La double disparition – Nancy Springer

Enola Holmes - tome 1

La double disparition…

Ma mère m’a appelé Enola, qui, à l’envers, se lit alone,  » seule  » en anglais. Et lorsque Mère disparaît, le matin de mon quatorzième anniversaire, c’est bel et bien seule que je me suis retrouvée.

Appelés à l’aide, mes frères Mycroft et Sherlock Holmes – oui, le célèbre détective – n’avaient en fait qu’une idée en tête : m’envoyer en pension pour faire de moi une lady, mais me refusant à accepter ce sort, je décidai plutôt de prendre mon destin en main et de me lancer, seule, à la recherche de ma mère.

L’avis du consulting blogger…

J’avais envie de découvrir cette série depuis très longtemps mais l’occasion n’était jamais bonne. J’avais même emprunté ce premier volume une première fois il y a quelques mois et il m’était tombé des mains au bout de quelques lignes seulement tellement je n’avais pas adhéré au style. J’avais alors mis ça sur le compte de la traduction et prévu de tenter la VO.

Quelques mois plus tard, c’est finalement la VF qui s’est retrouvée à nouveau entre mes mains mais cette fois-ci, j’ai littéralement dévoré la chose pratiquement d’une traite !

Alors certes, ce premier volume n’est pas sans défauts et Nancy Springer se perd parfois en détails inutiles et fastidieux, comme lorsqu’elle détaille chaque tenue d’Enola par le menu (à la baleine près en fait, nombre et matériau inclus) mais on passe facilement outre.

Le truc c’est que l’on sent qu’elle a fait des recherches pour donner un contexte crédible à son histoire mais elle n’a pas su s’en détacher suffisamment au moment de la rédaction. A vouloir donner trop de détails pour faire ‘d’époque’, elle alourdit l’ensemble et rend certaines pensées ou réflexions du personnage principal peu crédibles, en tous cas pas du tout spontannées.

De même, on assiste à une suite de péripéties fort improbables, surtout au vu de l’âge et de la condition de l’héroïne et de son jeune compagnon, mais en même temps le récit est rythmé et divertissant si bien que l’on se laisse entraîner dans ce tourbillon d’événements sans trop s’attarder sur ces détails. 

On est vraiment dans un roman jeunesse à la construction classique avec une succession d’événements dramatiques pas forcément très crédibles mais qui tiennent le jeune lecteur en halène et lui donnent envie d’en savoir plus. Même si avec le recul on trouve cela ‘trop gros’, sur le coup on tourne les pages sans s’arrêter et on est littéralement incapable de reposer son bouquin.

D’autant plus que le lecteur est vraiment impliqué dans l’histoire puisqu’il est invité à déchiffrer en même temps qu’Enola les messages codés laissés par la mère de cette dernière. J’ai trouvé ça très chouette comme idée car qui n’aime pas faire travailler ses petites cellules grises sur un bon vieux cryptogramme ?

Surtout qu’ici la difficulté est progressive, le mécanisme bien expliqué ce qui fait que le lecteur est vraiment incité à essayer par lui-même plutôt que de se contenter d’attendre la réponse. Je sais que personnellement, c’est un élément qui m’aurait totalement conquise il y a quelques années et c’est d’ailleurs encore le cas.

En fait, en rédigeant ce billet, je n’arrive pas à comprendre ce qui m’avait déplu dans le ton de la narration la première fois, parce que j’ai trouvé le récit d’Enola très sympathique à suivre. La demoiselle est vive et astucieuse, intrépide sans en devenir agaçante.

Elle réussit à se détacher des contraintes sociales qui l’handicapent sans pour autant se transformer en jeune dévergondée qui n’aurait rien connu d’autre de toute sa vie que les tavernes mal famées de l’East End. Là, elle réussit justement à utiliser les codes de son rang, de son éducation pour devenir un peu plus libre. Un peu comme son grand frère Sherlock, elle choisit d’agir sans se soucier des conventions et créé sa propre profession sans pour autant tomber dans la vulgarité.

Et puis, ce qui m’a également beaucoup plu c’est que le demoiselle fait preuve de beaucoup d’humour et d’auto-dérision sur sa propre condition. Elle arrive à avoir un recul très intéressant sur le monde dans lequel elle évolue et son époque, je trouve. Elle semble d’ailleurs parfois un peu trop mature sur son âge, surtout après n’avoir rien connu d’autre que le milieu dans lequel elle est née, mais ça n’est pas très grave parce que c’est plaisant à lire.

Pour en revenir à ses frères, puisque j’évoquais Sherlock plus haut, ils sont finalement très peu présents mais le portrait est plutôt réussi et assez drôle. Il est évident que ce ne sont pas eux les héros ici, même s’ils font sûrement quelques apparitions dans les volumes suivants au vu de la situation…

Si j’étais très enthousiaste au départ, j’attendais en revanche  un peu la fin au tournant, parce que plus l’on avançait, moins il restait de pages et moins l’affaire initiale (la disparition de Mummy Holmes) semblait proche de sa résolution.

Finalement tout se met en place même si un certain nombre de questions restent sans réponse : les frères Holmes ont ils abandonnés leur recherches ? Que s’est-il réellement passé au cours des derniers mois/semaines du récit ? Comment Enola a-t-elle mis sur pied tout ce qui est annoncé à la fin ? Cela donne vraiment envie de lire la suite en espérant que l’on aura plus de précisions sur ces divers points.

En bref…

Un premier tome clairement destiné à un jeune public mais tout de même très sympathique. Enola est vive, drôle et attachante (on en oublierait presque ses génies de frères !) et la fin est telle que l’on a terriblement envie d’en savoir plus dès le volume refermé !

Enola Holmes : tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6

Nancy Springer : site officiel

Nathan : site officiel, Facebook

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Infos : ‘Les enquêtes d’Enola Holmes’, tome 1 : La double disparition de Nancy Springer. Titre original : The Case of the Missing Marquess. Sorti le 17 février 2007 chez Nathan et le 4 juin 2009 chez Nathan poche. Edition numérique : 10€99 – édition papier 14€90 (grand format), 7€ (poche).

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3 commentaires sur “La double disparition – Nancy Springer

  1. J’ai ce premier tome dans ma PAL depuis un bon moment maintenant. J’en attends pas forcément grand chose à part qu’il m’apporte un bon petit moment de lecture. D’après ta chronique, j’ai plutôt raison d’être dans cet optique. J’espère le lire bientôt!
    A bientôt!

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  2. Matilda dit :

    Je suis d’accord avec tout ce que tu as dis sur ce volume 🙂 J’avais peut-être été un peu moins gênée que toi par les défauts parce que je l’ai lu quand j’avais genre 16 ans que je l’ai lu, mais maintenant ça me ferait pareil.
    J’ai moins aimé les tomes suivants, jusqu’aux deux derniers que j’ai trouvé très bien.
    Je suis curieuse de voir ce que tu en penseras.

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  3. Dorothée dit :

    parfois, ce n’est simplement pas le moment… (ça m’a fait ça avec Le Rouge et le Noir… autre style, mais même principe 😉 )

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