Le chien des Baskerville – mise en scène : Jean-Luc Revol

Le chien des Baskerville - théâtre

La pièce :

La famille des Baskerville est maudite. Sir Charles Baskerville a vécu dans la crainte obsessionnelle d’une légende familiale dans laquelle un chien fantôme pourchassait ses aïeux à mort. Or, si son récent décès semble naturel, l’abominable expression d’effroi qui tord le visage de Sir Charles est alarmante. Bien plus inquiétantes encore, des empreintes de pattes appartenant à un immense chien de chasse sont très visibles autour du corps ?

Alors que le nouvel héritier, Sir Henry Baskerville, s’apprête à emménager à Baskerville Hall, Sherlock Holmes est engagé pour enquêter sur ce mystère. Les évènements se précipitent dans une spirale incontrôlable. L’esprit de déduction le plus brillant du siècle aurait-il rencontré son égal ?

Un extrait :

L’avis du consulting blogger :

J’avais terriblement hâte de découvrir ce spectacle parce que théâtre + Sherlock Holmes, c’est le duo auquel je suis incapable de résister. D’autant plus après avoir apris que l’amie Belette, qui a vu le spectacle en Belgique, avait trouvé le résultat formidable (même si on attend toujours son billet, hum…). Et puis, j’étais terriblement curieuse de découvrir Olivier Minne en Sherlock Holmes, parce que j’avais énormément de mal à l’imaginer dans le rôle. Pour moi Olivier Minne restera toujours, je crois, ce petit jeune qui présentait Les mondes fantastiques (le meilleur jeu télévisé de mon enfance : une sorte de Fort Boyard pour enfants, sponsorisé par Banga. C’était le top quand j’avais 5 ans !).

Anybref, Olivier Minne en Sherlock Holmes, je demandais à voir mais je n’y croyais pas des masses. Bilan, j’ai été très agréablement surprise. Alors certes, côté carrure c’est pas trop ça, mais franchement, côté interprétation on y croit : Holmes a de la répartie et bouillone d’énergie lorsqu’il est lancé dans l’enquête. Le portrait n’est jamais outré et l’on s’amuse vraiment beaucoup des excentricités et traits de génie de cet Holmes là !

Le deuxième point qui m’intrigait concernait l’adaptation du texte : je n’avais pas voulu voir la version ‘Au théâtre ce soir’ avant, histoire de ne pas me ‘polluer’ l’esprit avant de découvrir ce spectacle. Du coup, je me posais pas mal de questions : comment allaient-ils représenter non seulement le chien, mais aussi la lande et puis Holmes serait-il vraiment absent de toute une partie du spectacle ? Alors bien sûr, il a fallu effectuer quelques modifications, d’ordre logistique dirons-nous, mais tout le reste, tous les ingrédients essentiels de l’affaire sont bien là. La pièce a beau se passer intégralement en intérieur, ça fonctionne finalement très bien, d’autant plus que la lande domine quand même toujours derrière les fenêtres de Baskerville Hall. L’esprit du texte est conservé, il y a beaucoup d’humour et le rythme est soutenu si bien qu’on ne s’ennuie vraiment pas et que l’on n’a absolument pas le temps de se lamenter de l’absence de certains éléments du texte original qu’il était impossible de reproduire sur scène.

Bien, après vous avoir parlé de Holmes et de l’adaptation du texte, il est largement temps d’évoquer les autres personnages. Le Dr Mortimer (Eric Guého) m’a beaucoup plu : distrait et légèrement allumé comme je l’imaginais. Watson (Frédéric Chevaux) est beaucoup plus réservé et discret, véritable gentleman anglais fonctionne très bien en duo avec Holmes, même s’il se fait parfois un peu charrier. Visiblement la tournée n’en est qu’à ses débuts et pourtant il y a une très bonne dynamique entre les deux personnages / acteurs. Barrymore (Jean-Marie Cornille), quant à lui est le parfait majordome anglais tel qu’on le voit au théâtre : acariâtre et écoutant aux portes, si bien que malgré ses manières peu aimables, il est très drôle. Pas de Madame Barrymore, en revanche, dans cette adaptation.

Les époux Stapleton (Olivier Breitman et Isabelle Thomas) m‘ont également beaucoup plu parce que dès le départ ils dégagent quelque chose de louche, d’étrange, j’ai trouvé. Alors peut-être est-ce dû en partie au fait que je savais à quelles révélations m’attendre à leur sujet, mais ils vous mettent délicieusement mal à l’aise. Sir William (David Macquart), quant à lui est fort sympathique : il a ce côté très avenant et forte tête à la fois des américains. On s’attache rapidement à lui. Enfin Laura Lyons (Anny Vogel) et Billy (Vincent Talon) ne font que de courtes apparitions mais ils apportent chacun juste ce qu’il faut à la pièce. Billy est très drôle, curieux, et plus futé qu’il n’en a l’air, tandis que Laura Lyons fait une très charmante veuve éplorée qui tremble à l’idée de dévoiler son secret.

