Sur les traces de Sherlock Holmes à Londres…

Chers Irréguliers,

Je ne sais pas si les touristes étrangers ont ce sentiment en débarquant à Paris, mais quand je suis sortie de Saint Pancras après un voyage en train de 7h, j’ai eu l’impression de pénétrer dans un décor de cinéma : les bus et les cabines téléphoniques sont rouges (même si ces dernières se font de plus en plus rares à l’heure ou pratiquement tout le monde est équipé d’un téléphone portable), les taxis sont noirs (ou pas. On croise désormais des ‘black cabs’ de toutes les couleurs, résultat de la fantaisie de leur propriétaire ou des campagnes publicitaires dont ils sont le support) et il suffit de faire quelque pas pour croiser des hommes d’affaire en costume trois pièces et parapluie au poignet.

Londres, c’est tous ces clichés que l’on peut avoir à son sujet… et bien plus que cela. C’est une ville bouillonnante d’énergie où les boutiques de sari sont voisines des plus distingués Gentlemen’s clubs, où l’on croise sur le même trottoir hommes d’affaires coincés et punks hauts en couleur, où les bâtiments historiques en brique côtoient les plus modernes des tours de verre.

Cet éclectisme est absolument fascinant et donne l’impression d’évoluer dans le décor de nos séries préférées ou bien d’effectuer une visite en TARDIS, dont le concept prend tout son sens dans une telle ville. A tel point, que plus d’une fois je me suis surprise guetter le Docteur, à surveiller les chauffeurs de taxi et à épier leurs passagers dans l’espoir d’apercevoir Sherlock et John.

Londres est une ville où il y a tant à voir que l’on a vite le tournis. Une sélection des lieux à découvrir s’impose donc, surtout lorsque l’on dispose d’un temps très limité; comme cela était mon cas. Mais il faut aussi prendre le temps de flâner, de se perdre, de revenir sur ses pas sans empressement. C’est une ville qui ne se dévoile réellement que lorsqu’on la parcourt à pied, le nez en l’air et sans but réel.

Je vous propose donc de retracer avec moi quelques unes des étapes marquantes des mes dernières pérégrinations. L’idée maîtresse derrière l’exposition dont je vous parlais en début de semaine était de mettre en évidence la relation étroite qu’il existe entre Sherlock Holmes et la ville de Londres.

J’ai pour ma part toujours rêvé d’aller à la découverte de la ville avec le Canon pour guide touristique, histoire de marcher dans les traces de Holmes et de découvrir ce qu’il reste aujourd’hui des décors décrits par Watson. Une telle entreprise demande du temps et de la préparation, ce sera donc pour un prochain séjour.

Mais qu’à cela ne tienne, c’est tout de même l’ombre de Holmes qui a guidé une partie de mon exploration de la ville et j’ai eu envie de partager ce petit itinéraire avec vous. J’aurais aimé avoir le temps de découvrir beaucoup d’autres lieux et un voyage plus long est en projet mais en attendant…

photo ©consulting blogger

photo ©consulting blogger

A peine sortie de la gare, direction North Gower Street, toute proche. C’est dans cette petite rue qui n’a pas grand chose de remarquable, au numéro 187 que l’on trouve le café Speedy’s et la façade du 221b telle qu’elle apparaît dans la série Sherlock. J’avoue que c’est vraiment la localisation de la rue, sur mon chemin, qui m’a poussée à m’y arrêter. Un poil de curiosité, aussi, mais je n’attendais pas grand chose de cette adresse et je n’aurais certainement pas fait de détour exagéré pour la visiter.

Les fans de la série étaient absents quand je suis passée (ce qui a sans doute contribué à mon appréciation du lieu) et j’ai finalement été extrêmement touchée par cette rue calme et sans prétention et je n’ai eu aucun mal à imaginer Sherlock et John habiter à l’étage de cet immeuble. D’ailleurs, ils ne devaient pas être bien loin car comme dans la série, le marteau de la porte était de travers…

plaque Montague Street

photo ©consulting blogger

Après cette première étape, direction Montague Street, just round the corner from the British Museum. Pour le coup, c’était un sacré détour par rapport à ma direction générale, mais je tenais absolument à le faire afin de découvrir les premiers appartements londoniens du jeune Sherlock Holmes, tels qu’il les évoque dans Le rituel des Musgrave.

