Sherlock Holmes, The Man Who Never Lived and Will Never Die – Museum of London

Expo Sherlock Holmes Londres

Sherlock Holmes, The Man Who Never Lived and Will Never Die…

Depuis 1951, aucune exposition digne de ce nom n’avait été consacrée à Sherlock Holmes au Royaume-Uni. C’était sans compter sur l’initiative du Museum of London qui propose jusqu’au 12 avril 2015 une grande exposition consacrée au consulting detective et à la ville de Londres.

L’avis du consulting blogger…

J’étais excitée comme une puce à l’idée de découvrir cette exposition en avant-première. Elle me faisait rêver depuis son annonce, il y a un peu plus d’un an et j’ai été totalement émerveillée par les pièces exposées. Je suis restée 2h30 sur place et je crois que si l’on m’avait laissée faire, j’y serais encore.

Mur Museum of London expo Sherlock Holmes

photo ©consulting blogger

La visite débute dès l’extérieur du musée, dont l’enceinte a été redécorée pour l’occasion au moyen de mystérieuses figures… Leur signification est donnée sur la face interne du même mur, recouverte du texte de ‘L’aventure des hommes dansants’.

L’exposition à proprement parler se cache au niveau -2 du Musée, derrière une imposante bibliothèque dissimulant entre ses rayonnages une porte dérobée (saurez-vous la repérer ?). J’ai énormément aimé cette idée : cela évoque tout à la fois le côté littéraire et mystérieux de ce que l’on s’apprête à découvrir et une fois cette porte dérobée passée, on est coupés du reste de l’espace du Musée, dans un petit cocon chaleureux consacré au Maître et à la ville de Londres.

photo ©AboutLondon

photo ©AboutLondon

La première salle est consacrée au 1001 visages de Holmes : sur un mur nous découvrons quelques affiches de théâtre et de cinéma (dont une en français !) et sur l’autre des écrans diffusent en alternance le visage de tous ceux qui ont interprété Holmes à la télévision ou au cinéma, jusqu’à Jonny Lee Miller.

Arrive en suite une salle consacrée à la naissance littéraire de Holmes. C’est la salle que j’ai préféré, je pense, et j’y ai passé la plus grande partie de ma visite. C’est également une des salles ayant le plus retenu l’attention des journalistes et il fallait parfois attendre que ces derniers aient terminé leurs prises de vues pour pouvoir accéder aux vitrines. Alors, qu’a-t-elle de si extraordinaire, cette salle ? Elle recèle tout simplement quelques manuscrits et éditions originales absolument merveilleux.

Cela commence par le manuscrit de Double assassinat dans la rue Morgue, d’Edgar Allan Poe. L’encre a énormément pâli et les pattes de mouches de M. Poe étaient malheureusement bien peu lisibles jeudi dernier mais c’était quand même incroyable de savoir ce document existe encore.

photo ©Museum of london

photo ©Museum of london

J’ai été énormément touchée par le contenu de la vitrine suivante : un étui à cigarette offert par Conan Doyle à Sydney Paget à l’occasion de son mariage et gravé de l’inscription suivante : From Sherlock Holmes, 1893 et le manuscrit de ‘L’aventure de la maison vide’, ouvert sur un passage célèbre… Pour le coup, le texte n’avait pas bougé d’un poil et j’ai trouvé cela extrêmement émouvant de pouvoir sans peine lire ces lignes connues, directement écrites de la main de l’auteur, avec ses ratures et ses ajouts. Je suis revenue un nombre incalculable de fois devant cette vitrine, ne me lassant pas des trésors qu’elle abritait.

Plusieurs manuscrits sont ainsi exposés au fil des salles et j’ai vraiment ressenti la même émotion à chaque fois. Qu’on lise dans un livre de poche ou sur une liseuse, le texte est toujours le même. Tout comme ici, pourrait-on dire. Sauf que non en fait. Ici il y a les spécificités de l’écriture de l’auteur, la fantaisie avec laquelle il formait certaines lettres, la teinte de l’encre et le grain du papier qu’il a utilisés, les endroits où il a hésité, corrigé, recommencé. Il y a le fait aussi que plus de 100 ans après leur rédaction ces pages originales soient parvenues jusqu’à nous, parfaitement préservées et c’est irremplaçable.

photo ©Museum of London

photo ©Museum of London

Dans cette deuxième salle, nous découvrons aussi deux vitrines consacrées à Une étude en rouge : dans l’une ce sont les notes préparatoires et prémices du texte que nous découvrons, et dans la seconde deux exemplaires originaux du Beeton’s Christmas Annual (il fallait bien tout le talent de Holmes pour découvrir l’infime différence entre les deux impressions présentées) et une édition originale du texte en volume.

