Les trois reines – Anthony Horowitz

Anthony Horowitz - The Three Monarchs

Les trois reines…

Lorsqu’un homme âgé tue un cambrioleur s’étant introduit chez lui, il est évident qu’il s’agit d’un geste de légitime défense…

Ce qui est moins évident, c’est la raison de la présence du cambrioleur chez ce couple, visiblement peu fortuné…

Moins évidente encore, la raison pour laquelle son butin est constitué de trois exemplaires d’une statuette de basse qualité, produite en masse à l’occasion du jubilée de la Reine Victoria, et provenant de diverses maisons du voisinnage…

Voilà de quoi éveiller la curiosité de Sherlock Holmes et du Docteur Watson qui découvriront qu’une fois de plus there is nothing as important as trifles…

L’avis du consulting blogger…

Souvenez-vous, en 2013 j’avais énormément aimé La maison de soie de Anthony Horowitz. Alors en attendant de pouvoir découvrir Moriarty, j’ai craqué pour cette nouvelle, disponible au format numérique. La lecture sur écran n’ayant beau pas être mon fort, le texte est ici tellement court que cela ne m’a pas dérangée. J’ai même passé un excellent moment avec cette aventure apocryphe !

L’histoire se déroule en 1889, dans les premiers temps du mariage entre le Docteur Watson et Miss Mary Morstan. Cette dernière, fine observatrice réalise que son mari s’ennuie de son ami et de leurs aventures. Elle incite donc le bon Docteur à rendre une petite visite à Holmes. Arrivé au 221b Baker Street, il tombe sur l’Inspecteur Athelney Jones, venu présenter au Maître une affaire curieuse qui a été portée à son attention… 

Holmes se lance alors dans une déduction brillante, mais sans aucun rapport avec l’affaire : la position d’un brin de persil sur une motte de beurre ayant commencé de fondre le renseigne sur les agissements de Mrs Hudson… A ce moment là, les lecteurs attentifs du Canon se disent qu’ils ont déjà entendu parler de cette déduction… En effet, nous nous apprétons à découvrir l’untold story évoquée dans L’aventure des six Napoléons

Rien de bien original donc dans ces premières lignes. C’est plus ou moins suivant le même protocole que bon nombre d’affaires du Canon nous sont introduites. Mais quelque part, c’est ce qui fait tout le charme de cette introduction : ce sentiment de familiarité. Le lecteur est face à un motif récurrent et du coup, entre d’autant plus facilement dans l’histoire et l’accepte comme authentique.

Le mystère présenté à la sagacité de Holmes présente également un certain goût de déjà-vu : 3 statuettes sans valeur retrouvées dans le butin d’un cambrioleur qui a pris énormément de risques, y perdant même la vie, pour se les approprier… Cela ne vous rappelle-t-il pas un peu SIXN, justement ? Je vous rassure, le dénouement est lui bien différent !

Holmes se retrouve donc à enquêter sur le secret que recèlent ces statuettes bien anodines en apparence. J’ai trouvé cela intéressant parce que je crois que c’est typiquement le genre d’affaire qui aurait effectivement pu éveiller sa curiosité. Il y a quelque chose d’un peu grotesque dans cet individu apparemment mort pour trois statuettes de pacotille et c’est le genre de situations que l’on retrouve dans le Canon.

Holmes s’intéresse toujours à ce qui sort de l’ordinaire, comme on peut le voir dans REDHYou have heard me remark that the strangest and most unique things are very often connected not with the larger but with the smaller crimes ou BOSC Singularity is almost invariably a clue et ici vous conviendrez que les circonstances sont pour le moins singulières !

Au cours de l’enquête, on voit Holmes s’intéresser à tout un tas de détails anodins et laisser de côté ce qui semble évident, former des déductions qui nous échappent et avoir cette agaçante manie de ne rien vouloir dire avant le dénouement. Même si finalement le lecteur dénoue le fil de l’énigme avant Watson c’est absolument jouissif d’assister à l’enquête de Holmes et une fois de plus on est vraiment très proche du déroulement d’une aventure canonique. Tous les aspects de l’histoire ont soigneusement été travaillés et c’est ce qui rend le résultat si enthousiasmant.

Bon, j’avoue que j’aurais aimé un mystère un peu plus complexe, dont la solution m’échappe jusqu’à la fin, histoire d’être une fois de plus éblouie par le génie de Holmes, mais tout est tellement bien mis en scène et raconté que cela ne m’a finalement pas trop dérangée et j’étais finalement assez contente d’avoir tiré les bonnes déductions de mes observations ^^.

En bref…

Un mini coup de coeur pour ce texte, malgré son mystère un peu facile à dénouer. Anthony Horowitz nous propose une fois de plus un pastiche qui a presque la saveur de l’original !

