Holméseries # 3

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Bonjour à tous et binvenue pour ce nouveau numéro des holméseries ! Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui me tient particulièrement à coeur même si j’ai eu peu de temps à y consacrer au cours des derniers mois. La préparation de ce numéro, quoique longue et laborieuse a été passionnante, et j’ai eu la chance de travailler dessus avec des personnes absolument adorables. J’espère que vous serez nombreux à le découvrir et l’apprécier.

Le sujet du jour :

La demeure de Sherlock - la maison videPour ce troisième numéro de mon rendez-vous consacré à Sherlock Holmes, j’ai choisi de mettre en avant la campagne Save Undershaw, à l’occasion de la parution du recueil La demeure de Sherlock : la maison vide, version française, attendue je le sais par pas mal de monde, du recueil Sherlock’s Home: The Empty House, dont je vous avais parlé l’an dernier.

J’ai personnellement découvert l’histoire et la situation de ce lieu, il y a un peu plus d’un an et j’en avais alors beaucoup parlé sur ce blog et sur divers forums et réseaux sociaux. C’est aussi dans ce contexte qu’est née la photo ornant la bannière de mes blogs, puisque j’avais préparé 221 origami inspirés de ceux vus dans The Blind Banker et portant les coordonnées de la campagne avant de les lâcher dans les moindres recoins du campus.

Aujourd’hui, un an plus tard et alors que pas mal de choses ont bougé sur le sujet, il me semble intéressant de refaire un point avec quelques invités spéciaux : l’équipe du site Sherlockology, Steve, de chez MX Publishing et Dorothée Henry qui ont respectivement conçu, publié et participé à la traduction française du recueil.

Commençons avec quelques rappels et nouvelles au sujet d’Undershaw… Pour ceux qui n’étaient pas là l’an dernier, Undershaw est la demeure bâtie par Arthur Conan-Doyle en 1895. Il y a habité jusqu’en 1907. Cette demeure est importante à plusieurs points de vue : non seulement c’est entre ses murs que de nombreux manuscrits du Doctor Watson ont édités par ACD, que de nombreux auteurs de l’époque ont séjourné : Bram Stoker, J.M. Barrie… mais en plus on dispose aujourd’hui de très peu de traces de l’architecture victorienne : peu de maisons ont été bâties à cette époque et encore moins ont subsisté jusqu’à aujourd’hui. Undershaw représente donc un élément majeur de notre patrimoine et pour cette raison doit être préservé.

Jusqu’en 2004, Undershaw abritait un hôtel-restaurant. Mais lorsque celui-ci a fermé, les ennuis ont commencé. Laissé à l’abandon, le bâtiment s’est rapidement dégradé (le vandalisme intentionnel a pas mal aidé aussi…). En 2010, il a été décidé que la maison serait détruite pour laisser place à un ensemble pavillonnaire moderne s’étendant même dans le parc.

Undershaw - current state

© The Undershaw Preservation Trust

Evidemment, des voix se sont immédiatement élevées pour tenter d’empêcher que ce projet aboutisse. Pétitions, allocutions de personnages publics, appels à la mobilisation des amoureux de la littérature et du patrimoine à travers le monde… se sont succédés et en mai 2012, le fond pour la préservation d’Undershaw a demandé un examen en appel de cette décision. Et c’est justement le jour de cette Judicial Review que le recueil a été mis sur le marché, histoire de marquer le public. A l’été suivant, après quelques péripéties, appels des promoteurs et autres pérégrinations judiciaires, nous apprenions que la Judicial Review avait été remportée. Undershaw était donc temporairement tiré d’affaire. J’avoue que pour ma part, j’ai un peu perdu le fil des événements à ce moment-là.

Alors, aujourd’hui, pratiquement un an jour pour jour après la Judicial Review, où en est-on? Si le projet immobilier a pu être empêché grâce à la Judicial Review, Undershaw n’est pas sauvé pour autant et le bâtiment continue de se dégrader jour après jour. Le but serait de pouvoir racheter le domaine à son propriétaire actuel afin de le restaurer et d’y abriter par exemple un musée dédié à Conan-Doyle et Sherlock Holmes. C’est pour cela que diverses opérations visant à mobiliser le public et collecter des fonds ont été lancées, comme le flashmob organisé par le CHOP ou l’initiative qui fait l’objet de cet article.