Enfin, après un grand portrait de Sir Arthur Conan Doyle prêté par le musée de Lucens, un pan de mur accueille quelques dessins originaux de Sidney Paget. Là encore, c’est l’émerveillement. Je me souviens avoir mis quelques années à apprécier ces illustrations. Plus jeune, je n’aimais pas trop la tête que Paget avait prêtée à Holmes. Avec le temps, je me suis vraiment familiarisée avec ces dessins et je les aime énormément aujourd’hui. Alors pouvoir découvrir quelques un des originaux avait une fois de plus quelque chose de magique.

Bref, cette deuxième salle aux dimensions pourtant réduites regorge de trésors et mérite vraiment que l’on s’y attarde. Pas trop tout de même, car ce n’est que le début de la visite et il reste encore énormément de choses à découvrir !

photo ©Museum of London

photo ©Museum of London

Il est temps maintenant d’explorer toute la partie de l’exposition consacrée à la ville de Londres telle qu’elle existait à l’époque du Maître et telle qu’elle est décrite dans ses aventures. Le lien est toujours fait entre ces deux aspects et c’est très intéressant car comme l’explique un panneau Sherlock Holmes’ London is both real and imaginary.

C’est alors une profusion de tableaux, de cartes postales, de photographies et de plans de la ville nous permettant d’imaginer Londres telle qu’elle était lorsque Holmes la parcourait en tous sens. Sur cette partie de l’exposition, j’ai pu bénéficier des explications avisées d’Alex Werner, le conservateur en chef du Musée. Ses commentaires étaient très intéressants parce qu’il apportait des informations nouvelles par rapport à ce qui était noté sur les étiquettes accompagnant chaque oeuvre.

Je retiens tout particulièrement une photographie anonyme de Baker Street prise en 1900 (malheureusement, je n’en ai pas de copie à vous présenter. Il faudra vous contenter du Strand). Il s’agirait de la plus ancienne photographie connue de la rue. Cette dernière n’ayant rien de remarquable, outre son fameux locataire, elle a rarement été choisie pour modèle par les peintres et photographes et les documents d’époque à son sujet sont donc rares.

Sherlock 19

photo ©Museum of London

J’ai aussi beaucoup aimé les petits films en accéléré des trajets suivis par Holmes et Watson dans trois aventures et tournés dans la Londres d’aujourd’hui. Ces mêmes trajets sont matérialisés par des fils de couleurs sur des plans de la ville et ces deux supports se complètent bien, invitant le visiteur à suivre lui-même ces itinéraires pour découvrir la ville d’une façon un peu originale.

Cette partie est vraiment extrêmement riche et l’oeil du visiteur est attiré partout à la fois. Certains tableaux sont absolument magnifiques, comme  Pont de Londres, de Claude Monnet ou Piccadilly Circus at Night de Ernest Dudley Heath. Les responsables de l’exposition ont vraiment réussi à faire le lien entre l’essence même du Musée (présenter l’histoire de Londres à travers les âges) et le thème spécifique de l’exposition. Il y une véritable cohérence entre toutes les pièces exposées malgré leur grande diversité  et c’est brillant.

Par moments, une mélodie au violon s’élève dans les couloirs de l’exposition et l’on imagine sans peine Holmes nous attendant juste de l’autre côté du mur. Et pour cause, nous voici maintenant face à la porte d’entrée du 221b Baker Street. Il n’y a plus qu’à entrer…

photo ©Reuters

photo ©Reuters

La porte est placée de façon à ce que l’illusion soit parfaite ; a tel point que j’ai surpris des bribes d’une conversation téléphonique qui m’ont plutôt amusée : un journaliste ayant perdu son collègue dans le dédale des pièces l’appelle et pour indiquer sa position dit le plus naturellement du monde I’m walking into 221b. Comme ça, sans plus de précision, parce que c’est l’évidence. A entendre cette remarque, je me suis dit que Sherlock Holmes était bel et bien vivant et que les responsables de l’exposition avait plutôt pas mal réussi leur boulot !

On découvre alors, sous un éclairage tamisé, tout un assemblage d’objets très éclectique, non sans rappeler les connaissances de Holmes, affichées au mur. Du manteau porté par Benedict Cumberbatch dans Sherlock aux appareils de communication du siècle dernier en passant par un buste de phrénologie, des albums de coupures de presse, un nécessaire de maquillage de théâtre, une collection de pipes accompagnées de leur babouche persane, un nécessaire de chimie etc, tous les aspects de la vie du détective et de ses talents sont évoqués et plusieurs passages sont nécessaires pour être bien certain de n’avoir rien manqué.

photo ©Museum of London

photo ©Museum of London

J’ai particulièrement aimé l’exemplaire du Signe des 4 en sténo : un langage codé au moins aussi déroutant que celui des hommes dansants pour le lecteur non averti ! J’ai trouvé cette pièce publiée en en 1898 extrêmement originale et je suis bien curieuse de savoir combien de personne sont encore capable de lire ce texte… On retrouve également Le signe des 4 au moyen d’un extrait du manuscrit de l’ouvrage : le début du premier chapitre ; une lecture une fois de plus incroyablement émouvante pour moi.

