Au coeur des ténèbres – Dobbs & Stéphane Perger

Au coeur des tenebres - Dobbs et Stéphane PergerAu cœur des ténèbres…

Londres, 1890. L’inspecteur Tobias Gregson est une des valeurs montantes du Yard. Mais sa carrière serait accélérée s’il n’était pas considéré comme un humaniste trop sensible et avant-gardiste, et surtout s’il n’avait pas pour fonction principale d’être le défouloir quotidien de son supérieur Lestrade.

Alors lorsqu’un transfert de prisonniers ne se passe pas comme prévu, Gregson se retrouve au placard. Un blâme qui va vite se transformer en opportunité afin de démontrer sa vraie valeur aux yeux du patron des patrons, le commissionner Fix.

À la tête d’une équipe atypique réunissant un gamin des rues, ancien informateur de Sherlock Holmes, un médecin psychiatre aux méthodes atypiques ainsi que son étrange assistante, Gregson va faire alliance avec le diable : coopérer avec la pègre londonienne pour traquer deux fous extrêmement dangereux qui ont profité du fiasco de l’opération de transfert pour se volatiliser. Deux aliénés mentaux qui vont apprendre aux citoyens de Londres la signification du mot ‘terreur’…

L’avis du consuting blogger…

Je ne suis pas une grande lectrice de BDs, mais puisqu’une librairie spécialisée squatte au coin de ma rue, il fallait bien que j’y entre un jour ! C’est ce que j’ai fait samedi dernier et je sais déjà que ce ne sera pas ma dernière visite… Un peu perdue face aux choix et ne venant rien chercher de particulier, j’ai demandé aux vendeurs, comme c’est étrange, s’il avaient un petit quelque chose d’holmésien à me proposer…

Penchant d’abord pour Les Quatre de Baker Street, j’ai finalement opté pour ce premier volume de la série Scotland Yard, au contenu visiblement plus ‘adulte’ et au résumé particulièrement attrayant… Bilan mitigé… car autant j’ai adoré le format, autant le contenu m’a laissée plus perplexe…

Le graphisme est vraiment superbe et m’a un peu rappelé celui du Club du suicide, déjà paru aux éditions Soleil. J’aime vraiment beaucoup l’aspect aquarelle de la chose : le trait parfois un peu flou, les couleurs très diluées mais tout en nuances subtiles… Je trouve que cela donne à l’ensemble un charme un peu désuet, tout à fait victorien.

Les illustrations sont vraiment très riches et il y a un millier de petites choses à repérer sur chaque planche. Je restais parfois 5 minutes par page à observer et décortiquer chaque détail. Cela est d’autant plus possible que le texte est vraiment réduit au minimum. Très peu de bulles, très peu de dialogues, parfois des planches entières sans textes et pourtant on ne ressent pas de manque. Les dessins sont vraiment très expressifs. La page avec la séance d’hypnose est particulièrement magnifique mais il y a de façon globale un super travail effectué sur les regards.

© Soleil Productions

J’ai aimé aussi que la mise en page ne soit pas linéaire. Je ne suis pas une spécialiste mais jusque là, pour moi, une BD c’était des rangées régulières de petites cases toutes plus ou moins du même format. Ici, pas du tout, on va avoir par exemple une grande illustration de fond et quelques cases perdues au milieu de la page (comme vous pouvez le voir juste au-dessus. Et surtout, cela bouge d’une page à l’autre. Le format n’est pas figé et c’est quelque chose qui m’a beaucoup plu, parce que l’attention du lecteur est perpétuellement sollicitée et que l’illustrateur ne s’est pas laissé enfermé dans un format fixe.