Cercle Holmésien de Paris - flashmob - Undershaw

© Cercle Holmésien de Paris

Maintenant au sujet du recueil… J’ai suivi ce projet depuis l’appel à texte jusqu’à la publication et je me souviens des réguliers messages enthousiastes de Sherlockology, de leurs régulières mise à jour sur la progression de la chose et je revois encore leurs messages épuisés sur Facebook, quand au terme des six semaines consacrées au projet, le livre était enfin prêt. Je l’avais précommandé avant même sa sortie et une fois le précieux entre mes mains, j’avais pris le temps de savourer chaque texte, étalant ma lecture sur plusieurs semaines. Si tous ne m’avaient pas plu dans la même mesure, j’avais quand même été très agréablement surprise par ce recueil et quelques nouvelles avaient même été des coups de cœur. Bon, depuis j’ai perdu mon exemplaire dans déménagement, sans doute sur une banquette du RER b et j’espère qu’il a été adopté et n’a pas fini à la poubelle (le livre, pas le RER)..

A l’époque, je n’imaginais pas qu’une version française verrais le jour (même si je me souviens que plusieurs d’entre vous m’avaient posé la question par mail et dans les commentaires) et j’avoue ne pas avoir du tout suivi cette deuxième phase du projet, débordée par des préoccupations personnelles. Mais aujourd’hui je me rattrape avec ce billet et grâce à la participation de mes complices d’un jour…

Mais trêve de bavardage, je vous laisse découvrir ce qu’ils ont tous à vous dire. Commençons donc par les réponses de Steve (en bleu) et de l’équipe de Sherlockology (en gris).

Bonjour Steve, est-ce que vous pourriez d’abord nous parler de MX Publishing nous dire comment vous avez fait la connaissance de Sherlock Holmes ?

Je suis directeur général chez MX Publishing, où l’on travaille avec plus d’une cinquantaine d’auteurs afin d’offrir aux fans à travers le monde de nouveaux ouvrages historiques et de fiction autour de Sherlock Holmes.

J’ai lu un certain nombre de textes du Canon quand j’étais enfant, mais c’est de travailler avec Alistair Duncan, l’historien holmésien, qui m’a poussé à publier des ouvrages sur Holmes. C’était en 2007 et notre catalogue comporte aujourd’hui plus de 100 titres holmésiens, principalement des fictions inédites mettant en scène le détective.

Quand avez-vous entendu parler d’Undershaw pour la première fois ? A quel moment avez-vous choisi de prendre part à la Campagne pour la préservation d’Undershaw et pourquoi ? MX Publishing est un acteur majeur des publications holmésiennes ; est-ce que prendre part à la Campagne était tout simplement la suite logique de vos activités ?

J’ai entendu parler d’Undershaw et de sa situation grâce à Alistair Duncan, encore une fois, puis j’ai été présenté à Lynn de The Undershaw Preservation Trust. J’ai décidé de m’engager parce qu’en tant qu’étant éditeur, à MX Publishing on pouvait créer et mettre en vente des livres en faveur de la Campagne.

Undershaw est important à nos yeux parce que nous estimons que nous avons besoin de préserver un héritage physique pour Sherlock Holmes, ce qui n’existe pas à l’heure actuelle, et quel meilleur lieu choisir que celui où Holmes a été ‘ramené à la vie’ ?

Comme un grand nombre de nos auteurs sont aussi passionnés par le destin d’Undershaw, nous pouvons nous permettre de reverser une partie de leur royalties à la Campagne. On a ainsi maintenant de nombreux livres dont les royalties sont directement reversés pour Save Undershaw.

Comment avez-vous eu l’idée de lancer un appel aux auteurs du monde entier afin de publier leurs textes dans un recueil en faveur d’Undershaw ?

L’idée du livre et tout le processus de création : le titre, les contributions… tout est le fruit du travail de l’équipe de Sherlockology. Notre rôle à MX Publishing n’a débuté que lorsque le livre était pratiquement terminé.

