Le retour de Sherlock Holmes

The return of Sherlock Holmes - 1st UK edition(livre lu en français)
(titre VO : The Return of Sherlock Holmes)

Le livre :

Recueil publié en 1905 et  comprenant les nouvelles suivantes :

La maison vide, L’entrepreneur de Norwood, Les hommes dansants,  La cycliste solitaire, L’école du prieure, Peter le noir, Charles Auguste Milverton, Les six Napoléons, Les trois étudiants, Le pince-nez en or, Un trois-quart a été perdu, Le manoir de l’abbaye, La deuxième tache.

L’avis du consulting blogger :

Après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps sur Le dernier problème, il y a quelques mois, j’ai eu envie de poursuivre ma (re)découverte du Canon dans l’ordre et j’ai l’impression de l’avoir déjà dit la dernière fois, mais je crois que j’ai pris encore plus de plaisir à lire ce recueil que les précédents.

J’aime vraiment ce recueil parce que malgré les trois années du hiatus, la vie reprend son cours comme avant. Watson revient s’installer au 221b (Mary Morstan étant décédée dans l’intervalle), les enquêtes reprennent comme si de rien était et pourtant beaucoup de choses ont changé : Holmes semble toujours aussi froid et pourtant on voit vraiment qu’il tient à Watson, que son opinion compte, et leur amitié au lieu d’être endommagée par ces trois ans d’absence et de mensonges semble presque plus intense, justement parce que ces trois ans ne sont rien face à leur amitié et c’est juste parfait.

Et puis j’ai trouvé ce volume particulièrement drôle. Déjà, c’est très amusant de voir Watson piquer quelques trucs à Holmes quant à la science de la déduction ; certes il n’égalera jamais son ami, mais il essaye et se débrouille franchement pas trop mal mais surtout dans ce volume, Sherlock est impertinent et arrogant comme jamais et certains de ces commentaires/réactions sont absolument hilarants. Ce type est odieux, mais je ne voudrais le voir changer pour rien au monde.

L’aventure de la maison vide (EMPTest mon anti-dépresseur personnel. Peu importe le nombre de lectures que j’ai déjà effectuées de ce texte, il a toujours le même effet sur moi : la joie de retrouver Sherlock, d’assister à ses retrouvailles mouvementées avec John Watson, de découvrir la vérité sur ce qui s’est passé à Reichenbach, l’excitation face au derniers instants de la traque contre le colonel Moran… Il n’y a pas d’enquête à proprement parler dans cette nouvelle et pourtant je l’adore et on ne s’ennuie pas un instant et j’ai hâte de voir comment le texte sera retravaillé/interprété par Mofftiss dans la S3 de Sherlock.

L’entrepreneur de Norwood (NORW) ne m’a pas tant marqué pour son intrigue (même si celle-ci est très chouette bien qu’un peu prévisible) que parce que c’est la première enquête post-retour de Holmes que l’on découvre. Sherlock y est cabot et gamin à souhait, sassy comme jamais avec son visiteur (un jeune notaire accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis) dont il n’hésite pas à se moquer ouvertement. De même qu’il n’hésite pas à blâmer la disparition de Moriarty pour l’absence de cas intéressants. On a vraiment droit à Sherlock dans toute sa splendeur dans cette nouvelle, anti-conformiste et j’adore ! Tout comme j’adore voir Lestrade tellement sûr de lui alors qu’il est totalement à côté de la plaque, le pauvre… Et puis comme Watson habite de nouveau avec Holmes, on redécouvre toutes les petites manies domestiques et quotidiennes de ce dernier et c’est très chouette.

Les hommes dansants (DANC) fait partie de mes nouvelles favorites du Canon tout simplement parce qu’il y est question de cryptographie et que je pourrais écouter Holmes pendant des heures tandis qu’il nous explique sa méthode et son raisonnement. Pourtant, il n’invente rien, mais je suis terriblement turned on par un Holmes racontant les principes de l’analyse fréquentielle (la crypto tend à avoir cet effet-là sur moi, ne cherchez pas -_-) et je rêve de voir rééditée sa monographie sur les écritures secrètes ^^. Et puis, ce qui est chouette là (contrairement au Scarabé d’or de Poe), c’est que l’on a accès au message et qu’on peut le déchiffrer en même temps que Holmes puisque What one man can invent another can discover.