En revanche, côté contenu, je l’ai dit en début de billet, je suis beaucoup moins convaincue… Pourtant, ça commençait plutôt bien avec la présence de Lestrade et Gregson,Wiggins, Moran, Moriarty sans oublier une jeune femme qui n’est pas sans rappeler la fine et intrépide Irene Adler… mais aussi Bram Stocker venu chercher de l’inspiration dans les locaux de la police et Phileas Fogg. Les clins d’oeils à la littérature victorienne sont très nombreux puisque par exemple le criminel traqué dans ce volume se nomme Renfield (le malade mental de Dracula pour ceux qui auraient besoin d’un petit rappel). J’ai vraiment adoré toutes ces évocations.

Le problème c’est que justement, il y en a beaucoup trop des personnages pour un premier tome. Tome qui fait en outre moins de 50 pages. Alors même si on les connaît tous de nom, même si on connaît leurs rôles dans leurs Canons respectifs, on a bien du mal à comprendre le rôle de chacun, les relations qui les unissent dans cet univers précis : depuis combien de temps se connaissent-ils? Dans quelles circonstances se sont-ils rencontrés ? Pourquoi ils ont choisi de s’allier ou au contraire d’où vient leur différend?… Ces informations sur l’histoire, la personnalité des personnages m’ont vraiment manquées.

De même, l’intrigue avance beaucoup trop vite. On n’ a pas le temps de comprendre de quoi il retourne, de voir la tension monter que le truc est déjà résolu. On passe trop rapidement d’une scène à l’autre, il n’y a pas vraiment de traque ou d’enquête.

Et puis un truc surtout, m’a intriguée tout au long de ma lecture : les personnages parlent de Sherlock au passé. Hors on est en 1889, soit deux ans avant sont décès supposé dans les chutes du Reichenbach. En 1889 Sherlock est bien vivant, dès lors Wiggins devrait toujours travailler pour lui ! En fait, c’est le problème global de cette série pour l’instant : il nous manque tout un arrière-plan qui permettrait de réellement se sentir à l’aise dans l’univers crée par l’auteur. Trop de questions restent en suspens, c’est frustrant parce qu’il y a vraiment d’excellents éléments, mais ma curiosité n’est pas satisfaite en l’état actuel des choses.

En bref…

Autant j’ai été graphiquement enchantée, autant le texte m’a laissée un peu sur ma faim… Cela dit, j’ai hâte que le tome 2 sorte, parce que ce premier tome m’a rendue très curieuse et j’espère vraiment que la suite mettra un peu d’ordre dans tout cela. Il reste tant de points non élucidés à la fin de ce premier volume !

Acheter le livre sur Amazon

Infos : Scotland Yard, tome 1 : ‘Au coeur des ténèbres’, de Stéphane Perger et Dobbs. Sorti chez Soleil Editions (collection 1800) le 4 juillet 2012. 48 pages. Edition numérique : 9€99 – édition papier : 14€50.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

16 commentaires sur “Au coeur des ténèbres – Dobbs & Stéphane Perger

  1. J’aime bien Dobbs, j’ai adoré sur boulot sur Hyde. Le hic c’est que le sujet étant vendeur, il est possible que l’éditeur « pousse » un peu derrière et que les auteurs n’est pas forcément le temps nécessaire pour bien maîtriser leurs projets. Vu que je vais samedi chez mon libraire BD, je pense que je lui demanderai son avis 😛

    Bon, entre ce bouquin et « Le faire où mourrir » je crois tu vas porter la lourde responsabilité de mes achats intempestifs alors que je n’ai plus un atome de place libre sur mes étagères…

    J'aime

    • Méloë dit :

      Possible pour ce que tu dis au sujet de l’éditeur… Je n’en sais rien.
      Peut-être aussi que le problème vient de moi. Je ne suis pas suffisament habituée pour maîtriser les codes de la BD et mes attentes ne correspondent pas forcément à la réalité.
      Et je ne me sens même pas coupable :p

      J'aime

  2. vero1001 dit :

    Pas fana de BD non plus…

    J'aime

  3. C’est vrai que les graphismes ont l’air superbe! Je vais le feuilleter en librairie voir si je saute le pas. Merci pour cette découverte!

