La demeure de Sherlock – La maison vide

La demeure de Sherlock - la maison vide

(livre lu en anglais)
(titre VO : Sherlock’s Home – The Empty House)

Le livre :

En 1903 paraissait La Maison Vide, qui décrivait le retour de Sherlock Holmes au 221b Baker Street. C’est dans ce livre que le détective explique à son fidèle ami, le docteur John Watson, qu’il a simulé sa mort aux chutes de Reichenbach. En 2012, une autre maison vide, Undershaw, l’ancienne demeure de Sir Arthur Conan Doyle, est laissée en état de délabrement et en danger d’une destruction définitive. Sa construction avait été commandée par Sir Arthur Conan Doyle lui-même.

Undershaw a été le lieu d’édition de beaucoup des oeuvres les plus célèbres du Dr. Watson, incluant Le chien des Baskerville et Le retour de Sherlock Holmes. Ce bâtiment, qui fait partie du patrimoine britannique et même mondial, mérite d’être préservé pour le futur. Malheureusement, le bâtiment est actuellement menacé par des promoteurs immobiliers.

L’Undershaw Preservation Trust est dédié à la préservation et à la protection de ce bâtiment important de la littérature et milite pour que la décision soit annulée, afin que la maison puisse être restaurée à sa gloire d’antan et appréciée comme la demeure unique que Sir Arthur Conan Doyle avait à l’esprit. Ce livre est un recueil de nouvelles et de poèmes sur Sherlock Holmes, écrits par des fans du monde entier en soutien à la campagne Save Undershaw, la couverture elle-même ayant été réalisée par des passionnés. Les droits d’auteur de ce livre sont reversés à l’UPT pour préserver ce merveilleux patrimoine, pour les générations futures de Doyléens, les amateurs de Sherlock Holmes et les fans de littérature en tous genres.

L’avis du consulting blogger:

Dès que l’appel à textes pour ce recueil a été lancé, je savais que je le commanderai. Et si je l’ai entamé dès sa réception, il m’aura fallu pas mal de temps pour venir à bout des 30 textes. En effet, pour une première incursion dans le monde du pastiche holmésien, j’ai choisi de grappiller ces textes lentement, histoire de ne pas risquer l’overdose.

J’ai choisi de rédiger quelques lignes sur chacun des textes, mon billet est donc long, très long. Si vous n’avez pas l’envie de tout lire, rendez-vous tout en bas de l’article pour ma conclusion générale sur l’ouvrage.

Avant de m’intéresser au détail de chaque texte, je voudrais juste souligner à quel point le boulot de compilation/création est remarquable : 13 jours  seulement pour lire tous les textes proposés et éditer le bouquin afin qu’il soit prêt pour le jour de la Judicial Review sur Undershaw. Et malgré la précipitation, le résultat est propre, basique mais pas bâclé. Il y a bien sûr quelques coquilles et un texte pour lequel la mise en page déconne un peu, mais globalement, je suis bluffée par le travail accompli par Sherlockology et MX Publishing !

Mais trêve de bavardage, passons au contenu. Ma chronique étant très longue, j’ai choisi une construction un peu différente de celle de mes billets habituels et ai réparti les textes en 4 catégories : d’abord les textes d’introduction, rédigés par diverses personnalités ou acteurs importants de la campagne Save Undershaw. Ensuite, les poèmes, les textes se déroulant à l’époque du Canon, les textes se déroulant à notre époque, et enfin les textes se déroulant dans un AU.

Les textes d’introduction:

J’ai été très agréablement surprise parce qu’au début je pensais juste parcourir ces textes sans les lire vraiment et en fait j’ai pris plaisir à m’attarder sur chacun. Je les ai aimés parce qu’ils présentent mille raisons d’aimer Sherlock Holmes et Conan Doyle, mille façons d’y être exposé et mille raisons de vouloir sauver Undershaw. Toutes ces raisons dans leur diversité sont aussi valables les unes que les autres, même si certaines me parlent plus que d’autres. Elles montrent la diversité des holmésiens, leur richesse, et les voir parler de cette œuvre et de la demeure de son auteur montrent à quel point les deux sont essentiels et doivent être préservés avec la même attention.

