I am sherlocked

Pour marquer l’ouverture officielle de ce blog j’ai choisi de traduire et reprendre un billet originellement posté en 2012 à l’occasion de la Sherlock Holmes week. Il s’agit de vous raconter comment j’ai fait la connaissance du personnage et pourquoi je me suis immédiatement tant attachée à lui.

J’avais 10 ou 11 ans lorsque j’ai fait la connaissance de Sherlock Holmes et du Dr. Watson, et sans un professeur de français particulièrement bien inspiré en classe de sixième, je serais peut-être encore passée à côté de ces formidables personnages pour de nombreuses années.

Cette première rencontre a été une véritable révélation : j’ai toujours été fan des histoires d’enquêtes, de détectives… et j’avais quelques héros dans ce domaine, comme Fantômette, mais jamais encore je n’avais rencontré un personnage qui m’ait si immédiatement et durablement fascinée que Sherlock Holmes. Jamais je n’ai aussi rapidement admiré et respecté un personnage que je rencontrais à peine.

Les six Napoléons

Mon tout premier recueil de nouvelles holmésiennes, ‘dans son jus’.

Tout a commencé en classe de sixième donc, lorsque notre prof de français nous a demandé d’acheter un recueil de chez Librio contenant 4 nouvelles du Canon : SIXN, TWIS, SILV, NAVA. L’idée de faire la connaissance d’un nouveau détective m’excitait follement, du coup, je me suis plongée dans le recueil sitôt acheté et la révélation a été immédiate : j’ai tout de suite été éblouie par l’esprit brillant de Holmes et sa méthode. Et ça a été aussi simple que ça : j’ai dévoré l’ouvrage… et j’en ai réclamé d’autres. Jamais jusqu’alors je n’avais rencontré de détective si génial.

Et puis, là où je me rendais bien compte que mes lectures d’enfance, pour si excitantes qu’elles soient étaient basées dans un imaginaire très improbable, où les enfants sont libres de jouer les détectives de jour comme de nuit sans intrusion de leur parents et où les méchants ne sont jamais bien dangereux, en découvrant les aventures de Sherlock Holmes j’étais subitement plongée dans un monde adulte et bien réel, où l’aventure n’est pas sans danger.

J’étais tellement fascinée par la science de la déduction, que j’ai voulu aussitôt l’appliquer à mon tour. Je me souviens alors assommer ma mère des nombreuses déductions que je faisais à longueur de journée dès que je croisais une personne inconnue dans la rue ou que je passais devant une maison : à partir d’un portique de balançoires, je déduisais le nombre et l’âge des enfants, leurs prénoms même parfois en fontion de la côte des prénoms pour l’âge que je leur donnais… Je n’avais aucun moyen de vérifier la justesse de mes déductions, qui tenaient sans doute beaucoup plus d’une imagination débordante que d’un réel talent de détective mais j’étais tout de même très fière de moi.

Et puis j’étais aussi fascinée par les manies étranges de Holmes. J’adorais l’idée d’un adulte qui se soucie si peu des conventions sociales et mène sa vie comme il l’entende ; d’un adulte qui ne colle pas vraiment au moule de la société, mais qui ait quand même trouvé sa voie et ait réussi à s’établir, à trouver une place dans le monde sans jamais renier sa différence. Un adulte qui ait créé sa propre profession et prenne son pied à l’exercer selon ses propres termes, ne vivant que pour elle.

Je reconnais qu’au début je ne portais que peu d’attention au Dr. Watson. Il n’était pour moi que le narrateur un peu discret que l’on oublie presque face à la brillance du héros. Et puis petit à petit au fil de mes lectures, je me suis prise d’affection pour ce bon docteur, si patient et fidèle envers Sherlock Holmes. J’ai aussi accordé plus d’attention à l’amitié extraordinaire qui lie les deux personnages : la confiance absolue qu’ils ont l’un dans l’autre, les défauts chez l’autre qu’ils ne cherchent jamais à éradiquer, sauf peut-être l’usage récréatif des drogues par Holmes qui est intolérable pour le bon docteur. J’ai réalisé aussi que Watson s’il n’a pas l’esprit de Holmes n’est pas le crétin que certains tendaient à prétendre. C’est quelque chose qui m’a pris un peu de temps, mais ce sont désormais des aspects que je chéris dans ces textes.