Pour compléter les propos de Steve, à Sherlockology nous avons eu l’idée du livre Sherlock’s Home : The Empty House pour Undershaw, parce que les responsables de la Campagne voulaient un projet qui permette de toucher le plus grand nombre et de réellement impliquer le public.

Les gens de The Undershaw Preservation Trust ont donc demandé notre aide. Nous avons alors contacté Steve de MX Publishing pour lui présenter notre projet puisqu’il nécessitait l’intervention d’un éditeur pour voir le jour. Dans la mesure où MX Publishing est le principal éditeur de textes holmésiens, c’était le choix idéal pour notre projet et c’était génial de pouvoir travailler avec eux, d’autant plus qu’ils étaient déjà engagés pour Undershaw.

Vous avez vraiment travaillé dans l’urgence pour publier le livre : vous n’avez eu que quelques semaine entre la date de clôture des soumissions des textes et la mise en vente du livre. C’est un délai beaucoup plus court que ceux que vous avez l’habitude de pratiquer et pourtant vous avez réussi à proposer un livre de grande qualité. Est-ce que vous pourriez nous raconter un peu comment vous avez vécu ces semaines ? Combien de personnes ont travaillé sur le livre ? Sérieusement, avez-vous eu le temps de dormir pendant sa préparation ? Combien de textes avez-vous reçu au total ? Qu’est ce qui a été le plus difficile dans ce projet ?

Cela a vraiment représenté une série de nuits blanches pour l’équipe de Sherlockology dans la mesure où ils ont reçu plus de 300 textes, c’est à dire beaucoup, beaucoup plus que ce qu’ils attendaient. Malheureusement à MX Publishing, nous n’avons pas eu le droit de participer aux étapes de sélection et de compilation dans la mesure où plusieurs de nos auteurs avaient envoyé des textes (quelques uns ont d’ailleurs été sélectionnés!). Du coup, on a simplement dû attendre que nous parvienne le livre déjà formaté, qui est ensuite laborieusement passé par huit versions différentes avant de pouvoir être finalement envoyé à l’imprimeur.

Créer un livre à partir de rien en moins de six semaines était colossal et cela demandait aussi beaucoup de chance. On voulait à tout prix avoir le livre à disposition pour la Judicial Review et cela s’est vraiment joué à quitte ou double pour qu’il soit prêt à temps. A tel point que les livres nous ont été livrés quelques heures à peine avant l’audiance.

A chaque étape de la publication nous avons du supplier que l’on nous accorde des faveurs afin d’accélerer tout le processus : par exemple, lorsque les imprimeurs ont appris à quoi était destiné le livre, il l’ont tout de suite placé devant toutes leurs autres commandes et ont ainsi pu nous livrer les premiers exemplaires en 24h. Nous n’aurions jamais pu relever un tel défi sans l’aide de ces nombreuses personnes et leur investissement à chacune à chaque étape du projet montre bien à quel point Undershaw est important pour les gens.

Effectivement, comme Steve l’a mentionné nous avons vraiment eu très peu de temps pour réaliser le livre. En fait, après les premières semaines consacrées à lancer le projet et recevoir les textes, il ne nous restait plus que 2 semaines après la date de clôture des soumissions pour lire tous les textes, voter pour chacun d’eux (nous avions une équipe de six personnes lisant chaque histoire et lui attribuant une note sur 10 ; nous avons ensuite sélectionné les histoires et poèmes ayant reçu les meilleurs notes comme étant ceux qui apparaîtraient dans le livre tout en essayant de diversifier au maximum le style des textes retenus, en choisissant des histoires se situant aussi bien dans le passé qu’à notre époque ou dans le futur.), recevoir les divers témoignages placés en avant-propos, créer le design de la couverture (ainsi que recevoir les diverses autorisations pour l’utilisation des photos des acteurs ; ce qui n’a pas été évident du tout) et ensuite imprimer les livres.

Nous avons reçu plus de 450 soumissions au total, ce qui est BEAUCOUP plus que ce qu’aucun d’entre nous n’avait imaginé. Cela signifie qu’effectivement, nous avons passé un certain nombre de nuits blanches dans la mesure où nous ne pouvions y travailler que le soir et pendant nos pauses déjeuner puisque nous avons tous des emplois à plein temps.

