La lune noire – Anaïs Cros

La lune noire - Anaïs Cros
La lune noire…

Lunargent, hiver 1883. L’un des personnages les plus puissants du royaume vient d’être assassiné au cœur même de Castelune dans des conditions pour le moins inquiétantes. Le roi Torn charge Listak de l’enquête et celui-ci, accompagné de la dévouée Amhiel, est amené à s’intéresser au sombre quartier de la Lune Noire. De son côté Evrahl est confronté à la haine grandissante des habitants de la cité envers le peuple nain.

Qui a osé frapper ainsi dans l’enceinte du palais royal ? Qu’est-ce qui attend les nains dans une cité qui ne veut plus d’eux ? Et qu’arrive-t-il à Listak dont le comportement est de plus en plus étrange ? Désormais ce n’est plus seulement la vie du roi Torn qui est menacée, mais la paix dans tout le royaume de Mortelune.

L’avis du consulting blogger…

Souvenez-vous, il y a quelques mois je vous expliquai que le premier tome de cette saga avait été un immense coup de coeur. J’ai donc cherché à me procurer les volumes suivants dans la foulée afin de ne pas repousser trop longtemps ma découverte de la suite des aventures de Listak et Evrahl. (J’en profite pour remercier à nouveau Peggy de chez Lokomodo pour l’attention qu’elle apporte aux lecteurs. Ce volume étant en rupture de stock, elle m’a proposé de commencer ma lecture en version numérique, en attendant que je déniche une version papier sur Priceminister).

Seul problème, je rédige ce billet près de trois mois après avoir achevé ma lecture (j’étais sur une fouille archéologique, j’avais donc 10 000 autres choses à faire que de songer au blog. D’ailleurs deux autres livres lus à la même époque attendent toujours d’être chroniqués). Autant vous dire que mes souvenirs ne sont ni très frais ni très ordonnés alors j’espère que vous me pardonnerez l’aspect sans doute parfois un peu brouillon et imprécis de cette chronique.

Anybref, si je me souviens bien les événements relatés dans ce volume débutent environ un an après la conclusion du précédent. Après un prologue court mais riche en révélations quant à la suite des événements, nous découvrons qu’un meurtre vient d’être commis au sein même du palais et Listak est appelé pour enquêter. Le schéma peut paraître répétitif au premier abord puisque le démarrage de ce volume rappelle fortement celui du précédent mais très vite l’histoire se développe de façon tout à fait originale et prend un tour particulièrement grave qui dépasse largement le cadre des investigations criminelles habituellement menées par Listak.

Très rapidement, on réalise que chaque habitant du monde imaginé par Anaïs Cros est concerné par le changement qui se met peu à peu en place. En outre, lorsque se referme ce volume, Morserch est loin d’être la seule menace planant sur le royaume de Mortelune. Le danger est partout et concerne tout le monde. On court à la catastrophe et un fil rouge inattendu se met ainsi en place, au-delà du premier niveau de résolution des enquêtes menées par Listak.

Ce qui est intéressant c’est que l’on sent nettement la situation empirer de page en page. Les tensions s’exacerbent et le racisme envers les nains se fait de plus en plus prégnant SPOILER : allant jusqu’à l’enfermement de ces derniers dans un ghetto où ils seront finalement massacrés. A tel point que cela a quelque chose d’oppressant pour le lecteur qui assiste à cette escalade de violence en en prévoyant les conséquences (parce que ce qui se déroule entre ces pages rappelle très fortement un pan de notre histoire) mais totalement incapable d’empêcher quoi que ce soit.

Il se sent d’ailleurs d’autant plus touché par ce qui se produit qu’il connait personnellement et désormais presque intimement l’une des victimes de cette vague de racisme : Evrahl. Personnellement, j’ai rarement autant souhaité pouvoir entrer dans un livre pour pouvoir influer sur le cours des choses.

Ce mouvement en pleine évolution au sein de la société mortelunienne est en outre d’autant plus intéressant qu’il permet de donner plus de place au développement des personnages. Si Holmes n’avait que faire de la politique, ici les personnages sont, malgré eux, intimement impliqués dans ses rouages. Cela va les pousser dans leur retranchements, les confronter à des situations qu’ils n’avaient pas prévues et face auxquelles ils sont obligés de réagir, de prendre des décisions. On découvre ainsi de nouvelles facettes de leurs personnalités et des relations les unissant, dévoilées par ces conditions extrêmes.