Sherlockology nous parle de Sherlock comme un personnage vivant, réel, intemporel qui existe pour le lecteur quel que soit son âge ou son cadre de vie. Un personnage qui existe pleinement avant et au-delà des nombreuses adaptations. Je me suis reconnue dans leur enthousiasme même si la façon dont on a rencontré le personnage pour la première fois est bien différente. Le site.

Lynn Gale et Sue Meadows, cofondatrices de UPT  nous parlent de leur découverte du domaine, de son importance pour elles, de la genèse de leur lutte. Un texte très porté sur l’émotionnel que les grands penseurs n’hésiteront pas un instant à qualifier de très féminin. Le site.

Alistair Duncan nous présente une brève histoire des lieux. Un texte intéressant et nécessaire au sein de l’ouvrage mais qui ne m’a personnellement pas appris grand-chose. Il revient également conclure cette introduction expliquant qu’on est bien mignons de toujours lui demander ce qu’est Undershaw et en quoi consiste la campagne de préservation, mais il aimerait bien aussi pouvoir dire pourquoi il est si impliqué dans cette cause. Ce qu’il fait donc brièvement dans ce dernier texte, nous expliquant comment il a fait la connaissance de Sherlock Holmes et pourquoi il tient tant à ce domaine. Son blog sur Sherlock Holmes.

Not our Glory de Caitlin Obom est une chanson compose et écrite pour l’occasion et disponible sur le site depuis quelques temps. Comme je l’expliquerai dans la section poème, il est très rare que je sois sensible à ce mode d’expression Et là, malheureusement, je n’ai pas réussi à vraiment apprécier ce texte. Dans tous les cas, il se trouve ici.

Mark Gatiss nous parle de la richesse culturelle de ces lieux. Un texte court dont j’ai beaucoup aimé la tournure. J’aime décidément beaucoup la façon dont Godtiss s’exprime. Il est terriblement British. Suivez-le sur Twitter, vous ne le reretterez pas!

Stephen Fry ou le deuxième Mycroft est un être humain absolument merveilleux (mais ça je le savais déjà et si vous n’êtes pas de mon avis, je ne vous adresse plus la parole !) et clairement un grand « orateur ». Il a le don pour choisir les bons mots, les arranger tout en ayant l’air de rien. Il s’exprime parfaitement sans avoir l’air pompeux. C’est une des rares personnes que je peux écouter pendant des heures sans décrocher un instant. Son texte est convaincant, enthousiasmant, mais ça n’est pas vraiment surprenant ! Son site officiel.

J’ai adoré le texte de Roger Johnson, éditeur du The Sherlock Holmes Journal, édité par ‘The Sherlock Holmes Society of London’. Il nous parle de littérature, de l’importance d’Arthur Conan Doyle… Une remarque en particulier m’a beaucoup plu : il explique que si Conan Doyle est si important c’est parce qu’il est lu et étudié sans cesse par des milliers de gens mais surtout for the best reason of all : because they want to. Un discours vif, haut en couleur qui m’a interpelée. Le site de la Society.

Gyles Brandreth nous propose un texte très court qui n’apporte pas grand-chose. Il rappelle l’universalité et l’intemporalité de Sherlock Holmes. Son site officiel.

Douglas Wilmera interprété Sherlock à l’écran dans les années 60s. Il nous parle de sa rencontre avec le personnage et de la chance qu’il a eu de pouvoir l’interpréter.

Nick Briggs a interprété et adapté Sherlock. Il nous parle surtout de lui, de son travail sur le perso. Bref, un texte long et un poil HS mais très intéressant tout de même. Il se laisse emporter par son enthousiasme qui est très communicatif, alors on lui pardonne ses débordements.

