Sherlock Holmes – Thierry Saint-Joanis, Alexis Barquin & Pierre Bannier

Sherlock Holmes - collection HerosLe livre :

Depuis 1887, Sherlock Holmes est le détective par excellence. Devenu très rapidement un mythe, avant même la sortie de sa soixantième et dernière aventure en 1927, Sherlock Holmes reste pour certains un héros de fiction né de l’imagination de Sir Arthur Conan Doyle. Mais pour le grand nombre, c’est un homme ‘qui a vraiment existé’ dont les enquêtes sont rapportées par son ami, le docteur Watson.

Dans cet ouvrage de référence, abondamment illustré, les auteurs — membres de la Société Sherlock Holmes de France — vous proposent un portrait de Holmes, une définition de ses méthodes d’investigation, une présentation de ses 60 aventures, une biographie de Sir Arthur Conan Doyle ainsi qu’un panorama des meilleures incarnations du maître des détectives sur tous supports, du cinéma au CD en passant par le théâtre et la bande dessinée.

L’avis du consulting blogger :

Je continue mon exploration de ‘l’étagère Sherlock Holmes’ à la médiathèque avec ce court ouvrage constitué de divers articles rédigés par trois membres de la SSHF.

Publié en 1997, j’ai agréablement constaté que ce bouquin qui ne paye pas beaucoup de mine (surtout après les racommodages subis par l’exemplaire de la biblio) n’avait finalement pas mal vieilli du tout. Seule la section consacrée à Sherlock Holmes et l’ordinateur est réellement obsolète, époque oblige. Et c’est dommage, parce qu’il y aurait des tas de trucs à dire aujourd’hui, surtout quand on voit par exemple l’ampleur et l’implication du fandom sur Tumblr ou sur Facebook, les blogs et sites consacrés au détective consultant qui ont vu le jour ces dernières années, etc. C’est un sujet qui mériterait d’être repris à fond ; je suis certaine que ce serait passionnant.

Dans une moindre mesure, les sections consacrées aux diverses adaptations, ainsi qu’aux études et pastiches, souffrent aussi d’un défaut de mise à jour. Mais je dois avouer que cela ne m’a pas plus dérangée que cela dans la mesure où ça ne sont pas les sections qui m’ont le plus passionnée. Pourtant, l’idée était bonne et l’on y trouve plein de bons conseils (j’ai d’ailleurs noté quelques références au passage) mais j’ai trouvé que la présentation laissait un peu à désirer. En l’état c’est une suite de listes longuettes et pas forcément folichonnes à parcourir.

Le problème c’est qu’il y a tellement d’oeuvres concernées qu’il a bien évidemment fallu exercer des choix, ce que je comprends tout à fait, mais justement, j’aurais aimé que ces choix soit plus souvent expliqués. Quitte à présenter moins d’oeuvres au besoin, mais que les auteurs prennent le temps en quelques lignes de nous raconter pourquoi ils ont retenu tel titre plutôt qu’un autre, qu’ils prennent le temps de réellement nous donner envie de découvrir ces oeuvres.

Mais assez râlé, et passons au reste du livre que j’ai beaucoup plus apprécié. En commençant par la fin, avec deux articles que j’ai tout particulièrement aimés : tout d’abord celui consacré à Arthur Conan Doyle qui est très intéressant parce qu’il est suffisamment long pour pouvoir se permettre d’entrer dans les détails pas forcément les plus connus de sa vie et surtout nous présenter la vie et les travaux d’ACD en dehors de la publication des récits des aventures de Sherlock Holmes. J’ai appris tout plein de petites choses que je n’avais jamais pris le temps de chercher auparavant.

Second article que j’ai beaucoup aimé : celui consacré aux société holmésiennes. C’est un sujet passionnant, qui m’avait d’ailleurs déjà marquée dans Enquête sur Sherlock Holmes et j’ai regretté qu’il ne soit pas traité plus longuement, mais cela donne très envie de creuser le sujet.

J’ai aussi beaucoup aimé les divers articles consacrés à Sherlock Holmes et au Dr. Watson, qui tentent de reconstituer leur biographie, leur caractère… en mettant un peu d’ordre dans les maigres données fournies par le Canon. On n’apprend pas forcément grand chose de nouveau mais les données sont regroupées et posées clairement. Le seul truc qui m’a un poil gênée c’est le manque d’homogénéité dans la façon dont sont notées les références aux diverses aventures, d’un auteur à l’autre (mais c’est un détail)

Par contre, j’ai eu un peu plus de mal avec l’article de Pierre Bannier, intitulé Le mal de vivre holmésien. L’article tient la route, hein, c’est pas le problème, mais j’en ai marre des mecs (des filles et des autres aussi, ne faisons pas de discrimination) qui cherchent systématiquement à psychanaliser Holmes et le voient toujours au choix : a) comme un individu atteint de troubles mentaux (ici il serait cyclothymique) ou b) un écorché vif ayant vécu un traumatisme terrible dans son passé, qu’il n’aurait jamais réussi à surmonter.

