Le rossignol de Stepney – Djian, Legrand & Etien

Les Quatre de Baker Street - tome 3

Le rossignol de Stepney…

Billy, Charlie et Black Tom (sans oublier le chat Watson!) se voient confier une nouvelle mission par leur employeur, le célèbre Sherlock Holmes : veiller discrètement sur Lord Neville Asprey, un jeune aristocrate naïf dont les escapades dans les bas-fonds londoniens inquiètent beaucoup sa richissime famille – et pour cause : le jeune lord est fou amoureux de la jolie Grace, alias le Rossignol de Stepney, chanteuse dans le cabaret paternel…

Mais ce qui devait être une mission de routine va bientôt tourner au cauchemar pour nos détectives en herbe, avec l’entrée en scène du terrifiant Bloody Percy, dandy meurtrier et bras droit d’un des patrons de la pègre locale.

C’est le début d’une aventure aussi mouvementée que dangereuse, qui mènera nos héros des bas-fonds aux beaux quartiers, en passant par le sinistre asile de Bedlam.Voici la nouvelle enquête, menée tambour battant, des détectives les plus attachants de l’Angleterre victorienne !

L’avis du consulting blogger…

Je me suis plongée dans cette série BD il y a un peu plus d’un an et bien qu’elle soit très chouette, je l’avais mise en pause pour deux raisons. Premièrement, malgré ses couleurs magnifiques et ses personnages attachants, le tome 2 m’avait un poil déçue par son intrigue trop complexe à mon goût, du coup je n’étais pas forcément aussi impatiente qu’à la fin du tome 1 pour lire la suite. La seconde raison est beaucoup plus prosaïque : depuis que j’ai changé de quartier, je ne passe plus devant La Réserve à bulles et du coup j’avoue avoir perdu le réflexe de m’offrir une BD de temps en temps.

C’est finalement en allant retirer une commande passée auprès de mon libraire que j’ai fouiné au milieu du rayon BD sans réelle intention d’en acheter une mais quand je suis tombée sur le logo de la série, je n’ai pas pu résister. Bilan, ce volume est un petit coup de cœur et je ne regrette pas un instant d’avoir craqué.

Le premier truc qui m’a marquée en me plongeant dans ce volume c’est la ressemblance existant (à mes yeux, en tout cas) entre Bloody Percy, le grand méchant dont on découvre la véritable identité dans les dernières cases, et le Sherlock de Benedict Cumberbatch. Les bouclettes brunes, la forme de la bouche, des pommettes, la couleur des yeux. Je ne sais pas vous, mais moi je trouve la ressemblance frappante !

Bloody Percy - Le rossignol de Stepney

Il ne vous rappelle personne ?

Dans tous les cas c’est un méchant que j’ai adoré détester. Cruel et arrogant, son sourire carnassier fait froid dans le dos et les circonstances atténuantes de sa naissance ne l’ont pas rendu plus sympathique à mes yeux. Je lui aurais volontiers réglé son compte personnellement. Le reste de la bande m’a laissé plus indifférente même si je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle entre nos chers francs-tireurs et la bande de gamins des rues employés par Bloody Percy. L’histoire de ces enfants au destin un peu extraordinaire qui arrive à se débrouiller en aidant Holmes aurait tendance à nous faire oublier ce que pouvait être le quotidien réel des plus pauvres à cette époque et ce volume vient remettre les choses à leur place sans non plus insister lourdement sur le sujet.

C’est d’ailleurs un des gros points d’amélioration de ce volume par rapport aux précédents : si l’on en apprend toujours autant sur la vie victorienne (ici c’est une visite de Bedlam qui est au programme), j’ai trouvé que c’était fait de façon beaucoup plus subtile et intégrée à l’intrigue que dans les deux premiers volumes. Les personnages ne se figent pas pour se lancer dans de grandes explications : les éléments de contexte que l’on découvre font vraiment partie de l’histoire et c’est beaucoup plus spontané et agréable ainsi. J’espère que cela est tout autant le cas dans les volumes suivants.

Lord Neville, quant à lui, est jeune, fougueux et un peu (beaucoup) naïf mais terriblement touchant. Alors que j’aurais du le trouver agaçant, il a tellement bon cœur qu’il en devient attachant et qu’on lui pardonne son comportement parfois pas très raisonnable. Quant à ce qu’il devient à la fin de ce volume en compagnie de sa dulcinée, si ça n’est pas forcément très réaliste, cela fait au moins plaisir à lire. Certaines histoires finissent bien et c’est tant mieux !

L’autre bonne surprise de ce volume, c’est que Holmes et Watson (le médecin, pas le chat) y sont beaucoup plus présents et impliqués que dans les précédents. Alors que j’avais pris l’habitude de ne les croiser pour ainsi dire qu’en fin de volume une fois l’affaire résolue par la bande des Quatre, ici ils ont un rôle à jouer dès le début de l’histoire et tout au long de son développement (un rôle même bien plus important qu’il n’y parait… et j’avoue m’être faite avoir comme une bleue).

