L’aventure des sept horloges – Adrian Conan Doyle

L'aventure des sept horloges

(livre lu en français)
(titre original : The Adventure of the Seven Clocks)

Le livre :

Pourquoi la jolie Celia a-t-elle pris rendez-vous avec Sherlock Holmes ? L’homme dont elle est amoureuse la terrifie ! Au moindre tic-tac, le voilà qui brandit sa canne et l’assène violemment sur la pendule la plus proche.

Il faudra toute la perspicacité du plus grand des détectives pour comprendre la raison de ce geste fou.

L’avis du consulting blogger :

Je suis tombée sur ce livre tout à fait par hasard. Enfin… par hasard en fouinant sur l’étagère ‘Doyle’ de la médiathèque, quoi… Vous me comprenez. Anybref, une fois repéré, il était hors de question que je ressorte sans ce court pastiche publié par le plus jeune fils d’Arthur Conan Doyle. J’adorais l’idée qu’il ait eu envie d’éditer à son tour les récits du Docteur Watson et j’avais envie envie depuis un petit moment de découvrir ces pastiches. Cela-dit, mon enthousiasme est malheureusement très vite retombé et j’ai été globalement plutôt déçue par cette nouvelle…

Adrian Conan Doyle a beau vouloir faire passer la chose pour le récit véritable d’une untold story, je n’ai pas été convaincue un instant. Pourtant, l’histoire démarre plutôt bien et l’ensemble se lit sans trop de peine, mais le gros souci, c’est que les explications apportées ne sont pas du tout convaincantes. On a un type qui fracasse la moindre horloge qu’il entend, du coup, face à un point de départ si grotesque on attend quelque chose d’un peu original, spectaculaire. Au final le phénomène et son explication sont totalement disproportionnés l’un par rapport à l’autre. J’ai trouvé la solution terriblement décevante et sans intéret. Bon, c’est totalement subjectif, hein, j’en conviens, mais j’attendais tellement quelque chose d’autre, quelque chose de plus follichon. Là, c’était vraiment tout ça pour ça ? Et puis alors ce bout de romance ridicule et totalement irréaliste… Mon dieu que les jeunes filles/femmes peuvent être cruchonnes quand elles tombent amoureuses !

Du côté du style, on retrouve un certain nombre de caractéristiques du Canon, mais le résultat est assez caricatural et finalement assez loin assez loin de la plume du Docteur. Il y a trop de dialogues et Watson est complètement crétin dans ce texte : genre il est à peine marié depuis quelques jours qu’il fait déjà du charme à la première donzelle qu’il croise. Et en plus quand il en parle à sa femme qu’il retrouve tout juste après quelques jours d’absence et lui annonce qu’il part passer la soirée avec Holmes et la charmante demoiselle évoquée plus haut, il ne comprend pas que Madame soit légèrement vexée…  

Et puis il passe son temps à ne rien comprendre, à insister lourdement là-dessus, tandis que Holmes passe son temps à ne rien expliquer. Alors je sais bien que ce dernier aime bien avoir tout dénoué ou presque et choisir lui-même le moment propice avant de dévoiler le fruit de ses déductions, mais dans le Canon cela passe aisément, parce que dans l’intervalle il se passe autre chose et que Holmes procède tout de même à un certain nombre de déductions devant Watson. Là, Watson passe son temps à se lamenter de ne rien comprendre à ce qui l’entoure tandis qu’on a l’impression que Holmes n’en a un peu rien à carrer de lui. Le duo ne fonctionne pas, il n’y a aucune complicité entre Holmes et Watson. On a l’impression d’avoir à faire à deux imposteurs et c’est terriblement frustrant.

Sans compter qu’il y a un nombre insupportable d’éléments incohérents/inexpliqués dans ce court texte. Alors, soit il a sérieusement été ratiboisé à la traduction, soit ce bon vieux Watson perd complètement la boule et on comprend alors mieux pourquoi il n’a strictement rien saisi à l’affaire lorsqu’il l’a vécue. Il évoque vite fait des trucs soit disants expliqués plutôt dans le texte. Sauf que ça n’est pas du tout le cas… Déjà que je ne trouvais pas le portrait terrible-terrible mais si en plus il n’est pas capable de tenir son rôle correctement, on ne peut plus suivre l’intrigue…

La seule chose que j’ai aimé dans cet ouvrage, finalement, ce sont les illustrations. Et pour le coup, je peux même dire que je les ai adorées. Henri Galeron s’inspire très fortement des dessins de Sidney Paget et c’est vraiment chouette, parce que le résultat est juste très beau et puis j’adore ce clin d’oeil, pouvoir identifier les illustrations originales derrière celles crées pour l’histoire. J’imagine qu’un jeune lecteur ne voit pas forcément tout cela et qu’il se contente d’apprécier le trait de la chose sans aller plus loin, mais c’est très sympa d’avoir droit ainsi à un deuxième niveau de lecture, quelque part.