Michael Cox producteur de la série de chez Granada s’exprime très brièvement. Il explique qu’il s’engage pour remercier Conan Doyle, le repayer du divertissement offert. Une raison qui me plait bien. Pour voir quelques morceaux choisis de ladite série (je l’ai découverte récemment et je suis totalement fan.).

David Stuart Davies insiste sur la calébrité du personnage : Sherlock Holmes is the greatest Englishman […] et l’affection que les gens lui portent. Alors qu’une des grandes excuses au délabrement d’Undershaw est que Conan Doyle n’est qu’un auteur mineur ayant choisi de se consacrer en grande partie à la littérature policière, David Stuart Davies nous rappelle que ladite littérature policière ne serait sans doute pas ce qu’elle est aujourd’hui sans Conan Doyle. Il insiste aussi sur tout ce qu’Undershaw peut nous apprendre de son premier propriétaire et de l’époque à laquelle il a été construit.

Roger Llewelwyn, interprète Sherlock Holmes au théâtre depuis 1997. Et si au bout d’un moment il se perd dans des détails techniques pas forcément utiles dans le contexte, quoique fort intéressants, j’ai aimé son texte parce que contrairement aux autres participants à cette introduction, il n’est pas un holmésien à la base. Il a appris à connaitre le personnage au fil de son travail et a du coup un point de vue très différent. Pour voir un extrait de son travail.

Les poèmes:

Cette partie va être très courte, déjà car le recueil abrite peu de poèmes, mais surtout parce que je n’ai pas été particulièrement sensible à ce mode d’expression. Il m’arrive pourtant de beaucoup aimer la poésie, mais là, le charme n’a jamais marché…

Undershaw est un texte bien rythmé mais qui m’a totalement laissée  indifférente. L’auteur : Caitlin Rose Bowles.

I walk a path of cyclicality est sans doute le seul poème auquel j’ai vraiment accroché. J’en ai aimé le rythme, les sonorités. On sent beaucoup d’affection pour les personnages et j’avais un petit sourire tout au long de ma lecture. J’aimerai l’entendre lu pour vraiment l’apprécier. L’auteur : Katharine McCain.

The Greatest Detective est un instantané intemporel de la vie au 221B qui donne lieu à une chouette évocation des personnages. L’auteur : Amber Butler.

The Doctor and the Madman parle du duo, de son improbable assemblage et comment il fonctionne malgré tout. Objectivement, l’idée est excellente, mais la forme me fait bloquer. L’auteur : Cambria Trillian.

A Detective Worth Your Money propose une fois de plus une ode intemporelle à John et Sherlock. Mais là encore, sans avoir détesté, je n’ai pas réussi à vraiment être touchée par ce texte. L’auteur : Jacoba Taylor.

Vir Requies évoque tout un tas de choses, des personnages à Undershaw, en passant par les textes les plus célèbres du Canon. J’ai trouvée rythme étrange mais pas désagréable. L’auteur : Kaylin C. Sapp.

Les nouvelles se déroulant à l’époque du Canon :

Elles constituent la majeure partie de ce recueil.

The Case of the Cristal Blue Bottle est le seul texte de ce recueil que j’attendais vraiment puisque je suis les écrits de l’auteur depuis quelques temps, sur son blog. J’aime généralement beaucoup ce qu’il fait et c’est un grand fan de Holmes, mais je ne l’avais encore jamais lu dans l’exercice du pastiche. J’ai été un poil surprise de voir l’histoire rédigée à la 3ème personne et non du point de vue de Watson mais après tout c’est aussi parfois le cas dans le Canon et j’ai vraiment bien aimé l’intrigue tout en retrouvant un style que je connais. L’auteur : Luke Benjamen Kuhns

