Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles – Gyles Brandreth

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles(livre lu en VF)
(titre VO : Oscar Wilde and the Candlelight Murders)

Le livre :

En cette fin de siècle trépidante, Oscar Wilde, dandy éclairé, virevolte de mondanités en rendez-vous discrets, lorsqu’un drame vient bouleverser sa vie.

Tandis qu’il s’apprête à écrire Le Portrait de Dorian Gray, il découvre dans un meublé le corps d’un jeune garçon de sa connaissance. Tout semble indiquer un meurtre rituel. Et, en ami fidèle, Oscar Wilde s’est juré de ne pas trouver le repos tant que justice n’aura pas été faite pour Billy Wood.

L’avis du consulting blogger :

C’est chez Matilda que j’ai entendu parler de cette série pour la première fois. A l’époque il m’était impossible de  me procurer ces livres. Plus récemment, Belette en a parlé sur son blog et je n’ai pas réussi à résister plus longtemps. J’achète la plupart de mes livres d’occasion, mais là il me faisait tellement envie depuis tellement longtemps que j’ai fini par craquer à la librairie Breithaupt à Carcassonne.

Je l’ai entamé dans la foulée sur le quai de la gare et dès les premières pages, j’ai été scotchée ! Alors au final, ça n’a pas totalement été un coup de coeur parce qu’il m’a manqué un tout petit quelque chose dans l’intrigue, mais j’ai vraiment adoré l’idée, le cadre, l’ambiance de la chose et je compte bien poursuivre ma découverte de la série.

Oscar Wilde est un personnage que j’admire énormément pour ses écrits et ses traits d’esprit, mais c’est aussi une personne qui me touche beaucoup et pour laquelle j’ai énormément d’affection. Cela peut paraître bizarre de dire cela de quelqu’un que je n’ai jamais connu et je suis incapable d’expliquer à quoi cela tient précisément, mais c’est vraiment un Monsieur qui compte beaucoup pour moi. Du coup, j’adorais l’idée de pouvoir faire sa connaissance à travers un livre, le côtoyer réellement et le fait est que le résultat est terriblement grisant. Si cela est possible j’ai encore plus de tendresse qu’avant pour le personnage maintenant que j’ai refermé cet ouvrage.

Il faut dire que Sherard, à la manière de Watson est un biographe extraordinaire. Il a eu l’extrême chance d’être l’ami intime de Wilde et on sent vraiment qu’il avait de l’affection pour lui et l’admirait et il rend cela parfaitement bien dans ses écrits. il n’a pas l’esprit aussi vif que son Wilde et se retrouve bien souvent cantonné au rôle de suiveur mais comme lui, il est loin d’être stupide, a une amitié et une confiance absolue en Wilde et relate consciencieusement ses enquêtes. Comme Watson également, il ne peut s’empêcher de jouer les jolis coeurs et sur ce point là, les deux biographes sont aussi gentiment agaçants. Sherard nous dresse un portrait à la fois drôle, fascinant et touchant du personnage, c’est magnifique. 

La comparaison Watson/ Sherard saute immédiatement aux yeux, mais je n’aurais jamais spontanément pensé à comparer Wilde à Sherlock Holmes. Les comportements de ces deux individus, leurs conceptions de la vie semblant tellement opposés, même s’il s’agit de deux excentriques chacun dans leur genre. Et pourtant, cela fonctionne parfaitement. Wilde a l’esprit vif et est un très fin observateur du comportement humain. Donc après tout pousser ses talents jusqu’à la déduction et l’analyse pourquoi pas ? Il a même sa propre bande d’Irréguliers à son service. En tous cas c’est très convaincant et j’ai littéralement fondu lorsqu’il annonce Mon esprit se rebelle contre l’immobilisme. J’abhorre la morne routine de l’existence. La citation originale de Holmes est ma citation préférée au monde, celle qui me correspond le plus et que j’ai définitivement adoptée il y a quelques années déjà, alors la découvrir ici dans la bouche de Wilde, c’était juste parfait !

Je trouve que la transposition/imitation fonctionne parfaitement, sans que ce duo soit fade par rapport à son modèle ou ne traîne une sale odeur de réchauffé. On y croit juste à fond et c’est vraiment très habile.

Et puis, ce qui est jubilatoire dans ce roman c’est que l’époque, le cadre sont parfaitement recréés : les références culturelles, littéraires, comportementales sont tellement nombreuses ! On retrouve Darwin et son bouledogue (l’homme, pas le chien), ACD, Dickens… C’est jouissif de croiser tous ces personnages et le bouquin regorge tellement de détails précis qu’on a vraiment l’impression d’évoluer parmi ces dandys et les aphorismes connus de Wilde s’intègrent parfaitement au récit comme s’ils étaient réellement nés dans ce contexte et on a beau les reconnaître, on les redécouvre presque comme si c’était la première fois. Je suis vraiment totalement amoureuse de l’ambiance de ce premier volume et j’espère vraiment retrouver cela dans la suite.