    J'aime

  4. cecile83 dit :

    Les visages sont très expressifs en effet (surtout les yeux) mais dans l’ensemble, le graphisme ne me tente pas trop. Je vais attendre que tu lises le deux et si au niveau de l’histoire il y a un mieux, j’aviserais alors !

    J'aime

  5. Mack dit :

    Essaie Les Quatre de Baker Street ! =) J’ai lu les deux et c’est vrai que Les Quatre… est plus enfantin et classique dans la forme mais je trouve ça plus sympa. A savoir quand même que pour le coup c’est assez loin du canon holmésien, on se concentre plus sur la vie « quotidienne » de 3 des petits vagabonds qui travaillent à l’occasion pour Sherlock…
    Scotland Yard, je rejoins un peu ton analyse, la première impression graphique laissait attendre plus. Ça fourmille de référence mais c’est brouillon, rapide… A relire à la sortie du tome 2 ! 😉

    J'aime

    • Méloë dit :

      Je prendrais Les quatre, la prochaine fois, alors !

      J’espère que le tome 2 sera moins brouillon… en tous cas, je l’attends avec impatience !

      J'aime

  6. Je te conseille vraiment les Quatre de Baker Street, je les ai relus plusieurs fois et c’est toujours aussi bien (et j’ai commencé de les faire lire à mon papa et il aime aussi).
    Je suis curieuse à propos de ce titre alors la prochaine fois que je suis en librairie, je le lis. Tu as acheté Le premier problème, le nouveau diptyque sur Sherlock Holmes c’est Soleil aussi ? Je l’ai lu ce matin et franchement ça m’a vraiment plu au contraire de Sherlock Holmes et les vampires de Londres du même scénariste.

    J'aime

    • Méloë dit :

      C’est décidé, je prendrais Les quatre de Baker Street lors de mon prochain passage à la librairie.

      Pour le premier problème, mon billet devriat être en ligne demain. Il est presque prêt mais il me reste de lamise en page à finir et des liens à insérer et je n’en ai pas le courage ce soir. J’ai beaucoup aimé le scénario, en revanche le graphisme ne m’a pas trop plu :/ Enfin, tu verras ça demain.

      Enfin, pour cette BD, je serais curieuse d’avoir ton avis 🙂

      J'aime

      • Je n’ai pas non plus été fan des dessins, mais ça m’a tout de même beaucoup plus plu que Les vampires de Londres. La tête de Sherlock est vraiment bizarre parfois… Je vais bientôt parler de BD qui te plairont assurément alors garde un oeil aussi :p

        J'aime

  7. belette2911b dit :

    Les Quatre sont super, je les ai lus tous et bien que le premier commence de manière « gentille » (façon de parler), la suite monte en puissance et j’ai vraiment adoré.

    Le graphisme m’a bien plu dans « Scotland Yard » mais je n’avais pas fait tilt avec la date, preuve que mon cerveau ramolli gravement.

    Habituée de bédés linéaires de mon enfance, je découvre des autres mises en page qui ravissent mes petits yeux avides de lecture et de découverte.

    Holmes, dans les « Vampires de Londres » me faisait penser à l’acteur Michael Caine, qui a joué dans « Élémentaire mon cher… Lock Holmes » et il faisait aussi le majordome de Batman, pour ceux qui n’auraient pas vu la parodie holmésienne avec lui.

    Figure trop peu expressive dans les vampires et visage fermé, manquait un petit quelque chose.

    J'aime

    • Méloë dit :

      Tu sais que je n’ai toujours pas digéré cette histoire de date. J’espère vraiment qu’on aura une explication dans le tome suivant.

      Pour les vampires, je verrais ça alors, car je compte bien m’y plonger dès que possible, et je te dirais si je vois une ressemblance avec Michael Caine.

      J'aime

Comment at once if convenient.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s