Je ne sais pas bien pourquoi cette adresse a autant d’importance pour moi ? Peut-être parce qu’elle est moins connue que celle de Baker Street… Peut-être aussi parce que je me sens plus proche d’un Holmes âgé d’une vingtaine d’années que plus mûr…

Toujours est-il qu’il me fallait absolument aller vérifier par moi-même si je pouvais retrouver cet appartement sur la base des maigres informations fournies par le Canon. Avant d’arriver sur place, en longeant la façade arrière du Musée, j’avais très peur de découvrir le bâtiment rasé ou bien irrémédiablement transformé, méconnaissable. Finalement, il n’en est rien. La façade, une fois de plus très simple n’a sans doute pas beaucoup changé depuis que Holmes a quitté les lieux...

En tous cas, je n’ai eu aucun mal à imaginer la silhouette du jeune homme jouant du violon ou bien penché sur l’une ou l’autre de ses expériences derrière ces hautes fenêtres…

photo ©consulting blogger

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Après cet assez long détour, qui m’a tout de même permis de passer devant un Gentlemen’s Club extrêmement chic avec son portier en livrée et ses visiteurs très bien habillés (mais qui à ma grande déception ne s’appelait pas Diogenes’…) je suis revenue sur mes pas pour rejoindre enfin la mythique Baker Street, dernière étape holmésienne de mon après-midi. Je suis extrêmement impatiente de découvrir les lieux, d’autant plus que j’ai récemment découvert être passée tout près sans le soupçonner lors de ma dernière visite de la ville, quelques 13 ans plus tôt.

Je longe Regents Park, et quelques mètres plus loin tombe nez à nez avec le Maître. Enfin, sa statue. Pas de doute, je suis dans la bonne direction et au vu de la patine différente sur les chaussures et le reste de la statue, je n’ose imaginer le nombre incalculable de mains ayant effleuré le bronze au fil des ans ! Le dispositif pour smartphones que je présentais il y a quelques jours était bien en place, mais je n’ai pas pu le tester. Dommage.

Statue Sherlock Holmes

photo ©consulting blogger

Plus que quelques pas et il est enfin temps de tourner dans Baker Street…

photo ©consulting blogger

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Je ne vais pas forcément me faire des amis mais pour être franche, ce fut une énorme déception pour moi (pas taper). Holmes est partout, son image réutilisée sous tous les prétextes commerciaux possibles et imaginables. Des hordes de touristes patientent bruyamment devant le musée. J’ai l’impression de pénétrer dans un parc d’attraction, un paradis artificiel pour touristes. Holmes est ici tellement partout qu’il perd toute existence. J’ai trouvé les lieux grotesques et artificiels.

A mes yeux, Holmes n’a tout simplement pas pu vivre ici… et pour cause, cette portion de la rue n’existait pas à l’époque et les numéros s’arrêtaient au 85… Je n’entre même pas visiter le musée mais je fais tout de même un petit tour à la boutique histoire de jouer les touristes et de ramener quelques souvenirs (parce que je reste malgré tout un mouton de la société de consommation).

photo ©consulting blogger

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Les pérégrinations holmésiennes arrivées à leur terme pour la journée, je me promène encore un peu et file prendre le train : je suis hébergée chez ma marraine qui habite en zone 3 ; le trajet est long et je ne veux pas arriver trop tard. La soirée se déroule en en famille devant d’excellents plats indiens et les discussions vont bon train.

