Sacrifier une reine – Laurie R. King

sacrifier une reine

Sacrifier une reine…

Mary Russell et Sherlock Holmes se croisent un jour de 1915 dans les collines du Sussex. De leur rencontre – celle d’une jeune fille surdouée et solitaire et du génial détective qui a déserté Londres et sa criminalité galopante – naît le tandem le plus improbable d’Europe, et le plus redouté.

D’affaires insolites, en missions plus délicates, effectuées sur prière de la Couronne, le maître et l’élève se mesurent brillamment à des adversaires implacables. Des espions, bien sûr, à la solde de la belliqueuse Allemagne, mais il apparaît vite que le Kaiser n’est pas leur ennemi le plus menaçant…

Holmes et Russell sont contraints de fuir l’Angleterre dans l’espoir de démasquer celui – ou celle – qui, dans l’ombre, a résolu de les tuer.

L’avis du consulting blogger…

J’avais envie de découvrir cette série depuis très longtemps ; le troisième tome attend même dans ma PAL depuis pas loin de 2 ans. C’est finalement grâce à Dorothée que je me suis enfin plongée dans les aventures de Mary Russel avec ce premier volume. Bilan, si je reconnais un certain nombre de qualités à la chose, d’un point de vue global je suis malheureusement plutôt déçue, contrairement à Dorothée qui a publié son avis il y a quelques jours et est plus enthousiaste que moi.

Autant commencer par cela, puisque c’est vraiment le point principal qui m’a empêchée de réellement apprécier ma lecture : je n’ai absolument pas supporté le personnage de Mary Russel. Cette adolescente arrogante m’a semblée désagréable au possible et j’ai eu envie de le remettre à sa place un nombre incalculable de fois. Je n’en pouvais plus de ses réflexions et de son comportement. Mal élevée, effrontée, trop sûre d’elle,… elle représente à peu près tout ce que je peux détester chez un adolescent. Sachant qu’en plus d’être le personnage central de cette histoire, elle en est la narratrice, autant vous dire que la cohabitation ne s’est pas très bien passée…

Je n’ai pas non plus été convaincue par son histoire tragique : le drame de son passé et les cauchemars qui la hantent. J’imagine que c’est censé la rendre plus sympathique au yeux du lecteur ; que cette fragilité est là pour lui donner un côté plus ‘humain’, plus touchant. Pour ma part, j’ai trouvé que c’était de trop et au lieu d’adoucir mes sentiments à son égard, cela n’a fait que renforcer mon agacement.

En outre, je n’ai pas du tout adhéré à l’idée d’un personnage si proche de Holmes sur le plan intellectuel. Je trouve que cela place les deux personnages dans une relation qui ne présente pas grand intérêt. Ce qui est intéressant dans le duo Holmes / Watson, c’est justement le contraste entre leurs deux intelligences et leurs deux caractères. Or là, tout tombe à plat, je trouve.

Watson est par ailleurs un personnage auquel je suis profondément attachée, et le voir ainsi dénigré à longueur de pages m’a profondément exaspérée. Voir cette sale gamine le prendre pour le dernier des crétins et se moquer de son intelligence chapitre après chapitre me donnait des envies de meurtres. J’espère qu’en grandissant elle va gagner en maturité et avoir un comportement un peu plus subtil !

Cela étant dit, je n’ai pas d’avantage aimé son comportement face à Holmes et la façon dont elle s’adresse à lui. Cette morveuse me va littéralement sous les ongles et le duo me semble tout simplement improbable. Je n’arrive pas à croire que Holmes la supporte et entretienne une telle relation avec elle. Par son comportement, elle provoque des réactions chez Holmes que je n’ai pas du tout appréciées. A tel point que bien souvent je n’ai pas vraiment reconnu le personnage… J’ai malheureusement trouvé que face à ce petit génie mal embouché, Holmes apparaissait bien moins admirable et sympathique à mes yeux que dans le Canon.

Bref, entre Mary Russel et moi, ça n’est pas vraiment une grande histoire d’amour… Et c’est dommage parce que l’ouvrage a de nombreux mérites et quelques éléments m’ont beaucoup plu.