The Last Quiet Talk s’ouvre et se referme sur une citation de His Last Bow et Oh my gosh ! Superbe texte. Alors que le monde s’apprête à entrer dans la première guerre mondiale et que nos deux héros n’ont plus la fringance de leurs 20 ans, John fait le bilan de ces années passées auprès de Sherlock Holmes comme une époque révolue. C’est un texte relativement court mais il m’a totalement retournée. A tel point que j’étais ridiculement en train d’essayer de cacher mes larmes en plein milieu de la bibliothèque à la fac. C’est sans hésitation l’un de mes textes préférés du recueil. Et si j’ai un poil lutté contre les larmes, ça n’est pas vraiment un texte triste, car c’est finalement la beauté de ce personnage, Sherlock Holmes revient toujours, ou plutôt il ne disparait jamais vraiment. Chaque époque est là pour lui, l’attend, et il s’y adapte. C’est un personnage immortel, tout comme son amitié avec le docteur Watson.L’auteur : Cathrine Mathilde Louise Hoffner.

The case of the Silk Parasol part d’une idée originale: pour une fois ça n’est pas John qui nous relate l’histoire mais Mrs Hudson. C’est drôle et malin, un poil moqueur. En revanche, je n’ai pas vraiment convaincue par le court passage où Sherlock est high… Cela n’aurait pas lieu au milieu d’un cas alors qu’il a besoin de garder l’esprit clair et puis j’ai trouvé que la description de son comportement était un poil vulgaire, plus celle d’un jeune junkie actuel et complètement idiot. Même si j’admets qu’il n’était pas dans son état normal, j’ai trouvé Sherlock totalement OOC dans ce passage. L’affaire n’est vraiment pas folichonne, mais le point de vue est original et chouette et intelligemment travaillé. Et Mrs Hudson est bien futée et curieuse et sassy comme j’aime l’imaginer. Ca n’est finalement pas tant pour l’affaire que pour la narration que ce texte présente un intérêt. L’auteur : Jude Parsons.

The Adventure of the Mad Colonel est le premier texte à reprendre le format original des titres et propose vraiment un mystère intrigant, à la solution hors du commun. Le texte est court donc on n’a pas vraiment le temps d’assister à des déductions de la part de Holmes, mais c’est vraiment une bonne base à développer en quelque chose d’un poil plus long. On reconnait bien les personnages et cela sonne vraiment comme une affaire que Holmes aurait pu traiter. Et puis Keep calm and carry on. L’auteur : Evgeniya Zimina.

The Matchmaker of Furrow Street m’a semblé un poil confus et complexe. En fait si l’idée est géniale, ce texte aurait mérité de pouvoir être développée sur plus de pages. Mais cela reste une brillante réécriture époque canon de A Study in Pink et A scandal in Belgravia. Une réécriture de réécritures en somme. Il fallait y penser et c’est brillamment fait ! L’auteur : Aine Kim.

221b for Undershaw  est un très court texte qui reprend la forme imposée du 221b courante chez les fanfictonneurs : 221 mots dont le dernier commence par un b. Ici, le résultat est un poil trop sentimental à mon goût, mais l’exercice est quand même brillamment réussi. En quelques lignes, on observe Sherlock découvrant l’état actuel d’Undershaw… L’auteur : Maria Fleischnack.

The Impromptu Plunge. Tout d’abord, je ne peux m’empêcher de souligner que l’auteur est originaire d’une ville de l’Ontario nommée Moffat !!! En dehors de cela, je n’ai pas grand-chose à dire sur ce texte. Il m’a plu, les règles établies par le Canon sont bien respectées, le cadre est original. Un texte sympathique, vraiment. L’auteur : William Warren.

The Blind Violonist présente une affaire aux circonstances originales avec un dénouement qui l’est également. C’est sans hésitation une affaire qui colle bien à Sherlock et rappelle le Canon dans la méthode, le ton, les thèmes. Je n’ai pas grand-chose à dire mais j’ai vraiment beaucoup aimé ce texte. L’auteur : Amy White.