Nous sommes vraiment très fiers du résultat final et les textes qui nous ont été envoyés sont juste époustouflants. On aurait vraiment voulu en intégrer d’avantage au recueil parce que les auteurs ayant participé sont vraiment talentueux et bourrés d’idées géniales. Cela a représenté beaucoup de travail et on voudrait en profiter pour remercier tous ceux qui ont été impliqués dans le projet, nous permettant de donner vie à notre idée et aussi les centaines de personnes qui ont soumis des textes car sans eux le projet n’aurait jamais vu le jour.

Lorsque vous avez lancé le projet, imagniez-vous que tout juste un an plus tard, le recueil serait traduit et diffusé dans ne nombreuses langues ? D’ailleurs combien de traductions ont été réalisées ? Est-ce que vous attendiez tout simplement une réaction aussi massive des holmésiens à travers le monde ?

L’idée de proposer de multiples traductions est né de façon amusante. On savait que Kickstarter arrivait au Royaume-Uni et c’est un formidable moyen de collecter des fonds, mais il faut pour cela proposer un projet précis. A ce moment là, on était déjà en train de négocier avec un éditeur russe au sujet des droits (nous avons une auteure russe dans le recueil et celui-ci a été présenté à la télé nationale dans une émission vue par plus de 100 millions de spectateurs), du coup on a eu l’idée d’utiliser Kickstarter pour toucher le maximum de personnes et réunir les fonds permettant de lancer la traduction du recueil dans 5 langues supplémentaires : français, hollandais, italien, allemand et espagnol.

On a également recruté les traducteurs parmi les fans. Ils sont 39 au total, dont deux ont commencé à travailler sur une version polonaise. On aussi été contactés par une équipe chinoise qui est en train de traduire le recueil en mandarin. Donc au total, d’ici l’été le recueil devrait être disponible en 9 langues.

Pour finir, qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs de cet article pour les convaincre de découvrir le recueil à leur tour ? Et comment peuvent-ils aider Undershaw ? Quelles sont les prochaines étapes de la Campagne ?

Le recueil contient des textes formidables : fictions et poèmes : 40 oeuvres choisies parmi plus de 300 soumissions, ainsi que des témoignages d’holmésiens célèbres : Mark Gatiss (co-créateur de la série Sherlock), Stephen Fry et de nombreux autres ont participé. C’est vraiment un ouvrage absolument merveilleux à découvrir pour tous les fans de Holmes. En plus, tous les royalties vont à Save Undershaw ; cela signifie qu’en lisant le livre les fans se rendent utile de façon très concrète.

Le but ultime est de racheter et restaurer le domaine. Ce qui va nous demander plusieurs millions de livres et plusieurs années. Une fois que cela sera fait, plein de projets tout à fait excitants pourront prendre place dans ces lieux !

Et pour cela, une chose très importante que les fans peuvent faire, c’est tout simplement aimer la page Facebook Save Undershaw et encourager tous leurs contacts à en faire autant. Parce que quand la grosse collecte de fonds débutera plus tard dans l’année, nous aurons alors besoin de beaucoup plus de fans sur la page.

Et voici pour finir, ce que Dorothée, l’une des traductrices du recueil veut nous dire.

Bonjour Dorothée, tu blogues sur Les livres, mes Livres & moi et tu fais partie de l’équipe de traducteurs français du recueil La demeure de Sherlock : la maison vide. Peux-tu te présenter brièvement aux lecteurs de ce blog ? (ce que tu fais, le nom de ton canari, la couleur de ta brosse à dent…)

Pas de canari, mais un chat parfois caractériel surnommé « godzicat »… Sérieusement ? j’écris beaucoup, j’espère en faire mon métier… J’adore cuisiner également (enfin, pâtisser surtout), et… je déteste parler de moi ! Je trouve que c’est un exercice terrible ! Par contre, j’adore parler de ce que j’aime, le cinéma, la peinture et l’art (tout sauf moderne, j’ai bloqué au début du XXème siècle), et le Pays de Galles (pas simplement parce qu’on y tourne Doctor Who et Sherlock !). Ici, c’est de la littérature policière qu’il est en question (policier et fantastique, le fondement de mon amour des mots), et donc, je pourrais dire que j’aime tellement cette littérature que j’ai été assez folle (ou passionnée) pour y consacrer 5 ans dans le cadre d’un doctorat, et que je me prends parfois à me demander si un autre doctorat sur Conan Doyle… Mais je me reprends ! Quoique !

