Prélude II – François Pardeilhan

Prélude II - François Pardeilhan

Prélude II…

A l’aube de la guerre de 1870, le jeune Sherlock Holmes, fort d’une méthode d’observation qu’il ne cesse d’affiner, poursuit ses pérégrinations dans la ville natale d’Henri IV.

Il y côtoie notamment un futur magistrat dans le cadre d’une sombre affaire internationale et fait une rencontre qui marquera à jamais sa vie.

Puis, avant de quitter la France, il s’interroge sur les véritables raisons de son séjour en Béarn, engageant ainsi sa première enquête officieuse sur le fameux climat de Pau, avec le concours de deux célèbres médecins.

L’avis du consulting blogger…

J’ai lu le premier volume de cette série il y a un tout petit peu plus d’un an et à l’époque j’avais énormément apprécié le soin apporté aussi bien à la reconstitution historique de la vie paloise au milieu du XIXème siècle, qu’à la reconstitution de ce qu’avait pu être l’adolescence de Sherlock Holmes, la façon dont il avait pu développer et cultiver ses intérêts et talents.

J’avais trouvé la proposition de François Pardeilhan incroyablement documentée et réfléchie. A tel point que j’avais l’absolue intention de me plonger dans la suite le plus rapidement possible. Bilan, ce volume a finalement sommeillé près d’un an dans ma PAL avant que je ne trouve l’occasion de m’y plonger mais une fois de plus ce fut une excellente surprise.

La première chose qui m’a marquée en entamant cette lecture c’est que si l’on reconnaît sans peine la plume de Holmes telle qu’on l’avait découverte dans le volume précédant, on réalise aussi que le jeune homme qui a désormais 16 ans a énormément mûri. Cela se sent dans son style beaucoup plus assuré, au vocabulaire et tournures plus recherchés mais aussi dans le regard beaucoup plus adulte et critique qu’il porte sur son environnement.

Cependant, il est encore un tout jeune homme qui a encore énormément à apprendre et doit trouvez sa place dans la société. Ce volume est vraiment celui du contraste dans la personnalité de Sherlock. D’un côté il a clairement apporté de nombreux et précis ajustements à sa méthode d’observation et de déduction mais de l’autre, il est encore perméable aux émotions et celles-ci guident plus d’une fois ses pas.

Ce qui est intéressant dans ce volume c’est que non seulement Sherlock a grandi, mais en plus la date n’est pas anodine : nous sommes à l’été 1870 lorsque débute le premier récit ‘Pau, ville anglaise’, c’est à dire à la veille de la guerre contre la Prusse. Sherlock va alors se retrouver mêlé à une affaire dont l’ampleur est totalement différente de celles qu’il avait menées jusque là. Cette fois-ci les faits sont réellement graves, il se retrouve directement confronté au monde des adultes et cela aussi va contribuer à le faire grandir.

Il est également bien inexpérimenté lorsqu’il est confronté à la belle Claire, une jeune demoiselle qui ne manque pas d’esprit. Je dois dire qu’au début je n’étais pas particulièrement emballée par la relation qui se noue entre les deux personnages. Je trouvais que le personnage de Claire était superflu et elle m’agaçait à distraire et troubler ainsi Sherlock, même si je reconnaissais par ailleurs que les quelques mois qu’ils ont passé à se côtoyer ont clairement été formateurs dans le caractère et l’attitude du personnage, sur le long-cours.

J’avais beau reconnaître cela, Claire ne m’en était pas d’avantage sympathique et cela restait le petit détail suffisamment persistant pour me chagriner tout au long de ma lecture, comme ce caillou qui se coince dans vote chaussure et sans réellement vous blesser vous titille inlassablement. Mais l’épilogue m’a réconciliée avec la jeune fille. J’ai beaucoup aimé la fin dont ce personnage du passé de Holmes fait une dernière apparition en 1895 et surtout la façon dont Holmes désormais adulte réagit. J’ai trouvé cela touchant et très élégamment raconté.

Pour continuer à dire quelques mots sur l’épilogue avant de passer au second texte du recueil, outre son aspect terriblement romantique, j’y ai apprécié deux choses : les nombreux rappels qu’il contient aux histoires découvertes au sein de ce volume et du précédent, et la façon dont il s’articule avec le prologue du premier tome. Il offre au lecteur un sentiment de clôture, la possibilité de réellement passer à autre chose (qu’il s’agisse du volume suivant de ‘La jeunesse de Sherlock Holmes’ -que je viens de commander, en espérant le faire moins attendre que celui-ci- ou tout autre chose) et quelque part je regrette d’avoir tant attendu entre mes lectures de ces deux volumes car ils forment vraiment une unité, malgré les deux années qui séparent les petites aventures qui y sont relatées.

Je disais plus haut que ce volume est celui du contraste, celui ou Sherlock doit apprendre à trouver sa place, à ne pas se laisser emballer par la fougue de sa jeunesse et de son intelligence brillante. Cela est tout à fait mis en avant dans le deuxième récit : ‘Le climat de Pau’. Tout mystère est peut-être bon à élucider, mais ne cache pas nécessairement des éléments criminels.

Et même lorsqu’acte criminel il y a, il faut parfois délaisser les belles explications alambiquées et se satisfaire de la simplicité, quitte à emprunter un chemin quelque peu tortueux pour y parvenir. Perhaps, when a man has special knowledge and special powers like my own, it rather encourages him to seek a complex explanation when a simpler one is at hand. Sherlock le découvre en même temps que le lecteur en étant confronté à quelques difficultés et en devant assumer le fruit de ses erreurs.