Dans La cycliste solitaire (SOLI), on fait la connaissance d’une jeune femme qui vient demander l’aide de Holmes car elle est régulièrement suivie par un mystérieux stalker lors de ses trajets à vélo… Et le premier truc qui m’a marqué, c’est que l’on dit souvent Sherlock misogyne, hors les clientes qu’il reçoit sont toujours vives et jolies, malignes, intrépides et dégourdies (même si je me rends bien compte que c’est à travers le regard de John que l’on fait leur connaissance) et il les traite toujours avec beaucoup de respect et de courtoisie même s’il ne change rien à ses manies étranges en leur présence. Alors bien sûr il a parfois des remarques désobligeantes à faire au sujet des femmes, mais franchement les hommes s’en prennent tout autant plein la tête et puis si on remet le truc dans le contexte de l’époque, ses remarques n’ont rien d’inhabituelles. Franchement, je ne vois pas Holmes comme plus misogyne que la moyenne de son temps. Anybref, Watson se fait lyncher par Holmes et voir ces deux là se chamailler comme un vieux couple est absolument priceless. Et puis la fin de cette nouvelle est dramatique et victorienne à souhait. C’est que du bonheur !

L’école du prieuré (PRIO) était une découverte et ne m’a pas particulièrement enthousiasmée : un enfant disparaît d’une boarding school et Sherlock est invité à le retrouver. L’histoire paraît hyper banale mais sa résolution comporte quelques éléments intéressants et originaux (et j’aime beaucoup l’idée d’avoir glissé un plan des lieux. C’est un procédé qui revient de temps en temps dans le Canon et ça me plait toujours beaucoup.). Le gros problème c’est que les personnages de cette nouvelle sont tous plus antipathiques les uns que les autres. J’ai été un poil déçue par ce texte parce que je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, à vouloir les aider.

Peter le noir (BLACest intéressante parce que l’on en apprend un peu plus sur les secrets de Holmes : son don pour le déguisement, ses contacts avec toutes les couches de la population londonienne et sa capacité à se fondre dans chacune d’entre elles, ses multiples cachettes dans Londres… Quant à l’intrigue, ça n’est pas forcément une de mes préférées, mais elle m’a bien plu tout de même parce que comment résister au mystère d’un corps harponné le long d’un mur ? Et puis tout n’est pas évident dès le début, il y a quelques fausses pistes et je sais pas, j’ai bien aimé tout simplement.

Charles Auguste Milverton (CHASest effroyable et hilarante à la fois. Milverton est un personnage monstrueux et détestable et ce qui est terrible c’est qu’il aurait tout à fait sa place à notre époque. Cette nouvelle est terriblement intemporelle (les histoires de chantage existeront toujours) et le caractère des personnages est finement analysé. On voit aussi jusqu’où s’étend la loyauté de Watson envers Sherlock et c’est chouette parce que comme je le dis régulièrement à leur sujet, ce qui est intéressant dans le Canon, ce qui fait qu’on peut lire et relir ces textes sans se lasser, ça ne sont pas tant les enquêtes et leur récit que l’extraordinaire amitié entre Holmes et Watson qui se dévoile non seulement au fil des volumes mais aussi au fil des relectures.

Les six Napoléons (SIXNoccupe une place toute particulière dans mon mind palace puisque c’est ma toute première nouvelle holmésienne. J’avais 11 ans et grâce à cette seule nouvelle j’étais irrémédiablement conquise. Aujourd’hui, j’ai d’autres textes préférés, mais je prends toujours beaucoup de plaisir à le relire. Cette toute première rencontre avec Sherlock Holmes m’avait fascinée et beaucoup marquée. Aujourd’hui je trouve que la clé du mystère est assez simple, mais les circonstances de sa résolution ont un petit quelque chose de théâtral (le fracassage de bustes napoléonniens me rend beaucoup plus joyeuse que la bienséance ne l’autorise) qui me plait toujours autant et je comprends sans peine comment j’ai pu être fascinée la première fois.

Les trois étudiants (3STU), m’a vraiment beaucoup plu parce qu’elle est sans fioriture. Une situation initiale banale (une histoire de tricherie à un examen), un nombre de suspects limités, un terrain de « jeu » limité, Sherlock Holmes est vraiment obligé de ne faire appel qu’à ses capacités d’observation et de réflexion et il n’en est qu’encore plus épatant. J’aime vraiment beaucoup le côté dépouillé de cette enquête et je serais curieuse de la relire dans quelques temps. Et puis une fois de plus, j’ai aimé voir Holmes se moquer de la stupidité de son interlocuteur.

Dans Le pince-nez en or (GOLD), autant Holmes est sassy et drôle, autant le reste des personnages est antipathique… et puis si l’affaire est au départ intéressante (un jeune homme mystérieusement assassiné, un assassin qui n’a techniquement pas eu le temps de quitter les lieux, un pince-nez qui sort de nulle part…), j’en ai trouvé le dénouement bien vite expédié. Légère déception donc…

Un trois-quart a été perdu (MISSm’a semblée très longue et pas hyper passionnante (sans compter le retournement de caractère de Arstrong beaucoup trop rapide à mon goût) et pourtant je l’ai bien aimée, parce qu’au départ on est aussi perdu que Holmes, à se demander ce que peut bien être ce fameux « trois-quart » (je vous laisse d’ailleurs plancher sur la question) mais surtout parce que Watson aussi y va de son petit commentaire moqueur, alors qu’il est habituellement toujours celui qui reste poli en toutes circonstances et arrondit les angles. Voir le Dr. John Watson se dévergonder est absolument délicieux.