Silver Blaze dessin

L’ ‘oeuvre d’art’ dont il est question plus bas…

Cependant, Sherlock Holmes, lui-même, reste le majeur objet de ma fascination. Tout simplement parce que d’année en année et de lecture en lecture je me suis sentie de plus en plus proche du personnage et celui-ci s’est mis peu à peu à tenir une place toute particulière dans ma vie. Même si je n’ai pas lu ses aventures avec la même régularité au fil des ans, il n’a jamais cessé de faire partie de mes héros et modèles. Même lorsque je n’avais pas rouvert le Canon depuis des mois, je le citais et le copiais de mon mieux.

Une année au collège, j’ai même commis un pastiche pour une rédaction en cours de français. Nul doute que si je remettais la main dessus aujourd’hui je mourrais écrasée de honte… Bref, Sherlock Holmes a vraiment immédiatement creusé sa place dans mon univers. J’ai même récemment retrouvé un dessin datant plus ou moins de la même époque : une tête de cheval, dans une tentative désespérée de m’intégrer à mon groupe d’âge, parce que pour une adolescente de cette époque, il était de bon ton de dessiner des chevaux même si ces animaux ne me faisaient pas du tout rêver à l’époque (bref…) et au lieu de nommer ce dernier ‘Crin-Blanc’ ou ‘Black Beauty’ ou que sais-je encore, je l’ai appelé ‘Silver Blaze’… Je ne me souvenais pas du tout de cet épisode, mais j’ai récemment retrouvé ce petit dessin (absolument hideux. j’avais à l’époque encore moins de coordination qu’aujourd’hui), dans un classeur de mes œuvres, religieusement conservé par ma mère. et c’est là que j’ai vraiment pris conscience que dès les premiers instant, j’étais irrémédiablement ‘sherlocked’.

Pourtant, comme je le disais un peu plus haut, je n’ai pas toujours été une lectrice fidèle, loin de là… En fait, j’ai même totalement cessé de partir à a découverte du Canon pendant de nombreuses années, après avoir découvert FINA. A cette époque-là, le personnage avait déjà acquis une place très importante dans ma vie de lectrice. Comme j’ai toujours eu un comportement d’addict avec les sujets qui m’intéressaient jusqu’à friser la monomanie, Sherlock Holmes était devenu un compagnon bien réel et la lecture de cette nouvelle a été un choc violent pour moi. Sherlock étant le héros, je n’avais pas envisagé un seul instant qu’il puisse mourir.

Je garde encore des souvenirs terribles de cette découverte, j’étais en vacances dans la maison de mon enfance, et comme à mon habitude, alors que la nuit était plus qu’avancée j’étais encore en train de lire (les vacances de mon enfance se résumaient à des enquêtes et chasses au trésor dans le jardin et la maison le jour (je refusais de prendre le goûter si l’on n’avait pas au préalable caché les aliments, avant de me laisser quelques indices et messages codés pour les retrouver) et des orgies livresques la nuit). J’avais tranquillement enchainé les nouvelles depuis le début de la soirée, si bien que j’étais totalement plongée dans l’univers des personnages, vivant les aventures à leur côté et tout à coup Sherlock meurt devant mes yeux. J’étai littéralement dévastée et je suis restée de longues minutes en larmes dans mon lit, incapable de bouger ou de réagir.

J’étais tellement choquée que j’ai vraiment rompu tout contact avec le Canon pendant de longues années, avant de doucement recommencer à évoquer le personnage, puis relire mes aventures préférées. J’avais beau savoir ce qu’il se passait ensuite, c’était vraiment comme si l’on m’avait arraché un ami pour de bon. C’est une époque où mes seuls amis étaient mes héros de papier (je n’avais vraiment pour ainsi dire aucun contact avec les jeunes de mon collège) et cela me rassurait quelque part, car je les pensais incapables de mourir ou même de vieillir. Dans mon esprit, ils ne pouvaient jamais me faire défaut et du coup ce ‘décès’ a vraiment été un choc et une déception terribles. C’était le premier deuil que je vivais et je pense que je n’aurais pas été plus affectée s’il s’était agi d’un véritable proche. Aujourd’hui encore, c’est un texte qui m’affecte beaucoup et qui me ramène toujours à cette époque, à cett nuit.

