Le grand hiatus – Stéphane Betbeder, Darko Perović & Véra Daviet

Dr. Watson - Le grand hiatus

Le grand hiatus…

En 1891, Sherlock Holmes disparaît dans les chutes de Reichenbach, poussé dans le vide par son ennemi juré, le professeur Moriarty. Son corps ne sera jamais retrouvé.

Fidèle collaborateur du détective, le docteur Watson est persuadé que son ami est encore vivant, retenu prisonnier par Moriarty quelque part dans Londres. Il n’a aucune piste, aucune preuve, mais il s’accroche à ce fol espoir, au grand dam de ses proches qui le voient sombrer peu à peu dans un délire paranoïaque…

L’avis du consulting blogger…

Depuis quelques années déjà, Sherlock Holmes est un personnage récurrent chez Soleil Production et si je n’ai pas encore pris le temps d’explorer tous les diptyques déjà publiés, le titre de ce nouvel album a éveillé toute ma curiosité. Bilan, ce premier volume m’a laissé assez confuse mais malgré tout très curieuse de découvrir la suite.

L’album s’ouvre sur la chute de Sherlock Holmes dans les chutes du Reichenbach mais aussitôt après on retrouve Watson en bien mauvaise posture, affaibli, au fond d’un puits rempli d’ossements… Ce type de scène est récurrent tout au long de l’album sans que l’on comprenne bien de quoi il retourne. Flashbacks ? Hallucinations ? Difficile à dire mais ce qui est certain c’est que l’on tourne les pages avec avidité pour tenter d’y voir plus clair et même une fois la dernière page de ce premier volume tournée bien des questions subsistent…

On découvre donc, planche après planche, un Watson rongé par le chagrin depuis la disparition de son ami. Brisé, il se drogue et vit dans le déni complet. Persuadé que Holmes est bien vivant mais retenu prisonnier par Moriarty dans la mesure où son corps n’a pas été retrouvé, il décide de mener l’enquête en suivant les méthodes du Maître. Il utilise ainsi la science de la déduction aussi bien pour soigner ses patients, rappelant ainsi les méthodes du Dr. Bell (cette évocation inattendue a été pour moi un mini coup de cœur au sein de cet album), que pour enquêter sur la disparition de Holmes.

C’est un personnage extrêmement instable et émotionnellement perturbé que l’on découvre ici, ce qui m’a personnellement beaucoup surprise. On est bien loin de l’image d’un personnage raisonnable et reliable que l’on peut avoir tout au long du Canon. Bien loin aussi de l’opinion que Holmes peut avoir de son ami : you are the one fixed point in a changing age. Je trouve que cela ne colle pas vraiment avec l’image du personnage posé que je pouvais avoir. C’est un portrait qui m’a un peu dérangée et surtout ne m’a pas totalement convaincue.

Face à un tel comportement, sa femme et ses amis, impuissants, le voient s’auto-détruire à petit feu, sombrant chaque jour un peu plus loin dans la folie. Le lecteur, quant à lui, ne sait pas bien que penser : faut-il faire confiance à cet homme qui semble ne plus avoir toute sa raison ? Faut-il avoir pitié de lui ? Le surnaturel aurait-il un rôle à jouer là-dedans ? Il semblerait bien… Et là encore, c’est un aspect qui m’a un peu déstabilisée parce que je le trouve tout à fait opposé au caractère de Holmes, à son mode de raisonnement et à l’atmosphère globale du Canon où chaque affaire reçoit une explication rationnelle.

Pour résumer, autant vous dire que la confusion a régné sur mon esprit tout au long de ma lecture. Je me suis sentie un peu perdue sans mes repères habituels, et je pense qu’une relecture s’impose pour poser un nouveau regard sur la chose. Cela-dit, l’album est plutôt bien goupillé car la curiosité du lecteur est vraiment éveillée et j’ai hâte de connaitre la suite, afin que tous les fils soient dénoués, que chaque détail soit éclairé et que ce bon Dr. Watson puisse enfin trouver la paix… d’une façon ou d’une autre.

Enfin, juste un point sur l’aspect esthétique de l’album : j’ai énormément aimé la dominante ocre/sépia de l’ensemble qui donne l’impression d’évoluer dans des souvenirs ou dans l’esprit de Watson : pensées, réalité tout prend la même teinte et on ne sait plus où est la réalité, ce qui correspond assez bien à l’impression globale laissée par le texte.

En bref…

Un premier volume déroutant qui m’ a laissée assez indécise… J’ai hâte de lire la suite pour découvrir la vérité et préciser mon opinion générale sur le diptyque.

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Infos : ‘Dr Watson’, tome 1 : le grand hiatus de Stéphane Betbeder, Darko Perović et Véra Daviet. Sorti le 22 octobre 2014 chez Soleil éditions, dans la collection 1800. 48 pages. Edition numérique : 9€99 – édition papier : 14€50.

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7 commentaires sur “Le grand hiatus – Stéphane Betbeder, Darko Perović & Véra Daviet

  1. belette2911 dit :

    Ils surfent sur la vague Holmes, eux !

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  2. Rouge velours dit :

    Je ne sais pas si je vais la lire car ma PAL va exploser!

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    • Méloë dit :

      Je pense que tu peux faire l’impasse. Je connais le problème de la PAL au bord de l’explosion et à mon avis, tu ne manques pas grand chose à te concentrer sur d’autres titres.

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  3. Dorothée dit :

    j’attends ton avis global… Je ne vois pas Watson s’auto-détruire ainsi, mais chacun sa vision des choses :/

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    • Méloë dit :

      C’est vraiment quelque chose qui m’a dérangée dans cet album. Ca ne correspond pas du tout au caractère du personnage tel que je le vois. J’attends quand même de lire la suite, car maintenant ma curiosité a été éveillée !

      Aimé par 1 personne

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