L’espion de la place rouge – Andrew Lane

Les premières aventures de Sherlock Holmes - tome 3

L’espion de la place rouge…

Dans la brume d’un rude hiver russe, Sherlock doit faire appel à son indéniable sens de la logique pour libérer son frère d’une terrible accusation. Mais on le surveille, sa vie ne tient qu’à un fil…

L’avis du consulting blogger…

J’ai découvert les deux premiers volumes de cette série il y a tout juste deux ans et je me souviens les avoir alors beaucoup aimés. Alors certes, j’avais relevé un certain nombre de défauts mais je trouvais le jeune Sherlock attachant et ses aventures divertissantes.

En tombant sur ce troisième tome à la bibliothèque, j’ai eu envie de retrouver les personnages et si j’ai été encore plus sensible aux défauts de ce volume que les fois précédentes, j’ai tout de même passé un agréable moment et je compte bien lire la suite (en espérant que Flammarion continue de publier les volumes encore inédits en France).

Après deux ans de pause, je dois avouer que je ne gardais qu’un souvenir assez imprécis des précédents volumes mais cela ne m’a pas trop gênée. Alors bien sûr il est régulièrement fait allusion à des événements passés, d’autant plus qu’il existe un certain fil rouge entre toutes ces aventures (comme je l’ai redécouvert au fil de ma lecture) mais je n’ai eu aucun mal à me remettre dans l’ambiance et à retrouver au fin fond de mon mind attic les éléments nécessaires pour ne pas me sentir perdue.

Comme dans les volumes précédents, nous suivons les aventures de Sherlock Holmes, alors qu’il n’a que 14 ans. Il a cependant un peu gagné en maturité, il me semble. En tous cas, il ne s’évanouit plus à tout bout de champ comme une damoiselle en détresse et c’est une excellente nouvelle car ses pertes de connaissance à répétition avaient le don de m’insupporter.

En revanche, force est de constater qu’il est nettement moins dégourdi qu’Enola, alors que les deux jeunes gens ont le même âge. Mais quelle représentation de l’adolescence est la plus crédible des deux ? J’en viens aussi à me demander quelle idée est la plus pertinente : essayer d’imaginer l’adolescence d’un personnage archi-connu, et maintes fois mis en scène, quitte à se retrouver parfois bloqué par tout ce qui a déjà été fait et dit, ou bien créer un personnage que l’on plonge dans un univers existant et donc s’amuser avec les codes de cet univers tout en ayant la liberté de l’emmener où l’on veut, au fil de ses idées…

Pour en revenir à Sherlock, il a toujours pour précepteur un Américain du nom d’Amyus Crowe. Ce dernier, un ancien chasseur de primes, possède d’étonnantes capacités d’observation et de déductions qu’il s’efforce de transmettre au jeune Sherlock. 

Il a aussi une manie bien particulière : capable de remonter le fil des pensées d’une personne située dans la même pièce que lui, il prend alors un certain plaisir à intervenir à propos pour faire une remarque au sujet des conclusions muettes du penseur. Cela vous rappelle-t-il quelqu’un ?

Or autant je me souviens avoir apprécié ce personnage dans les volumes précédents, autant ici son comportement et ses réactions m’ont profondément agacée. Je l’ai trouvé possessif et doté d’un fichu caractère, pour ne pas dire franchement désagréable. J’aimerai aussi beaucoup savoir ce qu’il cache à Sherlock… A tel point que je n’étais pas mécontente de le voir écarté de l’intrigue principale : sa présence avait vraiment fini par me déranger.

En revanche, un point extrêmement sympathique dans ce volume comme dans les précédents, ce sont les déductions très nombreuses qui émaillent le texte : c’est un exercice auquel Crowe soumet régulièrement Sherlock et le résultat est toujours divertissant à lire même si la plupart de ces déductions ne sont pas très poussées.

De même, les allusions au Canon sont toujours très nombreuses et si elles ne sont pas toujours très subtiles, elles ne manquent jamais de me faire sourire dès que je les repère. Ici, il est essentiellement question de violon : dans quelles circonstances Sherlock a acheté le sien mais aussi d’une certaine Wilma Norman-Neruda…

En revanche, ce qui ne m’a vraiment pas convaincue dans ce volume c’est la succession totalement abracadabrantesque de péripéties auxquelles est confronté Sherlock. Il ne peut pas faire le moindre pas dehors sans être suivi, traqué, attaqué. Et pourtant il continue de sortir seul de son plein gré ; pis encore, les adultes chargés de son éducation et de sa protection l’y encouragent. Même dans une ville étrangère, alors qu’il n’a que 14 ans, qu’il a été la cible de plusieurs attaques au cours des derniers jours et qu’ils sont sur place pour démanteler un complot.

Ces gens-là n’ont-ils pas le moindre soupçon de sens commun et n’apprennent-ils rien de leurs erreurs passées ? Vous je ne sais pas, mais moi si l’on m’attaquait systématiquement dès que je mets le nez dehors, j’aurais vite compris la leçon et je ne récidiverait pas trois ou quatre fois !

Alors je sais bien que c’est un roman jeunesse et que le réalisme des situations n’est pas nécessairement la priorité de l’auteur, mais il me semble qu’un juste milieux rendrait les choses beaucoup plus plaisantes à lire pour tout le monde.

En effet, en dehors d’un manque cruel de réalisme, cette succession de péripéties ridicules rend le récit extrêmement répétitif et par la-même régulièrement ennuyeux. Ce point ne m’avait pas tant marquée dans les précédents volumes mais je pense qu’au fil des années et des chroniques, je deviens de plus en plus exigeante avec mes lecture qu’elles qu’elles soient. Et si certains petits défauts attiraient déjà mon attention par le passé, malheureusement je les trouve aujourd’hui carrément rédhibitoires. 

Ceci étant dit, Sherlock reste extrêmement attachant, malgré les quelques décisions assez stupides qu’il prend. C’est un jeune homme sympathique et tout comme lui je veux en savoir plus sur la chambre Paradol et l’étrange Mlle Eglantine…

En bref…

Cette série est clairement orientée pour un très jeune public et j’en vois de plus en plus les défauts. Cela a vraiment été frappant avec ce volume qui n’a pas vraiment trouvé grâce à mes yeux. Je reste malgré tout assez curieuse de découvrir le fin mot de l’histoire…

Les premières aventures de Sherlock Holmes : tome 1, tome 2

Andrew Lane : site officielpage Facebook

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Infos : ‘Les premières aventures de Sherlock Holmes’, tome 3 : L’espion de la place rouge, de Andrew Lane. Titre original : ‘Young Sherlock Holmes’, book 3: Black Ice. Traduction de Marie Hermet. Sorti le 23 juin 2012 chez Flammarion. 313 pages. Edition papier : 13€.
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3 commentaires sur “L’espion de la place rouge – Andrew Lane

  1. belette2911 dit :

    C’est vrai que dans mon souvenir, ça bougeait de tous les côtés, un peu trop, même. Que veux-tu, les ados, ça tombe et ça recommence, ça apprend rien ! mdr. Tiens, on dirait l’être humain normal 😆

    J'aime

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