The Darkest Hour est un récit de guerre/espionnage. Dix ans après leur séparation, Sherlock et John se retrouvent par hasard pour une nouvelle aventure. Aventure bien plus sombre que les précédentes. J’avoue que je n’ai pas particulièrement accroché au cadre et aux circonstances de cette enquête, mais c’est vraiment juste une question de goûts, parce qu’en dehors de cela, le texte est vraiment bon et certains passages sont touchants. L’auteur : Peter Holmstrom.

Dans A Train Ride to London Stamford rencontre par hasard Sherlock et John, dans un train, de nombreuses années après les avoir présentés l’un à l’autre. Sherlock le remercie à sa façon pour cette amitié qu’il a rendue possible. Cela aurait pu être sympathique, mais malheureusement je n’ai pas été hyper convaincue par le portrait fait de Holmes ni par le ton du message qu’il laisse à Stamford. L’auteur : C.M. Vale.

The Adventure of the Exploding Moon nous propose une histoire sordide, à l’apparence extraordinaire  pour un mobile bien bas et vulgaire. Sherlock Holmes dit d’ailleurs dans l’un des textes du Canon, que c’est souvent le cas. Et sans aucun doute, c’est une histoire que j’ai sans peine à imaginer au sein du Canon. L’auteur : Scott Varnham.

The Adventure of the Family Heirloom. Pas de meurtre ou de cadre sordide dans cette nouvelle, mais un cas étrange qui à mon avis aurait su intriguer Sherlock Holmes, contrairement à ce que dit Watson à la fin du texte. En effet, le détective est absent de ce texte et c’est Watson qui tente d’appliquer la méthode de son ami pour résoudre cette affaire. Sherlock m’a manqué, et j’ai trouvé la solution du mystère un poil banale mais comme le dit Holmes, les crimes aux circonstances les plus extraordinaires sont souvent les plus basiques. L’auteur : Joe Lee.

The Owner of the Green Leather Gloves est assez drôle et part d’une très bonne idée. Mais le texte est finalement mal équilibré. L’introduction et le dénouement sont précipités alors que la filature traine en longueur sans véritable raison, pour ce pauvre Watson qui ne se doute de rien. Le lecteur, bien évidement n’est pas dupe. Bref, quelques bons éléments mais un texte à retravailler sans la contrainte du format pour en faire quelque chose de vraiment bon. L’auteur : Michelle Erkers.

The Adventure of the Broken Book. Une excellente idée! Sherlock et John sont invités par un mystérieux personnage à se rendre à Undershaw pour le rencontrer. Sherlock a visiblement du ressentiment contre ledit personnage, dont l’identité n’est révélée qu’à l’extrême fin de l’ouvrage. J’ai aimé que notre mystérieux personnage soit présenté comme The Creator of a Madman et The Mastermind behind the Mastermind lorsque derrière chaque terme le lecteur peut aussi bien voir Sherlock que Moriarty au vu du contexte. Cela a un petit côté Frankenstein. On a aussi une chouette description du bâtiment l’histoire et la personnalité de son propriétaire. J’ai aimé la façon dont ce texte brouille la frontière entre réalité et fiction. L’auteur : Pamela R. Bodziock.

Dans A Case of Murder Holmes est parfaitement bien rendu à mon goût. Non seulement, il résout l’enquête mais on plus on a droit à tout un tas de petites choses qui font le personnage et que je n’ai pas forcément retrouvé dans les autres textes : les déductions lancées à un débit de mitraillette sur l’identité de la cliente à peine celle-ci entrée, les questions apparemment irrelevant, les remarques cinglantes. Sherlock Holmes se voit donc confier le cas d’un certain Dr. Henry Undershaw… A ce sujet, la phrase concluant le texte est absolument génialement trouvée ! Mrs. Maurice, la cliente est fine et vive. J’ai aussi adoré voir Watson incapable de s’empêcher de jouer les jolis cœurs comme à son habitude. Vraiment un excellent texte ! L’auteur : Carla Coupe.

