L’oeil du corbeau – Shane Peacock

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(livre lu en français)
(titre VO : Eye of the Crow)

Le livre :

Printemps 1867. Une femme est sauvagement assassinée dans une ruelle de Londres. Non loin de là, un jeune garçon de 13 ans rêve d’une vie meilleure.
Il s’appelle Sherlock Holmes. Et il est fasciné par ce fait divers sordide. Il décide d’en savoir plus, de rencontrer l’accusé. Commence alors une contre-enquête qui le rend suspect à son tour…

L’avis du consulting blogger :

Le Canon est tellement pauvre en informations sur le sujet que visiblement de nombreux auteurs ont envie de raconter ce qu’ont pu être l’enfance et l’adolescence de Sherlock Holmes. Hors, si c’est parfois très réussi comme dans Prélude de François Pardeilhan, le résultat peut aussi être, comme ici, catastrophique.

J’ai emprunté le premier volume de cette série à la médiathèque sans trop savoir à quoi m’attendre, mais la couverture et le synopsis étant plutôt attirants je ne me suis pas vraiment posé de question. Et c’est avec beaucoup d’entrain que j’ai démarré cette lecture… avant de rapidement déchanter.

En effet, dès les premières pages, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre les choix effectués par l’auteur… Alors je sais bien que John Watson ne nous livre que très peu de choses sur la jeunesse de son ami, mais quand même, il révèle quelques détails tout à faits exploitables. Alors pourquoi les ignorer totalement pour créer de toutes pièces une histoire qui non seulement n’est pas fidèle aux faits du Canon mais en plus ne tient pas la route sur le simple plan de la logique et de la crédibilité ?

Les parents de Sherlock Holmes sont censés être de petits propriétaires terriens, alors pourquoi en avoir fait un gamin pauvre à l’histoire sordide (et encore, cela ne fait qu’empirer au fil des pages, jusqu’à attendre des sommets de ridicule SPOILER : avec l’assassinat de la mère du jeune homme) ? Pourquoi aussi avoir jouté à l’équation la question de l’antisémitisme courant de l’époque ? C’est pas raccord avec le Canon, et ça ne présente pas grand intérêt, surtout que l’auteur insiste encore et encore sur ces circonstances de façon très lourde et ça n’est vraiment pas très intéressant, ni utile, ni crédible.

Alors je sais bien qu’une fois que l’on a éliminé l’impossible, ce qui reste aussi improbable soit-il doit être la vérité. Mais là on atteint des sommets ! Cela en devient grotesque et ridicule. Le coup du porridge tellement épais qu’on peut y mouler une clef qui durcit à l’air pour ouvrir la porte de la cellule m’a achevée… Je vous jure, même Mc Gyver ne l’a jamais faite celle-là.

Et puis alors la partie de quilles avec des ossements humains ! Allo, non mais allo quoi. J’ai rarement entendu quelque chose d’aussi anatomiquement stupide. Surtout que l’auteur prend le temps d’expliquer en détail que des os sont posés à la verticale tandis qu’un crâne sert de projectile. Alors comment dire… J’aimerai beaucoup que Shane Peacock me montre comment il fait tenir debout un os long. Quant au crâne sans compter qu’il n’est pas du tout l’ustensile le plus pratique pour un tel usage, risque de ne pas survivre bien longtemps à un tel traitement. Anybref.

L’auteur s’enfonce de plus en plus dans le ridicule au fil des pages à vouloir accabler ce pauvre Sherlock Holmes d’une existence misérabiliste destinée à émouvoir le lecteur (cette pauvre victime est obligée de voler le pain des pigeons pour se nourrir et de dormir dans la niche d’un chien puant…). Malheureusement, c’est l’effet inverse qui se produit : soupirs de désespoir et soufflements agacés se sont enchainés au fil de ma lecture qui ne m’a tiré aucune larme. Ou à la rigueur des larmes de rires face à un récit si grotesque.

Quant à l’enquête, elle ne tient pas vraiment debout non plus : certains passages trainent inutilement  en longueur, tandis que notre jeune héros enchaine les choix profondément stupides. Pour un esprit aussi brillant, il n’est pas très malin lorsqu’il s’agit d’identifier un coupable. Il connait la couleur de ses yeux, l’apparence de son carrosse ainsi que celle de son cocher mais il ne cherche pas un instant à commencer par vérifier ces détails parmi sa liste de suspects. Il s’introduit chez chacun d’entre eux clandestinement, nuit après nuit pour chercher une hypothétique preuve. Et forcément, celui qu’il recherche est le dernier à qui il rend visite sinon ça ne serait pas drôle. Tssss.