J’aime toujours autant le fouillis meublant le 221b et j’ai été ravie de découvrir les appartements du bon Docteur ainsi que de faire la connaissance de Mary. Cet album s’inscrit vraiment dans le cadre du Canon puisqu’on y apprend, entre autres choses, que Holmes est sur la piste de Moriarty… ce qui ne me rassure pas des masses pour la suite… Que va-t-il advenir de Charlie, Black Tom et Billy (sans oublier Watson, le chat cette fois) pendant 3 ans si tout se déroule comme dans le Canon ? Le moins que l’on puisse dire c’est que j’ai maintenant terriblement hâte de découvrir la suite !

Du côté de l’intrigue pour finir, j’ai beaucoup aimé que sous des jours assez simples elle recèle quelques petits secrets. Cela la pimente un peu sans non plus exiger une grande concentration ou des connaissances particulières du lecteur. Alors oui j’aime les bouquins qui font cogiter, mais parfois c’est agréable de juste se laisser porter par l’histoire, sans effort.

En bref…

Mon album préféré de la série, tout simplement !

Les Quatre de Baker Street : tome 1, tome 2

Vents d’Ouest : site officiel

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Infos : ‘Les Quatre de Baker Street’, tome 3 : le rossignol de Stepney, de Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et David Etien. Sorti le 5 octobre 2011 chez Vent d’Ouest. 56 pages. Edition papier : 13€90.

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5 commentaires sur “Le rossignol de Stepney – Djian, Legrand & Etien

  1. belette2911 dit :

    Le tome deux était plus politique avec les immigrants russes, mais j’avais adoré, j’en avais appris plus.

    Le trois est mon préféré et je me suis faite avoir comme une bleue aussi 😀

    Le sourire de bloody percy n’est pas le même que cumberbatch, mais les bouclettes, je suis d’accord ! 😀

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  2. Ida dit :

    Hello

    Comme d’habitude, je débarque des lustres après l’affaire…

    Cela étant… Bien que je sois pas trop à l’aise avec la BD de manière générale j’ai apprécié les trois premiers tomes de la série. Je trouve le dessin plein de finesse et rendant compte de ce que j’imagine du Londres victorien…

    Et si LE truc concernant les bouclettes de Cumberbatch ne m’avait pas frappée, j’ai été interpellée par l’intérieur du 221b Baker Street… La disposition des meubles, certains d’entre eux mêmes… et les couleurs des murs m’ont bien fait penser à la représentation du 221b de l’antique série Granada (pas très canonique cependant car dans la série, le salon a TROIS et non deux fenêtres) avec l’inoubliable Jeremy Brett. Même le visage de Watson d’ailleurs est proche de celui de la série Granada (mais il semble ici pas mal rajeuni)… Pour Holmes, son visage est très proche de celui des illustrations originales du canon…

    J’ai vraiment l’impression que pour faire du pastiche « holmesien » accrocheur, il convient souvent que la proposition nouvelle et originale de l’auteur soit émaillée d’emprunts à de multiples références déjà existantes pour que le lecteur retrouve son univers familier, ne soit pas trop perdu, condition visiblement incontournable pour que la mayonnaise prenne.

    En tout cas, c’est l’impression que ça me donne… Et ça m’ouvre des pistes de réflexion « critique » pour mieux repérer ce qui marche et ne marche pas dans les pastiches… Des réflexions assez en lien avec celles que nous avions eues concernant justement ce qui faisait l’intérêt de la nouvelle des « trois reines » d’Horowitz.

    Voilà, ça y est! Je fais mon intello! 😀

    A bientôt

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    • Méloë dit :

      Bonjour Ida,

      Vos commentaires me font toujours faire des efforts de mémoire et des voyages au sein de mes archives pour me souvenir de ce que j’ai bien pu raconter à une certaine époque sur tel ou tel titre. C’est très bien, vous m’aidez ainsi à tenir en ordre mon ‘mind attic’ !

      C’est vrai que l’on trouve souvent dans les pastiches et adaptations récentes des références non seulement à l’original (bien sûr) mais aussi à d’autres oeuvres existantes. Cela découle sans doute en partie d’un désir de créer un univers familier pour le lecteur mais je crois aussi que c’est, au moins en partie, quelque chose d’inconscient. L’image de Holmes que l’on peut avoir a été profondément modelée par nos lectures et visionnages et elle devient la ‘véritable’ image pour nous même si dans les faits elle comporte de nombreux éléments apocryphes. On reproduit alors quelque chose que l’on pense authentique et qui est en réalité inspiré par des générations d’interprétations précédant la notre. Je me souviens d’un documentaire britannique très intéressant qui évoquait justement cela : ‘How to be Sherlock Holmes’.

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