Côté intrigue, en revanche, je suis un poil moins enthousiaste. Je le disais au tout début, il m’a manqué un tout petit quelque chose au niveau de l’enquête pour que cela soit un évritable coup de coeur. Cela vient peut-être tout simplement de moi et de ma lecture fractionnée de la fin de l’ouvrage, mais j’ai trouvé son déroulement un peu chaotique. En soi, le fait que l’intrigue se déroule sur une aussi longue période n’a rien de gênant si l’on progresse régulièrement mais là j’ai trouvé l’ensemble bizarrement rythmé. Il ne se passe rien pendant 5 mois et tout à coup tout s’accélère sans que l’on ait bien le temps de tout voir venir et les révélations finales sont un peu brutales. Il y a des éléments qui sont assez évidents depuis une bonne moitié du bouquin et du coup ça aurait pu être intéressant d’étaler leur révélation de façon plus progressive.

Mais le sujet  de l’enquête en lui-même et ce qu’il révèle de l’époque, de ses moeurs est passionnant. Et je trouve ça incroyablement logique de la part de Sherard de ne pas voir où est le problème et de ne pas ressentir la moindre culpabilité lorsqu’il couche avec la future épouse de son nouvel ami, mais par contre d’être choqué à mort quand il découvre que le dit ami préfère les hommes (célibataires). C’était certes une réaction normale pour l’époque, mais sérieusement ils se seraient posés 2 secondes pour réfléchir les cocos, ils auraient vue l’abhération de ce raisonnement. Enfin bref. C’est vraiment très intéressant et instructif et sans que cela vienne rompre le ton très humoristique de l’ensemble, j’ai aimé cet aspect grave des choses qui vient montrer que l’époque victorienne a beau en faire swooner certains et certaines aujourd’hui, tout n’était pas rose, loin de là. Cette étude anthropologiue de l’époque est juste fascinante.

Bref, une superbe découverte avec ce roman traduit par un certain Monsieur Dupin (ça ne s’invente pas !). Vite la suite !

Le site officiel de l’auteur

Acheter le livre sur Amazon

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

12 commentaires sur “Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles – Gyles Brandreth

  1. estellecalim dit :

    Il est dans ma PAL, mais je n’ai pas encore trouvé le temps de le lire. Ton billet me donne envie de le ressortir 🙂

    J'aime

  2. J’ai adoré ce livre, acheté peu après sa sortie. Les tomes suivants sont bons – à différents degrés – mais le premier reste mon préféré. L’auteur est vraiment resté fidèle à la personnalité de Wilde et j’ai trouvé l’ensemble très juste. (Les allusions à Rossetti et à des auteurs que j’aimais n’étaient pas pour me déplaire non plus !) Je me suis sentie chez moi dès les premières pages et je n’avais pas envie de le finir. Savouré du début à la fin.

    J'aime

  3. Entièrement d’accord, contente que cela vous est plu !!!! Je lis ou plutôt relis Meurtres au Vatican, mais relaté par Conan DOYLE , pour l’instant, et on sent tout de suite la différence de narration, il est ami de Wilde, mais un plus enclin au jugement sévère, plus jeune que lui, mais beaucoup plus sérieux, et c’est drôle de les voir ensembles amis et si différents, la sensation que DOYLE est un peu plus hypocrite ou malin , prudent ? bien dans son époque !!!! ( personnellement je préfère quand c’est Shérard qui raconte , le dernier livre de la série  » pour l’instant ??? «  » m’a fendue le cœur !!!!!!!! 😀

    J'aime

    • Méloë dit :

      Oh, ça doit être très intéressant, un volume écrit du point de vue de Conan Doyle, même si j’avoue que pour l’instant j’ai un faible pour la plume de Sherard. En tous cas, cela me donne vraiment envie de dévorer les tomes suivants.

      J'aime

  4. belette2911 dit :

    En effet, il manquait un poil pour que l’intrigue soit un peu plus rythmée et moins longue. Dommage, mais il rectifie le coup dans le tome 2, plus enlevé.

    Oui, je rigole aussi de cette aberration ! Un homme peut coucher avec la femme de son ami, mais son ami ne peut pas coucher avec un homme… comme quoi ! 😉

    J'aime

  5. Dorothée dit :

    J’adore la série ! et comme le dit Belette, les intrigues montent en qualité par la suite !

    J'aime

    • Méloë dit :

      J’attends de voir ça. Bon, je ne sais pas encore quand vu le nombre de bouquins qui attendent que je les lise, mais j’espère quand même ne pas trop faire traîner la suite de cette série.

      J'aime

  6. […] Consulting Blogging […]

    J'aime

Comment at once if convenient.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s