The Doll and his Maker est le seul texte que je n’ai vraiment pas du tout aimé. Pour commencer, avant même de savoir ce qui allait se produire, j’ai bloqué sur le style. Ma lecture n’a pas été du tout fluide, sans que je puisse réussir à dire pourquoi :/ Mais surtout, par la suite, je n’ai pas du tout accroché à l’histoire racontée… Le comportement prêté à Sherlock ne m’a pas du tout, du tout convaincue et les personnages m’ont semblés tout à fait OOC et antipathiques, que ce soit la narratrice ou son hôte… Je n’ai pas aimé ce qui est révélé sur l’état actuel de Holmes, son comportement passé ou le Canon… Bref, je n’ai pas du tout accroché, même si les déductions sont particulièrement bien écrites. L’auteur : Patrick Kincaid.

Dans The Adventure of the 2nd Mantel la victime est un mysterieux personae décrit en ces termes: […] a Wealthy Scottish medical practitioner and author… Autant, j’ai adoré l’intrigue autant je n’ai pas adhéré du tout au dénouement… Même si je suis forcée de reconnaitre que les ultimes lignes collent bien au recueil… Le texte, refermant l’ouvrage, se trouve d’ailleurs pile au bon endroit. L’auteur : Jack Foley.

Les nouvelles situées à notre époque :

Je reconnais que je m’attendais à découvrir un peu plus de textes dans cette catégorie, et des textes bien plus marqués par l’influence de la récente série Sherlock. Or si l’on trouve parfois quelques indices dans ce sens, les auteurs ont globalement su développer leur propre univers ce qui est franchement chouette, même si cela m’a un tout petit peu déconcertée au début.

Charlie Milverton évoque bien sûr The Adventure of Charles Augustus Milverton et transpose plus ou moins ce texte à l’époque actuelle. C’est un texte franchement sympa, bien écrit mais un ou deux détails m’ont fait tiquer. Par exemple, la révélation finale est prévisible dès les tous premiers paragraphes de l’histoire. Un autre truc qui m’a dérangé, alors que techniquement, il ny a rien à reprocher à l’auteur, c’est juste moi qui bloque : on est donc dans la modernisation, alors inconsciemment dans un tel cas, j’ai pour « canon » la série de la BBC.  Or ici, l’auteur a créé sa propre modernisation. Du coup j’étais un peu troublée. Je râle mais c’est vraiment un bon texte, les déductions sont bien gérées : Sherlock observe et conclut des trucs que Lestrade ne voit pas, mais ça reste raisonnable et crédible ce qui n’est pas souvent le cas dans les kilomètres de fanfics que j’engloutis chaque semaine. Un dernier truc qui m’a « choquée » : le fait que Sherlock appelle John par son nom de famille alors qu’on est à l’époque moderne. Certes c’est le cas dans le Canon et beaucoup d’auteurs de ce recueil ont fait ce choix, mais cela sonne bizarre à notre époque. D’ailleurs Mofftiss l’a bien compris et en parle dans les bonus des DVDs .Bref, franchement un texte que j’ai pris plaisir à lire et pourtant je ne peux m’empêcher de pinailler à son sujet. Mais à la limite c’est justement parce qu’il a marqué mon attention que je pinaille. L’auteur : Charlotte Anne Walters.

Distraction est hyper court : à peine un paragraphe et pourtant ça fonctionne. Drôle, loufoque, surréaliste mais on n’en attend pas moins de nos personnages. L’auteur : Ariane de Vere.

A Leap of Faith ne m’a vraiment pas convaincue. J’ai trouvé que la nouvelle avait un peu trop un goût de série américaine façon Missing / CSI et je ne suis pas certaine que Sherlock aurait accepté une telle affaire. Il y a un joli travail fait pour intégrer Undershaw à l’histoire, mais j’ai trouvé l’ensemble pas vraiment Sherlockien. Il y a aussi le thème du spiritisme étudié par ACD. Quelques détails font penser à la série de la BBC, mais globalement le texte fonctionne selon son propre univers. Il y a de bons éléments dans ce texte, mais globalement, je n’ai pas aimé la façon dont l’ensemble est traité. L’auteur : Emily Bignell.