Tout cela rend ce volume incroyablement touchant et captivant. Impossible d’en sortir avant  d’avoir tourné la dernière page et j’ai même regretté de ne pas avoir le volume suivant auprès de moi pour poursuivre ma lecture, car cette fois c’est la suite et les conséquences directes de ces événements qui m’attendent.

Comme je le disais plus haut, Evrahl, bien sûr, m’a émue parce qu’à travers lui on voit directement les effets de ce racisme croissant. Il touche un personnage auquel on s’est attachés alors nos sentiments sont forcément exacerbés. Mais si la grande affection que j’ai pour le personnage n’a pas flanché un instant, c’est surtout Listak qui m’a incroyablement touchée dans ce volume. On en apprend d’avantage sur son passé, ses origines au fil de ses échanges de plus en plus sincères et intimes avec Evrahl.

La relation de confiance et d’amitié qui les unit ne cesse de se renforcer page après page et c’est très chouette d’en être le témoin parce qu’on a l’impression d’être invité à partager ces confidences et parce que l’on peut voir comment l’évolution de cette relation transforme aussi les personnages, chacun de son côté. On réalise combien cette amitié est importante pour eux, qu’elle mérite leurs efforts et ne résulte plus simplement d’un choix stratégique ou d’un bon alignement des circonstances comme cela était encore parfois le cas dans le volume précédent.

Pour en revenir à Listak, si la nature de son secret n’est pas bien difficile à percer, il n’en reste pas moins qu’il est bouleversant de le voir ainsi vulnérable à la transformation qui s’opère en lui. SPOILER : le voir ainsi peu à peu perdre la vue, alors qu’une si grand part de son travail repose justement sur ses capacités d’observations est très triste parce que l’on réalise que cette aptitude qu’il a développée à l’extrême le caractérise et est quelque chose d’extrêmement important pour lui.

Je suis très curieuse de savoir comment la situation va continuer d’évoluer et surtout comment Listak va réagir sur la durée, ce que cela va impliquer pour lui dans les mois / années à suivre. Il va forcément être obligé de revoir certaines de ses certitudes (à son propre sujet et à celui des autres), certains traits de son comportement et cela risque d’être très intéressant d’en être le témoin privilégié.

J’insiste fortement dessus parce que c’est un aspect qui me plait énormément mais le développement des personnages est vraiment au coeur de cette saga et il ne concerne d’ailleurs pas que les personnages principaux. Par exemple, Sel, le fou, gagne en importance au fur et à mesure que son portrait se nuance. Qui est-il vraiment ? D’où vient-il ? Que sait-il ? Que veut-il ? J’oscillai entre agacement et compassion en sa présence dans le volume précédent. Il a désormais piqué ma curiosité par son comportement assez inattendu dans ce volume. C’est visiblement un personnage qui a bien des secrets à nous révéler et j’ai hâte d’avoir de ses nouvelles.

Enfin, ce qui est brillant dans ce volume, c’est que régulièrement on se dit que les personnages ont finalement pris leur indépendance par rapport à leurs modèles canoniques. Mais alors surgit un détail, une réplique qui nous rappellent qu’en réalité Holmes et Watson ne sont jamais bien loin et ces petits rappels sont absolument délicieux. J’ai pris grand plaisir à les relever et ne résiste pas à l’envie de vous livrer l’un de mes favoris :  Combien de fois m’avait-il répété qu’il ne fallait être ni modeste ni arrogant, et reconnaître ses forces comme ses faiblesses ? C’est le genre de petites choses qui ne changent rien de concret à l’intrigue ou à l’appréciation globale que l’on peut avoir de la saga si on passe à côté mais à chaque fois, elles me donnent le sourire à cause de ce qu’elles évoquent et de l’espèce de complicité qu’elles instaurent entre l’auteur et le lecteur.

En bref…

Une fois de plus j’ai été conquise par la plume d’Anaïs Cros, les personnages et l’univers qu’elle a su mettre en place. Cette série est vraiment un petit bijou à découvrir de toute urgence !

Les lunes de sang : tome 1tome 3.

Anaïs Cros : le blog de l’auteure

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Infos : ‘Les lunes de sang’, tome 2 : la lune noire de Anaïs Cros. Sorti le 1er novembre 2011 chez Lokomodo. 550 pages. Edition numérique : 4€99 – édition papier épuisée.

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5 commentaires sur “La lune noire – Anaïs Cros

  1. belette2911 dit :

    Me les faut, ces deux là, ça manque à la collectionneuse et lectrice compulsive que je suis ! 😀

    J'aime

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