Sherlock (saison 1) – BBC – 2010

BBC Sherlock - saison 1

Sherlock – saison 1…

Transposer dans le Londres du XXIe siècle les aventures du héros le plus célèbre de la littérature policière britannique, il fallait oser, n est-ce pas ?

Détective surdoué, et même hyperactif, Sherlock Holmes manie la science de la déduction, le flegme et l’humour avec sa dextérité légendaire… mais avec les outils d’aujourd’hui : téléphone portable, Internet, microscopes électroniques et techniques d’analyses les plus modernes de la médecine légale sont ses nouveaux alliés.

L’avis du consulting blogger…

Pour la première fois sur ce blog, je ne vais pas vous parler d’un livre, mais d’une série télévisée jubilatoire de la BBC (décidément, j’aime beaucoup ses productions!). J’ai nommé Sherlock, dont la première saison vient d’être diffusée en France.

Quelques remarques générales…

J’avoue que quand Matilda nous l’a présentée, j’étais très curieuse, mais également assez méfiante. J’avais des idées très nettes et arrêtées sur l’apparence des personnages, leurs voix, leur comportement… que je craignais un peu d’être déçue, et pour cela je n’avais encore jamais regardé la moindre adaptation des aventures de Sherlock Holmes. Mais là, je dois avouer que j’ai été totalement charmée, et j’en redemande !

Les créateurs de la série ont réussi à transposer l’univers imaginé par Conan Doyle à notre époque, sans le dénaturer, et tout en conservant de délicieuses évocations du Canon, que ce soit dans les situations ou dans les dialogues. En fait c’est justement cette modernisation qui permet de rester fidèle à l’esprit de l’oeuvre originale. Et ce qui est génial, c’est que bien que les intrigues se situent en plein 21ème siècle, certaines scènes ont un petit goût XIXème. J’adore !

© BBC.

© BBC

Du côté des personnages, Sherlock est particulièrement bien campé, génialement brillant, terriblement seul mais aussi odieux et un peu illuminé. J’adore les scènes au labo, ou lorsqu’on le voit en pleine réflexion. Ce qui est intéressant, c’est que dans le canon, Holmes voit grâce à ses méthodes scientifiques avant-gardistes ce que les autres ne voient pas ; hors ça n’est aujourd’hui plus possible à case de l’adoption générale des méthodes de police scientifique. En conséquence, les auteurs ont choisi de lui faire repérer ce qui est absent (par exemple, la valise rose) et c’est une idée absolument brillante !

Et puis son addiction à la drogue est traitée d’une façon originale et amusante, même si elle est un peu effacée. Je suis totalement conquise par le choix de Benedict Cumberbatch pour ce rôle.

Quant à John Watson, il n’est pas en reste, et contrairement à ce que je craignais, n’est pas présenté comme le dernier des abrutis, suivant Sherlock comme un toutou. Il a une personnalité développée, qui colle bien au canon, et s’il admire les talents de Sherlock, il a quand même un caractère bien marqué et n’hésite pas à envoyer bouler ce dernier quand il va trop loin. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un ancien militaire.

J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la progression de leur relation. Ca n’est pas trop rapide, les personnages prennent le temps d’apprendre à se supporter sans chercher à tout prix à changer l’autre. Et pourtant, l’évolution est bien là.

Enfin, le duo marche vraiment bien, on sent une vraie osmose entre les acteurs et cela ressort bien à l’écran. On les sent s’amuser, et leur plaisir à jouer déteint sur les spectateurs. Les deux personnages s’équilibrent parfaitement, malgré ou plutôt grâce à leurs différences. Les auteurs et les acteurs ont parfaitement compris et réussi à représenter ce que je considère comme l’une des plus belles histoires d’amitié jamais décrites.

Lestrade (Rupert Graves) aussi m’a beaucoup plu, quoique là, il me semble assez éloigné de mes souvenirs de lecture. Il semble finalement bien apprécier Sherlock et se faire du souci pour lui et surtout, il n’est pas le dernier des crétins.

