The Devil’s Grin – Annelie Wendeberg

The devil's grin - Annelie Wendeberg(livre lu en anglais)

Le livre :

Londres, époque victorienne. Une série de meurtre reste ignorée du public et des enquêteurs jusqu’ à ce que le corps d’un homme décédé du choléra soit découvert dans le système d’alimentation en eau potable de la ville.

Le Dr. Anton Kronberg, un éminent bactériologiste est alors appelé à examiner le cadavre. Il découvre sur le corps des traces semblant indiquer que la victime a été enlevée et retenue sous la contrainte pour lui faire subir divers actes de torture médicale. Alors que Scotland Yard semble faire peu de cas de l’affaire, le Dr. Kronberg décide de mener sa propre enquête.

Sa route croise alors celle de Sherlock Holmes… Ce dernier découvre immédiatement le secret du Dr. Kronberg : il s’agit en réalité d’une femme qui se travestit en homme pour pouvoir exercer la médecine dans un monde où cette profession est interdite par la loi aux femmes. Les deux enquêteurs devront mettre leurs talents et connaissances en commun s’ils veulent espérer pouvoir mettre fin à cette série de meurtres horribles.

L’avis du consulting blogger :

J’avais repéré ce roman depuis quelques mois sur Goodreads mais sans m’y intéresser plus que cela. Et puis Annelie et Carrie avec qui j’avais déjà un peu discuté sans connaître leur lien avec ce roman m’ont contactée via Facebook pour me demander si j’accepterais éventuellement de publier un lien sur ma page pour leur faire un peu de pub. Ne voyant aucune raison de refuser, j’accepte sans hésiter, n’imaginant pas un instant que ce premier échange de messages me mènerait plus loin. Pour me remercier, elles me font parvenir une version PDF du roman que je décide d’entamer sur le champ (il devient urgent que je me procure une liseuse.). Au final, j‘ai eu un gros coup de cœur pour ce premier volume et tout premier roman de l’auteur. J’ai vraiment, vraiment adoré, à tel point qu’en plus de la chronique qui suit, j’ai prévu de consacrer le prochain numéro de holméseries à la série et à leur auteur. Mais trève de bavardage et passons à mon avis sur ce roman.

Comme je le disais, j’ai vraiment adoré et ce dès les premières pages. Le fait est que le Dr. Kronberg est un personnage absolument extraordinaire et je suis moi-même tombée un petit peu amoureuse d’Anna. Je dis souvent que je ne m’entends pas avec les personnages féminins qui peuplent mes lectures, mais là je suis vraiment tombée sous le charme de cette héroïne qui en plus d’être intelligente et cultivée a du caractère et de l’humour.

Elle a du répondant face à Holmes sans être mal élevée et du coup les échanges entre ces deux-là sont savoureux. J’ai vraiment apprécié le fait qu’elle ne se laisse jamais totalement impressionner ou déstabiliser tout en reconnaissant les qualités et la supériorité de son interlocuteur. Ils font une sacré paire tous les deux à échanger hypothèses et déductions de leur cru. J’ai d’ailleurs aimé la façon dont les déductions d’Anna ne lui viennent pas instantanément et ne concernent en outre que des domaines qu’elle connaît. Elle n’en a pas fait sa spécialité comme Holmes et se contente d’observer et d’utiliser avec intelligence ses connaissances. Anna n’est pas une pale copie surhumaine du consulting detective mais a son propre mode de fonctionnement, sa propre façon de mettre ses capacités à contribution et c’est ce qui la rend intéressante.

Son esprit et son caractères vifs en font une interlocutrice de choix pour Holmes, mettant encore plus en avant le génie et les excentricités de ce dernier. J’ai d’ailleurs vraiment aimé le portrait de Holmes que l’on a dans ce roman. J’ai plutôt bien reconnu le personnage et c’était vraiment une bonne surprise. Alors bien sûr je n’ai pas ressenti le petit frisson de plaisir que je ressens à chaque fois que je me plonge dans le Canon, mais franchement c’est pas mal du tout.

De même, puisqu’elle n’est pas détective, elle restera avant tout un médecin et un chercheur tout au long de l’histoire, allant jusqu’à vaquer à ses occupations sans chercher à progresser dans l’enquête quand elle se trouve éloignée de Londres. Elle cantonne ses investigations à ce dont elle est capable et ne se transforme pas sur le champ en enquêtrice professionnelle. Alors oui, l’affaire l’intrigue, elle va chercher des indices et se retrouver finalement embarquée dans l’enquête mais cela est toujours en lien avec son activité de médecin. Elle reste vraiment fidèle à ce qu’elle est tout au long du roman et cela m’a beaucoup plu parce que cela lui donne beaucoup plus de réalisme.

Anna est un personnage vraiment remarquable par ses connaissances et ses capacités et en même temps elle est bourrée de faiblesses qui la rendent d’autant plus humaine. Elle fait des erreurs de jugement, s’entête parfois ou fait preuve d’orgueil et doit gérer sa double identité ainsi qu’un élément pour le moins traumatisant de son passé et ce qui est intéressant c’est qu’elle ne s’en sort pas sans égratignure. Elle est vraiment loin d’être parfaite et c’est ce qui la rend si intéressante.