Quand débute Le manoir de l’abbaye (ABBE) (que je ne cesse de rebaptiser Northanger Abbey dans ma tête, merci Jane Austen…) pas mal de temps s’est écoulé depuis les dernières affaires relatées et nos deux amis ne sont plus aussi jeunes et fringants qu’avant et cela me provoque toujours un petit pincement au cœur. Même s’il est intéressant de suivre nos personnages préférés sur la durée, quelque part on aimerait aussi ne jamais les voir vieillir. Bon, là ils sont loin de la sénilité hein, mais quelques années ont passé et Watson le fait remarquer. Bref, en parlant de Watson, celui-ci ne peut bien évidemment pas s’empêcher de craquer pour la jolie jeune femme en détresse rencontrée au cours de l’enquête sur l’assassinat de son mari. L’affaire semble évidente au premier abord, mais évidemment on se doute bien, et Holmes a vite fait de nous le prouver, que tout est un peu plus compliqué que cela. Bon, la clé du mystère est asse évidente, mais le cheminement de la résolution est intéressant. SPOILER : Le seul truc qui me chagrine un poil dans cette histoire est la façon dont Holmes choisit de faire justice lui-même…

Enfin La deuxième tache (SECO) est juste absolument géniale. Holmes y est câpricieux et grognon à souhait et j’aime la façon dont il fait plier le gouvernement, non mais ! J’aime la façon dont Lestrade essaye de récupérer les déductions de Holmes à son compte et sans aucun scrupule, la stupidité profonde et l’impulsivité de Hilda, et puis la chute de cette nouvelle est absolument géniale et j’adore la finesse d’esprit du 1er ministre. Je n’ai vraiment pas grand chose à dire au sujet de ce texte. Il est juste parfait et puis c’est tout.

Bref, un recueil absolument génial et une fois de plus, j’ai adoré retrouve Holmes et Watson. J’aime ces personnages, leurs caractères respectifs et la dynamique de leur duo. J’ai hâte de me plonger dans le volume suivant tout en craignant d’arriver trop vite à la fin, même si je crois que je prends encore plus de plaisir avec mes relectures qu’avec mes découvertes. Anybref, lisez le Canon, c’est un ordre.

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7 commentaires sur “Le retour de Sherlock Holmes

  1. niki dit :

    il fait aussi partie d’un gros recueil (V.O.) que l’on m’a offert avec TOUT S.H. 🙂

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  2. belette2911b dit :

    Comme si j’avais besoin d’ordre pour lire le Canon !! Je l’ai aussi en version bilingue, de chez Omnibus.

    Je possède l’autre recueil, celui avec « le chien » et « la vallée » et une pièce de théâtre en plus, celle où Holmes tombe amoureux. J’adore !!! J’avais critiqué le livre sur mon blog.

    Bonne soirée.

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    • Méloë dit :

      Ben je lis aussi les textes selon mon humeur sans en parler ici, mais de temps en temps j’aime prendre le temps d’ouvrir un recueil pour le lire de bout en bout, histoire de ne pas relire toujours les mêmes textes et puis parce que la chronologie du Canon m’intéresse.

      D’ailleurs, ça n’est même pas mon recueil. Celui-ci provient de la bibli municipale puisque mon Canon est éparpillé un peu partout en France, sauf évidemment dans la chambre que j’occupe en ce moment -_-

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  3. Ce post me rappelle des souvenirs… J’ai acheté les 2 tomes de cette intégrale de Sherlock Holmes de chez Laffont en… 1984. J’étais tout jeune (soupir)… ça m’avait fait plus d’un an de lecture… Je m’étais régalé…

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  4. Pops dit :

    Je suis moi aussi en train de lire cette intégrale ! Je te rejoins parfaitement sur l’anti-dépresseur « Maison Vide » ! Et, en tant qu’Historienne spécialiste du Premier Empire, « Les Six Napoléons » m’enchante particulièrement ! L’adaptation de cette nouvelle par la Granada (avec Jeremy Brett) est une de mes préférées !

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    • Méloë dit :

      Bonne leture alors 🙂 Je n’ai pas encore vu la version Granada des Six Napoléons (et je ne te savais pas Historienne !). Il faudrait que je fasse come les livres et que je reprenne la série dans l’ordre.

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