Ca me saoule que l’on chercher à réduire Holmes à cela, d’autant plus que l’on en revient toujours aux mêmes propositions sans grande originalité et je ne suis pas du tout convaincue par Le combat personnel d’un homme contre son mal de vivre. Après, je comprends que la personnalité unique de Holmes intrigue tout autant qu’elle fascine et qu’on puisse vouloir chercher à l’expliquer par une étude psychologique mais malheureusement rien de ce que j’ai pu lire sur le sujet pour l’instant n’a su me convaincre. Cela viendra peut-être un jour… ou alors peut-être que ça n’est juste pas mon glass of tea.

Bref, un ouvrage intéressant, qui n’a pas si mal vieilli que cela et pose de bonnes bases pour découvrir le sujet. Il ne révolutionnera pas vos connaissances holmésiennes mais constitue un ‘pense-bête’ pratique.

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13 commentaires sur “Sherlock Holmes – Thierry Saint-Joanis, Alexis Barquin & Pierre Bannier

  1. belette2911 dit :

    Inconnu au bataillon, je ne savais même pas que ce petit livre existait… merci de l’avoir sorti des étagères poussiéreuses 😀

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    • Méloë dit :

      Je ne pense pas qu’il te sera d’une grande utilité, vu que tu maîtrises bien le sujet, mais c’est un chouette petit bouquin quand même.

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      • belette2911 dit :

        C’est juste le côté « collectionneuse » qui parle… 😀 Je maîtrise mieux le sujet depuis que j’ai le Net, plus facile pour les infos 😉

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        • Méloë dit :

          C’est vrai que le net est très pratique, mais j’aime aussi plonger dans les bouquins et puis ça aide à justifier la collectionnite aiguë

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          • belette2911 dit :

            Toutes nos excuses sont faites pour qu’on s’en serve, non ??

            Oui, avec le net, c’est le pied, mais rien ne remplace les livres que je collectionne et qui me prennent 3 étagères, plus quelques débordements… 😉

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  2. Dorothée dit :

    Il faudra que je mette la main sur ce livre… Pour Holmes, je vais te donner mon avis (un de plus), pour moi, c’est un génie misanthrope qui voit le monde tel qu’il ait, je ne le trouve pas si associal que ça : théâtre, dîners, spectacles, il sort pas mal dans le canon, et même au milieu de ses enquêtes ! (la petite liste de l’étude en rouge de Watson n’est d’ailleurs pas si vrai que ça, quand on y réfléchit, et je me demande si Mr. Holmes ne se serait pas f… de lui 😀 ). En tant que génie, il peut se permettre un peu de condescendance vis-à-vis du reste de l’humanité… fin d’analyse 😉

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    • Méloë dit :

      J’aime beaucoup ton analyse et je suis peruadée aussi qu’il se moquait un peu de Watson. Ca marchait tellement bien, il aurait eu tort de se priver !

      PS : dans la même collection, il en existe un sur Arsène Lupin. Tu le connais ?

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  3. […] je faisais directement concurrence, et qu’ils tentaient (péniblement) de relancer en 2014. Un opuscule feignant d’une centaine de pages dans lequel une bonne moitié est consacrée à résumer benoîtement le Canon. Une simple visite […]

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    • Ida dit :

      Bonjour,

      Je profite du ralentissement estival pour découvrir des articles plus anciens de mon blog préféré… Et ne comprenant pas le côté énigmatique de la citation du précédent commentaire, j’ai cliqué sur le lien d’indentification… Puis sur quelques autres pour comprendre de quoi il retourne… Pour me rendre compte que nous sommes là face à une guéguerre d’auteurs. 😉

      Il semble que Saint Joannis ait violemment étrillé le livre de Bastardi Daumont : « Sherlock Holmes Détective Consultant »… et que Bastardi Daumont en ait autant au service de Saint Joannis (dont il conteste sur son site le bien fondé de 95% des « erreurs » qu’il lui attribue – plutôt des coquilles – et qui souligne son manque éventuelle de politesse – il aurait réclamé 5 exemplaires éditeur sans remercier l’auteur – Et puis… Il y a la façon de faire… Ce n’est pas la même chose de dire « Dans ce livre agréable à parcourir, j’ai relevé quelques imprecisions que voici » et dire « Ceux qui connaissent un peu le sujet évoqué par l’auteur se rendront vite compte de la catastrophe » ).