J’aime d’ailleurs beaucoup comment elle gère ses deux identités. Elle se fait homme par nécessité mais lutte pour ne pas se perdre de vue avec beaucoup de lucidité. Ce que j’ai vraiment aimé c’est qu’elle gère son truc et se conduit en homme parce que c’est pratique et c’est tout. Elle n’est pas militante pour une cause ou une autre, elle fait juste ce qui lui semble juste et nécessaire pour elle. Et il y a à ce sujet, un dialogue entre Anna et Holmes que j’ai adoré :

-As what should I treat you then ? Male or female? He said sharply, which resulted in the full attention of our fellow passengers being turned towards our peculiar conversation.

-I want to be treated with respect and you did just that. Thank you.

J’ai vraiment adoré ce passage qui regorge de simplicité et de bon sens et voilà, il n’y a pas besoin d’en faire des tonnes, de discourir sans fin sur la question du rôle accordé à chaque sexe ou genre dans la société quelle qu’elle soit. Tout est dit le plus simplement du monde dans ce court échange.

Face à un personnage si intéressant, je n’avais qu’une crainte : qu’elle finisse dans les bras de Holmes au bout de 20 pages. Heureusement, cela ne se produit pas. Je l’ai déjà dit régulièrement, je ne suis pas pour voir Holmes tomber amoureux ; cela ne correspond tout simplement pas à l’idée que je me fais du personnage et ça n’est pas ce que j’ai envie de lire quand je me plonge dans un roman où il apparaît. Il m’arrive toutefois depuis peu de me faire à l’idée quand cela ne prend pas le pas sur l’intrigue et qu’il ne tombe pas dans les bras de la première venue. Là c’est la confrontation de deux brillants esprits qui s’attirent et se repoussent tour à tour comme deux aimants et j’ai beaucoup aimé la forme que cela prend. D’autant plus que Holmes n’est pas décidé à céder. Anna éveille en lui des sentiments inhabituels et pas du tout les bienvenus mais ne lui fait pas perdre la tête. Elle sait ce qu’elle veut et va le chercher mais si lui semble brièvement troublé, il reste fidèle à lui même, et ne renie pas sa personnalité et ses principes pour Anna. Il ne succombe pas et n’en fait pas tout un plat. Ca n’est pas surfait et du coup ça m’a plu.

On verra comment ça évolue par la suite mais pour le moment j’aime plutôt bien la façon dont leur relation est traitée. Si ça n’avait tenu qu’à moi, il n’y aurait rien eu de tel dans ce texte, mais en l’état ça ne m’a vraiment pas dérangée contrairement à ce que je craignais, d’autant plus que cela occupe vraiment peu de place dans le roman. Malgré le petit bout de romance du point de vue de Anna essentiellement, parce qu’on ne sait à aucun moment avec certitude ce que sont les sentiments de Holmes sur la question, ce récit c’est d’abord celui de la rencontre de deux brillants esprits scientifiques qui ont un sens aigu de la justice et la résolution de l’affaire est toujours leur préoccupation principale.

L’enquête justement est un poil longue à réellement démarrer mais très intéressante dès qu’on est lancé et bien inscrite dans le cadre de l’époque. Annelie Wendeberg a visiblement fait des recherches et les a intégrées à son récit sans que cela rende la lecture fastidieuse. Le cadre scientifique, en particulier est bien développé : il est question des pratiques, découvertes et avancées médicales et scientifiques de l’époque et c’est absolument passionnant. Je me suis totalement laissée emporter par cette intrigue terrible si ancrée dans son époque, d’autant plus que le suspense monte bien au fil des pages. La fin en particulier est captivante d’autant plus que l’on sent l’ombre de Moriarty roder sur l’affaire bien avant que cela ne soit confirmé.

Et puis la reconstruction historique du Londres victorien est tout simplement brillante et fascinante de réalisme. J’ai d’ailleurs un peu pensé à La chair du limier sur ce point. Annelie Wendeberg a vraiment créé une intrigue sombre, au cœur de la noirceur de l’homme et de l’époque qui n’a du coup plus grand chose de romantique, mais ça rend justement le récit d’autant plus intéressant et crédible.

Un dernier petit détail, en parlant du cadre, j’ai aussi été très agréablement surprise de voir que l’auteur donne une explication pour une fois simple, scientifique et logique à la question de savoir pourquoi Holmes n’a pas enquêté sur Jack L’éventreur. Quand on le lit ça semble évident et on ne voit plus l’intérêt d’aller chercher plus loin. C’est tout bête mais ça colle et je retiens cette explication comme nouveau headcanon.

Enfin, mais j’en parlerais plus longuement dans mon futur article, l’histoire de la naissance de ce récit est absolument extraordinaire… car Anna Kronberg n’est pas née de la seule imagination de l’auteur : elle est inspirée d’une jeune femme ayant vraiment vécu…

Bref, gros coup de cœur totalement inattendu pour ce premier tome. Anna Kronberg est un personnage extraordinaire que j’ai hâte de retrouver dans le prochain volume de ses aventures. N’hésitez pas à faire sa connaissance !

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4 commentaires sur “The Devil’s Grin – Annelie Wendeberg

  1. sheherazade2000 dit :

    ah la la tous ces billets ultra tentants – pas moyen de garder le rythme 😀

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  2. Miss Léo dit :

    Dis donc, ça a l’air drôlement bien ! Il est possible que je me laisse tenter. 😉

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    • Méloë dit :

      Je l’ai trouvé vraiment sympathique. Bon, il y a un ou deux petits points qui pourraient peut-être être un poil retravaillés. Mais globalement, c’est très très bien.

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