L’introduction de Laurie R. King, qui raconte comment elle est entrée en possession de ces documents n’est pas forcément très originale mais après tout, je suis la première à conserver mes archives holmésiennes dans une malle… En revanche, j’ai trouvé très intéressant le fait que Mary Russell ne prenne la plume que des années après les faits, ayant donc un certain recul sur ce qu’elle raconte. Elle manie les ellipses et les retours en arrières de façon assez maîtrisée et si ses commentaires ne sont pas toujours hyper pertinents, il n’empêche que cela donne du peps au récit et incite le lecteur à vouloir connaître la suite.

Un autre point qui m’a plu dans le style de la demoiselle, c’est qu’elle prend bien le temps de nous raconter sa rencontre avec Holmes et les débuts de leur relation avant de passer au récit des enquêtes qu’ils ont résolues ensemble. Si bien que le duo est déjà bien instauré quand le suspense débute et les personnages ont vraiment appris à se connaitre.

Holmes a eu le temps de former Mary Russell et on n’a pas du tout l’impression de quelque chose de précipité, le temps est pris là où c’est nécessaire et ça c’est chouette. C’est le seul point qui rend la chose un tout petit peu plus crédible (même si du coup, je me demande comment Holmes l’a supportée ainsi sur la durée !) à mes yeux.

Pour ce qui est du cadre, c’est très chouette de découvrir la Grande-Bretagne en 1915 et dans les années qui ont suivi. Comme dans Downton Abbey, c’est un monde en pleine mutation que l’on découvre et c’est absolument passionnant même s’il m’a semblé relever quelques petits anachronismes. J’ai aussi eu un petit coup de cœur pour le voyage de notre duo en Palestine, absolument brillamment évoqué. Cela me donne hâte de me plonger dans le volume intitulé O Jerusalem

J’ai aussi trouvé que les déductions étaient franchement pas mal rédigées du tout. C’est pourtant un exercice ardu et bien souvent dans les pastiches soient elles sont totalement absentes, soient elles tombent complètement à plat. Or là je les ai trouvées convaincantes et suffisamment présentes pour qu’elles soient vraiment un élément du récit et la ‘marque de fabrique’ des personnages.

De même, ça n’est qu’un petit détail mais comme a dit le Maître There is nothing so important as trifles et j’ai donc beaucoup aimé les en-têtes de chaque chapitre, issues d’un véritable manuel d’apiculture. C’est le genre de petites choses qui montrent le soin apporté à l’ouvrage, le processus de réflexion qu’il y a derrière et c’est très chouette. Dorothée a d’ailleurs une petite anecdote fort sympathique à vous raconter au sujet de ces citations…

Pour ce qui est de l’intrigue, enfin, j’ai assez aimé la succession de diverses affaires même si le dénouement de la dernière m’a un peu laissée sur ma faim… Puis alors SPOILER : le coup de la descendance féminine de Moriarty dans deux œuvres coup sur coup, ça m’a un peu blasée. Mauvais timing de ma part, je le reconnais mais je ne l’ai pas fait exprès.

En bref…

Je n’ai vraiment pas supporté le personnage de Mary Russell et c’est dommage parce qu’il y a plein d’aspects hyper intéressants dans ce texte mais j’ai eu du mal à passer outre mon agacement pour vraiment l’apprécier à sa juste valeur. Mon seul espoir est qu’elle mûrisse un peu dans les volumes suivants…

Mary Russel : nouvelle

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Infos : ‘Les aventures de Mary Russel et Sherlock Holmes’, tome 1 : Sacrifier une reine / Sherlock Holmes et l’apicultrice de Laurie R. King. Titre original : The Beekeeper’s Apprentice.

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10 commentaires sur “Sacrifier une reine – Laurie R. King

  1. Dorothée dit :

    Tu es beaucoup plus dure que moi ! Mais tu n’as pas tort, elle n’est pas très « aimable », Mary, et son drame perso n’est pas particulièrement intéressant (non, je ne suis pas sans coeur, mais parfois, je me dis qu’il ne faut pas trop en dire sur ses personnages, laissez des zones d’ombres…). Tentée par la suite malgré tout ? perso j’ai trouvé un second volume dans une solderie, et je n’ai pas résisté… Arsène va encore ralé ! 🙂

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    • Méloë dit :

      J’ai vu ça. Bon, en tous cas tu me rassures de ne pas avoir été plus touchée que moi par son histoire.
      Et pour la suite, je me laisserai sans doute tenter parce que malgré tout je suis curieuse de savoir comment le duo va évoluer et puis j’aime beaucoup le travail sur le cadre historique.

