Le dossier Holmes-Dracula – Fred Saberhagen

Le dossier Holmes-Dracula - Fred Saberhagen

Le dossier Holmes-Dracula…

Il était impossible que leurs chemins ne se croisent pas, mais qui aurait pu prévoir l’étrange relation qui allait se tisser entre eux…

Sherlock Holmes se trouve confronté à deux problèmes apparemment insolubles : d’une part, les activités de maîtres chanteurs qui menacent de lâcher sur Londres des milliers de rats porteurs de la peste et, d’autre part, un étrange tueur qui laisse derrière lui des cadavres entièrement vidés de leur sang.

Dracula détient la clef des deux énigmes. Revenu à Londres pour raisons personnelles, le comte se trouve rapidement pris dans un piège diabolique face auquel même ses pouvoirs surnaturels risquent de se révéler impuissants.

Mais les grands esprits finissent toujours par se rencontrer…

L’avis du consulting blogger…

C’est grâce à Dorothée que j’ai découvert l’existence de ce roman, il y a maintenant presque 2 ans. Je n’en reviens d’ailleurs pas, je pensais que c’était beaucoup plus récent que cela ! Anybref, la demoiselle n’avait pas été plus enthousiasmée que cela par la chose mais de mon côté, c’est un presque coup de coeur. Dans tous les cas, une excellente surprise.

Pourtant, comme avec Marx et Sherlock Holmes, je n’étais pas follement enthousiaste en ouvrant mon volume. Je ne la sentais pas trop cette histoire de confrontation entre Holmes et Dracula. J’avais peur de tomber sur quelque chose bourré de clichés, inintéressant au possible et/ou totalement grotesque comme c’est généralement le cas lorsque l’on essaye d’opposer Holmes aux grands méchants de la culture populaire comme Jack l’éventreur.

Le fait est que mes craintes se sont très rapidement révélées injustifiées puisqu’en quelques pages seulement, j’ai été happée par l’histoire que j’ai pratiquement lue d’une traite. Alors, autant mettre les choses au point tout de suite : le bouquin n’est pas sans défaut et il ne s’agit certainement pas d’un chef d’oeuvre de la littérature. Mais on n’a pas toujours envie de chefs d’œuvres et j’ai vraiment pris mon pied avec ce roman ce qui a suffi à en faire un ultime petit coup de coeur de fin d’année.

Une fois de plus, je n’avais pas lu la quatrième de couverture avant de commencer, et c’est donc avec une grande surprise que j’ai découvert qu’il était question de la peste dans ce roman et que la menace pesant sur Londres n’était pas sans rappeler celle de Pars vite et reviens tard (roman que je n’ai pas du tout aimé, au passage).

Quand on étudie à Marseille et que l’on croise la route de Michel Signoli, la peste de 1720 est un sujet incontournable. Ca devient même presque une obsession, l’enthousiasme du monsieur étant trèèèès communicatif. Ainsi, j’étais ravie de voir ce thème exploité dans ce roman. C’est d’ailleurs d’autant plus amusant que le mystérieux patient amnésique des premières pages est justement passé par Marseille.

Mais trêve de bavardages. Deux récits s’alternent au fil des pages : d’une part, les souvenirs d’un mystérieux amnésique… que le lecteur n’a aucun mal à identifier comme Dracula et d’autre part, les notes, jusqu’alors inédites, du Docteur Watson sur la fameuse affaire du rat géant de Sumatra (évoquée dans SUSS).

J’ai trouvé le récit de Dracula très agréable à suivre même si j’ai été assez surprise par les aspects de la personnalité du personnage qui en ressortent. C’est un personnage raffiné, épris de justice et doté de très hautes valeurs morales, bien loin de l’image de la brute sanguinaire décrite dans le texte de Stoker que l’on découvre ici.

Alors bien sûr, j’ai trouvé le personnage tout à fait charmant mais j’ai aussi été un peu déstabilisée par ce portrait inattendu et cela me fait un peu tiquer avec le recul. Mais sur le moment, j’ai eu envie de me fier à cette version du personnage et d’apprécier ma lecture tout simplement.

Ce que j’ai également trouvé intéressant chez Dracula dans ce roman, c’est que malgré sa ressemblance physique marquée avec Holmes et le fait qu’ils soient tous les deux supérieurement intelligents, les deux ‘hommes’ n’ont finalement pas grand chose en commun. En effet, de son propre aveux, Dracula est incapable de former la moindre déduction.

De plus, c’est un être instinctif, qui obéit à ses passions et ne saurait tenir un raisonnement froid et logique. Cela m’a plu car rien ne m’agace plus que les pseudos alter-ego de Holmes qui fleurissent à tout bout de page dans certains pastiches, pour n’être que de pales copies sans intéret.

Quant au récit de Watson, il m’a également plutôt convaincue. Même si parfois Holmes s’efface tellement que l’on a l’impression que c’est Watson qui mène rellement l’enquête, j’ai trouvé la chose assez crédible. Que ce soit dans la structure du récit ou dans sa tonnalité, à aucun moment je n’ai réellement eu envie de crier à l’imposture.

J’ai également beaucoup aimé les régulières allusions au Canon holmésien : de la bosse formée par un stéthoscope dans un chapeau, à la reprise du dialogue du curieux incident du chien pendant la nuit (SILV), en passant par les évocations nombreuses de ‘L’aventure du pied du diable‘, c’était très agréable de relever toutes ces évocations plus ou moins subtiles. Et lorsque le récit s’achève en justifiant l’existence de ‘L’aventure du vampire du Sussex’, alors la boucle est réellement bouclée.