Le lendemain matin, j’ai rendez-vous à 10h30 au Museum of London, alors je pars assez tôt pour avoir le temps d’explorer les alentours et notamment le Saint Bartholomew’s HospitalJe me perds un peu en chemin et finalement j’aborde les lieux par une entrée en verre ultra-moderne. Bien difficile d’imaginer la première rencontre en Holmes et Watson comme s’étant tenue à cette endroit…

Je suis un peu tristounette sur le moment mais tout à coup une réplique de John dans A Study in Pink me revient en mémoire et elle prend alors tout son sens pour moi. John ne croit pas si bien dire lorsqu’en entrant dans le laboratoire où travaille Sherlock il s’exclame A bit different from my day Je ne sais pas si les scénaristes avaient cela en tête lorsqu’ils ont imaginé cette réplique mais en tous cas, je me plais à le croire.

Bien décidée à trouver une trace des bâtiments historiques, et comme j’ai encore pas mal de temps devant moi, je décide alors de pénétrer dans la cour du complexe à la recherche du passé. Je découvre ainsi une jolie cour carrée bordée de bâtiments du XVIIIème siècle et menant à une chapelle ancienne. Cela ressemble beaucoup plus à ce que j’étais venue chercher !

Poursuivant mon exploration, je ressors par un autre passage et tombe sur la funeste façade de The Reichenbach Fall. La cabine téléphonique a été nettoyée de tous les souvenirs par les fans, en revanche on peut encore lire les messages qu’ils ont laissé dans la poussière des vitres du rez-de chaussée, visiblement désaffecté. Le quartier est en travaux lors de ma visite, mais cela ne m’empêche pas de prendre une dernière photo sous le regard amusé des ouvriers. J’imagine qu’ils ont du en voir passer des illuminés de mon genre depuis quelques années !

photo ©consulting blogger

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La visite s’achève donc pour moi avec la découverte en avant-première de l’exposition et une joyeuse galopade pour aller prendre mon train. Je me suis légèrement laissée distraire par l’expo et en ressors une heure plus tard que prévu…

Je rentre ravie de ces deux journées intenses, même si certains lieux m’ont laissée une impression douce-amère et même s’il existe encore tant de lieux holmésiens que j’aurais aimé avoir le temps de découvrir, comme le pub The Sherlock Holmes, situé sur les bords de la Tamise et abritant quelques vestiges de l’exposition de 1951. Une prochaine fois !

Avant de refermer ce billet, je vous propose un petit concours pour tenter gagner ce petit guide vous proposant d’explorer Londres à la suite de Sherlock Holmes. Pour participer, il suffit de laisser un commentaire sous cet article avant le 31 octobre. Et pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, un autre concours vous attend sur Facebook.

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13 commentaires sur “Sur les traces de Sherlock Holmes à Londres…

  1. Rouge velours dit :

    Quelle belle visite! Tu donnes envie de te suivre!

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  2. les photos sont superbes, digne d’un reportage journalistique «  » de bonne qualité «  » » évidemment !!!! 😉 merci pour ceux qui comme moi, n’auront probablement jamais l’occasion d’y aller !!! 😀

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    • Méloë dit :

      Tu sais les photos ont été prises de mon téléphone et j’ai parfois du recommencer un bon nombre de fois pour qu’elles sortent présentables. Mais je suis ravie si mon petit reportage t’a plu !

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  3. Bernard Laurence dit :

    Je partage ton sentiment sur le 221B Bakers street. Trop artificiel, trop touristique. L’été prochain je dois me refaire un virée Londonienne, je vais hélas loupé l’expo Sherlock Holmes! Mais j’essaierais de faire ton parcours. 😉

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    • Méloë dit :

      Bon, cela me rassure de voir que je n’ai pas été la seule déçue par le 221b. C’est dommage pour l’exposition, à quelques mois près. Bonne future visite tout de même !

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  4. pika dit :

    Ça donne des idées !

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  5. Vraiement intéressant ce résumé.Je n’aurai pas la chance d’y aller en personne mais en pensée.
    Merci

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  6. carolivre dit :

    Très chouette cet article! ça donne envie de suivre les traces de Sherlock! Belle idée 🙂

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  7. Dorothée dit :

    Il faudrait cent ans pour voir tout ce qu’il y a à voir à Londres (ce nest pas de moi, je ne sais plus de qui c’est!), sympathique visite en tout cas!

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