Puis alors, l’épilogue est vraiment la cerise sur le gâteau. Shane Peacock cherche visiblement tout au long de son roman à trouver les raisons qui poussent Sherlock Holmes a créer sa propre profession quelques années plus tard. Mais là encore c’est grotesquement raté. L’auteur veut faire de Sherlock Holmes un espèce de héros pychologiquement torturé et maltraité par la vie, à l’idéal chevaleresque qui ne correspond pas du tout au personnage. C’est ridicule parce que Sherlock Holmes n’a rien d’une victime, nom d’un petit bonhomme !

Du coup, pour compenser ses élucubrations, Shane Peacock essaye de caser beaucoup trop de références et éléments du Canon dans son roman. Irene, Doyle, Lestrade, Stamford : tout le monde est là, ça grouille de partout mais ça ne tient pas debout. Même Moriarty est là, sous le pseudonyme de Malefactor, en chef de la bande des Irréguliers… Seriously ? Il en fait trop, accumule les éléments sans logique ni justification. Et ça n’est pas en casant ces références maladroites qu’il réussit à améliorer le niveau de son roman.

Bref, ce bouquin est grotesque et ne tient pas un instant la route. Sans même parler de l’aspect holmésien qui est totalement maltraité, l’intrigue frise le ridicule. Si je suis allée au bout de l’ouvrage, c’est vraiment en me forçant et je doute fortement que je lirais la suite.

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25 commentaires sur “L’oeil du corbeau – Shane Peacock

  1. belette2911 dit :

    Je vois que tu ne l’as pas aimé du tout… Ok, je suis d’accord avec le fait qu’il est miséreux alors que ses parents étaient de petits propriétaires terriens. Pas compris non plus le côté juif, mais j’avais lu l’histoire sans me poser de question, juste pour le plaisir.

    Le porridge tellement épais que l’on peut y mouler une clé, c’est peut-être un coup de pied dans le tibias de ce truc infecte et infâme… L’auteur traumatisé par le porridge ? Nous avons bien parfois du brouillard à couper au couteau, l’auteur a sans doute confondu une expression « un porridge aussi épais que j’y ai moulé une clé dedans » avec la réalité. 🙂

    Oui, il y a des choses grosses, des choses éloignée du canon et trop éloignées, des erreurs et des trucs improbables, mais j’avais passé là-dessus parce que j’avais pas envie de me casser la tête. Mon état d’esprit dans lequel je commence la lecture est important, je peux passer des choses énormes et ensuite caler net sur des détails.

    Bon, ce n’était pas un chef-d’œuvre, loin de là, mais j’avais passé un bon moment.

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    • Dorothée dit :

      mais si, mais si, c’est bon le porridge, quand c’est bien préparé ! (et avec du golden sirup et des pepites de chocolat -fruits secs – noisettes … de préférence 😉 )

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    • Méloë dit :

      Je vis les choses exactement de la même façon : l’état d’esprit dans lequel je suis au moment de me plonger dans un livre a une énorme influence sur l’appréciation que j »en aurai. Mais justement là, j’étais vraiment plutôt bien disposée en entamant ma lecture…
      Pourtant, je ne suis pas toujours forcément hyper exigeante. Par exemple, si les bouquins d’Andrew Lane sur le même sujet sont loins d’être des chef d’oeuvres, je les trouve quand même très divertissants. Mais là, je n’ai vraiment pas accroché. Tant pis.

      Quant au porridge, c’est cro bon ! En tous cas, moi j’adore !

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      • belette2911 dit :

        Oui, on attend parfois énooormément d’un livre et paf, on est déçue. Je l’avais été avec les livres de Carol Nelson Douglas et ses livres ayant pour personnage principal Irene Adler. Grosse déception !

        J’ai bien aimé les livres de Lane qui, bien que parfois un peu « enfantins » m’ont bien plu.

        Nan, je ne mangerai pas de porridge !

        Au fait, comment as-tu réussi à mettre tes « suiveurs » de FB sur WP, toi ? J’ai juste réussi à mettre un badge et c’est tout. J’ai visionné un tutoriel mais il parlait d’une option que je ne possède pas sur mon WP.

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        • Méloë dit :

          Tu vas dans réglages, partager au niveau de la barre d’outils latérale de WordPress. Et là, tu peux connecter tes différents comptes sur les réseaux sociaux à ton compte WordPress. En revanche, pour FB, je pense que ça fontionne uniquement si tu as une page. Je ne pense pas que tu puisses connecter un compte perso.