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  2. Rouge velours dit :

    Dommage! Ce roman semble super bien! J’hésite à le noter à cause du personnage de Mary!

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    • Méloë dit :

      Peut-être seras-tu beaucoup plus indulgente que moi face à son caractère ? As-tu la possibilité d’emprunter ce livre en bibliothèque ? Cela pourrait être une bonne façon de te faire une idée.

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  3. Rouge velours dit :

    J’aurais bien voulu l’emprunter à la bibliothèque mais ils ne l’ont pas encore acheté. Dommage!

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  4. belette2911 dit :

    Publié avant sous « Sherlock Holmes et l’apicultrice »… je l’ai donc deux fois dans ma biblio 😀

    On ne peut pas dire que je n’ai pas aimé le livre, mais je trouvais incohérent l’énorme différence d’âge entre Holmes et elle ! Vu la différence, en faire son élève aurait été plus juste.

    Le côté chiant de Mary ne m’a pas trop ennuyé. Ni le fait qu’elle soit bonne niveau intellectuel, si elle avait été comme Watson, on aurait eu une resucée. 😆

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  5. Ida dit :

    Hello!

    Bon… Et bien on évitera d’offrir ce livre là à nos filles adolescentes à Noël pour éviter de les pousser à s’identifier trop à ce personnage de petite péronelle qui a bien de la chance que la fessée soit interdite (et oui… même dans les écoles privées anglaises les châtiments corporels ont été abolis vers… 1985!!!)! Et on lui préfèrera Enola Holmes qui est beaucoup plus sympathique!

    Bon… D’accord… je ne sui pas certaine que ces deux personnages/livres s’adressent nécessairement à la même tranche d’âge de lectorat… Enola plaira aux plus jeunes alors que Mary me semble être susceptible de plaire aux plus grandes. Me goure-je? 😀

    Je suis assez d’accord en vous lisant avec le fait que ce nouveau duo sherlockien ne soit pas des plus heureux. Sherock Holmes n’a pas besoin d’un alter ego en jupon qui aurait hérité de tous ses travers humains en les multipliant par 10 (il est un peu arrogant certes, mais c’est assez supportable quand on lit le canon)! Il se suffit à lui-même et la seule façon d’exister à côté de lui c’est justement en position de « faire valoir » de qualité ce que fut parfaitement Watson.

    Le côté maître-élève n’aurait réellement pu fonctionner que si le personnage de Mary était dans une attitude laissant supposer qu’elle soiuhaite se laisser enseigner quelque chose… Le côté « séduction » sous couvert d’intérêt intellectuel n’aurait pu fonctionner que si elle n’avait pas été aussi jeune… Donc… En effet on voit mal sur quel ressort cette relation peut fonctionner suffisemment pour que Holmes ne la fiche pas à la porte avec un coup de pieds au derrière! 😀

    Franchement merci de votre billet et de ces commentaires qui m’incitent à ne pas perdre mon temps avec ce livre là!

    A bientôt

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    • Méloë dit :

      Bonjour,

      Pour répondre à plusieurs points de votre commentaire, très développé comme toujours :

      Je pense en effet que les aventures de Mary Russell s’adressent à des lecteurs un peu plus âgés que la série Enola Holmes, vraiment destinée au jeune public (bien que l’on puisse l’apprécier à tous les âges, à mon avis !).

      Quant aux jeunes filles d’aujourd’hui, je pense que certaines trouveraient cette jeune Mary Russel encore bien trop sage et bien élevée à leur goût… mais là n’est pas le sujet.

      Vous avez bien souligné les points qui m’ont déplu chez le personnage et dans sa relation avec Holmes. Avec le recul, mon opinion n’a pas changé à ce sujet. En revanche, elle n’est pas nécessairement recommendable pour autant ! Ca n’est qu’un avis personnel, fort différent de ceux publiés par d’autres lecteurs un ouvrage que je n’ai pas particulièrement apprécié, pourrait au contraire vous plaire.

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