trouve : au bord d’un lac ou confortablement installé dans le salon du 221b Baker Street.

Cela donne lieu à des scènes extrêmement drôles dans lesquelles les divers protagonistes (sauf Wiggings et Mrs Hudons qui sont dans le secret) ne finissent par accorder la moindre attention à Watson qu’à partir du moment où Holmes, simple marionnette, débarque, costumé de pied en cap et fait son petit numéro.

Pourtant, ce Holmes-là n’a rien d’admirable. Buveur invétéré et pique assiette, Reginald Kincaid est un goujat fini, insupportable et bon à rien. Il doit être absolument invivable au quotidien mais bizarrement c’est vers lui que va toute ma sympathie, au grand désespoir, je n’en doute pas de Watson. Il est tellement mauvais qu’il en devient attachant, le bougre !

J’en profite pour saluer la performance brillante de Michael Caine, absolument extraordinaire dans le rôle de ce crétin maladroit. Jouer les imbéciles est beaucoup plus compliqué qu’il n’y parait et c’était prendre un gros risque que de ‘maltraiter’ ainsi un personnage aussi connu et apprécié du public. Il s’en sort pourtant brillamment : alors que son personnage en fait des tonnes, lui reste incroyablement sobre et subtil dans son jeu.

J’aime aussi beaucoup Ben Kingsley en Dr. Watson. C’est un personnage à l’esprit vif et plein d’énergie, extrêmement sympathique même si je ne peux m’empêcher de rire à ses dépends tout au long du film. Là encore l’idée était géniale parce qu’elle permet de présenter au public un Watson intelligent qui ne se contente pas de suivre Holmes comme un imbécile qui ne comprend jamais rien. Cette représentation du personnage est paradoxalement presque plus fidèle au Canon que celle que l’ont peut souvent trouver dans des adaptations et pastiches plus ‘classiques’.

Côté humour on est servi et je m’esclaffe à chaque fois avec autant d’enthousiasme. Les gags s’enchaînent sans temps mort et le résultat est extrêmement rythmé. Toutes les possibilités offertes par le registre comique sont exploitées et le résultat tient un peu de la pièce de boulevard, je trouve. En tous cas, personnellement, j’adore !

Si le résultat est totalement loufoque et extrêmement drôle, j’apprécie aussi l’intrigue construite et pleine de surprises… jusqu’à la fin. Oh my god, la fin ! Si j’attends désormais THE révélation avec impatience pour savourer la tête des personnages (et rire aux dépends de Lestrade), je ne l’avais pas du tout vue venir la première fois. C’est la cerise sur le pompon comme dirait l’autre.

L’enquête en elle-même n’est pas très complexe mais elle comporte quelques rebondissements sympathiques et surtout elle n’a pas été délaissée au profit de l’aspect comique du film. Trop souvent quand un réalisateur nous propose une comédie, c’est un enchaînement de bon gags mais question trame scénaristique, il ne reste pas grand chose…

Or là, je trouve que ça tient plutôt la route : on a envie de découvrir le fin mot de l’histoire et les citations et références au Canon sont bien nombreuses. Intégrées au film avec humour et intelligence, elles rendent l’intrigue d’autant plus plaisante à suivre.

Sur le plan esthétique pour finir, la chose a un poil vieilli mais quelques petits détails m’ont tout de même beaucoup plu, comme le travail sur les ombres : je pense à celle de Holmes qui se détache dans la nuit du musée, première vision que l’on a du personnage et celle, plus loin dans le film, de l’enseigne du 221b, reportée sur le mur de l’escalier.

En bref…

 Un film extrêmement drôle et beaucoup plus fin qu’il en a l’air. L’occasion également de s’interroger ce qui définit un personnage de fiction.

Michael Caine : site officiel, Twitter,

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Infos : Elémentaire mon cher… lock Holmes de  Thom Eberhardt. Titre original : Without a Clue. Film britannique sorti le 14 mars 1990 en France.

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10 commentaires sur “Elémentaire mon cher… Lock Holmes – Thom Eberhardt – 1988

  1. Ida dit :

    Oui! Un film désopilant et délirant à souhait servi par de grands acteurs! J’ai adooooré!

    Oui! Que m’arrive-t-il à moi Grande Vestale Gardienne de l’Orthodoxie Canonique??? Suis je gravement malade pour apprécier à ce point un pastiche pareil??? 😀

    Et bien oui! C’est possible! Justement parce que ce film ne se prend pas deux sous au sérieux et se moque un brin en filigrane (ou alors serait ce une pure interprétation perso? Fort possible…) des théories décalées de certains holmesiens!

    Bon visionage à toutes!

    Aimé par 2 people

  2. J’ai adoré ce film quand je l’ai vu aussi. Mais avec deux acteurs de ce calibre, il m’était impossible d’être totalement déçue.

    Aimé par 1 personne

    • Méloë dit :

      Enfin une adaptation qui nous réconcilie 🙂 Mais c’est vrai qu’avec de tels acteurs, difficile de faire autrement !

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      • Ah mais j’aime toutes sortes de choses. O:) En parlant d’adaptations, je n’ai jamais été tentée par Elementary (malgré les deux acteurs principaux)… jusqu’à ce que je tombe par le plus grand des hasards sur Rhys Ifans en Mycroft. Quelqu’un regardait la série et je me trouvais là. Je dois dire que j’ai été assez soufflée par l’aura du personnage. Je pense que je devrais y jeter un œil.

        Aimé par 1 personne

        • Méloë dit :

          Je t’avoue que le Mycroft de Rhys Ifans m’a d’abord profondément agacée mais il a littéralement fini par me bluffer. J’ai mis du temps à apprécier son interprétation du personnage et le rôle qu’on lui avait attribué dans l’histoire mais au final wahoo (même si je ne suis toujours pas convaincue qu’il faille forcément nous ressortir Mycroft à toute les sauces lorsque l’on propose une adaptation des aventures de Sherlock Holmes)

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  3. belette2911 dit :

    J’avais été un peu déboussolée au départ, par ce film, et puis ensuite, j’avais ri, souri, et je l’adore toujours ! Un des rares films holmésiens sur lesquels la plupart se retrouvent car beaucoup l’ont adoré 😉

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    • Méloë dit :

      C’est vrai qu’il est destabilisant au départ parce que les personnages ne sont vraiment pas tels qu’on les attend mais après c’est que du bonheur ! Effectivement, il fait toujours l’unanimité autour de moi, une rareté !

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      • belette2911 dit :

        Je n’imaginais pas qu’il aurait fait l’unanimité, c’est lorsque j’ai eu accès au Net et que je suis tombée sur la SSHF (me suis pas faite mal) que j’ai compris que beaucoup l’appréciait.

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