Alors heureusement qu’il existe des textes moins éprouvants ! Comme par exemple SPEC, qui est l’une de mes nouvelles favorites. C’est l’un des premiers textes que j’ai lu et il m’avait alors absolument terrifiée (SPOILER : j’aime à peu près autant les serpents que mon collègue Indiana Jones). Mais je le trouvais fascinant. Son ambiance très particulière et son astuce particulièrement originale m’avaient profondément marquée et je pense que c’est aujourd’hui le texte du Canon que j’ai le plus relu. Et s’il ne produit plus sur moi la si forte impression des débuts parce que mes peurs se sont affaiblies, il continue de me donner de légers frissons d’effroi et j’adore ça. Pouvoir lire et relire un texte sans qu’il ne perde rien de l’effet produit sur moi.

collection holmésienne

La majeure partie de ma collection aujourd’hui.

Bref, malgré quelques épisodes un peu cahotiques, au fil des ans, Sherlock Holmes a vraiment pris de plus en plus de place dans mon brain attic. Il a toujours été un modèle et un compagnon tout à la fois. Dès le début, je me suis sentie proche de lui, je me retrouvais dans certains de ses traits de caractères et excentricités et j’essayais de mon mieux de lui ressembler et de lui faire honneur. Je le citais et l’évoquais au quotidien, comme si je le connaissais personnellement et il a toujours été une présence rassurante à une époque où j’avais énormément de mal à communiquer avec les individus et vivre dans le monde.

Et le truc c’est qu’au fil des ans, ce sentiment s’est affiné pour mieux grandir. Par ce qui est formidable c’est que plus on lit, plus on prend le temps de découvrir le personnage, plus on a envie d’en savoir plus à son sujet. Sherlock Holmes est un sujet d’étude inépuisable qui au contraire ne cesse de dévoiler de nouvelles richesses au fil de nos découvertes. C’est la SSHD qui m’a fait prendre conscience de cela : elle m’a donné l’envie et l’occasion de revenir pour de bon vers le personnage après mon hiatus personnel, et de me replonger dans cet univers avec un regard différent, plus mature. J’ai recommencé à lire, visionner, collectionner tout ce que je pouvais sur le sujet, avec toujours plus de curiosité. C’est comme cela d’ailleurs que ce blog est né, pour garder une trace de ces découvertes, les accumuler et les organiser parce que Le boudoir ne suffisait plus et que mon entourage commençait légèrement à fatiguer à m’entendre radoter sur le personnage à longueur de jour. Peu à peu Sherlock Holmes a recommencé à envahir ma vie et ça me plait. Alors merci Matilda, Cécile et Marion

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8 commentaires sur “I am sherlocked

  1. belette2911 dit :

    Magnifique ! C’est fou comme notre rencontre avec Holmes nous a marquée. Non, moi il ne fallait pas le cacher mon goûter, surtout pas !

    Joli dessin, j’en ai commis de pire… là, je t’envie, moi, c’est un crime contre les dessins que je commettais chaque fois que je dessinais.

    La mort de Holmes m’avait traumatisée, mais le fait de savoir qu’il revenait ensuite avait atténué un peu cette peine. Oh, bon ça va, j’avoue que quand je relis FINA, j’ai les larmes aux yeux…

    Bon nouveau blog !

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    • Méloë dit :

      Merci 🙂

      Bon au moins, je ne suis pas la seule à avoir été traumatisée par la mort de Holmes et côté dessins, je serais curieuse de voir ce que cela peut donner ‘pire’ que mes horreurs.

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      • belette2911 dit :

        Jamais je n’oserais publier mes dessins, je pense que je les ai détruit, c’était pas ressemblant du tout !

        Sherlock et moi, c’est une vieille histoire et je devrais en parler un de ces quatre, tiens, de ma rencontre avec lui dans une bouquinerie…

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