Quant aux quelques notes ajoutées par Dracula au fil du texte, je les ai trouvé assez judicieusement dosées et apportant un vrai petit plus au récit, apportant précisions sur les faits et indices quant au circonstances de  la pubication du texte au lecteur.

Enfin, j’ai trouvé l’alternance des deux récits vraiment bien maîtrisée : les deux narrateurs prennent leur temps et si le lecteur n’a pas vraiment à se forcer pour établir les connexions entre les deux récits, c’est plutôt un bon point. Je n’avais vraiment pas envie de me prendre la tête avec ce roman, seulement de me laisser emporter par l’histoire et le pari est réussi. Elle permet en outre d’entretenir un certain suspense (surtout dans les derniers chapitres) sans rompre le rythme de l’intrigue ou frustrer le lecteur en le laissant continuellement sur sa faim.

En revanche, s’il y a bien une chose qui ne m’a pas convaincue du tout et que j’ai trouvée totalement inutile, c’est SPOILER : le lien familial unissant Holmes et Dracula. Le premier serait le neveu du second et je n’ai pas bien vu l’intérêt de la chose… Autant il est effectivement intéressant de remarquer la ressemblance physique entre les deux personnages et de le signaler au lecteur, autant l’interprétation qui en est donnée ne m’a pas du tout convaincue. Cela a été pour moi le petit détail de trop qui vient abîmer un travail tout à fait plaisant avant cela. Heureusement, ce détail survient assez tard et n’occupe pas une place trop importante dans le récit.

Pour finir sur une anecdote amusante, le récit occupe très précisément 221 pages dans mon édition (celle en couverture en tête de ce billet).

En bref…

Un roman que j’ai dévoré et qui m’a extrêmement divertie. Alors ça n’est sans doute pas le pastiche du siècle mais il m’a permis de clore l’année 2014 très agréablement.

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Infos : Le dossier Holmes-Dracula de Fred Saberhagen. Titre original : The Holmes-Dracula File. Traduction de François Truchaud. Sorti le 30 septembre 1994 chez Pocket.

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7 commentaires sur “Le dossier Holmes-Dracula – Fred Saberhagen

  1. Ida dit :

    Évidemment je l’ai déjà dit et redit, je ne suis pas très à l’aise avec le mélange des genres… mais Dracula et Holmes sont deux figures emblématiques de l’époque victorienne… alors… pourquoi pas un cross over romanesque? 🙂 on pourrait en imaginer avec Jeckyll et Hide… avec Frankenstein… etc…

    Mais à condition de ne pas trahir les originaux. 😉

    Or… on est visiblement là loin du Dracula original… il est nettement moins romantique et moins séduisant que ce que le cinéma en a fait et ce qu’en ont fait certains pastiches également. Sans parler de tous ces films qui ont exalté l’image du vampire sympa et séduisant… mal à l’aise avec sa nature particulière et torturé par les vestiges de son humanité. Quant au spoiler en effet… il est trop anachronique pour convaincre et frise même le grotesque pour un oeil extérieur à l’éventuel charme de ce roman.

    Cela étant j’imagine que ce peut être distrayant.

    A bientôt

    Aimé par 1 personne

    • Méloë dit :

      C’est divertissant, vite lu (vite oublié ?) et cela m’a suffi pour l’apprécier. Cela-dit, je ne vous le recommanderai pas, au vu de ce que j’ai pu déduire de vos goûts à travers vos précédents commentaires, mais disons qu’il m’a fait passer un bon moment en vacances, à digérer dinde et chocolats au coin du feu. J’aurais peut-être été moins indulgente dans d’autres circonstances.

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  2. Dorothée dit :

    Ce qui t’a dérangé, c’est ce qui m’a agacée au plus haut point… N’en demeure pas moins que je lirais bien les autres « aventures » de Dracula sous la plume de l’auteur!… Tu devrais voir le film Dracula Untold, le portrait du Comte est franchement different (est-il seulement comte dans le film, d’ailleurs ?!? ), et j’aime bien avoir l’opinion de tous les partis avant de juger (parce qu’après tout, avec Stoker, on avait seulement le point de vue de l’équipe Van Helsing, et j’avoue ne pas être fan du docteur… 😉 )

    Aimé par 1 personne

  3. belette2911 dit :

    Mon Dieu, tu viens de me rajeunir d’au moins 20 ans ! 😆 en arrondissant un peu car je suivais les romans édités chez Pocket Terreur dans les 95-96. Tu penses bien que j’avais sauté sur le roman à l’époque (et j’ai lu tous les romans consacrés à Dracula par cet auteur).

    Il y a un second, toujours avec Holmes-Dracula, mais je pense que je l’avais moins aimé. 😉

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    • Méloë dit :

      Déjà que le bouquiniste a hésité à me le vendre, ne me croyant pas majeure… il est certain que j’aurais jamais pu le lire au milieu des années 1990 (à l’époque, j’étais plus Fantômette et Club des Cinq ^^). Sans que ce soit transcendant, j’ai trouvé ça très divertissant à lire pendant les vacances et je pense que je me ferais le reste de la série.

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      • belette2911 dit :

        Bigre, là, tu m’as fait prendre un coup de vieux avec ta phrase  » j’aurais jamais pu le lire au milieu des années 1990 (à l’époque, j’étais plus Fantômette et Club des Cinq »… ok, je vais me suicider à coup de yaourt périmés, moi 😀

        Divertissant, oui, avec le recul, j’aurais sans doute plus de mal si je devais le relire 😀

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