      Difficile de prendre parti sans avoir lu aucun des deux livres, d’autant que pour le lecteur ou la lectrice lambda, on se fiche un peu de savoir lequel serait objectivement le meilleur des deux, le tout dépendant surtout du plaisir qu’on aurait à le lire et la façon dont le livre vient répondre à nos attentes qui sont toujours personnelles… Et puis je me garderai bien de jeter la pierre à qui que ce soit pour une coquille ou une imprécision au sujet d’une oeuvre si dense, si complexe, et dont l’édition n’a pas été moins complexe… Et où l’auteur lui-même s’est emmêlé les pinceaux commettant des confusions chronologiques, ou sur d’autres détails mineurs dans une oeuvre rédigée sur 40 ans ( y aurait-il un critique prêt à les lui reprocher? 😀 ).

      Je ne vois pas de billet de Méloë sur le livre de J.Bastardi Daumont en faisant une recherche… Peut être en fera-t-il l’objet un jour? Ce serait l’occasion de clarifier les choses… Mais bon… On ne va tout de même pas demander à Méloë de tout lire à notre place! 😀 D’autant que sa politique est de nous donner envie de lire des livres! Pas de nous dispenser de le faire 😀 😀 😀 !!!

      A l’occasion, il faudra que je parcourre ces livres… Au hasard d’une flânerie en librairie… Seul moyen de se faire son propre avis plutôt que de s’en tenir aux querelles d’egos!

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      • Méloë dit :

        Ida, vous dépoussiérez là un débat bien plus vieux que la sortie du livre de John Bastardi Daumont. Thierry Saint Joanis (ainsi que la plupart des membres du forum de la SSHF) emploie souvent un ton assez péremptoire lorsqu’ils expriment leur opinion personnelle sur un ouvrage quel qu’il soit et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a souvent de l’électricité dans l’air entre SSHFiens et auteurs. Du moins, pour ce que j’ai pu en voir (et qui ne représente sans doute pas la réalité dans son ensemble). C’est dommage et c’est pour cette raison que je m’exprime très peu sur le forum en question, tout en reconnaissant la richesse des documents et informations accumulés et proposés. De plus, les membres avec lesquels j’ai personnellement discutés se sont montrés extrêmement sympathiques et ouverts mais la situation est un peu complexe et m’échappe en grande partie. Tout ce que je peux dire c’est que je préfère me tenir éloignée au maximum de ces gueguerres qui si elles sont au départ justifiées sont vite envenimées par l’égo de chacun.

        Je n’ai effectivement pas encore lu le livre de M. Daumont car il était beaucoup trop onéreux pour mon budget au moment de sa sortie. Je n’ai donc aucune opinion à son sujet. J’aimerai beaucoup le lire un jour (si ma bibliothèque l’acquiert, par exemple, ou si je le trouve d’occasion). En attendant, je préfère me tenir éloignée du débat 😉

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  4. brett abberline dit :

    Quelques coquilles d’orthographe :j’ai failli arrêter ma lecture à « passionant » avec un n- mais vous sentant passionnée tout comme moi du multivers holmésien – alors j’ai continué ma lecture. Beaucoup de bonnes choses, on aura compris que l’analyse faite sur le personnage nous laisse sur notre faim vu que le livre s’arrête à une date fixe mais que le multivers lui s’est étoffé d’autres aventures et détails. Un aspect intéressant est le nombre de pastiche holmesiens qui pullulent aussi bien en librairie, au cinéma, tentant d’imiter le maître qui était un génie soi- dit en passant. Comment donc distinguer dans toutes ces adaptations, le bon du mauvais, le bon grain de l’ivraie,un travail de valeur à une pale copie commerciale, avec un Holmes tantôt homosexuel tantôt psychopathe etc etc…L’impression est, que plus on s’éloigne du canon et du style de Conan Doyle, plus on aurait tendance à dire que c’est mauvais …Pourtant il faut reconnaître un certain brio dans beaucoup de pastiches. Il y en aurait tant à citer…mais personnellement je ne saurais que trop vous conseiller June Thomson par exemple, pour rester « pur jus canon ».

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    • Méloë dit :

      Merci d’avoir attiré mon attention sur ces erreurs. J’ai pris le temps d’effectuer les corrections nécessaires (du moins celles qui me sautent aux yeux).

      Mis à part cela, je trouve pour ma art (et ça n’est que mon avis personnel) bon nombre de pastiches médiocres. On peut s’éloigner du Canon et écrire quelque chose de brillant, c’est tout à fait vrai mais au vu des quantités publiées chaque année, un tri s’impose !

      J’ai par ailleurs lu un recueil de June Thomson qui ne m’a que moyennement emballée : la langue est cruellement anachronique et les intrigues manquent de subtilité et d’originalité à mon goût. Cela reste cependant une lecture tout à fait divertissante et certainement pas ce que l’on peut lire de pire en terme de pastiche !

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