Côté décors, j’ai été vraiment enchantée : les intérieurs sont parés de couleurs chaudes, c’est riche et douillet et l’on a qu’une envien c’est d’aller s’installer au fond de l’un des fauteuils. On croit sans peine que nos personnages vivent pour de bon entre ces murs de carton-pâte. Les costumes aussi sont très réussi et en plus, si l‘inverness est bien là, on a évité le deerstalker. C’est un détail mais ça fait plaisir ! J’ai apprécié ce petit effort.

En revanche, un point m’a fait tiquer, en dehors des quelques bafouillages vite pardonnés des comédiens. Le docteur Mortimer admire avec fougue l’éminence supra-orbitaire (donc le front) de Holmes… pendant que celui-ci lui tourne le dos… Ca m’a perturbée. En revanche, l’enthousiasme de Mortimer pour le crâne de Holmes m’a beaucoup amusée, parce que moi aussi, déformation professionnelle oblige, il m’arrive régulièrement d’admirer une jolie paire de gonions, par exemple (et là, pour peu que je fasse une remarque sur le sujet, mon entourage me dit heeeeiiiin ? une paire de quoi ?).

Enfin, il est impossible de terminer ce billet sans dire un mot sur les musiques qui rythment le spectacle. Ca n’est pas un point auquel je fais toujours attention, mais là elles m’ont justement marquée parce qu’elles sont bien choisies : vives et tout à fait dans le ton de la pièce.

Bref, un très chouette spectacle, populaire (et c’est un grand  compliment de ma part !), gai et qui donne le sourire tout simplement. A découvrir sans hésiter s’il passe près de chez vous !

PS : les dates de la tournée sont ici.

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7 commentaires sur “Le chien des Baskerville – mise en scène : Jean-Luc Revol

  1. Dorothée dit :

    bon, ben maintenant je veux y aller ! c’est malin vu qu’il ne passe pas dans mon coin 😥

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  2. Matilda dit :

    Quand j’ai vu Olivier Mine = sherlock Holmes j’ai fait un : hein ? très gracieux. C’est peu dire que je l’imaginais très peu dans le rôle mais ce que tu en dis me,rassure. Du coup ça m’aurait bien plu de le voir mais ça ne passe pas du tout près de chez moi.

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    • Méloë dit :

      Je l’avais déjà vu au théâtre il y a quelques années, donc d’un certain côté je ne m’en faisais pas trop, mais en même temps je ne le voyais vraiment pas dans ce rôle là et franchement il propose une interprétation qui passe très bien et qui est personnelle. Peut-être que la tournée passera par l’Est d’ici quelques mois ?

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  3. Ahhhh je ne suis que larmes… Je m’explique : ce spectacle est passé près de chez moi début décembre. J’ai même dit à mon compagnon que j’irais bien voir cette pièce. Mais lorsque j’ai regardé de plus près l’affiche et que j’ai vu Olivier Mine dans le rôle de Sherlock je me suis dis que ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça. Vu ton avis j’ai loupé quelque chose mince! Ça m’apprendra à avoir des préjugés! :/
    Du coup si ça repasse dans le coin je sauras à quoi m’en tenir. 🙂

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    • Méloë dit :

      Oh, c’est dommage ! Je suis la première à avoir des préjugés mais là le thème de la pièce l’a emporté ^^ Je croise les doigts pour qu’il repasse par chez toi, alors.

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  4. sheherazade2000 dit :

    bien d’accord avec toi = holmes et théâtre ça marche super bien – comme j’ai pu le constater au théâtre à bruxelles, l’an passé – je salive évidemment devant ce spectable-ci 😉

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  5. belette2911 dit :

    Hem, en effet, la Belette est en retard de billet, et ça ne va pas aller en s’améliorant ! 😳

    J’avais aimé le majordome, qui surgit toujours de manière inattendue et fait sursauter Watson. Pour le crâne, j’ai aimé la réplique de Holmes quand il dit qu’il a encore besoin de son crâne pour le moment et qu’il ne lui donnera qu’à sa mort.

    Oui, Minne dans le rôle, c’est parfait, sauf la carrure, mais bon, passons, on aurait aimé se retrouver perdue dans la lande avec lui…

    Dommage qu’il n’y avait pas un grand chien pour surgir dans le théâtre, mais j’ai trouvé l’adaptation excellente, compte tenu qu’ils devaient changer des choses.

    C’est bien que Holmes se soit trouvé présent. Maintenant que j’ai relu la nouvelle, vu la pièce et lu l’adaptation playmobil, je fais une soupe avec tout ! 😉

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