Sherlock Holmes par Anthony Horowitz : La maison de soie, Moriarty

Anthony Horowitz : site officiel, Twitter

Télécharger la nouvelle sur Amazon

Infos : Le nouveau Sherlock Holmes – les trois reines de Anthony Horowitz. Titre original : The Three Monarchs. Nouvelle intégrée à la fin du roman Moriarty du même auteur ou disponible seule au format numérique depuis le 4 novembre 2014. Edition numérique : 1€54.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

12 commentaires sur “Les trois reines – Anthony Horowitz

  1. Ida dit :

    Bonjour,

    Quand j’ai commencé à lire votre présentation, je n’ai pas pu faire autrement que de penser tout de suite à l’affaire des six Napoléons également. Forcément… ça commence dans les deux cas par des vols de statuettes bon marché sans grand intérêt, ce qui ne peut qu’interpeller sur les motivations du voleur. Je ne me souvenais pas en revanche que l’affaire était une des untold story évoquée dans les six Napoléons. Ce n’est d’ailleurs pas ma préférée… On voit venir la solution de loin…

    Par rapport au manque d’originalité que vous pointez… J’aurai tendance à penser que justement plus le pastiche se veut proche du style du canon, moins il doit paraître original à ceux qui l’ont comme livre de chevet et l’on déjà parcourru dans tous les sens depuis des années 😀 . Allier originalité et respect du canon… voilà qui relève du tour de force, non?

    Bon… en tout cas, j’avais bien aimé la Maison de Soie… Donc si je trouve la version livre… Ou son Moriarty… je les mettrai dans la corbeille du Père Noël.

    Merci pour ce billet!

    J'aime

    • Méloë dit :

      J’ai justement trouvé que la reprise de motifs familiers donnaient un air « d’autheticité » au texte, ce qui était bien agréable. La seule petite chose qui m’a un peu gênée, c’est la facilité avec laquelle j’ai résolu l’affaire. Mais finalement, le tout est tellement bien amené, que cela ne m’a pas emp^chée de grandement apprécier l’ensemble.

      La nouvelle seule est disponible uniquement au format numérique et en anglais, mais Belette et Hélène m’ont informée qu’elle est également présente (en français) à la fin de Moriarty. Une nouvelle raison de craquer !

      J'aime

  2. belette2911 dit :

    Je l’ai lue en français, la nouvelle se trouve à la fin de « Moriarty » et j’ai été bluffée !! 😀

    J'aime

  3. Ida dit :

    Ayet! J’ai acheté Moriarty et la nouvelle des trois reines à la fin…

    Je le passerai à mon père qui a beaucoup aimé la Maison de soie… et a profité des fêtes pour me le rendre tandis que mon frère filait les 3 saisons du Sherlock BBC à son ex-femme… pendant que je la commentais avec ma soeur…

    Bon faut que je vous laisse pour aller superviser la fiche de lecture d’un de mes enfants sur « Wiggins et le Perroquet muet (une adaptation de l’escarboucle bleue je crois)… et voir si l’autre a attaqué le Enola Holmes sur le mystère des pavots blancs… qu’elle filera sans doute a sa cousine…

    Et oui… la passion des locataires du 221b Baker Sreet c’est une affaire de famille de génération en génération par chez nous!!!

    J'aime

  4. Ida dit :

    Hello

    Je n’ai pas encore lu les trois reines mais je viens de finir Moriarty à l’instant. Comme je ne sais pas si vous l’avez lu ou pas (je n’ai pas souvenir que vous ayez publié un billet dessus)… je ne vous en parlerai pas en détail. Je dirais juste que j’ai été un peu déçue. Sans vouloir déflorer le sujet ce n’est pas à proprement parler un pastiche ou apocryphe… car SPOILER Holmes n’est pas très présent… et le rebondissement final est tombé à plat en ce qui me concerne car je l’avais soupçonné à mi-livre en le rejetant car je ne le trouvais pas convainquant du tout voire pas cohérent à bien des égards (le livre lui même et les sources canoniques). On est loin du charme de la maison de soie.

    J’espère me réconcilier avec Horowitz grâce aux trois reines…

    A très vite!

    J'aime

    • Méloë dit :

      Non, je n’ai pas encore lu ‘Moriarty’. Cela ne saurait sans doute tarder, mais j’ai peu de temps à consacrer à mes lectures personnelles en ce moment. Merci, en tous cas, de m’avoir fait part de votre avis. D’autant plus que celui-ci vient tempérer les réactions très enthousiastes que j’ai pu voir jusqu’à présent.

      J'aime

      • Ida dit :

        Hello

        J’attendrai que vous l’ayez lu pour en reparler. Je ne voudrai pas gâcher votre plaisir éventuel à le lire. J’ai été un peu déçue parce que je m’attendais probablement à autre chose en l’ouvrant… Je vous dirai quoi plus tard. Cela dit retrospectivement c’est quand même un bon livre… une atmosphère… une bonne intrigue… Je peux comprendre qu’on puisse l’apprécier. Or donc j’attends votre billet!

        Bon… je vous laisse. Je vais aller piquer le mystère des pavots blancs à ma fille. Enola n’est plus de mon âge… mais j’aime bien quand même. Na!

        Bonne Année pleine de Sherlocks partout!

        J'aime

  5. Ida dit :

    Bon… Je vais certainement passer pour une folle maniaque à idées fixes… je viens de finir les 3 reines et oui… je confirme… pas de surprise… pas d’originalité. .. simplement un très bel exercice de style qui se serait parfaitement intercalé entre deux courtes nouvelles du canon. Merci encore de nous avoir fait découvrir ces textes… car après tout… même si j’ai été un peu déçue par Moriarty, il a contribué à la réussite de mon weekend.

    Bonne fin d’année à toutes (et aux éventuels quelques uns)!

    J'aime

Comment at once if convenient.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s