Donc, mon idéal, c’est un bon film (ou une bonne série) au coin du feu, avec une tasse de thé et un gâteau maison, mon terrible chat, et un livre pas loin, ainsi que du papier et des crayons, on ne sait jamais quand l’inspiration va pointer son nez… ça me définit bien. Ça fonctionne aussi avec des grands espaces (gallois de préférence), un carnet de note et mon balladeur MP3. 😉

Comment as-tu fais la connaissance de Sherlock Holmes ? Qu’est-ce que tu apprécies dans le Canon et quelle est ton aventure préférée ? 

J’ai rencontré Sherlock Holmes vers 13 ou 14 ans. Mon premier souvenir, c’est la lecture du Chien des Baskerville en plein été sous un parasol dans le jardin. Malgré la chaleur, je frissonnais en dévorant ce roman quasi ‘gothique’ qui est mon préféré des 4, et je n’ai pas senti venir le coup de soleil non plus ! C’est dire si la plume de Doyle m’avait emportée !

Le Canon, c’est la base de tout, comme pour l’ami Lupin d’ailleurs. On peut se permettre des transgressions – BBC Sherlock est un exemple somptueux de la transgression réussie – mais il faut garder l’esprit de l’œuvre. Et on peut dire que les aventures de Sherlock Holmes sont une œuvre d’esprit ! Car Holmes, c’est le plus grand cerveau de la littérature (tiens, j’entends Hercule Poirot grogner dans sa moustache…).

Le personnage est fascinant à plus d’un titre, et revenir vers le Canon, c’est aussi découvrir qu’il y a beaucoup de clichés dans l’interprétation de Holmes, qu’on l’a un peu galvaudé… Il ne faut pas prendre toutes les déclarations de Watson au pied de la lettre, et parfois je me dis que Holmes devait se moquer de lui… Je reste volontiers obscure sur ce point, histoire de pousser certains à retourner lire le canon, ou à le découvrir…

Mon aventure préférée ?? Certainement Le détective agonisant. J’adorerais voir Mr. Cumberbatch (oui, je l’appelle monsieur ! j’attends d’être présentée pour passer à Benedict 😉 ) dans cette aventure. C’est un monument qui rapproche beaucoup Holmes de Lupin : et oui, jeu d’acteur et cabotinage ! (surtout si on se rappelle Mr. Brett – oui, monsieur aussi – qui cabotinait à loisir, et l’adorable Rosalie Williams galopant dans la rue pour aller chercher le bon docteur Watson !).

Quand et comment as-tu entendu parler de la campagne Save Undershaw ? Pourquoi est-ce que c’est une cause qui te tient à cœur ? Est-ce que te préoccuper d’Undershaw t’a permis de faire des rencontres ? Des découvertes ?

Ça fait environ un an (deux ? le temps passe vite !) que je suis la cause d’Undershaw. Je l’ai découvert sur Facebook en développant ma page sur Sherlock Holmes. Cela me tient à cœur, parce que je pense que les pierres ont une âme, et retiennent un peu celles de ceux qui les ont visitées, plus spécialement encore quand l’habitant est le bâtisseur…

En fait, j’ai réagi très vivement en découvrant ce qui risquait d’arriver à Undershaw à cause de ce qui est arrivé à la demeure d’un auteur français du 19ème que j’adore, Ponson du Terrail. Ce prolixe feuilletoniste avait fait bâtir un hôtel particulier avec un parc magnifique dans Paris, mais dans les années 60 (sous Pompidou, chantre du modernisme ! et destructeur de l’ancien… le Marais n’a pas été épargné non plus), l’hôtel particulier a été détruit, malgré les pétitions, et on l’a remplacé par un immeuble « cube-béton-sans-âme »… Monstrueux ! ça me rend folle d’y penser, il n’y a plus de lieux pour « communier avec l’âme de cet écrivain génial ! Leblanc a sa maison, Balzac aussi, Jane Austen également… et qu’il n’y ait pas un lieu pour Doyle, surtout un lieu qu’il a « construit » lui-même…

Je ne suis pas passéiste, mais à une époque où on parle du ‘devoir de mémoire’ à tout bout de champ, je pense que ce devoir affecte aussi les lieux, et qu’il faut les conserver. On pourrait faire de belles choses avec Undershaw, un musée vivant, un centre d’art, une bibliothèque spécialisée et ouverte (la BiLiPo est unique en Europe ! offrons-lui une petite sœur.)