En complément, des écrans placés un peu partout dans la pièce diffusent en continu de courts extraits de diverses adaptations des aventures du détective consultant. La récente série de la BBC y occupe une place prépondérante. On la retrouve également dans un morceau de décor exposé dans la pièce : le ‘wall of rats’ de Sherlock dans The Empty Hearse. C’était très chouette de découvrir ainsi les coulisses de la série en quelque sorte mais j’aurais aimé que la même attention soit apportée à d’autres adaptations aussi.

photo ©Museum of London

photo ©Museum of London

Toutes les époques se côtoient dans cette dernière salle, renforçant l’idée que Sherlock Holmes est immortel et c’est une excellente idée. En revanche, j’ai un peu regretté la mise en scène trop sage de l’ensemble : tout est disposé dans de hautes vitrines disposées les unes à côté des autres. Après avoir franchi le passage dérobé de la bibliothèque et la porte du 221b, je m’attendais à quelque chose de plus théâtral, quelque chose qui rappelle d’avantage la disposition des appartements de Holmes et Watson. J’aurais aimé avoir l’impression d’entrer dans le lieu de vie que pouvait être le 221b, or là on reste un peu trop dans la disposition d’un musée ‘classique’ à mon goût.

Mais il est déjà temps de quitter les lieux et pour ce faire, il faudra rejoindre les chutes du Reichenbach. L’eau gronde et dévale sur les écrans placés de part et d’autre de cet étroit passage. Une destination pas très engageante, si vous voulez mon avis… S’agit-il d’une manipulation des créateurs de l’exposition visant à décourager les visiteurs de quitter les lieux ? Peut-être bien !

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photo ©London Visitors

En bref…

Une très belle exposition, riche en documents exceptionnels et qui m’a personnellement mis des étoiles pleins les yeux. Une magnifique évocation de Sherlock Holmes et de la ville de Londres à découvrir jusqu’au 12 avril 2015 !

Infos et réservations : sur le site officiel du Musée

Infos : Sherlock Holmes, The Man Who Never Lived and Will Never Die. Exposition temporaire, du 17 octobre 2014 au 12 avril 2015 – Museum of London. (visite le 16/10/2014)

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12 commentaires sur “Sherlock Holmes, The Man Who Never Lived and Will Never Die – Museum of London

  1. Dorothée dit :

    Bon, y a pas comme dirait l’autre (quell autre ?), il faut que je me ménage une journée à Londres pour aller voir cette merveille… et que je prévois le budget en consequence, parce que je ne résisterai pas aux memorabilia de la boutique… je me connais ! Arsène va m’en vouloir !

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  2. sheherazade2000 dit :

    merci pour cette super visite virtuelle 🙂
    d’autant plus que je n’irai pas à londres avant l’an prochain

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  3. Ida dit :

    Je me joints de tout coeur aux précédents commentaires ! Merci beaucoup pour ce superbe post qui donne une envie folle de s’y rendre pour découvrir cette exposition!

    Mon prochain passage à Londres n’est hélas pas programmé avant longtemps… J’espère que l’expo est appelée à rester permanente.

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    • Méloë dit :

      Je ne crois malheureusement pas que ce soit au programme, d’autant plus qu’un certains nombre de pièces ont été prêtées par des institutions du monde entier… On peut éventuellement espérer une prolongation si l’exposition a beaucoup de succès mais autrement il faudra sans doute explorer le musée dans son ensemble pour dénicher quelques un des objets exposés dans leur environnement habituel.

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  4. Quelle chance de pouvoir vous lire et nous faire découvrir ce trésor, je suis devenu accroc de vos résumés que vous publiez. J’ai hâte au prochain post. En attendant, je relie le canon.

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  5. Karine:) dit :

    J’aime beaucoup ce musée. La rue victorienne est géniale. J’aurais adoré voir cette expo.

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    • Méloë dit :

      Malheureusement, j’ai passé tellement de temps à l’exposition que je n’ai pas eu le temps d’explorer les collections permanentes du musée. Mais je note de le faire absolument lors d’une prochaine visite.

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  6. Rouge velours dit :

    Très bel article! L’expo devait être géniale! J’adore la photo ancienne de Baker Street!
    Merci Méloë pour ce beau partage!

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  7. […] voulez un avis très enthousiaste, je vous conseille le blog de notre chère Consulting Blogger (ICI). J’avoue l’être beaucoup moins… Je pense que j’attendais trop de cette […]

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