L’affaire Zalindas – Tracy Mack & Michael Citrin

L'affaire Zalindas - Sherlock Holmes et associés

L’affaire Zalindas…

Sous le grand chapiteau du cirque Barboza, les frères Zalindas, funambules, trouvent la mort dans une chute fatale. Simple accident ? Sherlock Holmes n’est pas de cet avis. Aidé par les Mouches, une bande de gamins des rues, le célèbre détective mène l’enquête.

L’avis du consulting blogger…

J’ai acheté ce petit roman jeunesse il y a quelques mois, chez mon bouquiniste favori sans m’en soucier plus que cela. La mention du nom de Sherlock Holmes sur la couverture m’avait attirée, mais je n’avais pas cherché plus loin. A tel point que j’avais presque oublié le posséder et ne l’ai retrouvé qu’en fouinant dans ma PAL. Anybref, tout cela pour dire que je me suis plongée dans cette aventure sans en attendre grand chose et j’ai finalement beaucoup aimé.

Malgré un énorme problème de traduction (que j’évoquerais un peu plus loin)  j’ai vraiment été très agréablement surprise avec ce pastiche mettant en avant les Irréguliers (ou ‘francs-tireurs’, et non pas les ‘mouches’, chère traductrice. Quand un terme existe depuis de nombreuses années, on s’efforce de le reprendre pour plus de clarté, à moins de proposer une nouvelle traduction qui apporte vraiment un plus. Ce qui n’est absolument pas le cas ici. Le terme choisi est anachronique – merci Dorothée pour les précisions – et pas du tout justifié) de Baker Street.

Commençons justement ce billet en nous débarassant de la source de déception majeure : la traduction. J’ai vraiment été effarée par ce que j’ai pu lire. Je ne reproche pas à Valérie Mouriaux son manque de connaissances, a priori, sur le Canon holmésien. En revanche, je trouve son manque de recherches sur le sujet impardonnable. Je ne sais pas si c’est de la paresse ou de la bêtise, mais sérieusement évoquer ‘Une enquête à Scarlet’ nouvelle qui serait parue dans Le Noël du scarabée… personnellement ça me défrise.

Ca ne lui est pas venu un seul instant à l’esprit que si les auteurs évoquent une aventure holmésienne, celle-ci existe vraiment et a déjà été traduite, sous un titre ayant un sens par rapport à l’intrigue ? Le nom d’un magazine, en revanche, lui ne se traduit pas… A moins qu’elle n’est jamais entendu parler de Sherlock Holmes auparavant ?

Je n’ai aucun mal à admettre que l’on ignore que A Study in Scarlet (Une étude en rouge) ait été publié dans le Beeton’s Christmas Annual. Mais on se renseigne, nom d’un problème à trois pipes ! Ca fait partie du boulot de traducteur. Je ne comprends pas que ça n’ait choqué personne à aucun moment, ni à la relecture, ni à l’impression… On prend tant que ça les enfants pour des imbéciles pour ne pas daigner prendre la peine de leur proposer un travail de qualité ?

Anybref, je m’arrête là histoire ne pas m’acharner plus que de raison, mais je n’ai vraiment pas digéré cet aspect. Et c’est fort dommage, parce que le texte original est vraiment pas mauvais du tout. Tracy Mack et Michael Citrin proposent un pastiche qui tient la route, captivant et globalement compatible avec le Canon.

Partant de l’idée que Wiggins et sa bande d’Irréguliers ont joué une place bien plus importante dans les enquêtes de Holmes que celle qui leur est accordée par Watson dans le Canon, les deux auteurs se donnent pour mission de rétablir la vérité en nous faisant découvrir le quotidien de ces gamins des rues ainsi que les missions parfois périlleuses qu’ils ont eu à accomplir pour le Maître.