J’avoue que je ne savais pas bien ou allait nous emmener cette histoire en l’entamant mais j’ai beaucoup aimé l’enseignement qu’elle délivre. Le truc c’est que Sherlock est bourré des défauts de la jeunesse dans ce volume. Il part bille en tête et se fourvoie, s’attire les foudres de l’un de ses « suspects » par son impertinence et laisse son imagination débordante prendre le pas sur la raison.

C’est souvent amusant, parfois un poil agaçant mais surtout incroyablement touchant de le voir commettre ces erreurs. Cela le rend très humain et nous aide d’autant plus à prendre toute la mesure du chemin parcouru depuis son adolescence, lorsqu’on le rencontre bien des années plus tard dans le Canon.

Globalement, au-delà de savoir si ce texte est authentique et si Holmes a bien résidé à Pau dans sa jeunesse, on est amenés à s’interroger sur  la façon dont ce caractère extraordinaire s’est façonné et quels que soient les détails des circonstances, je pense effectivement que de tels événements ou au moins leurs semblables ont bien dû avoir lieu, parce qu’on ne devient pas consulting detective du jour au lendemain.

D’autant plus que c’est l’occasion de glisser quelques clins d’oeil et allusions savoureux : j’ai par exemple beaucoup apprécié faire la connaissance de ce médecin palois qui avait pour habitude d’observer attentivement ses patients afin de déduire la pathologie dont ils souffraient ou le problème pour lequel ils étaient venus le consulter. Je ne vous parle même pas de cette espionne qui faisait passer des messages secrets grâce à son ombrelle…

Le Canon est pour ainsi dire totalement muet sur ce sujet donc un millier d’hypothèses sont possibles mais globalement, j’aime beaucoup celles que je découvre dans cette série parce qu’à chaque fois, elles me poussent à réfléchir. Il est impossible de rester passif face à cette lecture je trouve parce qu’elle lance autant de pistes qu’elle n’apporte de réponses.

Enfin, une fois de plus, j’ai été enchantée par le portrait qui est dressé de Pau, une ville à l’ambiance alors visiblement très particulière, villégiature privilégiée par les anglais qui ont marqué la vie quotidienne par leur présence. Découvrir tout cela au fil de ces pages donne terriblement envie de sauter dans le TARDIS pour aller visiter la ville à cette époque, prendre le temps de tout observer, etc. 

De façon plus réaliste (les chances que le Docteur vienne me chercher sont quand même très minces, vous en conviendrez), j’aimerai aussi tout simplement découvrir la ville aujourd’hui, voir quelles peuvent être les traces restantes de ce passé si riche (même si vouloir traverser la France d’Est en Ouest par le train c’est assez épique. A croire qu’en dehors de Paris, rien ne mérite le déplacement…Tskk).

En bref…

Un tome dans lequel le jeune Sherlock Holmes apprend quelques leçons d’importance ! C’est également la fin de ses aventures paloises. D’un adolescent isolé découvert dans le premier volume, c’est un jeune homme, certes toujours solitaire mais de plus en plus impliqué dans le monde des adultes que l’on quitte et si je suis très impatiente de lire la suite, je suis un peu triste aussi, je crois, de devoir dire ainsi adieu à cette période de son existence.

La jeunesse de Sherlock Holmes : tome 1, interlude

Le Patient Résidant : site officiel

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Infos : ‘La jeunesse de Sherlock Holmes’, tome 2 : Prélude II de François Pardeilhan. Sorti le 20 mai 2012 chez Le Patient Résidant. 264 pages. Edition papier : 19€.

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5 commentaires sur “Prélude II – François Pardeilhan

  1. belette2911 dit :

    Coucou !! Je le possède aussi et j’avais hurlé ma rage en le recevant et en réalisant qu’il était le même que « la jeunesse de SH à Pau » tome 2 publié aux éditions Pin à Crochets.

    Mer**, scata et stronzo ! Le même livre, deux éditions différentes et un titre pas tout à fait le même et boum, l’ai acheté deux fois. 👿

    J’avais adoré l’histoire parce que racontée à la première personne du présent, et être dans la tête de Holmes était un pied intégral ! J’avais bien aimé la jeune fille, c’était touchant je trouve, mais tu me connais, j’aime les histoires d’amûr !!

    Une larme à la fin !!

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    • Méloë dit :

      La larmichette n’était pas là mais c’était pas loin, chez moi. Et j’ai trouvé ça très fort d’avoir réussi à me toucher comme cela par le biais d’un personnage que je n’appréciais pas vraiment au départ.

      Rageant pour l’histoire du doublon. As moins de ne se lancer dans une collection exhaustive de les éditions successives d’un même ouvrage… J’ai failli faire la même avec un pastiche sur le fantôme de l’opéra, mais l’auteur était là et m’a expliqué que malgré deux titres (bien différents pour le coup), c’était en fait la même histoire, mais publiée chez deux éditeurs.

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      • belette2911 dit :

        C’est vrai que c’est fort d’arriver à toucher le lecteur avec un personnage qui lui a déplu au départ ! 😉

        Rageant mais pas mortel… heureusement ! Non, je ne compte pas faire un collection double de mes apocryphes, mais je le fais avec le canon ! J’ai plusieurs « chien » et « vallée » ainsi que le canon en plusieurs exemplaires : la version « LP » chez Laffon, celle de chez Omnibus et une autre en double recueil de chez Robert Laffon aussi et une autre en version « cuir ». sans oublier une en anglais en provenance directe du musée Sherlock Holmes !!

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  2. Colin's dit :

    J’ai trouvé ma prochaine victime de lecture 😉

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