Le secret de l’éventail – Nancy Springer

Enola Holmes - Le secret de l'éventail

Le secret de l’éventail…

Voilà plus de huit mois que j’ai échappé à la vigilance de mes aînés, Mycroft et Sherlock Holmes. Depuis, j’ai ouvert un cabinet de ‘spécialiste en recherches – toutes disparitions’, à Londres, où je résous des enquêtes.

Or voici qu’en ce jour de mai 1889 je croise une ancienne connaissance en plein désarroi, Lady Cecily Alistair. Juste avant de disparaître, elle me glisse un éventail rose, qui recèle un mystérieux message. Comme je m’efforce d’en percer le secret, je me retrouve bientôt face à un autre détective… mon frère Sherlock.

L’avis du consulting blogger…

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai ouvert ce nouveau volume des aventures d’Enola Holmes, en fin d’année dernière. En effet, si depuis le début je trouve quelques défauts à ces romans, je me suis aussi terriblement attachée à leur héroïne et je me réjouis toujours de la retrouver dans une nouvelle enquête. Bilan, comme toujours j’ai passé un excellent moment en compagnie d’Enola et je compte bien poursuivre ma découverte de la série sans trop tarder.

Ce que j’aime dans cette série de romans, c’est qu’en quelques pages à peine, je suis plongée dans l’histoire, captivée par la vie et les enquêtes de Enola et même si au fil des volumes je trouve un côté un petit peu répétitif à celles-ci, je ne me lasse pas vraiment non plus.

A tel point que tout ce qui peut me faire un peu grincer des dents tant sur le plan du réalisme des événements que sur la fluidité de la narration ne fait finalement pas le poids face au plaisir que me procure la lecture de ces romans.

Dans le cas présent, n’ayant pas regardé la quatrième de couverture avant d’entamer ma lecture, je ne m’attendais pas à retrouver la jeune Lady Alistair dans ce volume. J’ai d’ailleurs été assez déçue par ces ‘retrouvailles’ entre les deux jeunes filles qui m’ont semblé bien invraisemblables.

J’ai trouvé fort improbable que cette jeune fille croise Enola dans un lieu public, la reconnaisse et lui glisse un message préparé par avance alors que leur rencontre est le seul fait du hasard.

Cela m’a titillée pendant quelques pages. J’ai fini par me laisser emporter par le flot de l’enquête mais c’est typiquement le genre de détails un peu agaçants que j’évoquais juste au-dessus.

En revanche, un point qui me faisait tant râler par le passé m’a très agréablement surprise dans ce volume. En effet, si le récit d’Enola est toujours autant truffé de détails historiques sur l’époque victorienne et ses mœurs, j’ai trouvé que c’était ici beaucoup mieux maîtrisé que précédemment.

J’ai en effet trouvé les diverses informations données assez habilement intégrées au contexte et par là même beaucoup plus agréables à découvrir que dans les premiers volumes où j’avais l’impression de subir un vrai cours d’histoire totalement déconnecté de l’action du volume.

Je ne vais pas m’étendre sur l’intrigue car elle est assez simple et il serait difficile d’en parler sans vous spoiler. En revanche, ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant dans ce volume, c’est l’évolution de la relation entre Enola et ses deux frères. Depuis le premier tome, ces derniers cherchent à la retrouver pour la ‘ramener dans le droit chemin’ mais il me semble qu’il y a quelque chose d’un peu différent dans ce volume.

En réalité, Mycroft ne change pas beaucoup. Il est toujours aussi ridicule et détestable qu’avant, du moins tel qu’on le voit sous la plume d’Enola. Cela-dit il faut bien reconnaître que son comportement est tout à fait raisonnable pour son époque et le milieu dans lequel il évolue et ça n’est finalement que la sympathie du lecteur pour Enola qui le rend si agaçant.

En effet, tout comme lui, j’imagine mal la jeune fille pouvoir continuer à mener ce genre de vie jusqu’à la fin de ses jours. Et si elle doit revenir dans le monde, une disparition de plusieurs mois sans chaperon sera difficile à faire accepter… et plus celle-ci se prolonge plus elle devient difficile à cacher.

Sherlock en revanche m’a semblé plus ouvert d’esprit et prompt à évoluer, ce qui le rend aussi sympathique que Mycroft est énervant. Il semble éprouver une certaine affection pour sa jeune sœur qui l’admire beaucoup. Mais une fois de plus, ce n’est qu’à travers les yeux de la jeune fille qu’on le découvre et nul doute que son portrait est tout aussi biaisé que celui de Mycroft…

J’ai également eu l’impression (peut-être infondée) qu’il était plus présent dans ce volume que dans les précédents et qu’une certaine complicité s’instaurait même entre eux au fil des enquêtes qui les mènent à se croiser sans cesse. Après tout, il n’a pas l’air de vraiment chercher à la rattraper et la soumettre au destin des jeunes femmes de son époque et de sa condition. 

Cela étant dit, même s’il admire l’astuce et la débrouillardise de sa sœur, il ne la prend jamais vraiment au sérieux non plus, enfermé dans les clichés de son époque et sa vision personnelle des femmes. Mais une fois de plus, une telle réaction ne me semble pas incongrue.