Et quand je vois les gens passionnés et passionnants qui soutiennent cette cause, pas seulement les ‘têtes d’affiche’ mais également les anonymes, lecteurs de la première heure de Doyle (façon de parler 😉 ) ou qui l’ont découvert grâce aux dernières adaptations de Sherlock, vraiment, je suis heureuse de voir qu’il y a encore des gens qui se battent pour que l’art soit plus fort que les promoteurs !

Quant aux découvertes… Je me suis penchée plus avant sur l’œuvre de Doyle, qui n’est pas que Sherlock Holmes, et j’ai découvert un grand écrivain du fantastique, et j’espère en découvrir encore dans mes prochaines lectures et recherches…

Tout d’abord avais-tu lu le recueil avant de participer à sa traduction et comment en es-tu venue à faire partie de l’équipe des traducteurs ?

Je n’avais pas lu le recueil, même s’il était sur la très longue liste des mes lectures futures – il y est toujours d’ailleurs, même si j’en ai lu un quart environ maintenant… Par contre, j’ai beaucoup aimé l’une des nouvelles que j’ai traduite, L’aventure du livre en morceaux.

On peut dire que j’ai pris le train en marche pour la traduction. J’avais vu la demande de l’association, mais prise par mes propres publications, j’ai loupé la date limite. Cependant, une amie passionnée de Sherlock Holmes connaissait la chef d’équipe et a proposé mes services. J’ai été repêchée, comme on dit !

As-tu as eu beaucoup de contact avec tes collègues, avec l’équipe en Angleterre ? Comment s’est déroulée l’aventure ? Avez-vous travaillé en groupe ou chacun de votre côté ? De combien de temps disposiez-vous ?

Comme nous habitons tous un peu partout en France et en Belgique, il n’y a pas eu de contact direct, chacun a traduit 3 ou 4 nouvelles, et c’est notre chef d’équipe qui s’est chargée de la mise en commun à la fin de notre travail.

Nous avons eu environ deux mois pour traduire, et un peu moins d’un mois pour relire le travail d’une autre personne… Je m’explique un peu mieux sur notre fonctionnement. Nous étions 7 donc, le livre a été divisé en autant de sections, et chaque traducteur en relisait un autre, ce qui permet un œil neuf sur le travail, le relecteur a renvoyé ensuite ses remarques au traducteur, pour permettre une correction ou pas… là, il peut y avoir débat !

Ce qu’il faut savoir, c’est que certaines nouvelles mettent en scène Holmes tel qu’on le connait dans le canon, alors que d’autres nous présentent Sherlock tel que la BBC l’a ‘recréé’. Donc, ce que les Britanniques appellent aujourd’hui un ‘Job Center’ (équivalent de notre pôle emploi) était à l’époque de Doyle un ‘bureau de placement’ (ce n’est pas l’exemple le plus amusant, mais c’est je le pense assez représentatif !). Il faut vraiment faire attention à l’époque, car beaucoup de termes ont évolué. De même les Holmes et Watson de Doyle se vouvoyaient, alors que Sherlock et John se tutoient (du moins je pense, car je n’ai jamais vu la série en VF !)

Etait-ce ta première traduction professionnelle ? As-tu une anecdote marrante sur cette expérience à partager ? D’autres projets de traduction ?

Il s’agissait de ma première traduction professionnelle, mais je travaille aussi avec deux amis sur des traductions d’articles pour un site consacré à l’acteur Benedict Cumberbatch (on en revient toujours à Sherlock Holmes, comme c’est bizarre)… Mais cela m’a donné le goût de la traduction et l’idée de la difficulté à rendre les idées, les images, les intrigues des auteurs. Car voilà, de tous ces amateurs au professionnel qu’était Doyle, ce livre défend une demeure qui est un symbole, celui de la littérature toujours et encore vivante, toujours et encore passionnante et qui vivra et passionnera encore dans un siècle, deux, voire même dix, j’en suis sûre !