Dust in the wind. En réalité, si un ou deux petits détails ancrent ce texte à notre époque, il est pratiquement intemporel… Au terme d’une longue promenade, John et Sherlock cherchent à comprendre l’histoire d’une demeure en ruines… Comment a-t-on pu abandonner ce bâtiment ? Je me suis un instant posé la question du réalisme des réactions et réflexions de Holmes. Mais finalement, je crois que ça peut coller. C’est un texte vraiment touchant, d’autant plus que l’on ne nous révèle ce dont il s’agit vraiment, pourquoi les personnages sont là que tout à la fin du texte. L’auteur : Daphne Vertommen.

The Ghost in the Military Machine m’a bien plu, contrairement à ce que je pensais en l’entamant. En effet, les circonstances de départ me semblent peu crédibles : les services secrets américains font appel à Holmes pour une affaire liée au Pentagone et celui-ci accepte sans hésiter, sans chercher à savoir de quoi il s’agit… Mais le texte s’est finalement avéré très intéressant. On apprend des choses intéressantes, la solution est originale. Sherlock fait son Sherlock. Bref, un texte qui m’a finalement bien surprise. L’auteur : Graham Cookson.

Les nouvelles se déroulant dans un AU :

Voici donc les quelques textes qui sortent du simple cadre du Canon ou de sa modernisation. J’ai été très agréablement surprise de découvrir de tels textes dans ce recueil !

The Beginning est sans doute le texte le plus d’aaaaawwww du recueil. Un autre trait parfois croisé dans le monde la fanfic : kid!Sherlock, kid!John et kid!Moriarty. Mrs Hudson est alors l’instit. On retrouve les traits de BBC Sherlock mais sur des personnages âgés de 10 ans. Que se serait-il passé si les personnages s’étaient rencontrés à cet âge-là. L’auteur a même réussi à caser une chouette allusion au 221B. Pas franchement canonique, mais tellement mignon. J’ai vraiment craqué pour ce texte. L’auteur : Annabelle Hammond.

The Adventure of the Black Feathers reprend The Adventure of the Three Garridebs mais de façon très originale en reprennant cette fameuse citation de BBC Sherlock: I may be on the side of the angels… Une attaque que j’ai croisée de temps en temps dans le monde des fanfics. J’imagine que certains peuvent bloquer sur le concept et j’avais moi-même pas mal d’a priori la première fois mais finalement j’aime vraiment bien et ça explique à la fois que le personnage soit toujours vivant d’une époque à l’autre, et le lien particulier, unique qui unit Sherlock et John. Pas forcément ma Wingfic préférée mais ce texte est touchant et fonctionne vraiment bien et j’étais contente de lire quelque chose de tel dans le recueil. Les compilateurs n’ont pas rechigné à accepter des vues originales sur les personnages, c’est chouette ! L’auteure : Julianne Ducrow.

Dans The Constant First Meeting l’histoire se passe en 2183 AD. Le début est vraiment étrange et me laissait perplexe, mais je me suis finalement laissée entrainée par l’histoire. Ce texte qui reprend la rencontre entre les deux personnages est vraiment un OVNI et me rappelle une de mes fanfic préférées où c’est Sherlock le « robot ». Le texte est bourré d’évocations du Canon. Tout comme Black Feathers, il joue sur le côté intemporel des personnages et leur amitié incroyable. La seule constante dans le monde, c’est la guerre…Et Sherlock Holmes (et John). Un texte vraiment étrange mais très beau. L’auteur : William Maulden.

Me voici donc à la fin de ce très long billet. Ce qui m’a marquée en cours de lecture, c’est que bien que tous les textes ne m’aient pas plu dans la même mesure, et qu’ils soient vraiment très différents dans leurs genres, styles, époque, intrigue, point de vue… Il y a une vraie cohérence dans le recueil : même si parfois j’ai personnellement trouvé certains comportements un peu OOC, il s’agit bien toujours des mêmes personnages. Et c’est génial. C’est génial parce que l’on retrouve des auteurs du monde en entier dans ce recueil et quelle que soit la façon dont ils envisagent les personnages, on sent qu’ils sont fans. Et même s’il ne s’était pas agit d’Undershaw, j’aurais adoré ce bouquin parce que I believe in Sherlock Holmes  et je ne suis pas la seule !