En fait, si je me suis tant attachée au comportement et aux réactions des deux frères Holmes dans ce volume, c’est qu’à leur instar, je me prends à me faire du souci pour l’avenir d’Enola et je commence à considérer différemment cette escapade que je trouvais jusque là si amusante.

A l’insouciance et l’excitation ressentie à la lecture des premiers volumes, succèdent bon nombre de questions et de considérations que je n’aurais pas nécessairement soupçonnées. Le souci du réalisme une fois de plus me rattrape… Est-ce une bonne chose ?

En bref…

Un tome une fois de plus très divertissant malgré ses petits défauts. Je suis curieuse de savoir comment ces aventures vont se conclure…

Enola Holmes : tome 1, tome 2, tome 3

Nancy Springer : site officiel

Nathan : site officiel, Facebook

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Infos : Les enquêtes d’Enola Holmes, tome 4 : Le secret de l’éventail de Nancy Springer. Titre original : The Case of the Peculiar Pink Fan. Traduction de Anne-Marie Vassallo. Sorti le 4 juin 2009 chez Nathan et le 12 avril 2012 chez Nathan poche. Edition numérique : 10€99 – édition papier 14€90 (grand format), 7€ (poche).

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6 commentaires sur “Le secret de l’éventail – Nancy Springer

  1. Ida dit :

    Juste un petit mot (une fois n’est pas coutume 😉 ) pour dire que… je like les aventures d’Enola!

    Petits défauts… oui. Mais n’oublions pas que c’est de la littérature jeunesse… En le lisant avec nos yeux de jeunes filles de 12 ans, on ne les voit plus!

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    • Méloë dit :

      Au final, j’arrive à ne pas trop prêter attention à ces défauts parce que la série et son héroïne sont très sympathiques par ailleurs mais en même temps, je ne peux m’empêcher de les souligner et j’ai du mal à accepter l’excuse du ‘oui mais c’est pour les enfants’. Mark Twain (je crois) a dit en gros : ‘un livre pour enfant est en fait un livre tellement bien écrit que même les enfants peuvent le lire » et j’aimerai que ce soit un idéal plus souvent suivi.

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      • Ida dit :

        Elle est géniale cette phrase de Twain! Je la garde en tête… D’autant que dans mon cadre professionnel j’ai pu remarquer que le talent pour faire un écrit consiste surtout à rendre compte de façon intelligible et avec des mots simples des notions complexes et que ceux qui savent faire ça sont souvent plus appréciés que ceux qui jargonnent pour se donner de l’importance parfois au risque de ne plus se comprendre entre eux!

        Cela étant… Je vois bien que la syntaxe et le vocabulaire du canon est un peu « daté » pour nos jeunes de 10-12 ans qui n’arrivent pas à le lire alors que je ne me souviens pas qu’il m’ait posé de probléme à mon époque antédiluvienne (mes enfants ont osé me demandé si « à mon époque » la vie était déjà en couleur ou encore en noir et blanc! C’est vous dire!).

        A l’époque de Twain on habituait les enfants à un niveau de langage qu’ils n’ont plus aujourd’hui. Mes parents se voyaient offrir Jules Vernes pour leur dix ans… Et peu nombreux sont les enfants de notre génération capable de le lire au même âge!

        Pour en revenir à Enola… Evidement ce n’est pas très réaliste. Aucune jeune fille de bonne famille n’était en réalité armée pour vivre de façon autonome dans le Londres victorien où les écarts sociaux étaient d’une cruauté sans nom, et où la sécurité d’une jeune fille évoluant seule dans certains quartiers plus que précaire! C’est d’ailleurs pour ça que je pensais aux Fantômettes que nous aimions étant petites… On ne parle pas des parents de Françoise. Elle a quoi? 10-12 ans… et elle vit seule… Sans à avoir à s’inquiéter pour sa subsistance matérielle? Mouais… C’est effectivement un défaut de la littérature jeunesse ce manque de réalisme notamment sur les questions matérielles.

        En même temps c’est un mouvement qui frappe beaucoup le monde de la fiction… Avez-vous connu les début d’Hélène et les Garçons? Je ne suportait pas cette sitcom déjà à l’époque… Bon j’avoue que j’étais déjà un peu trop vieille pour l’apprécier mais au-delà de cette question : Une bande d’étudiants qui n’allait jamais en cours, ne parlaient jamais d’examens, de révisions, et n’avaient jamais à se préoccuper d’argent… Passant leur vie à la cafète, en salle de sport ultra luxe dans une université… Alors que dans ma fac bien réelle, on en était à ne plus avoir assez de chaise dans des TD surpeuplés dans des salles en ruine!

        Et ce n’est qu’un petit exemple. Je suis aussi souvent frappé par la taille et le luxe des logements de certains héros de séries policières! Sans aucun rapport avec le salaire que perçoivent les défenseurs de l’ordre public! Ils doivent tous avoir fait de grooooos héritages et font flics juste pour payer leurs clopes alors…

        Pour en revenir à Enola (Mamie Ida digresse… mais qu’est-ce qu’elle digresse!!! :-D), faut-il voir là en effet la prise en compte du besoin de notre jeunesse à n’avoir qu’une lecture ludique et peu ancrée dans la réalité? Une difficulté à passer des contes de fée au Germinal de Zola?

        A bientôt

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  2. belette2911 dit :

    J’aime aussi !!

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