A Study in Pink – Paul McGuigan – 25/07/2010

A Study in Pink - poster by Ashqtara

© Ashqtara

Le seul épisode de la saison à réellement réinterpréter un seul texte du canon. C’est donc, au delà de l’intrigue merveilleusement recréée, l’épisode de la rencontre entre Holmes et Watson. J’étais ravie de découvrir que ma scène préférée (celle ou Sherlock bat un cadavre pour voir s’il arrive à produire des hématomes), bien que totalement « scandaleuse » a été conservée. Et puis, c’est aussi là que l’on voit pour la première fois Sherlock à l’oeuvre et j’avoue toujours être touchée à la (re)découverte de ces premières déductions. J’aime son cabotinage et la réaction de John.

John qui devient un personnage très touchant de par son passé, cela m’a d’ailleurs plus marqué ici que lorsque je lis le Canon, peut-être parce que l’évocation de l’ Afghanistan dans la série est plus évocatrice, plus palpable pour un public actuel que celle que l’on découvre dans le roman. Martin Freeman donne vraiment beaucoup de profondeur à son personnage et n’en fait pas un simple figurant aux côtés de Sherlock.

J’ai également adoré détester Anderson (Jonathan Aris) 😀 Mais surtout j’ai aimé le fait que les créateurs connaissent le Canon dans ses moindres détails (comme la blessure de John qui se « déplace ») et n’hésitent pas à s’amuser avec, je pense en particulier à l’interprétation de ce curieux message laissé par la victime : r a c h e. Tout en montrant beaucoup de respect, ils arrivent à s’en détacher et à jouer avec. C’est un épisode très drôle qui montre que l’oeuvre de Doyle n’est pas du tout un vieux truc figé et ennuyeux.

Mais il y a quand même aussi pas mal de tension, surtout à la fin, et puis  un autre truc que j’ai bien aimé c’est que même si on est souvent largué face à l’esprit brillant de Sherlock tout est bien expliqué, l’intrigue n’est pas trop complexe ou abracadabrantesque. Il n’ y a pas surenchère dans le spectaculaire et le morbide comme on peut le voir dans d’autres séries qui sont en concurrence permanente entre elles.

The Blind Banker – Euros Lyn – 01/08/2010

The Blind Banker - poster by Ashqtara

© Ashqtara

Si j’ai aimé cet épisode, je dois avouer qu’au premier visionnage, il m’a tout de même beaucoup moins marqué que le précédent, un poil moins plu peut-être aussi, étant donné que je ne pouvais le rattacher directement à aucun texte du Canon même si on peut vaguement y trouver quelques allusions à  La vallée de la peur, et Les hommes dansants.

Après avoir pris le temps de le revoir, s’il est toujours loin d’être mon épisode préféré, il me plaît déjà beaucoup plus puisqu’il me fait finalement personnellement penser aux Cinq pépins d’orange. On retrouve en effet l’organisation mystérieuse, les messages de menace, l’origami de lotus qui pourrait représenter les fameux pépins… Et puis, Sherlock n’arrive pas à protéger Soo Lin Yao et ça n’est pas lui qui met fin aux agissements du chef de la bande…

Je n’ai pas énormément de choses à dire sur cet épisode… Il est pourtant drôle et plutôt bien goupillé, Sherlock y est parfois même touchant quand on découvre la solitude dans laquelle il est enfermé (le moment où il sort de l’appartement de Soo Lin Yao, quand John part dans une diatribe enflammée alors que Sherlock a failli mourir mais n’en parle pas, garde cela pour lui, sans se  plaindre, égal à lui-même, parce que c’est comme cela qu’il a vécu jusqu’à présent me bouleverse toujours ; tout comme sa réaction lorsqu’il présente John comme son ‘ami’ à l’odieux Sebastian Wilkes et que John corrige les présentations en se désignant comme ‘collègue’. (Re)regardez attentivement cette scène : on voit littéralement la blessure provoquée par cette correction dans le regard de Holmes mais il ne dit rien et John ne se rend absolument compte de rien.), mais il lui manque cette identité commune à tous les autres, ce petit truc en plus qui aurait pu en faire un excellent épisode.