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The Undershaw Preservation TrustSherlockologyMX Publishing.

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15 commentaires sur “La demeure de Sherlock – La maison vide

  1. Luthien dit :

    Il a l’air bien sympa ce recueil !

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    • Méloë dit :

      Il est vraiment chouette. Bon, tous les textes ne sont pas aussi sympas les uns que les autres, mais j’ai globalement passé un très bon moment.

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  2. niki dit :

    voilà qui me tente ENORMEMENT 🙂
    mais ton billet est surtout tentateur
    et j’ai vu que j’ai lu qu’il y avait stephen fry dans la série des auteurs

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    • Méloë dit :

      Aaaaah Stephen Fry… J’ai adoré son texte, quel orateur! Cela-dit, j’aurais bien aimé aussi le lire dans l’exercice du pastiche!

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  3. Pierre-Yves dit :

    Ton billet est vraiment très intéressant. Quelle chance de lire l’anglais couramment !

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    • Méloë dit :

      Merci beaucoup. c’est vrai qu’avoir accès à toutes les sources anglophones que je souhaite sans souci est quelque chose que j’apprécie beaucoup.

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  4. argali dit :

    Long mais très intéressant. Hélas, je ne lis pas suffisamment bien l’anglais pour me lancer dans l’aventure. Je note cependant en espérant une traduction prochaine.

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    • Méloë dit :

      Merci beaucoup. En revanche, je ne suis pas certaine qu’une traduction voit le jour… Le livre ne sera même sans doute jamais réédité une fois ce premier tirage écoulé. C’est ue création spéciale en faveur d’Undershaw, totalement bénévole… Dans ces conditions, j’imagine mal qu’une traduction soit envisageable vu les frais qu’elle engendrerait…

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  5. maggie dit :

    J’ai hâte qu’il soit traduit… J’adore les pastiches de toutes sortes et encore mieux, si ça concerne Sherlock Holmes !!!! J’ai vraiment hâte de découvrir tout ça…

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  6. Cheers for your kind words about my story! Glad you liked it!!

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  7. maggie dit :

    Dommage, ton billet me donnait vraiment envie de découvrir ces textes… Et merci pour l’info (en plus je t’ai obligé à le mettre en double, excuse-moi..)

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  8. Matilda dit :

    Je ne lis pas ton avis en détails parce que j’ai le bouquin qui m’attend, mais je ne manquerais pas d’y revenir une fois que ma lecture sera terminée !

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  9. Sherlockology dit :

    Hi Meloe,

    We’ve only just come across your amazing review of Sherlock’s Home: The Empty House and wanted to thank you for taking the time to write such a wonderful review. We are so glad you enjoyed the book and could overlook the short comings of a couple of the mistakes – but as you said with the time constraints we had we are (still) amazed that we managed to complete the task we had set ourselves!

    Thank you again for your continued support of UPT and Sherlockology, we do very much appreciate it.

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    • Méloë dit :

      Hello Sherlockology,

      I am so incredibly happy to read your comment, I mean that you guys took the time to read me and leave me a message. You totally made my day!

      I don’t post much on this blog because I feel so awkward to blog in English and I always fear that I make horrible mistakes and that nobody will understand what I write, so discovering that you appreciate my review, makes me so happy and give me tons of motivation to go on with this blog

      Thank you, for this, and for all your amazing work on BBC Sherlock and all things related. I am still incredibly amazed too that you managed to produce the book in such a short time. You really did a wonderful job and your involvement is amazing.

      Keep going with the awesomeness !

      Lots of love from a French fangirl.

      J'aime

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