Les grandes affaires de Sherlock Holmes – Rodney Gibbons – 2000/2002

Coffret Sherlock Holmes - Rodney Gibbons

Les grandes affaires de Sherlock Holmes…

Retrouvez quatre aventures de Sherlock Holmes : Le Chien des Baskeville, Le Signe des quatre, Crime en bohême, et Le Vampire de Whitechapel, adaptées par Rodney Gibbons pour la télévision canadienne au début des années 2000.

L’avis du consulting blogger…

On ne peut pas à proprement parler de série avec cette suite de 4 téléfilms, mais j’ai tout de même choisi de les présenter dans un même article dans la mesure où il réunissent les mêmes acteurs et le même metteur en scène.

J’ai découvert ces films canadiens, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, il y a environ un an, je pense. Si j’ai tant tardé à publier ce billet, c’est, entre autres, que l’ensemble m’a laissée assez indécise… En dehors du fait que le doublage est catastrophique, les épisodes sont de qualité très inégale et je ne garderais pas un souvenir particulièrement marquant de ces adaptations.

En cause, principalement Matt Frewer qui ne m’a absolument pas convaincue en Sherlock Holmes. Pourtant, au premier abord, je trouvais que physiquement, ça collait pas mal du tout et puis il y avait tout un tas de petits détails familiers : la pipe longue (qui nous change de la calebasse si souvent infligée aux yeux des spectateurs), le violon… qui laissaient augurer d’une représentation assez fidèle du personnage (si l’on oublie quand même le fait que Holmes semble ne pouvoir sortir dans les rues de Londres sans la panoplie deerstalker / inverness).

Seulement, l’illusion est de courte durée. Au mieux, il est totalement fade et dénué de charisme, au pire il tente de s’imposer à l’écran au moyen de grimaces et gesticulations assez caricaturales de fort mauvais goût. Matt Frewer nous propose un personnage banal et ennuyeux à mourir qui gigote dans tous les sens dès que le spectateur commence à piquer du nez. C’est profondément décevant et j’ai été bien souvent plus agacée que fascinée par le personnage. Il semble un peu plus à l’aise avec son personnage dans le dernier film, mais c’est malheureusement un peu tard…

Kenneth Welsh, quant à lui, nous propose un Docteur Watson déjà beaucoup plus intéressant. Alors, il est beaucoup trop âgé pour le rôle, mais en dehors de ça, je trouve qu’il s’en tire pas mal. Il a beaucoup plus de présence que Frewer et donne un minimum de profondeur à son personnage. Il n’en fait pas le crétin fini suivant Holmes comme un toutou et avec un bon partenaire, il aurait vraiment pu me convaincre.

Parce qu’en plus, le duo ne fonctionne pas du tout à mon goût. Les interactions entre les deux personnages sont pleines de banalités et on ne sent aucune complicité entre eux. On a presque l’impression de deux types obligés de cohabiter alors qu’il ne peuvent pas se sentir, cherchant à s’éviter mutuellement au maximum.

Pourtant, l’intrigue des divers films est plutôt bien présentée. Les films directement adaptés du Canon sont globalement fidèles au texte et les scénarios originaux sont assez bien ficelés mais je n’ai vraiment pas adhéré à cette version du duo Holmes / Watson et cela m’a empêchée du coup de totalement vibrer pour ces aventures.

Quelques mots à présent, au sujet de chaque film…

Le chien des Baskerville – 2000…

Le chien des Baskerville 2000

(titre VO : The Hound of the Baskervilles)

Je crois que c’est finalement ce premier film tourné que j’ai préféré. Peut-être justement parce que Holmes y apparaît si peu (alors que c’est justement ce que je reproche au roman). Je trouve que Kenneth Welsh s’en tire vraiment pas mal, quand il est tout seul. Je n’ai vraiment pas grand chose à redire à son interprétation de Watson dans cet épisode, et j’en viens à me dire que j’aurais vraiment aimé le voir avec un autre Holmes.

En dehors de cela, si ça n’est sans doute pas l’adaptation la plus terrifiante du texte original, j’ai trouvé qu’on se laissait quand même bien emporter par l’histoire et l’ambiance des lieux. Baskerville Hall est sombre et austère à souhait, la lande est verte, glauque, brumeuse et humide, résonnant de bruits étranges la nuit… Bref, il y a eu un vrai travail effectué sur l’atmosphère de l’épisode et franchement, ça n’a rien de cheap pour une production tv.

Et s’il manque quelques détails qui auraient pourtant été les bienvenus pour plus de cohérence dans l’enchaînement de certaines scènes, on retrouve bien les faits attendus et cela suffit à rendre cette adaptation agréable à découvrir.

En bref…

Une adaptation certes pas exceptionnelle, mais sympathique.