Le résultat est drôle, vif, touchant et bien plus convaincant que bien des romans holmésiens destinés à la jeunesse que j’ai pu lire jusqu’à présent. Il y a tout un tas de rebondissements, certains beaucoup plus prévisibles que d’autres et on se laisse facilement embarquer dans l’histoire.

L’intrigue est plutôt originale et j’aime la façon dont tout s’imbrique. Et puis les auteurs prennent le temps de mettre en place les personnages, de décrire leur vie quotidienne, etc. Alors bon, tout n’est pas forcément hyper crédible, hein, mais ce que je veux dire, c’est qu’ils ne se contentent pas d’enchainer les péripéties. Ils donnent une vraie épaisseur à leurs personnages, les font vivre pour de bon et les rendent attachant.

Ce qui est chouette aussi, c’est la présence d’une intrigue en fil rouge. En effet, le jeune Ozzie est au coeur d’une bien mystérieuse histoire de famille et recherche son père qu’il ne connait pas. A ce sujet, j’espère très fort que les auteurs ne vont pas faire ce que je refuse absolument qu’ils fassent SPOILER : à savoir nous raconter qu’Ozzie est en réalité le fils caché de Sherlock Holmes, parce que je ne leur pardonnerait vraiment pas. Mais bon, ils ont l’air de gens intelligents et bourrés d’imagination, alors je ne me fais pas trop de soucis.

D’autant plus qu’Ozzie est un personnage vraiment sympathique, à l’esprit vif et brillant. De toute la bande, c’est lui qui m’a le plus plu, tandis qu’Alfie est celui auquel je me suis le moins attachée. Je l’ai trouvé insupportable et j’avais presque autant envie de le faire taire que ses petits camarades.

C’est d’ailleurs le dernier point que je veux rapidement évoquer ici : cette diversité de caractères et d’histoires personnelles derrière chaque membre de la petite bande. C’est cela aussi qui rend le récit vivant et permet de réellement entre dans l’aventure au milieu des personnages.

En bref…

Une très chouette découverte si l’on omet le caractère déplorable de la traduction. Si bien que sur les conseils de Matilda, je poursuivrais ma découverte de la série directement en VO.

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Infos : ‘Sherlock Holmes et associés’, tome 1 : l’affaire Zalindas. Titre original : The Fall of the Amazing Zalindas. Traduction de Valérie Mouriaux. Sortie le 4 juin 2008 chez Le Livre de Poche. Edition papier épuisée.

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3 commentaires sur “L’affaire Zalindas – Tracy Mack & Michael Citrin

  1. belette2911 dit :

    Hello ^^ Je possède aussi ce petit roman mais je n’avais pas « relevé » le problème de traduction dans la chronique, un oubli, sans doute, parce que j’avais soupiré devant la chose mais ne l’avais pas écrite. Le mot « mouches » m’avait énervé, oui !

    J’ai lu l’interview d’une traductrice qui dit lire le roman une fois d’abord, en entier, et se relire souvent dans sa traduction pour ne pas s’éloigner trop du roman original. Ici, bon, la traductrice avait fumé une pipe d’opium. Un traducteur se doit d’explorer l’univers qu’il est en train de traduire, je trouve.

    Pour Ozzie, j’avais parié sur un autre père… si tu vois de QUI je veux parler… celui dont je ne prononcerai pas le nom 🙄

    Par contre, je n’ai pas encore trouvé les autres romans de cette chouette série 😦

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    • Méloë dit :

      Je vois de qui tu veux parler… et je n’y avais pas pensé… Ca pourrait se tenir même si je ne suis pas certaine que j’apprécierai.

      Pour ce qui est des autres volumes, d’après Matilda il semblerait que le dernier tome n’ait jamais été traduit, malheureusement :/

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      • belette2911 dit :

        Enfer et damnation, pas de traduction !! 👿

        Je n’apprécierais pas non plus, mais ça se tiendrait dans la logique du père absent… avec les auteurs, on peut s’attendre à tout 😀

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