Enfin, juste un mot sur les quelques petits jeux accompagnant cette édition : censés prolonger l’ambiance de la lecture chez le jeune lecteur, ils m’ont personnellement eu l’air un peu simplistes, mais je n’avais aucune victime à disposition pour les tester réellement.

Bref, assez grosse déception pour cette nouvelle. L’intrigue est rasoir au possible et le le texte bourré d’incohérences. Problème de coupes / traduction ou pas ? Heureusement que les illustrations de cette édition sont fort plaisantes à contempler.

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14 commentaires sur “L’aventure des sept horloges – Adrian Conan Doyle

  1. sheherazade2000 dit :

    bon, si c’est une déception, je suis contente car les écrits d’adrian conan doyle et les pastiches de john dickson carr sont introuvables en V.O.

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    • Méloë dit :

      Pour le coup, vois-tu, cela m’intéresserait bien, pourtant, de mettre la main sur un exemplaire VO, histoire de vérifier si tous les passages qui ‘déconnent’ ne sont pas simplement dûs à la traduction. Ca m’est arrivé avec un Agatha Christie et c’est visiblement assez courant dans les traductions destinées à la jeunesse…

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  2. ce livre fait partis de ceux que j’ai donné o mon petit fils de ( bientôt 11 ans )) il l’a survolé disons, mais il a sauté directement aux jeux , qui l’on très vite ennuyés d’après ce que j ai vue !!!!!! mais l’histoire était pourtant bonne au départ , dommage, et puis j’ai horreur que l’on maltraite le DOCTEUR WASTON «  » que l’on soit le fils de SIR CONAN DOYLE ou pas…….. non mais 😉

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    • Méloë dit :

      Je déteste aussi que l’on maltraite ce cher Watson. C’est un personnage formidable. Peutêtre pas aussi brillant que Holmes au premier abord, mais quand on prend le temps de faire attention à lui, on découvre vraiment à quel point cet homme est juste parfait face à Holmes : intelligent, bon et patient. C’est tellement dommage d’en faire un crétin fini.

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  3. Stephane dit :

    Attention aux mauvais procès à l’auteur à partir d’une édition qui maltraite le texte ! La nouvelle fait partie des « Exploits de Sherlock Holmes », un ensemble de nouvelles pastiches tout à fait honorables du fils de Conan Doyle et de J.Dickson Carr. facile à trouver en poche pour une bouchée de pain… Elle est tout à fait lisible et l’intrigue limpide même si ce n’est pas la meilleur du lot, loin de là !

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    • Méloë dit :

      C’est bien pour cela, que j’évoque un éventuel problème de traduction/édition dans ma chronique et que je réponds à Sheherazade que j’irais bien plonger le nez dans une édition en langue originale pour me faire une opinion plus juste de ce texte.

      Le recueil que vous évoquez figure dans ma liste d’ouvrages à dénicher/lire depuis quelques temps mais je n’ai pas encore eu l’occasion (pour diverses raisons) de m’y plonger. Mais votre commentaire m’incite à ne pas l’oublier !

      Après, l’appréciation d’un pastiche est quelque chose de très subjectif et traduction ou texte original, tous les textes n’enthousiasment pas forcément les mêmes personnes. En l’occurence, ici je ne sais pas si l’accès au texte original changera grand chose au fait que la résolution de l’intrigue ne m’ait pas convaincue du tout… Je verrais bien. En tous cas, pour l’instant et sous cette version, ce texte ne m’a personnellement pas du tout plu.

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      • Stephane dit :

        Oui, il est facile à trouver chez le Livre de Poche sur les sites d’occasion, n’hésitez pas ! Il y a quelques bonnes nouvelles dans ce recueil et Adrian Doyle ne « maltraite » certes pas l’œuvre de son père. Peut-être on t-il voulu grossir le trait et simplifier l’intrigue pour les enfants ? Après la maladresse de Watson envers sa femme y est bien, mais cela passe très bien comme un peu d’humour 😉

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        • Méloë dit :

          Merci pour ces précisions sur le recueil. Ce que vous en dites me fait effectivement penser à une réécriture (non mentionnée comme telle) du texte pour un jeune public. Ce ne serait pas la première fois !

          La maladresse de Watson m’aurait moins agacée je pense, s’il n’y avait pas eu tout le reste. Effectivement, cela peut très bien passer comme un trait d’humour, si le reste du texte ‘tient la route’.