Le signe des quatre – 2001…

Le signe des 4 - 2001

(titre VO : The Sign of Four)

C’est avec cet épisode que j’ai découvert la série et c’est sans aucun doute celui que j’ai le moins aimé parce qu’il y a certaines modifications par rapport à l’histoire de base qui sont assez ridicules et totalement superflues. Je n’attends pas forcément d’une adaptation qu’elle respecte le texte à la virgule près, hein. J’aime toujours découvrir les petites touches d’interprétation personnelle apportées par le scénariste et le réalisateur. Mais ici, ces derniers ont trop forcé sur la corde dramatique et ça en devient grotesque.

Pourtant l’épisode démarrait vraiment de façon fidèle au Canon, mais dès que l’on en arrive à la fameuse course-poursuite, tout part en vrille et j’ai trouvé la fin de ce film tout bonnement ridicule.

Quand à Matt Frewer, bien plus présent que dans le film précédent, il nous propose ici un Sherlock Holmes totalement insipide, qui ne sert pour ainsi dire à rien. L’histoire, telle qu’elle est racontée, aurait aussi bien pu arriver à son terme sans sa présence. Il n’a aucun rôle extraordinaire à jouer, n’apporte rien d’original à l’aventure relatée.

Et puis, si cela passe ailleurs, j’ai ici vraiment été dérangée par l’âge de Watson. A tel point que cela en est presque gênant de le voir flirter lourdement avec la jeune Mary Morstan ; d’autant plus que tout le monde ne cesse de lui demander si elle est sa fille… Brrrr… Du coup, forcément la fin est modifiée. SPOILER : Mary Morstan convole finalement avec un Thaddeus Sholto absolument ridicule et tous deux partent répandre le bien autour d’eux, en Inde. Tandis que Watson, blessé à mort par une des fléchettes empoisonnées de Tonga, est sauvé de justesse par Holmes grâce à un antidote miraculeusement fabriqué par un chimiste du Yard  en moins de 24h… Cette fin dégoulinante de drama et de bons sentiments est profondément écœurante.

En bref…

Un épisode qui frise trop souvent le ridicule pour être appréciable. En outre, on en vient parfois à se demander pourquoi le scénariste a conservé le personnage de Holmes vu que son rôle se limite à peu près à reprocher à Watson de jouer les jolis cœur. Une enquête ? Quelle enquête ?

Crime en Bohème – 2001…

crime en boheme - 2001

(titre VO : The Royal Scandal)

Contrairement au précédent, j’ai beaucoup aimé ce téléfilm et j’ai même hésité à lui donner la première place de mon classement personnel, devant Le chien des Baskerville.

Contrairement aux deux films précédent, il ne s’agit plus d’une adaptation directe d’un texte du Canon, mais d’un scénario original de Joe Wiesenfeld, très largement inspiré dUn Scandale en Bohême, des Plans du Bruce-Partington… mais aussi du film La vie privée de Sherlock Holmes et le résultat n’est pas mauvais du tout. J’ai pris plaisir à suivre l’intrigue que j’ai trouvé très rythmée et j’ai même régulièrement souri face aux petites touches d’humour (en particulier lorsque l’on voit Mycroft s’empiffrer de biscuits ^^).

J’ai aussi trouvé Matt Frewer plutôt plus à l’aise dans son rôle que dans les deux films précédents, mais où sont le violon, les expériences, les déductions (à la limite, si l’un des deux ‘déductionne’, c’est Watson et pas Holmes…) ? Tout ce qui aurait pu l’aider à caractériser le personnage, à lui donner vie est absent… Il n’est vraiment pas aidé ni par le scénario ni par la réalisation, le pauvre…

Quant à Irene Adler (Liliana Komorowska), j’ai trouvé que la façon dont est présentée sa relation avec Holmes tenait plutôt bien la route. Ca n’est pourtant pas la façon dont je vois les choses, mais j’ai trouvé que ça passait plutôt bien et si j’étais dubitative au début de les avoir fait se rencontrer une première fois avant le film, j’ai finalement trouvé que ça s’inscrivait bien dans l’histoire racontée.

En bref…

Une bonne surprise au sein de cette série de films et si tout n’est pas encore parfait dans cette adaptation, on se laisse facilement entraîner dans l’enquête.

Le vampire de Whitechapel – 2002…

Le vampire de Whitechapel - 2002

(titre VO : The Case of the Whitechapel Vampire)

J’ai du m’y reprendre à deux fois pour parvenir au bout de ce dernier film. J’avais commencé de le regarder en même temps que les autres, mais je me suis tellement ennuyée que je l’ai mis en pause sans jamais vraiment trouvé l’envie de visionner la fin. Décidant de boucler une bonne fois pour toute ma découverte de cette série, je l’ai finalement repris il y a quelques jours et je n’ai eu aucun problème à le terminer. J’ai même plutôt apprécié cette dernière aventure de la série.