Bonus : si vous voulez apprendre à fabriquer ce fameux lotus en origami, un tuto est disponible sur ce site (absolument génial dans son ensemble, au passage). 

The Great Game – Paul McGuigan – 08/08/2010

The Great Game - poster by Ashqtara

© Ashqtara

Si je voyais personnellement une allusion aux Cinq pépins d’orange dans l’épisode précédent, elle est ici évidente. En effet, Sherlock lui-même nous rappelle la signification et l’origine d’un tel avertissement lorsqu’il reçoit un message composé de cinq bips. Quelques allusions également à Une étude en rouge, Un scandale en Bohême, au Traité naval et au Dernier problème ainsi qu’aux Plans du Bruce-Padington.

J’ai  bien aimé la forme de cet épisode, avec les cinq « petites » affaires à résoudre. Cela sonne un peu comme une allusion au fait que la plupart des aventures holmésiennes sont des nouvelles. En tous cas, c’est comme ça que je le vois. 

Mais surtout, après le léger ‘flottement’ de Blind Baker, on découvre un épisode où la tension est bien présente et ce dès les premières minutes. Moriarty (Andrew Scott, absolument brillant et parfait dans ce rôle) qui était jusqu’ à présent une menace invisible et anonyme entre enfin réellement dans la partie. A ce sujet, j’ai d’ailleurs trouvé l’épisode encore plus stressant lors du second visionnage que lors du précédent, parce que sans vouloir trop en dire, on a désormais très tôt conscience de sa présence. On sait qui il est, où et quand il agit. On le voit tisser sa toile autour de nous sans pouvoir rien faire, c’est limite oppressant, l’ignorance est presque préférable. Et puis alors ce cliffhanger de malade à la fin ! Même en connaissant la suite, je me suis retrouvée à en oublier de respirer durant pratiquement toute la scène de la piscine. Une scène finale absolument parfaite, angoissante, où l’on commence à découvrir toute la folie de Moriarty, mais aussi touchante, qui permet de vraiment voir le chemin parcouru par Holmes et Watson (l’un commençant à s’ouvrir et l’autre guérissant de ses démons) et combien on s’est attaché à eux au terme de cette saison.

En bref…

Une série bourrée d’humour, fidèle au canon, servie par d’excellents acteurs et à laquelle je suis devenue accro en trois petits épisodes !  J’aime, j’aime, j’aime et j’aime aussi l’image que cette série donne de Londres. Si vous souhaitez acheter les DVDs, je vous conseille la version originale, qui comporte entre autres le pilote dans les bonus, contrairement à la VF.

Sherlock : pilote, saison 2minisode, saison 3.

Sherlock : site officiel, FacebookTwitter, Youtube.

Acheter le DVD sur Amazon

Infos : Sherlock, série créée par Steven Moffatt et Mark Gatiss. Saison 1 diffusée en 2010 sur BBC1. DVD zone 2 sorti le 1er décembre 2011. 12€85.

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2 commentaires sur “Sherlock (saison 1) – BBC – 2010

  1. belette2911 dit :

    Et bien, quel bel article qui pourrait donner envie de regarder la série à ceux qui ne veulent pas la voir.

    L’épisode deux était un peu en de-ça des 2 autres… J’ai bien aimé les allusions au canon qui n’entravent pas la compréhension des non initiés. Ils rient des jeux de mots et nous encore plus avec « the geek interpreter » et autre.

    Attention, une faute de frappe à « Mais surtout, après le léger ‘flottement’ de Blind Baker », il manque le « n » de « banker » et là, tu vas nous changer le banquier en boulanger ! 🙂

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  2. […] du corps de la victime du 3 Lauriston Gardens (Enoch J. Drebber dans STUD / Jennifer Wilson dans A Study in Pink). Faut-il y voir le prénom Rachel ou bien un mot allemand signifiant ‘vengeance’ ? Je […]

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