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  4. Morgaut dit :

    En tant que traducteur, je tiens à préciser que rien n’a été « ratiboisé » à la traduction, car nous sommes partis de l’édition anglaise « officielle »… Pour le reste, même s’il me faut admettre que certaines de vos critiques me paraissent fondées (notamment sur la lourdeur et la goujaterie de CE Watson-là), j’ai eu d’autres avis plus positifs, compte tenu du fait que le talent n’est pas forcément héréditaire, et que cette brève nouvelle ne prétendait être, je crois, rien d’autre qu’un clin d’œil… La critique est forcément —et se doit d’être— subjective…

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    • Méloë dit :

      Merci d’être passé et d’avoir apporté cette précision. C’est rassurant de savoir que le texte original n’a pas été coupé à la traduction, ce que j’ai pu voir parfois. Je tiens également à vous présenter mes excuses si la façon dont j’ai formulé certaines remarques à pu vous blesser. Cela n’était pas mon but.

      En revanche, je revendique mon droit à la subjectivité. C’est le principe même sur lequel a été fondé ce blog : parler de mon ressenti, donner une appréciation personnelle que j’essaye d’argumenter mais qui ne cherche à aucun moment à suivre les règles de la critique traditionnelle et professionnelle.

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  5. Philippe Morgaut dit :

    Meloë : je vous remercie à mon tour de votre réponse, si courtoise. Vos interrogations, compréhensibles, ne m’ont blessé en rien. Les Éditions Gallimard sont réputées pour leur sérieux et chaque texte, même sans prétention, est passé au crible de plusieurs corrections. Mais il faut s’entendre sur le sens des mots. Parler de votre « ressenti », c’est la définition même d’une démarche résolument et ouvertement subjective, ce qui justement vous honore car trop de critiques prétendent à une « objectivité », à la fois impossible et sans le moindre intérêt, pour juger (en fonction de quels critères objectifs, scientifiques, absolus?) un texte. Votre « ressenti », c’est à dire votre subjectivité, est celui d’un lecteur (au neutre…) à la sensibilité affinée et plus attentive que la moyenne, qui s’efforce en outre d’argumenter, c’est à dire d’analyser son sentiment, son impression, en s’efforçant de convaincre, c’est en cela qu’il est intéressant. Il n’est pas de vérité objective ni absolue dans la création, quelle qu’elle soit, il n’est que des opinions, des points de vue personnels. Ce que vos lecteurs attendent de vous, c’est VOTRE avis personnel (=subjectif) pour éclairer le leur en élargissant leur vision, comme dans chaque confrontation d’idées, et plus encore, de « ressenti ». Je souhaite donc le meilleur avenir à votre blog et vous sais gré de votre intérêt.

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  6. brett abberline dit :

    je rejoins l’avis de stéphane, cette nouvelle fait partie des exploits de sherlock holmes, livre de nouvelles très intéressant pour ne pas dire excellent

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  7. brett abberline dit :

    je viens de retrouver le bouquin et je peux vous assurer que les nouvelles suivantes sont excellentes: L’aventure du miracle de Highgate, L’aventure de Foulkes Rath, L’horreur de Deptford…Je m’inquiète un peu quand même sur le bien fondé de la subjectivité/objectivité sur le site, cet propension des blogs qui peuvent déformer la réalité, l’augmenter etc, et influer sur les ventes aussi , en passant par le prisme le spectre d’une sous-information parfois. J’ai lu divers avis sur le livre certains ont crié à l’escroquerie par rapport au A…pour adrien et non arthur…Mais l’ensemble des douze nouvelles est excellent…Je pense a Sherazade 2000 qui n’ira pas plus loin tellement convaincue que john dickson carr…n’est pas un bon auteur

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  8. brett abberline dit :

    J’ai relu la nouvelle d’une traite cet après-midi. Certes pour illustrer l’ensemble du bouquin c’est peut-être pas le meilleur choix, mais l’ensemble de la nouvelle est intéressante et plutôt bien écrite. Il s’agit d’un homme qui ne supporte pas la vue des horloges et au grand dam des convives qui l’entourent, se met à briser celle-ci avec sa canne. Le mystère repose donc sur ce fait. L’enquête révélera qu’en réalité, c’est le tic tac qu’il ne supporte pas du fait que celui-ci rappelle celui d’une bombe. Le jeune homme en question n’est autre qu’un aristocrate russe de la famille du tzar, pourchassé et menacé de mort. Intrigue rasoir pas du tout…Certes Holmes semble faire des déductions très rapidement je le concède. Mais l’ensemble ne vaut pas une diatribe aussi virulente que celle que j’ai lu précédemment. Je me contenterai à l’avenir de ne venir voir que les nouveautés et autres curiosités et dédaignerais sans nul doute les critiques.

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