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          • belette2911 dit :

            J’ai connecté mon twitter et mon FB, WP publie à ma place dans les deux, mais j’arrive pas à mettre tous les amis comme toi. Je me demande parfois si les mises en pages que nous choisissons n’ont pas des options différentes.

            De toute façon, demain, j’irai revoir en tenant compte de ce que tu m’a gentiment expliqué… Tanks ! 🙂

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            • Méloë dit :

              Ah ok, alors tu parles du Widget, dans la sidebar. L’option Facebook est disponible dans la liste de tous les widgets que tu peux mettre en place. Tu entres le nom de ta page et tes ‘fans’ apparaissent (pas tes amis). Mais pour ça il faut avoir créé une page Fan Facebook.

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              • belette2911 dit :

                Oui, j’aurais dû préciser, mais tu sais, les mots informatiques, je les connais pas tous 🙂

                J’ai une page FB et j’ai cliqué sur la tienne pour dire que je l’aimais. Oui, j’avais fait ça par le widgets, mais que du vide ! Pourtant, j’ai des amis sur FB… Mais je ne sais pas si j’ai des fans… voilà peut-être l’origine du problème, pas de fans qui ont liké ma page. Euréka !

                Yvan, Bianca, ils n’ont pas les « fans » mais un bouton j’aime… que c’est compliqué tout ça ! Le problème c’est que je fais des tas de choses et que ensuite, j’oublie comment j’ai fait…

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                • Méloë dit :

                  En fait sur Facebook, il ya deux choses bien différentes : un profil, sur lequel tu ‘collectionnes’ les amis. C’est là où l’on te demande des infos personnelles, la condition nécessaire pour ouvrir un compte sur le réseau ET une page fan, que les gens peuvent aimer sans que tu aies à valider leur demande, puisqu’aucune info personelle n’apparait. La page fan c’est ce qu’utilisent (entre autre) les entreprises pour communiquer.

                  Donc, pour utiliser le widget, il faut qu’en plus de ton compte perso, tu créés une page ‘entreprise’.

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                  • belette2911 dit :

                    D’accord ! Je me demandais comment faisaient les autres pour m’envoyer leurs pages fans afin que je la like et que sur mon entête n’apparaissait pas le logo « j’aime ».

                    Pff, j’ai encore des choses à apprendre moi, sur FB Pour les infos persos, j’ai bidouillé n’importe quoi, j’habite à Londres, au 221b… et j’ai fait mes études à Poudlard et je bosse chez Babelio.

                    Je vois mieux, maintenant… Merci pou les infos ! 😉

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                  • belette2911 dit :

                    Il faut mieux prendre « entreprise » ou « divertissement » ? Et ensuite, quelle catégorie choisir pour la littérature ?

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                    • Méloë dit :

                      Alors moi, j’avais choisi ‘People; fictional character’, mais tu dois pouoir aussi choisir ‘site web’ ou un truc du genre. J’avoue que c’est un peu complexe de décider. Mais au final ça ne change pas grand chose au niveau du résultat.

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                    • belette2911 dit :

                      J’ai tranché et pris « personnage de fiction » un truc dans le genre, mais j’ai réussi à le faire ! Hip-hip-hip-hourra !

                      Merci pour les bons tuyaux, « Ugli » (voir une série avec Ugli les bons tuyaux). 😉

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  2. Dorothée dit :

    petit moment de panique : c’est normal que je ne puisse pas ouvrir le spoiler ??
    ça ne donne pas envie du tout, du tout (j’ai déjà beaucoup de mal avec la littérature pour ado en général, mais là…si on touche à Sherlock !) Je visualise bien la partie de quille par contre (encore morte de rire alors que j’écris 😉 ).

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    • Méloë dit :

      bizarre pour le spoiler. Normalement en surlignant la zone, il apparait…

      De mon côté, j’aime plutôt bien la littérature pour ado. Il y a un peu de tout niveau qualité, mais on arrive à trouver quelques trucs vraiment sympas habituellement. Sauf que là…

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  3. Dorothée dit :

    par rapport au misérabilisme de cette version, je réagis à un truc qui m’a toujours embêté dans le canon : Holmes vient d’un milieu aisé, et fait même racheter le cabinet de Watson a un cousin… donc, pourquoi a-t-il besoin d’un colocotaire ?? surtout qu’il garde l’appartement quand Watson se marie (les 2 ? 3 ? 10 fois ?? 😀 ). Donc, je me dis, tiens, il a beau critiquer l’ami Dupin (ouf, bonne initiale du premier coup 😉 ), oui, il a beau le critiquer, mais, comme lui, il a besoin de son public ! le brave Watson ! pas si mysanthrope, notre Holmes…

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