Pour conclure,  que pourrais dire aux lecteurs de cet article pour leur donner envie de découvrir La demeure de Sherlock ?

La demeure de Sherlock n’est pas seulement un livre pour les fans, mais aussi pour tous ceux qui aiment le roman policier, et pour ceux aussi qui aiment la littérature. C’est en fait plus qu’un recueil, c’est un témoignage, une partie infime du témoignage d’ailleurs, puisque toutes les nouvelles reçues par l’association n’ont pas pu figurer dans le volume. L’amour pour les beaux textes populaires est encore vivant, de même que la conscience de la nécessité de préserver les lieux où sont nés ces textes. En fait, c’est un grand cri d’amour qui dépasse la fan-fiction  ‘ordinaire’ pour aller plus loin, dans la réalité !

Voilà, j’espère que ce troisième numéro vous a plu, qu’il vous a semblé intéressant et vous a donné envie de découvrir le recueil La demeure de Sherlock et surtout de vous soucier de l’avenir d’Undershaw !

Si vous êtes éditeur et que vous souhaitez diffuser le recueil en France, n’hésitez pas à contacter MX Publishing.

Un grand merci à Steve, Dorothée et toute l’équipe de Sherlockology pour nos échanges de mails, leur disponibilité, leur gentillesse et leurs réponses à mes questions.

Vous êtes un membre actif de la vie holmésienne (auteur, éditeur, cercle holmésien, organisateur d’événements…) et vous souhaitez figurer dans une prochaine édition de ce rendez-vous ? N’hésitez pas à me contacter pour que nous puissions en discuter !

Quant à moi, je vous donne rendez-vous le mois prochain avec un nouveau sujet ! En attendant, n’hésitez pas à me dire ce qui vous a plu ou déplu et ce que vous aimeriez voir dans les prochaines éditions…

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The Undershaw Preservation TrustSherlockology – MX PublishingDorothée Henry

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11 commentaires sur “Holméseries # 3

  1. sheherazade2000 dit :

    pas encore acheté en anglais – honte sur moi 😉
    (j’ai une excuse = plus de place dans ma pal sherlockmania)

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    • Méloë dit :

      Mais tu as de quoi tenir un siège, alors ma parole !

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      • Niki dit :

        t’as pas idée du nombre de bouquins qu’il y a ici, et dire que je vais peut-être devoir déménager pour raison financière – je vais donc devoir trouver un appart plus petit – où vais je mettre mes bouquins ????????? sous mon lit sans doute 😀
        et je viens de le commander au bookdepository – moi aussi j’aime bien faire une B.A. – il est dispo sur amazon FR aussi d’après ce que j’ai lu

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        • Méloë dit :

          Les bouquins quand on déménage, c’est une galère inimaginable. J’ai suffisamment déménagé en un quart de siècle pour le savoir :/
          Ah et merci de m’avoir prévenue pour la mise en ligne sur Amazon FR et Bookdep’. Steve m’avait prévenue que ça devait arriver mas je ne savais pas quand exactement. Je modifierai le lien, ce soir.

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  2. belette2911 dit :

    Ah, je sens que je vais faire un tour sur la plate-forme nommée puisqu’il existe en français ! J’aurais fait ma bonne action !

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  3. Méloë dit :

    C’est bien mon enfant !

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    • Je me sens mieux, tout à coup, à force de faire des BA.

      Dis-moi, est-ce normal que le livre ne se trouve que sur Amazon Uk ?? Avec le prix en livres sterling ? Il est noté que le livre est en français mais je préfère demander si normal qu’il ne se trouve pas sur amazon Fr.

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      • Méloë dit :

        Oui, c’est normal. Pour l’instant, le livre est dispo sur Amazon.co.uk uniquement parce que MX cherche encore un éditeur français, ce qui faciliterait la distribution et la promotion.
        Mais si dans quelques jours, il n’ont toujours rien ils le mettront sur toutes les plateformes Amazon, dont Amazon.fr
        Du coup, si tu n’es pas pressée, le plus simple est peut être d’attendre.

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