Le véritable Sherlock Holmes – Gary Lang – 2013

Le véritable Sherlock Holmes

 

Le véritable Sherlock Holmes…

Sherlock Holmes est l’archétype du détective privé. Ce héros atypique, doté d’une mémoire prodigieuse et capable de démêler les mystères les plus improbables, apparaît aujourd’hui comme un véritable précurseur. 

Si Sherlock Holmes est resté dans l’imaginaire collectif, c’est aussi parce que son acharnement à résoudre des énigmes est à l’origine de nombreuses vocations. Le locataire de Baker Street est l’ancêtre d’une flopée de héros populaires qui lui doivent presque tout.

Un phénomène encore accentué par le récent revival du héros au cinéma (Sherlock Holmes de Guy Ritchie) et à la télévision (Sherlock de Mark Gatiss et Steven Moffat).

L’avis du consulting blogger…

Ce documentaire canadien a été diffusé il y a un an, en deuxième partie de soirée sur Arte, juste après La vie privée de Sherlock Holmes. A l’époque, je n’avais pas eu le temps de rédiger une chronique à son sujet. Je l’ai finalement visionné une nouvelle fois pour pouvoir vous en parler. Bilan, je suis beaucoup moins enthousiaste qu’après mon premier visionnage et j’ai globalement été déçue par ce documentaire.

Le véritable Sherlock Holmes (un titre qui n’a strictement rien avoir avec le contenu du documentaire) s’articule en trois parties : d’abord une présentation du Canon et de sa réception à l’époque de sa publication, puis un bilan de l’influence de Holmes sur le monde scientifique actuel et enfin la place de Holmes dans la culture populaire. Je suivrai globalement la même construction dans ma chronique.

La première partie du documentaire est assez intéressante même si elle n’apporte aucune information réellement originale ou inédite. Elle a le mérite de donner les informations principales afin de bien présenter le sujet au spectateur, quelles que soient ses connaissances antérieures.

En outre, dans cette introduction de nombreux extraits d’un entretien filmé avec Arthur Conan Doyle sont utilisés. Ce sont des images précieuses, qui ont énormément de charme je trouve, et qui pour le coup rattrapent le manque d’originalité du commentaire audio.

Dans un second temps, nous découvrons donc comment certains progrès scientifiques ont été directement inspirés par le Canon et la façon dont la méthode holmésienne influence le travail quotidien de scientifiques et enquêteurs actuels. Des criminalistes, un ancien agent des services secrets mais aussi un astronome interviennent pour partager leur expérience. Ils évoquent leur découverte des aventures de Sherlock Holmes et la façon dont on peut les rattacher à leur travail.

Cette seconde partie qui m’avait plutôt enthousiasmée lors de mon premier visionnage, m’a beaucoup moins convaincue la deuxième fois. J’ai trouvé les arguments avancés par la plupart des intervenants bien fades et répétitifs et le lien qu’ils tissent entre leur travail et les aventures de Sherlock Holmes souvent capillotracté…  Un peu comme s’ils s’arrangeaient avec les faits pour les faire coller avec leur théorie…

Il est notamment assez amusant de voir un astronome de la Nasa avoir pour modèle Holmes dont les connaissances en astronomie laissaient pourtant plus qu’à désirer… Cela-dit, force est de reconnaître que la collecte d’indices et leur étude méthodique selon un protocole scientifique, pratique typiquement holmésienne, peut effectivement s’appliquer à tous les domaines scientifiques.

J’ai surtout été dérangée par les propos tenus au sujet des possibilités offertes par l’étude de l’ADN. La personne interrogée s’emballe un peu et son discours est à prendre avec beaucoup de précautions ! Cela m’a d’autant plus refroidie que si je suis capable d’avoir un poil d’esprit critique sur cet infime aspect du documentaire, il n’en est pas nécessairement de même pour le reste. Ma confiance globale dans les propos tenus s’est donc trouvée fortement mise à mal… C’est dommage parce qu’on aimerait se laisser porter par l’enthousiasme débordant des intervenants, mais je crois qu’ici ce dernier les aveugle un peu…

Enfin, ces intervenants sont tous exclusivement anglo-saxons, nationalité du documentaire oblige, et un peu plus de diversité aurait sans doute élargi les points de vue et rendu la chose plus intéressante. On nous répète à longueur de commentaire que Sherlock Holmes est un personnage qui a conquis le monde pour finalement n’avoir un regard que très restreint sur le phénomène, d’un point de vue géographique. Là encore, c’est dommage.

La dernière partie, celle qui s’intéresse au sujet de Sherlock Holmes et à sa place dans la culture populaire est la plus courte et la moins approfondie à mon goût. Elle semble même pratiquement incongrue au vu du thème de la précédente et majeure section du documentaire.

Si Watson y est enfin évoqué, ça n’est que pour parler de la relation homo-érotique qu’il entretiendrait avec Holmes et la façon dont celle-ci serait à la base même du succès des personnages auprès du public. Un peu restrictif à mon sens… D’autant plus que rien de concret ne vient appuyer ce propos et cela va totalement à l’encontre du focus scientifique choisi jusque là.

Je n’ai pas compris ce que cette déclaration venait faire dans le documentaire. Elle est simplement bazardée entre deux clichés sur la toxicomanie prétendue de Holmes (ce dernier ne se drogue que très rarement dans le Canon, et toujours dans des circonstances très précises) comme si les auteurs n’avaient pas bien su conclure leur travail. C’est une succession de lieux communs qui n’ont ni rime ni raison et m’ont laissée assez confuse… Il n’y a vraiment aucune subtilité dans ces dernières minutes et c’est dommage de terminer sur une telle note.

En bref…

Grosse déception pour ce documentaire qui donne un portrait outré de Sherlock Holmes et du monde scientifique.

Infos : Le véritable Sherlock Holmes. Titre original : The Real Sherlock Holmes. Documentaire canadien diffusé le 8 décembre 2013 sur Arte.

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3 commentaires sur “Le véritable Sherlock Holmes – Gary Lang – 2013

  1. belette2911 dit :

    Je me souviens l’avoir vu, j’avais aimé, mais ils auraient pu approfondir, en effet, ou éviter les clichés… Nous, qui savons, ça nous fait soupirer, mais les néophytes ou les dilettantes, eux, ne savent pas et ça m’énerve quand on brosse un faux portrait de Holmes en le résumant à quelques clichés.

    Maintenant, ça fait un an, ma mémoire me fait défaut aussi… 😛

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