On a donc ici affaire à un scénario totalement original avec seulement quelques allusions au Canon (STUD, par exemple) et finalement cela fonctionne très bien.  Le suspense est maintenu jusqu’à la fin grâce à quelques ellipses frustrantes mais bien placées et la chute est drôle et sympathique.

J’ai bien aimé également les allusions à Jack l’éventreur, tant dans le titre du film que dans la silhouette de dos du Docteur Chagass ou dans cette fameuse réplique : Les habitants de Whitechapel ne seront pas les prochaines victimes

Du côté des bonnes surprises aussi, j’ai trouvé que le duo Holmes / Watson fonctionnait beaucoup mieux que dans les films précédents : leurs échanges sont vifs, drôles et même si je trouve toujours que Matt Frewer a l’air de s’exprimer de façon très peu spontanée (il place une espèce d’emphase absolument pas naturelle dans tout ce qu’il dit), j’ai trouvé ce dernier plutôt plus à l’aise avec son rôle que précédemment.

Point bonus : on nous présente des crânes anatomiquement corrects, pour une fois, c’est à dire sans la mandibule encore attachée au maxillaire, des années après la fin de la décomposition ! C’est suffisamment rare à la télévision pour le souligner (oui, c’est le genre de détails auquel je fais attention, déformation professionnelle oblige).

Bon, j’ai pas trouvé ça extraordinaire non plus, hein. Ca ressemblait plus à une parodie de film d’horreur qu’autre chose avec une overdose pas très crédible de détails lugubres : les chauves souris, le brouillard, la nuit, l’abbaye sinistre et un tueur qui est une sorte d’hybride entre Belphégor (pour le costume) et Dark Vador (pour la voix), mais, j’ai trouvé que ça se laissait regarder sans avoir à se forcer.

En bref…

Un dernier opus divertissant et qui m’a agréablement surprise par l’évolution du traitement des personnages. Pour le coup, c’est presque dommage de s’en être arrêté là.

Pour conclure…

Il m’a donc fallu environ un an pour terminer de découvrir ces films et mettre le point final à ce billet. Ce qui est assez intéressant c’est que dans sa première version, j’étais beaucoup plus critique envers cette série. Sur le coup je n’avais vraiment pas aimé mais avec le recul, j’ai réalisé que finalement, j’en gardais un souvenir pas si mauvais que ça. Alors certes ces films ne feront jamais partie de mes adaptations préférées et je ne suis pas certaine de prendre le temps de les revoir un jour, mais ils ont réussi à me divertir et c’est déjà pas mal.

Une série de films TV que j’ai personnellement trouvés décevants sur le plan de la caractérisation des personnages, même si l’on observe une nette amélioration au fil du temps. Kenneth Welsh est vraiment trop âgé pour interpréter Watson mais  il a aussi plutôt bien saisi son personnage, je trouve. En revanche, j’ai vraiment eu beaucoup de mal avec l’interprétation de Matt Frewer en Holmes. C’est dommage parce qu’esthétiquement ces téléfilms sont plutôt bien travaillés et bien que s’agissant d’adaptations très libres, j’ai trouvé le Canon assez bien intégré à ces diverses histoires, qu’il s’agisse d’adaptations directes ou de scénarios plus libres.

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Infos : ‘Les grandes affaires de Sherlock Holmes’. Téléfilms canadiens réalisés par Rodney Gibbons et diffusés entre 200 et 2002.

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3 commentaires sur “Les grandes affaires de Sherlock Holmes – Rodney Gibbons – 2000/2002

  1. belette2911 dit :

    J’ai descendu « le chien » et « le signe »… je ne te parlerai même pas du « scandale » quand au vampire, je ne l’ai aps encore vu, je n’ai pas encore digéré les trois autres 😆

    J’ai détesté Frewer et ses mimiques à la Jim Carrey et ses déguisements pour la ville… bref, une horreur.

    Mes bafouilles sont publiées sur la SSHF.

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    • Méloë dit :

      J’irais voir ça, alors. Franchement, la première version de mon billet était incendiaire. Là, avec un an de recul, j’étais moins enflammée parce que l’énervement est retombée et que le tout m’a laissé un souvenir assez raplapla.
      Mais je constate que je ne suis pas la seule à avoir été exaspérée par les grimaces de Frewer.

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      • belette2911 dit :

        Bon nombre de SSHFiens l’ont été… on fustige souvent Brett avec ses mimiques, mais elles ne sont rien comparées à celles de Frewer. De plus, celles de JB étaient utiles au personnage, celles de Frewer pas du tout.

        Je reste incendiaire, le feu n’a pas diminué d’intensité 😀

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